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Le rôle de Twitter dans l’alerte à la bombe et les perturbations dans les TCL

Tout à l’heure l’ensemble des 4 lignes de métros se arrêtées à Lyon. En cause un individu qui avait appelé depuis une cabine les TCL, les transports en communs lyonnais, à 15H22 pour lancer une alerte à la bombe concernant les réseaux de sous-sol.
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TCLTout à l’heure l’ensemble des 4 lignes de métros se arrêtées à Lyon. En cause un individu qui avait appelé depuis une cabine les TCL, les transports en communs lyonnais, à 15H22 pour lancer une alerte à la bombe concernant les réseaux de sous-sol.

Le métro a tout de suite été évacué et les services de déminage et de police se sont immédiatement mis au travail sans finalement rien trouver et le trafic reprenait vers 17H30.

Entre-temps Twitter a joué un rôle de tout premier ordre à travers divers acteurs.

Il y a d’abord eu le compte Entrusagers, dont j’avais déjà parlé. En mixant les infos qui lui remontaient par les twittos (utilisateurs de twitter) ,en instaurant le hastag #infotcl, ses deux coauteurs laissaient un mouvement coopératif, ouvert et rapide d’information en temps réel, alimenté par tous ceux qui le souhaitaient tout en répondant aux interrogations des uns et des autres.

Ce fut aussi l’occasion pour nombre de lyonnais pratiquant les réseaux sociaux de découvrir le compte TCL SYTRAL,pourtant en activité depuis des années mais qui pour la première fois participait à une opération d’information en temps réel sur les temps d’arrêt, la reprise progressive etc..même si il fut choisi, sans doute pour éviter la panique, de ne pas communiquer sur la nature de l’intervention des forces de l’ordre alors que le bruit d’une alerte à la bombe fuitait. Beau boulot en tous cas même si il faut maintenant progresser en interactivité !

Pas trop tôt diraient certains, qui avaient dans nombre de petites crises précédentes, regretté l’absence d’informations en temps réel.

A quelques-uns nous avons donc signalé à ceux qui nous suivaient sur Facebook ces deux comptes et ce hastag.

Les autres sources d’informations étaient moins performantes ou moins rapides: le site des TCL, si il annonçait l’arrêt et la reprise du trafic, était saturé et ne faisait pas le même suivi en temps réel. Les médias, eux, renvoyaient à des pages qui annonçaient au grand public connecté que les transports étaient arrêtés, en des termes parfois vagues (certains médias se faisant corriger par exemple sur Twitter pour ne pas tenir compte du fait que l’arrêt était du à une alerte à la bombe.)

Un élément qui pouvait d’ailleurs laisser songeur, c’était ces dizaines de liens envoyés sur twitter par des sites d’info, des blogs, des pages facebook…pour renvoyer vers des infos déjà écrites sur le réseau.

Mais certes utiles pour les non twittos nous sommes d’accord.Partout dans l’agglomération les gens expliquaient la situation là où ils étaient, témoignaient, discutaient, réfléchissaient à des alternatives au métro, se plaignaient, plaisantaient.Les acteurs de l’événement en devenaient le média interactif via le canal du réseau à l’oiseau bleu.Rien ne servait de sortir de Twitter.  Une dialectique désormais très classique entre réseaux sociaux et événement.

Passant un coup de fil à un contact des TCL et donc abandonnant le réseau quelques minutes, j’annonçais très sérieusement que j’avais une information, que le métro C était en reprise. Avant qu’un twittos(Manoz, qui a écrit d’ailleurs un intéressant billet sur Twitter et Lyon) ne me signale que le compte des TCL l’avait déjà dit une dizaine de minutes avant. Puis nous apprenions la reprise sur Twitter avant les autres usagers.

Si l’info était venue en bonne partie des institutionnels pour ce qui est de la reprise et surtout des causes, c’est pour beaucoup en consultant les réactions des gens que nous suivions sur twitter et pas uniquement les comptes déjà cités que nous avons appris l’arrêt. et surtout la manière dont nombre de choses s’étaient passées (modes d’évacuation, états d’esprit…). Un peu comme si nous avions des dizaines de petits reporters dans la ville. Un autre aspect amusant, c’était à force de voir passer des informations souvent similaires des mêmes sources (limites de l’exercice sur certains points) nous pouvions aussi deviner les amitiés et accointances des uns et des autres dans leurs choix de « Retweet« .

Certes le phénomène n’est pas nouveau ni même original mais il constitue un bon cas d’école sur le rôle d’avant-garde que joue twitter en cas d’urgence. Même si, comme le disait un journaliste de Rue 89 Lyon sur Twitter, l’info pour être de qualité prend aussi souvent du temps pour être sourcée et vérifiée…

Je rentrais chez moi retrouver ma femme qui avait fait Croix-Rousse/Jean Macé à pied sans savoir que les TCL avaient repris leur trafic. Elle n’est pas sur Twitter…

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