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Accords et intermittents : permettre à tous les créateurs de vivre de leur travail

Les employeurs, salariés et indépendants du secteur culturel ont donc trouvé il y a un accord il y a quelques jours. Cet accord est porté notamment par le CGT (majoritaire) et vient d’être rejoint par la CFDT ce qui est un signal fort.

Cet accord comporte de vraies avancées pour les intermittents avec notamment :

– 507 heures sur 12 mois pour tous, artistes et techniciens et non plus sur 10 mois et demi
– une clause de rattrapage sur 2 ans permettant d’ouvrir les droits en cas d’accident de parcours
– la généralisation du cachet à 12h pour les artistes et réalisateurs
– un élargissement de la prise en compte des heures d’enseignement données
– la neutralisation des baisses d’indemnisation après un congé maternité
– une amélioration de la clause de maintien de droit jusqu’à l’âge de la retraite
– la mise en place d’une commission de suivi et de recours pour les problèmes à la fois collectifs et individuels

Tout va bien dans le meilleur des mondes mais se pose un problème: une partie du MEDEF regarde d’un oeil circonspect cet accord. En effet, caractéristique du secteur, il faut pour qu’un accord soit signé, qu’il soie validé par l’UNEDIC, qui gère les caisses de sécurité sociale. Et certains secteurs du MEDEF trouvent qu’il n’y a pas assez d’économies réalisées. Il est vrai qu’une grande part du syndicat patronal voit le statut du monde culturel comme un chiffon rouge.

Du coup certains intermittents occupent les théâtres, pour soutenir l’accord et amener à ce qu’il soit ratifié. A Lyon, c’est les Célestins qui sont occupés.

Mais l’accord a d’autres ennemis. Par jusqu’au boutisme, une partie de militants d’extrême-gauche présents dans les assemblées, sans forcément être intermittents eux-mêmes, ne souhaitent pas d’accord, afin, sous couvert légitime de ne pas rentrer dans le corporatisme, de canaliser le mouvement vers leur agenda, vers des revendications plus radicales, et de les noyer vers un mécontement plus général.

Pour améliorer les choses, le gouvernement pourrait aider au financement. Certains opposants à l’accord font courir la rumeur de 90 millions d’euros pour l’assurance-chômage . Ce qui poserait tout de même la question du fonctionnement du système: si des forces moins favorables à une politique culturelle soutenue venait à gouverner et à refuser d’abonder, c’est tout le régime qui pourrait alors être mis à mal. C’est une possibilité qui n’est pas à exclure, loin de là.

En réalité, contrairement à ce que qui a été dit ici et là l’Etat s’est dit prêt à abonder un fond pour l’emploi. Mais il ne s’est pas encore prononcé sur son éventuelle participation financière à l’assurance-chômage. Justement pour les risques évoqués plus haut.

Les sommes qui manquent au départ sont une goutte d’eau par rapport aux montants gargantuesques qui sont détournés par la fraude fiscale. Et pourtant, dans ses avantages, ses spécificités, notre pays met en avant sa Culture, ses artistes. Ceci alors que ce secteur rapporte à la France bien plus d’emplois et de richesses que la voiture. Vouloir un pays ouvert, qui créé, qui imagine, qui rêve, qui échange, voila une belle perspective. Permettons à ceux qui veulent le faire, y compris dans la Culture, de travailler sereinement. Sans voir leur travail soumis à une monétisation obligatoire.

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  1. j’invite aussi à suivre le cas des médiateurs du Centre Pompidou-Metz https://www.facebook.com/sous.traites?fref=nf cas de délégation de service,de prestataire (comme au Musée des Confluences ) et des très mauvaise gestion ressources humaines.On peut dire maltraitance au travail et foutage de gueule

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