Chypre: et si on se félicitait , au moins un peu des fois, de l’action de l’Europe ?

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Comment qualifieriez vous une politique qui vise à la disparition de la seconde banque du pays, pour cause de pratiques contestables, taxe les créanciers des banques, vise à détruire un système basé sur le flou bancaire et le paradis fiscal et taxe les comptes des très grandes fortunes ? Si on rajoute que les dis comptes en question sont généralement tenus par de grandes fortunes venues d’un pays fort peu démocratique et connaissent souvent des origines douteuses?

Alors comment on la nomme ?

Delapierre, l’un cailloux dans la chaussure du Parti de Gauche, la qualifiait de « salopard » en désignant ainsi les ministres européens, dont Pierre Moscovici, qui ont concocté ces mesures. Que reprochait Delapierre mais aussi, beaucoup d’autres, au PG comme ailleurs dans la gauche radicale et dans la droite et l’extrême-droite souverainiste ? Il était tout de même logique que l’argent public européen ne serve pas à renflouer sans contrepartie des banques et des avoirs aux comportements des plus discutables parfois.

Les moyens des Etats pour financer les milliardaires russes! C’est aussi ce que voulait la droite chypriote. On a beaucoup glosé sur la taxe qui aurait pu être appliquée à tous les dépôts bancaires, y compris les plus modestes.

Certains ont oublié de dire que ce n’est pas l’Europe qui a demandé une taxe sur les dépôts de moins de 100 000 ou 20 000 euros (seuil abaissé au moment de l’examen puis du rejet du plan par le parlement chypriote, où la gauche et des élus de centre-droit ont mis en échec la proposition du président de droite) mais que cette demande provient du gouvernement chypriote lui-même, qui voulait une politique plus laxiste avec les banques et les fonds déposés par de nombreuses fortunes.

Reste encore des paradis fiscaux en Europe, à commencer par le Luxembourg et Malte. Et puis manque encore une harmonisation fiscale pour éviter la course mortifière à long terme du dumping sur lesquelles surfent le populisme des Depardieu et des Figaro Magazine. Cela posera sans doute la question de la place de la Grande-Bretagne en Europe. Ce sont des débats, de même que la position allemande sur la question des prêts directs aux banques a rendu la situation plus difficile. Encore une fois qu’ils sont lourds ces dogmes nationaux.Mais ce n’est pas un hasard si le Président actuel de Chypre demande de l’aide à l’Europe là où son prédécesseur croyait aux fausses promesses russes.

En attendant on pourrait peut-être se féliciter de l’accord trouvé sur Chypre, dans laquelle la France aura joué un grand rôle. Et puis insister sur les moyens d’accompagnements afin d’éviter aux chypriotes le moyen d’éviter la gueule de bois après un changement de modèle. Là est le vrai combat solidaire plutôt qu’à la stigmatisation et à l’insulte de l’Europe et/ou des chypriotes (en fonction de l’interlocuteur). La cure de désintoxication au paradis fiscal ne doit pas de terminer dans l’enfer des misères. Et des salopards, des vrais…

47 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Romain ce qui est inquiétant c’est que l’UE puisse pomper ainsi l’argent qu’on met à l’abris dans les banques. Alors certes, il s’agissait là d’une lessiveuse mais ça pose de sacrées questions tu ne crois pas ?

    • Romain Blachier

      De pomper l’argent parfois suspect et de réformer un paradis fiscal cela te pose question?

  2. Emmanuel

    « Certains ont oublié de dire que ce n’est pas l’Europe qui a demandé une taxe sur les dépôts de moins de 100 000 ou 20 000 euros (seuil abaissé au moment de l’examen puis du rejet du plan par le parlement chypriote, où la gauche et des élus de centre-droit ont mis en échec la proposition du président de droite) mais que cette demande provient du gouvernement chypriote lui-même, qui voulait une politique plus laxiste avec les banques et les fonds déposés par de nombreuses fortunes. »

    J’ai du loupé un train là, l’UE et le FMI ne se sont jamais entendu sur une taxation dès le 16 mars? o_0

    La chronologie : http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20130317trib000754369/chypre-comment-on-en-est-arrive-la.html

    La vraiment, je ne comprends pas la démonstration de ton article.

    • Emmanuel

      « J’ai dû louper un train là, l’UE et le FMI ne se sont jamais entendus sur une taxation dès le 16 mars? », fautes corrigées, pardon 🙂

      • Romain Blachier

        Pas une taxation sur les PETITS dépôts mais juste le plus de 100 000 euros

        • Emmanuel

          Au départ ce n’était pas les gros ET les petits? Enfin c’est ce qui est dit partout (revoir mon lien)

          • Romain Blachier

            les gros c’etait une décision européenne, les petits une décision nationale.

  3. arnaud l

    Ton ami Mélenchon ne dit-il pas qu’il faut aller chercher l’argent là où il se trouve? Bah c’est simple: il se trouve sur les comptes en banque!

  4. Florian

    Hum. Bon sur le fait de pénaliser pour une fois majoritairement les « bonnes personnes » et non pas l’économie réelle du pays comme en Grèce, ça je suis ok. Par contre y’a beaucoup à redire sur le fonctionnement quand même! C’est quand même fou d’en arriver à devoir négocier à l’arrache un dimanche soir pour traiter une situation qui n’est pas apparu la veille! Et c’est fou qu’on puisse laisser entendre que la solution à la crise chypriote puisse être réutiliser ailleurs.
    Et pour les paradis fiscaux Européens, pour l’instant rien n’est fait, et même pire la bienveillance avec le Luxembourg est de plus en plus grande je trouve. Et merci Lisbonne pour avoir très bien organisé le démantèlement des services publics, tout en « omettant » d’imposer une harmonisation fiscale.
    Donc que l’Europe soit une cible facile, je veux bien, mais ça ne vient pas de nulle part non plus, parfois je me dis même qu’ils doivent aimer ça tellement niveau communication ils arrivent à merder…

    • Romain Blachier

      Pas rien puisqu’il y a un paradis fiscal en moins

  5. Robert Curbet

    Faire disparaître un paradis fiscal est certes un bon resultat, mais la méthode employée est criticable, sur au moins deux points, la communication et la légalité
    – sur la communication, je suis d’accord avec florian, l’effet est désastreux: Chypre avait besoin de 17 milliards d’euros, à la première annonce, les bourses du monde entier ont plongé de 100 milliards. De plus encore une fois les attermoiements de la troïka et de l’europe ont sappé le début de confiance que les marché financiers commençaient à avoir.
    – sur la légalité: en juillet 2010 a été adoptée par l’Europe une loi garantissant les dépots jusqu’à un maximum de 100000 euros et mettait en place un mécanisme européen en cas d’urgence. Dans sa première déclaration, la BCE, qui aurait du engager immédiatement ces mesures d’urgence, bafouait la loi européenne, votée et ratifiée démocratiquement par tous les pays. On est revenu à peu près dans la légalité, mais au prix de la perte de confiance des marchés financiers, puisque les mécanismes de solidarité votés par l’europe, ne sont appliqués que partiellement et après de longues discussions. A la prochaine alerte bancaire dans un autre pays, Espagne, Italie ou France, qui ne sont pas des paradis fiscaux, la spéculation contre l’euro redemarrera.
    Le lien sur un blog d’un financier sur la légalité de la première opération http://finance.blog.lemonde.fr/2013/03/20/chypre-leurope-est-elle-dans-lillegalite/
    Je suis par contre d’accord sur l’irrationalité du Parti de Gauche et de JL Melenchon, qui ce matin sur france Inter, vociférait qu’il fallait prendre l’argent dans les banques, et qui dans la phrase suivante, le condamnait en disant que cela allait toucher le peuple chypriote
    @tebruc

    • Il aurait fallu faire quoi alors? Balancer 17 OOO OOO OOO d’euros au jugé? Comme cela? non, par contre l’Europe manque d’outils. Il n’y a pas assez d’Europe en fait et trop d’Etats.

      • Robert Curbet

        Ce n’est pas l’action qui est criticable, c’est la méthode et les déclarations. la dernière co..rie, c’est celle du nouveau président de l’eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, qui a déclaré que c’était un cas d’école, c’est à dire que ce serait la même solution pour les autres banques des autres pays. Cela veut dire qu’un investisseur important ou même un banque centrale ne peut plus faire confiance aux banques des pays faibles de la zone euro si elles osnt en difficulté, et qu’il doit tranférer ses comptes dans des pays forts. Ceci veut dire que çà va créer un manque de liquidité pour les banques portugaises, espagnoles, italiennes, et peut-être françaises, et en conséquence une crise du crédit, ruinant les efforts pour relancer la croissance dans ces pays. Si on avait de mauvaises pensées, on pourrait être tenter de croire que l’allemagne, la GB, la Hollande, le luxembourg, ont joué contre l’europe du sud, et vont récupérer les dépots bancaires qui vont se barrer. En effet, il n’y a pas assez d’Europe et trop d’états.

        • Romain Blachier

          Le Président de l’eurogroupe donne un avertissement. Celui-ci procéde d’une logique qui est à la fois bonne et mauvaise: bonne parce qu’il signale aux pays qui jouent trop sur leur systeme bancaire (ex l’uk) qu’il va falloir faire attention. Mauvaise car en réalité cet exeme n’est pas reproductible . Mais il s’agit du post opératoire, pour mois l’opératoire par contre est bon, dans la mesure où l’étatique laisse fort peu de possibles.

  6. John Quenelle

    Pardon cher Romain, mais l’Europe a, a peu près comme tout le temps, été nulle.
    Admettons que l’institution européenne fonctionne correctement. Ce n’est pas le cas, mais admettons. Chypre n’est pas passée de la prospérité à la banqueroute en un jour. Les technocrates d’europe ont fait de longue études, il devraient être capables de prévoir à l’avance les catastrophe.
    L’europe a, une fois encore, manqué de réactivité. Sans doute les institutions, auxquelles personne ne comprend rien au passage, étaient trop occupés à faire de la lèche aux marchés pour voir venir. Mais je ne crois pas que ce soit ça non plus : ils ont vu venir, ont rien fait, pour saigner Chypre, qui sera saignée comme l’a été la grêce.
    D’autre part, l’europe a fait une formidable connerie en acceptant dans la zone Euro des pays comme Chypre.

    Enfin, on pourra saluer l’action de l’europe quand elle dira merde aux marchés, permettra à nouveau la création monétaire et arrêtera de se faire mener à la baguette par les conservateurs en tendant vers une politique libérale, ou tout ce qui compte, c’est le pognon.

    C’est peut être un peu facile, mais c’est une réalité : l’europe méprise les peuple. Tout ce qui intéresse « l’europe » c’est d’avoir de beaux powerpoint qui montrent des courbes positives.

    • Romain Blachier

      En quoi elle a merdé, surtout avec les faibles moyens dont dispose l’institution européenne? explique nous?

      Sur Chypre en effet elle s’est mise dans un sale état…et ce n’est pas l’Europe qui en est responsable mais un modèle qui a fini par se retourner contre les chypriotes.

  7. John Quenelle

    Il ne faut pas confondre faible moyen et le refus de se donner les moyens.
    Au bout d’un moment, il y en assez d’entendre des trucs comme « c’est les règles, c’est comme ça ». Mais qui fait les règles de l’europe ? L’europe !

    L’europe a les moyens de décider ce qui se fait ou ce qui ne se fait pas. Elle a les moyens de permettre, du jour au lendemain, la création monétaire. Et l’argument de la « règle » n’est pas valable : encore une fois, c’est l’europe qui fixe les règles.

    Il faut comprendre que c’est complètement stupide : « On ne peut pas faire ça parce qu’on a décidé qu’on ne pouvait pas faire ça ».

    Pour le coup, tout ce qu’a fait l’europe c’est, comme d’habitude, faire en sorte que le peuple n’aille pas botter le cul des dirigeants pour maintenir leur système.

    Ou a-t-elle merdé ? Elle l’a vu venir, le truc. Le problème chypriotte, il existe pas depuis trois semaines. Il y a deux, trois, ou quatre ans, auraient pu être prises des mesures douces à l’encontre, par exemple, des paradis fiscaux. Mais ça n’arrange pas les libéraux qui, pour jouer un peu plus avec des capitaux, sont prêts à sacrifier un peuple.

    Chype s’est certes mise toute seule dans un sale état, surtout en entrant dans la zone euro quand on pèse 700 000 habitants, quand on peut juste dire oui à Merkel et fermer sa gueule.

  8. Faux, c’est justement les Etats qui refusent des moyens de fonctionner à l’Europe. Quand à Chypre ce n’est pas Merkel qui l’a forcée au paradis fiscal. Bref le souci c’est les Etats d’abord.

  9. Emmanuel

    Dire que CETTE europe là est la pire merde qu’on qit n’implique pas du tout qu’on soit anti européen.
    Pour ma part, c’est soit une europe fédérale d’un niveau equivalent à un Canada (par exemple, que je connais le mieux par la force des choses) avec perequation et tout le toutime, soit dégager de ce merdier qui nous tue. Et pas à 27 mais à 6 ou 7 maximum.

    Mais en l’état, je vois plus continuer dans le même sens que dans une unification…

  10. Gwynfrid

    Franchement, vu de l’extérieur il est bien difficile de féliciter la France sur ce coup-là. Évidemment, faire cadeau de 17 milliards sans condition n’était pas envisageable, et la solution telle qu’actuellement présentée est peut-être à peu près acceptable.

    Mais pour en arriver là, quelle incroyable panique ! Comment les 17 ministres ont-ils pu, dans un premier temps, présenter comme une solution consensuelle une taxation des comptes du chypriote lambda dès le premier euro, et croire que cela passerait sans émeute et crise de confiance ? Alors que les soldes de 100000 euros sons censés être sous la garantie solennelle des États ? Sans rire ? Un enfant de dix ans aurait pu leur dire que ça allait coincer.

    Le ministre français était présent, cela n’a pas pu se faire sans son accord. Le manque de sens politique est flagrant, et effrayant. Après, évidemment qu’il s’expose aux insultes populistes d’un Mélenchon. Mais c’est ledit Mélenchon qui remporte la victoire dans l’opinion. Qui lui en a offert les moyens, sur un plateau ?

    C’est une séquence terrible pour l’Europe. La responsabilité est partagée à 17, mais la France, en tant que grand pays et gros financeur de l’opération, en porte une lourde part, à peine moins que Mme Merkel.

    • Romain Blachier

      En quoi la politique menée ici pose probléme? Sur Mélenchon, celui-ci a montré une incohérence dingue.

      • Emmanuel

        Romain, à partir du moment où 17 ministres valident (ou proposent/imposent, j’ai pas encore saisi le fin mot) une proposition visant à taxer les dépots bancaires dès le premier euro, et ce, au mépris de ce qu’ils avaient eux même garantie quelques mois avant, alors oui on peut dire qu’ils ont merdé (au mieux) ou tenté de nous arnaquer (au pire).

        Je ne vois pas non plus où il faudrait se réjouir sur la fin d’un paradis fiscal. Oui certes Chypre est un paradis fiscal. Mais c’est un nain à coté du Luxembourg, de l’UK à travers l’Ile de Man ou de l’Irlande. Le jour où ces 17 imposeront une réduction drastique de la part financière dans le PIB de ces pays, là oui on pourra pleinement se féliciter. Et plus fou, on sabrera le champagne le jour où on dégagera la douzaine de pays pratiquant un dumping financier et social (soit tout ce qui est à l’est de l’Allemagne)et qu’on unifiera la totalité de la fiscalité avec les mêmes règles pour tous.
        C’est pas demain la veille.

      • Gwynfrid

        En quoi ça pose problème ? La liste est tellement longue que je suis tenté de vous renvoyer à la lecture de la presse, notamment la prese étrangère, par exemple http://www.nytimes.com/2013/03/26/opinion/for-cyprus-a-better-bad-banking-deal.html?ref=euro (et c’est loin d’être le commentaire le plus virulent).

        Le plus évident des problèmes est la destruction de la confiance des peuples vis-à-vis des banques, de la garantie des États, et des institutions européennes en général. Cette confiance était déjà bien secouée par les événements des 5 dernières années, mais là, on franchit un palier. Exemple: http://www.sudouest.fr/2013/03/24/quatre-francais-sur-dix-inquiets-pour-leur-epargne-1003912-3.php

        Sur Mélenchon: bien sûr qu’il n’est pas cohérent, depuis quand ce type serait-il cohérent ? Il se fout d’être cohérent, puisqu’il ne dirige pas un parti de gouvernement. Et il n’a pas non plus besoin de l’être pour sortir vainqueur de la semaine, à égalité avec Le Pen.

        • Romain Blachier

          Si c’etait si evident ces reproches vous me le diriez le souci au lieu de me renvoyer à des liens. Alors?

          Et qu’auroez vous fait?

          • Gwynfrid

            1) Je vous l’ai dit, voir le 2e paragraphe du com précédent à propos de la confiance. Les liens sont seulement là au cas où vous ne me croiriez pas.

            2) Ce que j’aurais fait, si j’avais eu le job, l’influence, l’intelligence, le talent politique, le pouvoir de Pierre Moscovici (j’en suis loin) ? J’aurais mis le veto de la France face à la demande chypriote de limiter à moins de 10% l’impact sur les avoirs de plus de 10000 euros, lors de la première mouture de l’accord. C’est plus facile à dire qu’à faire ? Possible. Mais de toute façon, tout le monde a dû revenir sur ce point lors du deuxième round sous la pression des événements. Un bon politique aurait été capable d’anticiper le danger politique de la position des 17.

            3) Je sais que vous êtes engagé publiquement sur le plan politique et que donc votre parole est contrainte, mais là, quand même, je me permets de voir du déni. Vous n’avez peut-être pas le choix, dans ce cas, c’est un brin injuste de ma part et j’en suis désolé.

            • Romain Blachier

              Honnetement votre dernier point est assez malhonnete.ce n’est pas parce qu’on est pas d’accord avec vous qu’on est contraint ou malhonnete.

              Sur le point de fond que vous soulevez (vous etes un des rares à le faire d’ailleurs et merci pour cela) la solutionétait refusée par à peu prés tout le monde.

  11. Gabilan

    Bonjour Romain,

    Encore une fois une mascarade, tous, et surtout les Russes, attendent la mort de Chypre pour récupérer son réseau bancaire, ses infrastructures, et surtout son gaz disponible d’ici trois ou quatre années. Dans l’attente, Chypre est mise en soins palliatifs. Ce n’est une victoire pour personne, ni pour les Chypriotes, ni pour l’Europe, ni pour la démocratie. Et encore moins, hélas, pour les socialistes.

    Par ailleurs, je veux bien revenir sur notre discussion au sujet du mariage pour tous tel qu’il a été traité par la majorité à l’assemblée : quand je te disais que c’était un travail de cancres, il semblerait bien que le Sénat me donne raison, puisque lui-même est en train de se pencher, pour une fois sérieusement, sur ces damnés affaires d’adoptions (filiales ou parentales). Et que la loi votée de façon bâclée soit retoquée par les sages.

    Mes excuses en revanche sur cette certitude que j’avais au sujet tes études chez les pères jésuites. Hélas, c’est en cette affreuse école protestante de sinistre mémoire dont tu tiens ton éducation, et tes lettres.

    Bien à toi, et toujours aussi amicalement,

    Jean-No

    • Gabilan

      A nouveau moi :

      Je viens de lire tous les commentaires précédent les miens. Je suis confondu par autant de naïveté.
      Chypre était (est) un tout petit paradis fiscal, qui avait l’avantage de ne pas être trop éloigné de la Russie et de bénéficier d’un climat méditerranéen agréable.
      Quand on est russes, et que l’on doit s’occuper de son pognon, il est préférable de faire 3 heures d’avion, plutôt que 17 heures (pour aller dans les Caraïbes). Mais quand trop d’argent s’en va sur une petite île dont l’économie est fragile, et dépendante de l’Europe, alors on finit par changer d’avis.
      On laisse crever cette île, quitte à perdre une vingtaine de milliards d’euros (autant dire peanuts à l’échelle des flux), pour:
      – d’une part récupérer ces sommes sur son propre territoire en créant soi-même des zones de capitalisassions sur des îles au climat moins favorables mais plus proches (types « Ïles Kouriles ».
      – d’autre part en mettant sous tutelle Chypre et son infrastructure (bancaire, touristique, industrielle…) afin d’exploiter la source de gaz gigantesque découverte sous peu et lui appartenant.

      Voila ce qu’il ce passe. Tout le reste n’est que théâtre.

      • Gabilan

        Ce qu’il SE passe. Xcuse.

      • D’accord sur le passé des russes sur les dépots.Par contre sur la mise sous tutelle non, puisque la russie a justement cessé de jouer son role en tentant au passage de mettre la pression pour récupérer du gaz. Elle aurait voulu s’emparer de tout qu’elle aurait fait un second prêt…

        • Gabilan

          La Russie récupère une bonne partie des prochains capitaux russes qui seraient partis à Chypre (une dizaine de milliards). Et elle conserve une main mise sur l’île avec son prêt initial (2,5 milliard, ça reste correct), sans prise de risques. Et surtout, si elle avait recapitalisé Chypre, elle risquait de voir l’île lui échapper. Les soins palliatifs sont préférables. Encore trois ou quatre ans.

          • Romain Blachier

            La russie s’en sort pas trop mal. Mais le choix de l’Europe par le Président Chypre n’est pas une bonne nouvelle pour elle à terme. D’ailleurs c’est une partie de ses capitaux qui sont ici frappés.

  12. Gabilan

    En tout cas, si la BCE voulait envoyer un mauvais message aux pays du sud de l’Europe (le « Club Med »), elle ne s’y aurait pas pris différemment. Où alors ils ont décidément de très mauvais communicants.

    • noumaios

      du genre « faut pas déconner avec les banques ? » Marche aussi avec le nord…

      • Gabilan

        Du genre : retire vite tes économies de la banque et achète des boxs de parking à la place. Il y a cet exemple, assez drôle, d’une mamie chypriote qui, ayant réalisé que les réunions de crises européennes avaient systématiquement lieu le week-end, retirait toutes ses économies le vendredi, pour les replacer le lundi. C’est véridique.

        • Romain Blachier

          Ca c’est le message envoyé par l’Etat chypriote pas l’Europe.

  13. Rétrolien: Politeeks » Chypre : pourquoi ça va planter encore et encore

  14. Pierre

    Bonjour Romain.
    ce que je trouve dommage et qui limitera la popularité de cette mesure, c’est la différence de traitement de faveurs entre paradis fiscaux. Si on s’en prend à Chypre, pourquoi alors ne pas s’en prendre au Luxembourg, à la Suisse…? C’est naïf mais on a un peu l’impression d’une guerre froide entre Europe et Russie.
    Bonne journée et bonne continuation.

    • Romain Blachier

      Le luxembourg a-t-il demandé une aide financière? La Suisse est-elle dans l’union européenne?

      • Pierre

        Bien vu! En effet, je ne l’avais pas perçu comme ça.
        Merci pour cette réponse!

      • Emmanuel

        Certes le Luxembourg n’a rien demandé. Mais comme on ne cesse de nous dire que le coeur du problème à la crise systémique, c’est l’hypertrophie de la part du système financier dans le PIB (c’est Mosco qui le dit pas moi), si Chypre est tombée avec une part à 7 fois son PIB, qu’en est il du Luxembourg où la part est au minimum 10 fois plus élevée?
        Ca va « bien » pour eux maintenant, mais dans X mois? Too big to fall? Vu le contexte et les antécédent, je n’y crois pas (et certains infiniment plus callé que moi en économie non plus).
        La proactivité, ce n’est pas justement la qualité essentielle supposée d’un dirigeant?

        • Romain Blachier

          Ah mais je ne dis pas que c’est la somution ultime, juste que c’est bien.Aprés bien sur que le cas de Chypre ne régle pas à lui seul le souci!

  15. Emmanuel

    Pardon, le Luxembourg c’est 24 fois le PIB.

    Et puis je ne pouvais pas décemment laisser le nombre de commentaires à 42…

  16. Gwynfrid

    (Ceci est une réponse à votre réponse du 28 mars 2013 à 0 h 25 min – il n’y a pas de bouton « répondre » sous ce commentaire, je ne sais pas pourquoi.)

    Bon, je ne voulais pas être désagréable. Avec « votre parole est contrainte » je voulais dire qu’en tant qu’élu du Parti Socialiste vous vous sentez peut-être obligé d’être solidaire du gouvernement même quand il fait des erreurs. Ce n’est pas négatif de ma part, je respecte ce genre de choses même si c’est pour ça que je ne serai probablement jamais, pour ma part, un militant. Si la remarque vous semble malhonnête, je la retire volontiers.

    Sur ce point: « la solution était refusée par à peu près tout le monde »: j’ai lu le contraire dans le compte rendu détaillé du Nouvel Obs (http://tempsreel.nouvelobs.com/la-crise-de-l-euro/20130321.OBS2661/la-nuit-ou-le-sauvetage-de-chypre-a-echoue.html). Grosso modo, l’accord trouvé lors du deuxième round de négociation semble proche de la proposition initiale du FMI.

    Le compte rendu dit aussi que Pierre Moscovici a mis en garde ses collègues contre les prélèvements sur les petits comptes, mais n’a pas été suivi. La responsabilité de la cata est donc partagée, je le reconnais. De là à faire des compliments, il y a une marge.

    • Romain Blachier

      La question du prélévement est encore une fois une proposition de Chypre et non de l’UE. Certes certains dirigeants de l’UE mais non la France (c’est tout à l’honneur de Moscovici) ont dit ok mais c’est une proposition de l’Etat Chypriote au départ.

      • Gwynfrid

        Chypre l’a proposé en premier, une énorme faute politique de la part de leur gouvernement. Mais personne ne croit que Chypre était dans le siège du pilote dans cette affaire, n’est-ce pas ? La responsabilité incombe d’abord aux 17, à commencer par les plus riches et les plus influents d’entre eux. D’ailleurs, aux yeux de l’opinion européenne, je suis à peu près certain que ce n’est pas Chypre qui a perdu en crédibilité (ils ne pouvaient guère descendre plus bas) mais bien Bruxelles, Berlin, Paris, etc.

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