Combien pour ces sous-vêtements Lejaby ?

Ensemble-lejaby-gloss-noir

Alors que les employé(e)s de Lejaby Yssingeaux manifestent en solidarité de leur collégues de Rilleux-La-Pape en banlieue de Lyon, qui vont perdre 140 emplois avec la reprise par Sofama,  spécialisée dans le travail du cuir, une question se pose: combien, dans un ensemble de la marque Lejaby, aujourd'hui délocalisée, coûte la main d'oeuvre ?

La réponse a été donnée hier en bureau du parti socialiste du Rhône par David Kimelfeld, Maire PS du 4e arrondissement de Lyon et vice-président du Grand Lyon: 5 euros si il est produit à Lyon. 5 sur 80 euros, prix auquel est généralement vendu un ensemble de la marque comme celui que vous voyez en photo.

En sachant que le prix de 5 euros tombe à 2,5 euros (toujours sur un prix de vente à 80) si le même produit est fabriqué en Tunisie ou à 1,80 si il est fait en Chine, on voit bien que la question du coût du travail est en fait marginale dans cette question. A moins que certains aient la gourmandise un peu trop rapace ?

7 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. T’es quand même gonflé : après avoir hurlé au loup contre Bayrou tu reconnais enfin la validité de son argumentation.
    Ben, je suis bien d’accord avec toi, évidemment…

  2. romain blachier

    L’hérétique: au dela du fan club infantile, il faut arrêter de faire de la récup de tout et n’importe quoi. Bayrou n’a rien dit sur Lejaby Rilllieux, au contraire par exemple du socialiste Queyranne, qui s’est impliqué dans le dossier, tout comme David Kimelfeld. Par dela ce genre de tentative lamentable politicienne que tu fais, il y a des hommes et des femmes qui perdent leur emploi.

  3. tebruc

    Attention aux approximations. La comparaison entre le coût du travail et le prix de vente au détail n’a pas de sens. Lejaby ne vend pas directement aux consommateurs finals. Elle vend dans un circuit de distribution et à des centrales.
    La comparaison devrait se faire avec le prix de vente départ usine. Prenons un exemple
    Prix de vente départ usine 20 euros (facteur 4 minimum assez habituel dans le textile)
    Hypothèse de marge brute de 20%. (et c’est pas mal, c’est peut-être moins)
    Coût brut de fabrication 16 Euros.
    Ratio MO/Coût France 31%
    Ratio MO/Coût Tunisie 18%
    Marge brute France 4 euros
    Marge brute Tunisie 6,5
    Ratio Marge brute France/Prix de vente 20,0%
    Ratio Marge brute tunisie/prix de vente 32,5%
    Quelle est l’entreprise qui refuserait d’accroître sa marge de 12,5%?
    Sans compter les avantages fiscaux, les investissements à des taux de rêves déductibles(alors qu’en France toutes les machines sont amorties fiscalement.
    Si le patron de Lejaby ne faisait pas ce choix, il serait criminel devant ses actionnaires et devant tout les autres salariés de son groupe.
    Je ne fais pas le calcul pour la Chine, mais il sera obligé d’aller en Chine, car beaucoup d’usines de Tunisie tournent au ralenti à cause des grèves pour avoir des augmentations de salaires et ne tournent plus qu’à 25%. L’année prochaine, il ne pourra pas livrer ses clients.
    On peut se lamenter, vociférer, mais dans 5 ans le repreneur aura à faire le même choix.
    Et malheureusement, cher Romain, d’autres hommes et femmes continueront de perdre leur emploi, car l’Etat n’a pas fait le choix de développer des industries innovantes et a préféré développer les services tertiaires.
    Et je ne peux que conseiller aux Yssingelais de développer leur patrimoine culturel, de se former aux métiers du tourisme, d’apprendre les langues étrangères, de soigner l’accueil aux étrangers et de développer cette branche, car c’est la seule chose qu’on ne pourra pas délocaliser.
    Et je pense que ce conseil est valable pour pas mal de régions.

  4. Lebruc, merci pour votre commentaire.
    Et merci de préciser
    -Ou voyez-vous une vocifération?
    -En quoi on ne pourrait comparer un prix entre pays?
    -En quoi est donc justifié, dans l’appareil de production concurrentiel et avec vos chiffres, le fait de tout sacrifier pour quelques euros pour un produit si cher au final en boutique? Parce que la chose se maintien:80 euros en boutique et 5 de main d’oeuvre.Part en grossiste certes moins grande mais minoritaire tout de même…
    -Ou est le rapport avec l’usage d’une machine à coudre et les langues étrangéres?
    -Ou est le rapport entre le tourisme et les sous-vêtements?
    -Ou est la nuance dans le fait d’utiliser le mot criminel dans comme vous le faites? Pensez vous que l’on doive mettre en prison les entrepreneurs qui ne délocalisent pas?
    à vous de m’éclairer.Je vous remercie.

  5. tebruc

    D’abord, un mea-culpa: les vociférations ne s’adressaient pas à vous, mais à un autre blog traitant à peu près du même sujet que je venais de lire juste avant. Mes remarques se sont entrechoquées.
    Ensuite, la présentation de chiffres peut être trompeuse. 2,5 euros c’est quelques euros, mais multiplié par le nombre de pièces, çà devient moins ridicule. Et quand on parle d’un gain de 12% de chiffre d’affaires, c’est considérable.
    Dois-je justifier l’appétit quasi universel de l’être humain pour le gain? Connaissant vos engagements, je ne pourrais que citer la parabole des talents, et vous rappeler l’emploi qu’en fit Calvin pour légitimer l’usure à Genève.
    De plus, la France a fait après guerre un choix de société. En ne donnant pas la majorité au communisme, nous avons choisi les valeurs du monde capitaliste, sans doute, je vous l’accorde sans en mesurer toutes les conséquences.
    Nous vivons donc dans une société où « gagner de l’argent » est le principe majeur de la plupart de nos actions, principe qui me semble accepté aujourd’hui en France et en Europe, par la plupart des hommes ou femmes politiques
    C’est pourquoi, dans notre monde actuel, je trouve normal et légitime pour un responsable d’entreprise de faire son métier et d’essayer d’augmenter son bénéfice, pour lui, pour ses actionnaires et pour les autres salariés de son groupe.
    Le mot « criminel » est sans doute excessif, et je veux bien le remplacer par « coupable ». Vous apprécierez, j’espère, bien que non-croyant, je vous confesse mes fautes en espérant votre pardon :-))
    C’est le métier de l’entrepreneur que de maximiser les profits.
    Le métier du politique, c’est d’avoir une vision à long terme pour susciter, orienter et favoriser les initiatives qui fourniront de l’emploi dans les années futures. Et là, on pourrait reparler de culpabilité pour ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir.
    Quant à la transformation de métiers liés à la lingerie en métiers du tourisme, il n’est pas plus osé que la transformation en métier de la maroquinerie. La proposition de Arnaud-Sarkosy est d’ailleurs une négation du fameux savoir-faire français: transformer une experte en soutien-gorges en experte de sacs en cuir, en deux mois, montre que ce savoir-faire peut être transmis rapidement.
    C’est pourquoi, mon conseil aux ex-salariés de Lejaby, futurs sous-traitants de LVMH, c’est de se préparer rapidement à changer encore une fois de métier, car je ne crois absolument pas à la pérennité de la solution Arnaud-Sarkosy, ni si Sarkosy gagne, encore moins si c’est François Hollande. En effet la majorité des productions de maroquinerie de LVMH est déjà délocalisée au Maroc, en Tunisie, et en Chine.
    Quelle hypocrisie! Quel cynisme!
    Arnaud promet de garantir des commandes à son sous-traitant: ces commandes vont donc être prises à d’autres? Qu’en pensent les salariées marocaines ou tunisiennes qui allaient certainement traiter ces commandes? Et les actuelles salariées du sous-traitant français, elles auraient sans doute pu les traiter ces commandes supplémentaires. Qu’en pensent elles?
    La seule chose qu’on ne peut pas délocaliser, surtout à Yssingeaux, et donc susceptible de pérennité c’est notre patrimoine culturel, qu’il faut donc exploiter par des activités touristiques.
    Je ne fais pas ce constat de gaieté de coeur.
    Même si le tourisme est une activité honorable, imaginer la France se transformer en un gigantesque parc d’attraction n’est pas très motivant. Mais, à moyen terme, et surtout pour des régions isolées d’un contexte industriel, c’est, à mon sens, le moyen rapide pour remettre de l’activité et créer de l’emploi et de la croissance.
    Pour ré-industrialiser la France, il ne faudra pas se raccrocher aux industries du passé, toutes glorieuses soient elles. Il faut choisir des secteurs innovants, pas ceux d’aujourd’hui, c’est trop tard, mais ceux d’après demain, et cela demandera 15 à 20 ans. Et il faudra aussi choisir dans les régions et villes, qui pourront se développer dans ce sens, grâce à leur tissu industriel, leurs universités, leurs habitants.
    Fort heureusement, Lyon n’est pas mal placé.
    J’espère très sincèrement que vous aurez compris mes positions.

  6. tebruc

    Un peu déçu de ne plus voir ma longue réponse d’hier soir, où je citais la parabole des talents pour justifier l’importance de maximiser les profits, et où j’essayais d’expliquer que les politiques n’ayant pas préparé la France à une orientation industrielle vers des marchés innovants, un moyen relativement rapide de trouver de la croissance est le développement du tourisme, surtout dans des régions comme Yssingeaux.
    Peut-être une fausse manip, (mais, c’est la deuxième fois que cela arrive sur votre blog).
    Je regrette aussi le coté dialectique de votre réponse, utilisant deux mots, peut-être excessifs, non pour porter le débat sur la contenu de mon commentaire, mais pour me placer en situation d’infériorité morale.
    Ne voulant pas tomber moi-aussi dans le piège de la dialectique et de l’invective je m’arrête là.

  7. romain blachier

    Lebruc:il n’y a aucun commentaire de supprimé. Peux etre vous etes vous melangé les pinceaux comme la derniere fois ou vous avez posé un commentaire…sur mon autre blog?

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