Baptême

"Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême" (Ephésiens 4,5)

J'avais rendez-vous, pour le baptême d'une petite Clémence de la famille de ma compagne en la paroisse catholique du Sacré-Coeur dans le 3e.La chose m'a inspiré le petit billet suivant.

Si l'eau baptismale été versée sur mon front de bébé par un curé et non un pasteur, mon engagement spirituel se fait aujourd'hui au sein de l'Eglise Réformée.

Rappelons tout d'abord que le sacrement du baptême est commun à toutes les dénominations chrétiennes, il n'y a qu'un seul baptême,qui est reconnu par toutes les églises.

Un passage de l'un à l'autre n'amène pas à une rebaptisation .En effet le baptême est le début de la vie chrétienne et il ne peut exister qu'un seul point de départ. Ne connaissant pas assez les chrétiens orthodoxes je me concentrerait sur les catholiques, les protestants et dans une moindre mesure sur les évangéliques.

Certains (Les églises évangéliques) considèrent que ce point de départ ne peut être fait qu'a un âge conscient (Dénommé option baptiste), les catholiques, si ils acceptent les baptêmes d'adultes, sont avant tout partisans de baptiser les enfants assez tôt (Option pédobaptiste) et les protestants ont la liberté entre les deux.

L'option baptiste considère que c'est à l'individu et à lui seul de proclamer sa foi dans le baptême et se base sur le fait que les premiers baptêmes dans la bible concernaient des adultes (Jésus est plongé dans le Jourdain à l'âge de 30 ans par Jean-Baptiste).L'autre option, que je partage plutôt,pense que la Grâce de Dieu existe pour tous, qu'on soit un enfant ou un adulte conscient.Libre à lui de faire ou non son chemin dans la foi par la suite.Cet option se base sur  Marc 10,13-16:"Des gens amenèrent des enfants à Jésus pour qu’il pose les mains sur eux, mais les disciples leur firent des reproches. Quand Jésus vit cela, il s’indigna et dit à ses disciples : « Laissez les enfants venir à moi ! Ne les en empêchez pas, car le Royaume de Dieu appartient à ceux qui sont comme eux. Je vous le déclare, c’est la vérité : celui qui ne reçoit pas le Royaume de Dieu comme un enfant ne pourra jamais y entrer. » Ensuite, il prit les enfants dans ses bras ; il posa ses mains sur chacun d’eux et les bénit."

Des raisons autres que théologiques ont aussi pu parfois conduire à faire tel ou tel des deux choix Au Moyen-Age la peur de voir les âmes des bébés être damnées en cas de décés sans passage par le premier sacrement amenait à des baptêmes quasiment au sortir du ventre maternel ou presque.A l 'inverse Aujourd'hui pour les couples de dénominations chrétiennes différentes le souhait de laisser l'enfant trancher plus tard est aussi parfois à l'origine d'un report.

Sur la cérémonie elle-même, si le fond et une partie de la forme sont similaires, de singulières différences existent, qui sont explicables (rapidement car cet article devient long) par deux clivages que je vais simplifier

1-L'Eglise:Pour les protestants elle est avant tout communauté (contrairement à l'usage en vigueur aujourd'hui, le terme "communauté" en l'espèce veut dire l'ensemble le plus grand possible de ceux qui partagent la foi chrétienne, avec une vocation universelle et non un groupe restreint et renfermé sur lui-même) des croyants, pour les catholiques elle l'est aussi mais est aussi  institution et lieu physique.Ainsi les réformés et les luthériens baptisent toujours devant pendant un culte (une messe) et devant la communauté rassemblée.Il est possible de baptiser un enfant ailleurs que dans un temple si des membres de la paroisse sont présents et le sacrement n'est pas obligatoirement administré par un pasteur mais peut être fait par tout croyant délégué par l'Eglise.C'est parce que tout membre est témoin du chemin de l'enfant qu'il n'y a ni parrain ni marraine contrairement à ce qui est fait dans le catholicisme.

L'Eglise Romaine baptise si les parents le souhaitent, en-dehors de la collectivité(ce que je trouve manquer de sens, le baptisé étant aussi par-là même entrant dans la communauté chrétienne) mais forcément par un prêtre et forcément dans un bâtiment religieux.

2-La transsubstantiation.Le rôle de l'eau et de l'huile (Saint-Chrême).Le prêtre bénit ces deux produits avant de les appliquer sur l'enfant.Pour les protestants le rôle de l'eau est symbolique et n'est pas bénie, DIeu ne se trouvant pas dans des objets.Quand au Saint-Chrême, il n'est pas utilisé, la bible ne mentionnant qu'un baptême d'esprit et d'eau, l'huile étant utilisée généralement pour l'agrément ou la nourriture.

Par delà les différences c'est à une aventure dans la foi qu'a été invitée à vivre la petite Clémence.A elle de choisir si elle veut cheminer ou pas dans son engagement spirituel.Le baptême est et doit être vécu comme accueil et liberté, il n'est pas fermeture ni prison.

3 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Lily

    Et ben t’as du bien t’faire chier hier, mon pauvre, genre repas dans un routier, la bise à mémé, le mousseux bien chaud etc…

  2. Merci pour cette réflexion interessante sur le thème de baptême. Je me permettrai juste 2 remarques:
    La référence à Marc 10: 13 à 16 lors des « baptèmes » de bébés me semble toujours déplacée: Jésus à dit: « Laissez les petits enfants venir à moi », pas « baptisez les petits enfants ». Puis ensuite il les « bénit » il ne les baptise pas.
    Un autre détail pratique, puisque c’est le jour de parler de Chouraqui, je t’invite à consulter sa traduction. Il n’y est pas question de baptème, ni d’aspersion, mais d’immersion (exemple: Jean 3, 22 et 23). C’est plus clair, car c’est le vrai sens du terme.
    Mais pour décrisper le débat, notons que c’est la foi qui sauve, et non le baptême, quel que soient l’age du baptisé et la façon dont il est pratiqué, il y a de nombreuses références qui le montrent…
    A bientôt.

  3. romain blachier

    Un méthodiste français?la chose est rare et ton blog excellent.
    N’ayant pas d’édition chouraqui à disposition, disposant (tout de même!)d’une Segond classique, d’une Nouvelle Bible Segond (ma préférée) d’une bible des écrivains Bayard (écuménique) et d’une bible de Jerusalem (catholique) et en regardant un peu je vois souvent baptême cohabiter avec apersion ou immersion.La question de la maniére (un peu d’eau sur le front ou une plongée) est,nous en conviendrons peu importante, comme tu l’as dit « Mais pour décrisper le débat, notons que c’est la foi qui sauve, et non le baptême, quel que soient l’age du baptisé et la façon dont il est pratiqué, il y a de nombreuses références qui le montrent… ».Et de plus il est possible que l’aspersion soit survenue pour des raisons pratiques d’économie d’eau en pays chaud…
    Pour ce qui est de ma référence à Marc 10: 13 à 16 je la crois pertinente:Même si Jésus ne baptise pas formellement, il acceuille les enfants dans la foi…N’es ce pas cela justement la définition du baptême?Pensons aux paroles de Jean-Baptiste dans Luc 3-16 sur le fait que lui le baptiseur fait le baptême d’eau alors que le Christ fera baptisera « dans l’esprit saint et le feu » ce qui implique que Jesus baptise d’une autre maniére que celle pratiquée…
    Je pense aussi à d’autres passages les Actes des apotres, Paul et Silas baptisent leur geolier à son domicile « il reçut le baptême, lui et tous les siens » (AC 16-33) ce qui implique normalement des enfants…
    Bon et puis de toutes façons je suis surtout favorable au baptême des enfants car la grace nous précéde.
    Merci de ton intervention, au plaisir de continuer nos échanges

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