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Extrèmisme: la réponse de Lyon Mag

Lyon-mag

A la suite de mon billet précédent, j'avais réussi à faire sortir ma femme de la salle de bain. Oh, j'avais dû montrer patte blanche, montrer mon caractère irréductiblement réformiste et social-traitre, loin de l'extrémisme que me prêtait donc Lyon Mag. J'ai récité quelques passages de "La guerre sans l'aimer " de BHL et de "Si la France s'éveillait" de Gérard Collomb puis exhiber les dédicaces de leurs auteurs avec mon nom dessus.

 C'est au moment où j'allais quérir quelque Rosanvallon ou puiser, avec Alain Minc, dans le côté franchement obscur de la force, qu'elle a trouvé que je commençais à en faire trop.Elle a ouvert la porte. Rassurée.

Et puis quand même, y'allait avoir Ruquier à la télé et l'hôtel a réserver pour un week-end à Londres, offert pour son anniversaire. Londres, ville où nous prendrons sans doute aussi un verre avec mon amie Virginie, salariée de l'ONG Standard and Poor's. Une autre dangereuse gauchiste.J'espère que c'est elle qui paiera au pub. Moi je viens quand même d'un pays à qui la Chine est obligé d'envoyer des pandas en guise d'aide humanitaire alors me payer une biére vers Brick Lane va devenir bientôt au-dessus de mes moyens.

J'étais en train, en ce dimanche que fait le Seigneur, de me remettre de mes émotions après mon passage par l'extrêmisme et une nuit à soutenir le commerce de  de Lyon 7 au Blogg et à l'AKGB. A cet effet je regardais Marine Le Pen se ridiculiser à la télévision tout en pensant au décès de Rosy Varte quand la réponse de Lyon Mag est arrivée sur ma boite mail gérée par un géant mondial de la recherche en ligne dont le nom m'est interdit ici à moins qu'il décide de m'acheter un peu d'espace publicitaire à prix d'or.

Le mail, bien tourné signé de Benjamin Solly, le rédac chef (qui m'autorisait notamment à publier sa réponse) était arrivé pour lever tout doute au sujet de mon extrêmisme caché. Ouf.

" Cher Romain,

Quelle ne fut pas ma surprise en prenant connaissance de ton excellent
billet (et grinçant juste ce qu’il faut), ce matin en me levant.
J’avais également auprès de moi mon épouse. La regardant fixement
finir sa nuit, voire commencer sa grasse matinée, je me disais : « que
penserait-elle de moi si, lui disant être allé couvrir des
manifestations la veille, elle me retrouvait finalement brocardé comme
part active du cortège et savamment pastiché, pour entretenir le doute
? »

Car à Lyon Mag, nous sommes avant tout pour la paix des ménages.

J’imagine sans mal le vaudeville qui s’est noué place Jean Macé hier
soir. Tu en as été la victime. Salle de bain – Acte 1- Scène 1. « Tu
me disais être allé soutenir l’antifascisme, et te voilà catalogué
comme extrémiste de gauche, tu te fous de moi ? » D’un coup de plume,
tu serais donc passé du Bisounours au Monstroplante ? Grand dieu non !
L’image est bien trop grossière, tout comme ceux qui combattent
l’extrême-droite ne sont pas tous des extrémiste des gauches. «
Pourquoi alors te retrouve-je cité dans un compte-rendu titré
‘Manifestations des ‘extrêmes.’» La question est légitime car les mots
ont un sens, que l’histoire à parfois tendance à figer pour appuyer
sur les dichotomies idéologiques.

Car dans le paradigme républicain, l’extrême-droite est à la bordure
du cercle, en équilibre instable. Certes, la maison-mère tente de
toiletter sa devanture pour rejoindre les fréquentables de la
République. Mais du côté des franchisés, qui défilaient hier à Lyon,
on ne s’encombre pas de cette patente. On la rejette même en bloc.
De l’autre côté, mais également au coeur du cercle républicain,
nichent les antifascistes.  La thématique est large et rassemble tout
autant. La preuve, le collectif s’élançant de Gabriel Péri samedi
réunissait des associations de défense de droits de l’homme, des
associations de lutte contre le racisme, mais également des partis
politiques. Des nombreux élus étaient également présents. Peut-on les
targuer d’être des extrémistes de gauche ? Certainement pas.
Représentent-ils l’extrême inverse des beuglards de Saint-Jean ?
Certainement.

Mme Blachier, pardonnez-nous alors cette formule mal interprétée de «
Manifestations des ‘extrêmes’. » Nous n’entendions pas par là, qu’en
réponse à la manifestation de Jeunesses Nationalistes, les
antifascistes allaient remettre le schlass entre les incisives, et que
les 1 100 manifestants du cortège étaient tous de prosélytes
staliniens. Nous avions en plus été briefés l’avant-veille par
Jean-Louis Touraine himself. « Attention, ce ne sont pas deux extrêmes
qui s’affrontent samedi, nous avait-il dit. Ce sont les extrémistes
contre les humanistes. » Leçon retenue Mr le 1er adjoint, promis !

Nous avons plutôt voulu pointer deux extrémités opposées de la
conception du politique, où chacun défend son pré carré, cortège
contre cortège. Chaque entité étant finalement le repoussoir de
l’autre. En deux mots, son « extrême » opposé. Nous aurions pu titrer
«le défilé des contraires», «l’antinomie politique faite cortège(s)»,
ou «les manifestations des opposés.» Nous ne l’avons pas fait. Mme
Blachier, sachez que votre mari n’est pas pour autant le pendant de la
bête immonde.

Cher Romain, merci de nous lire. Tu trouves que nous penchons trop à
droite ? Qu’à cela ne tienne, nous serions très heureux de te compter
parmi nos contributeurs. Allez, chiche, c’est toi qui signera l’édito
du 23 janvier ! Si tu en acceptes l’augure évidemment. Pour enterrer
définitivement la salle de bains de la discorde.

Cordialement,

LyonMag.com "

Benjamin, Je partage avec toi une certaine fascination pour les monstroplantes, qui me mettaient en retard pour aller en cours d'histoire en 6B lematin et un certain goût pour le tutoiement spontané.

Content donc que nous (point de schizophrénie rassure-toi juste que je n'étais pas tout seul de la contre-manif à lire ton site d'information) ne soyons point des extrêmistes chez les manifestants de la place du Pont.

 Si tu avais davantage écouté Jean-Louis Touraine (il faut écouter Jean-Louis Touraine sauf lorsque ses discours trainent en longueur, ce qui, chacun le sait, n'arrive jamais) le titre de l'article aurait certainement été moins ambigu et j'aurais pu me laver les dents un peu avant. Mais je ne t'en veux pas: d'une part en cherchant mon ouvrage de BHL, je suis retombé sur le très utile "Comment faire des conserves" de Ginette Mathiot que j'avais acheté un jour de 1997 où l'on m'avait fourgué une carte France Loisirs.

D'autre part j'ai pu faire croire à mes potes que j'étais un vrai type de gauche pendant quelques heures. Rare plaisir tu imagines. Enfin tu me prends par les sentiments: l'écriture et surtout mon incommensurable égo à faire passer Azouz Begag pour un type modeste . Ok je ferai ma page d'écriture avec plaisir sur ton site plutôt de droite.

Après tout en tant que nouvel extrèmiste, il faut que j'applique les techniques d'entrisme chères au troskysme sauce Lionel Jospin,  que je sois quelque part et en toute modestie (je t'ai prévenu) une sorte de Victor Hugo chez Chateaubriand, un Sartre chez Aron du web lyonnais.

Mais, cet écrit, je le ferais à une condition: que nous allions manger dans une brasserie populaire comme le dirait Estrosi. Après tout j'ai un brevet d'honorabilité à refaire et je préfère la fourchette à la main au couteau entre les dents . Bien à toi

6 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.


  1. Il a beaucoup d’humour le Benjamin Solly! J’aime et je le pardonne.
    Bon appétit messieurs.

  2. Gwynfrid

    Très joli échange. Ça fait plaisir de voir le français employé aussi efficacement au service de l’humour.

  3. « La fourchette et le couteau… » Hu !?? Méhanfum… ^^

  4. Frédéric Vermeulin

    Bien, réponse à la hauteur, très bel échange !

  5. Effectivement, joli échange ! Bien écrit et bien dit des deux côtés, ça fait plaisir à lire !

  6. tebruc

    En tant qu’ex-lyonnais, j’apprécie cet échange, non seulement pour sa forme, mais aussi parce j’y retrouve l’atmosphère feutrée de la politique lyonnaise, entre personnes bien élevées, où les opinions ne s’opposent que très courtoisement, et les différents s’apaisent au cours d’un bon repas dans une « brasserie populaire » (vers Perrache, ou du coté des Brotteaux?). Tout ceci me rajeunit, en me faisant penser à l’époque de l’opposant (?!) Pradel, et à celle où un maire neo-liberal (le meilleur économiste de France, disait-on avec 14% d’inflation), complimentait un futur maire socialiste.
    Mais, dans le fond, je préfère cet atmosphère à celle qui baigne la politique dans la capitale ou dans d’autres grandes villes, çà laisse moins de place aux centristes :-))
    Quant à la faute de gout du FN, défilant dans Lyon, ce ne sont surement pas de vrais Lyonnais

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