Bleu, blanc, rouge, la France aux François

OrangeSur les 8 éliminés du 1er tour, 6 voteront pour le changement, 2 blanc et 0 pour le candidat sortant. De façon large. Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou, Jacques Cheminade et désormais François Bayrou appellent à voter pour François Hollande. Mon copain Romain P en vient à s'interroger Et si Nicolas Sarkozy appelait lui aussi à voter Hollande ?

Ce soir l'annonce par Bayrou de sa décision de voter pour le candidat de la gauche me fait plaisir. Certes elle brise une blague classique abondamment pratiquée, même si il n'en est pas l'auteur, par le pourtant pas très funky président du conseil général du Rhône Michel Mercier, soutien et ministre de Sarkozy "Le centre n'est ni à gauche ni à gauche".

Mais, si ayant fait le choix d'un engagement à gauche depuis plus de quinze ans, j'ai des divergences avec le chef du MODEM, elle a fait plaisir à plus d'un titre au social-démocrate européen que je suis.

Elle montre un rassemblement large autour de François Hollande-Elle amène des amis à moi (il y en a un certain nombre) membres ou sympathisants du MODEM à conforter leur choix.

Et puis elle rompt un vieux tabou de la 5e République, déjà brisé localement à Lyon et dans nombre d'autres villes à majorité socialiste, un tabou qui voudrait que la gauche et le centre ne puissent se parler, ne puissent miroiter de concert dans différentes postures.

Dans son message, il ne faut pas non plus oublier Bayrou a aussi voulu s'adresser à la droite dont Liberation-bayrou il est issu et dont sont issus une partie de ses troupes. Au-delà donc du centre, en affirmant ce qui fait la une du numéro de Libération à paraitre ce jour "La ligne qu’a ainsi choisie Nicolas Sarkozy entre les deux tours est violente, elle entre en contradiction avec les valeurs qui sont les nôtres, pas seulement les miennes, pas seulement celles du courant politique que je représente, mais aussi les valeurs du gaullisme, autant que celles de la droite républicaine et sociale." Cet appel sonne comme un avertissement à ceux qui se réclamant de la droite humaniste tout en cautionnant la dérive extrême du candidat sortant pour des raisons de conformisme ou d’égoïsme personnel.

Bien sûr Bayrou n'est pas forcément dénué d'arrières pensées tactique. Bien sûr, comme le dit Nicolas Voisin, la chose aurait pu arriver 5 ans plus tôt et nous aurait peut-être évité 5 ans de catastrophe Sarkozyste. Bien sûr l'événement lui permet aussi de revenir sur la scène. Certes par là-même Bayrou se permet d'être clairement en position de rassembler au centre et à droite sur les décombres de l'UMP. Voire même d'attirer quelques socialistes à terme.

Mais celui qui fit longtemps de la Modemologie sur ce présent blog vous le dit: c'est un plaisir de voir Bayrou faire preuve de cohérence dans son choix, avec les valeurs qu'il affiche, dans cette élection. Et elle ne manque pas de panache, tant l'UMP lui proposait postes de Premier Ministre et députés alors qu'Hollande a indiqué que son chef de gouvernement serait socialiste.

Tiens pour finir, tout cela me fait penser à une petite chanson des Guignols. Pour me taquiner ma femme me dit "Ok t'es socialiste mais cette chanson sur le centre me fait quand même un peu penser à toi".  Mais euuuh...

Les Guignols du 20/02 – Politiquement centriste

2 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Fred

    Tabou de la Ve république? Allons allons enfin Romain… Et l’ouverture de Mitterrand en 1988? Je crois bien qu’elle allait joyeusement vers le centre il me semble.
    Ceci-dit il y a une énorme différence entre politique locale et nationale, que dans certaines villes selon la compostion des partis locaux certaines associations se fassent sur un projet local commun et très concret est une chose, qu’en revanche une politique commune soit envisagée au niveau national c’est autre chose…
    Ensuite fait très attention au « rassemblement large derrière Hollande » c’est un rassemblement large contre Sarkozy, nuance! Ensuite les cartes risquent d’être très vite rebattues sur tout l’échiquier politique, nul ne sait quelle sera la formation politique dominante pour ces prochaines années. Et il se pourrait que même avec Hollande à l’Elysée, ce ne soit pas le P.S.
    Le parti qui domine est celui qui exerce une hégémonie culturelle, à entendre les discours de Hollande sur l’immigration, les centres de rétention, etc… Je sens que de plus en plus l’hégémonie culturelle risque de ne pas être exercée par la gauche… Ne jamais oublier Gramsci…

  2. romain blachier

    il y a certes l’ouverture de 1988 que j’ai cité d’ailleurs hier dans #lautredebat. Mais elle est très souvent utilisée comme un contre-exemple dans le discours dominant du fait qu’elle était un ralliement marginal (entre autres).

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