taoiste

Etre Adjoint à la Culture est parfois une école de méditation taoïste

Etre élu amène en général à rencontrer plein de gens. Différents et variés. Enfin quand on est élu de terrain, ce qui est tout de même généralement le cas lorsque l’on est Adjoint d’Arrondissement (pour moi à la Culture donc) et donc qu’on dispose de pouvoirs des plus limités pour ne pas dire inexistants. Alors nous avons un rôle de facilitateurs. D’avocats de nos territoires. De conseils.

Et puis aussi de faiseurs de ponts. De créateurs de liens.

Généralement c’est plutôt sympathique et nombreux sont les gens prêts à vouloir bosser avec soi. On reçoit, on va voir beaucoup. On est pas mal sollicité. Tant mieux. C’est l’humain,c’est pour ça que je suis élu. Parce que sinon…

Et puis il y a toutes les fois où l’on vous ferme la porte. Où l’on vous balargue la main que vous tendez. l’on refuse par principe de travailler avec vous. Parce que vous êtes pas du bon bord. Parce que vous êtes représentant d’une institution et que vous êtes donc forcément suspect, méchant, corrompu et que vous mangez certainement des bébés chats au petit déjeuner. Oh les gens sont libres de bosser avec qui ils veulent et sans qui ils veulent…

Mais le souci c’est que ça n’empêche pas forcément la même de vous solliciter pour une aide financière. Ou du matériel. On veut bien de votre aide, vos conseils mais discrètement mais après cassez-vous. L’impression de pratiquer le plus vieux métier du monde à l’arrière d’une camionnette…

Etrange monde mais il faut aussi faire avec. Essayer de tisser de la confiance. Etre unitaire pour deux. Eviter PARFOIS D’ENVOYER UN MAIL INCENDIAIRE (ouf ça fait du bien sur le coup et du conflit après !) de se braquer ou d’envoyer complètement valdinguer la personne. Qui sera à ce moment là trop ravie d’avoir la preuve que vous êtes un vilain méchant élu qui ne l’écoute pas ou le hait ou veut détruire les vraies de vraies valeurs culturels qu’il incarne, lui et ses potes. Vous calmer intérieurement. Respirer. Faire la position du lotus. Sourire. Essaye d’être bienveillant. Malgré le fait que vous avez tendu une main qu’on vous a retournée en pleine gueule.

Etre Adjoint à la Culture est parfois une école de méditation taoïste.

1 commentaire a été rédigé, ajoutez le vôtre.

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  1. Joli billet. Il y a un certaine ingratitude et des comportements un peu bizarres dans le monde artistique. Ce n’est pas l’or ou la richesse qu’on se dispute mais la reconnaissance et le succès dira-t-on. Parfois c’est un peu n’importe quoi. Et je me mets dans le sac, bien sûr. Un monde de passionnés, oui mais…
    Une chose doit nous alerter quand même : dans le monde culturel et dans le vocabulaire administratif, on appelle « tutelles » les financeurs : la DRAC, la Région, la Ville etc. Drôle de mot. Est-ce à dire que les acteurs culturels sont des personnes dépendantes ou des enfants qui ont besoin de tutelle ?
    C’est en tout cas une chose importante à battre en brèche, tout le monde doit se responsabiliser et les artistes montrer qu’ils le sont en effet (parce que beaucoup le sont, responsables je veux dire) ! Il y a danger sinon : je me souviens que certains journalistes décrivaient la grève des intermittents en 2005 comme une initiative de gens passionnés, romantiques, un peu enfants rêveurs, loin des réalités économiques, incapables de vivre sans leur tutelle. C’était un merveilleux moyen de nous décrédibiliser.
    De la passion certes mais du réalisme on en a, tout autant sinon plus que le fameux MEDEF prétendument réaliste. (voir les propositions plus que réalistes et efficaces de la Coordination des Intermittents).
    Bref, tout ça pour dire que ça nous demande parfois un petit effort pour ne pas tomber dans la caricature et les bizarreries et autres simagrées que tu décris dans ce billet.

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