Triste période pour la presse lyonnaise

Ce ne sont pas des heures joyeuses que traversent les titres de la presse lyonnaise.

SI la Tribune de Lyon a finalement réussi à se sortir d’affaire en ce qui concerne son droit à publier des annonces légales, Lyon Capitale (cf mon expresso d’il y a quelques jours) a par contre été retoqué par la commission préfectorale donnant les agréments aux supports de presse le demandant.J’ai reçu hier un mail de la rédaction de Lyon Cap attirant l’attention sur la situation du journal .

L’hebdo, dont la situation financière est précaire depuis longtemps, comptait se lancer sur de nouveaux projets dans le numérique dixit Alexandre Balmes, l’un de ses collaborateurs œuvrant dans le domaine du numérique.La liste des supports ayant droit aux annonces légales sera donc celle-ci cette année.Lyon Capitale n’y est pas et c’est prés de 100 000 euros qui manqueront aux caisses de cette publication qui a contribué dés sa naissance à réveiller Lyon.

Rôle du nouveau préfet nommé par Sarkozy, composition de la commission (qui comprend 3 concurrents), beaucoup de choses sont évoquées concernant cette suppression d’autorisation.N’étant pas un spécialiste de la question je me garderait bien de me prononcer sur le bien-fondé de la décision,même si j’espère que des solutions seront trouvées pour permettre à Lyon Cap, qui a bien évidemment tout mon soutien, de reprendre le droit à faire paraitre des annonces légales. Si le journal de la rue Puit-Gaillot connait des heures sombres, si des rumeurs s’accumulent sur l’état de santé financière des Potins d’Angéle (ce qui ferait le malheur de tous les amoureux de la petite et de la grande politique locale dont votre serviteur) la situation est dramatique au Progrés, même si un accord vient d’être trouvé entre la direction et les syndicats.L’état des finances, le lectorat en baisse et des conflits à répétition et certains propos maladroits des dirigeants sur leur peu d’envie de viser un lectorat plus jeune laissent augurer d’un avenir peu réjouissant pour le quotidien. Lyon Mag n’échappe pas non plus aux crises.Le polémique mensuel est victime d’une tentative de rachat par un actionnaire majoritaire, si j’en crois l’édito de son rédac chef, visiblement proche de l’UMP et en particulier de Dominique Perben.Le mensuel craint donc pour son indépendance à quelques mois des municipales.Et si la soirée en soutien au magazine rassembla des hommes politiques de tous bords, les proches de M.Perben y brillaient par leur absence… Mais en parlant de la solidarité des politiques, c’est aussi et surtout de solidarité entre elle qu’a besoin la presse lyonnaise…Et elle en manque cruellement. Pas une annonce sur aucun autre site de presse que Lyon Cap concernant le problème du journal des esprits libres tout comme aucune annonce n’avait été faite concernant la campagne d’abonnements faite par la Tribune de Lyon aux alentours de Noël (avec un heureux succés puisque 1000 nouvelles souscriptions annuelles ont été recueillies) ou la soirée de soutien à Lyon Mag…Rien non plus sur la remise en cause du poste de l’excellent Robert Marmoz par la direction du Nouvel Obs…Triste période de chacun pour soi dans la presse lyonnaise, même si quelques esprits plus solidaires dont Olivier Bertrand et d’autres font des ponts entre les différents journaux… Allez je vais me réécouter ce délire pseudo années 80 qui constituait la BO du film le Come-Back avec Drew Barrymore et Hugh Grant, ça va me remettre un peu la pêche, le clip est à mourir de rire.


Pop! Goes my Heart (Hugh Grant)

3 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Le côté arbitraire ou non de cette décision de la part du préfet et de son équipe mis de côté, je m’interroge sur la mise sous perfusion des médias en général.
    Tout le monde s’étonne du manque d’indépendance de la presse et de la collusion entre les journalistes et les politiques.
    Je n’irais pas jusque à applaudir (des emplois sont en jeux) mais comme pour la hausse du baril à 100€ qui encourage certains à en profiter pour faire la promotion des énergies renouvelables, je me dis qu’une réflexion de fond sur l’intérêt de maintenir une diversité d’opinion de façade devrait voir le jour.
    Si les lecteurs payants ne suffisent pas à faire vivre un journal pourquoi s’acharner ? D’autant plus que le coût du papier et de l’impression est énorme : pourquoi ne pas en profiter pour passer au tout internet ?

  2. Bruno, comme d’habitude – tu me fais passer pour une chèvre – ton coté utopiste me fascine 🙂
    Tu ne peux pas passer au tout numérique du jour au lendemain peut être dans 5 ou 6 ans mais pas avant.
    Après tu me connais suffisamment pour savoir que j’ai ma petite idée sur la question 😉

  3. Arf, c’est pas moi qui suis utopiste. La presse en général est attachée au papier comme la moule à son rocher…
    Tout est question de crédibilité au départ. Le paradigme : ‘si j’ai un média « tangible », je tiens les électeurs’ ne tient plus trop la route, parce qu’il n’y a plus d’électeurs au sens traditionnel du terme.
    Faut lâcher du lest, sinon c’est la chute ^_^v

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