Crise grecque: c’est de plus d’Europe que nous avons besoin !

Shutterstock_37849591 La crise financière grecque et l'absence ou la lenteur de solidarité coordonnée des nations d'Europe incite certains, souvent les plus critiques vis à vis de la construction politique de notre continent, souvent artisans du "non français" au traité constitutionnel de 2005 (ah souvenirs de combats communs avec lui,lui,lui ou lui) à vouloir jeter le bébé européen avec l'eau du bain des égoïsmes nationaux. On dit que l'Europe est inutile, bonne à jeter, qu'il faut revenir en arrière sur cette idée née d'une envie de paix et d'unité. L'europhobie ne laisse jamais passer une occasion…

Pourtant c'est bien du contraire qu'il est question: Il y a bien un manque criant d'Europe. Si les chrétiens-démocrates allemands sont si réticents, si Bruxelles met du temps à se coordonner, si il faut un très humiliant non seulement pour les grecs mais surtout pour l'ensemble des citoyens de l'Union, recours au FMI c'est que nous sommes encore et toujours à l'infantile et futile stade de l'inter-étatique.

Un système fédéral, avec un véritable gouvernement au-dessus des petits égoïsmes, aurait résolu la crise bien vite. Mais nous en sommes loin.

Et avec puis une majorité libérale et conservatrice, avec un médiocre Barroso pourtant réélu par la plupart des groupes politique, l'Europe actuelle n'apparait pas comme un organisme volontariste et réellement politique ou s'occupant vraiment de l'essentiel.

Mais ce résultat est le fruit de la conjonction de plusieurs tendances de fond tout à fait contrables pour avancer: une droite qui ne voit l'union que comme un grand marché, une extrême-gauche et une gauche radicale devenues en diapason avec les extrêmes-droites, les grand pourfendeurs de toute avancée politique en Europe, vécue comme une perte de souveraineté, une sociale-démocratie trop dans la gestion et pas assez dans la politique, des centristes faisant du surplace à force de recherche du consensus et des libéraux dogmatiques. Nous avons ici certes la quasi-totalité du spectre politique à l'exception des verts, plus à l'aise que d'autres dans l'hémicycle mais incapables à eux seuls d'impulser une alternative.

Alors il s'agit de prendre son bâton de pèlerin, que les conservateurs, enfin débarrassés de leur aile la plus souverainiste, cessent le tout financier et l'interétatique, que les sociaux-démocrates fassent plus de politique et moins de gestion à la petite semaine (et que la délégation socialiste  française en son sein arrête son complexe de supériorité infondé) , que le groupe des libéraux et centristes admettent que tout n'est pas marché et qu'il faut avancer quitte à parfois briser des consensus. On pourrait même rêver que la gauche radicale redevienne internationaliste…bref du nerf s'il vous plait!

7 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. couguar

    L’Europe est une création nuisible et contre les peuples.

  2. Belle envolée lyrique, Romain, pour une Europe fédérale – tu aurais pu tout de même éviter un passage qui sent un peu mauvais :
    « une extrême-gauche et une gauche radicale devenues en diapason avec les extrêmes-droites, les grand pourfendeurs de toute avancée politique en Europe, vécue comme une perte de souveraineté… »
    On aurait aimé voir un cortège de militants du PS (et pas seulement quelques JS) à la grande manif anti-fasciste à Lyon le 10 avril. Ils auraient vu ce que la gauche radicale et l’extrême-gauche (qui ne doivent pas être confondues) ont à dire et à faire face au retour des extrêmes-droites… Mais revenons au sujet.
    Pour mieux comprendre la démarche de la gauche radicale, ou « de transformation sociale et écologique », et notamment le Parti de Gauche, pilier du Front de Gauche (qui a d’autres équivalents dans le monde), il faut sortir d’un contresens très répandu : l’idée que la gauche telle que la conçoit le PS s’oppose à la droite.
    Je vous propose de regarder une vidéo très pédagogique du passage de Jean-Luc Mélenchon chez Ruquier, non pas samedi dernier (où il était excellent, comme Caroline Fourest : avis tout à fait objectif bien sûr ;)), mais en novembre 2009, à l’occasion de la sortie de son livre « L’autre gauche », lui-même résumé d’un ouvrage approfondi en 2008, « En quête de gauche », expliquant l’échec de la sociale-démocratie.
    Or, comme je l’ai déjà dit, c’est la sociale-démocratie qui a le plus contribué à la construction de l’Europe TELLE QU’ELLE EST, du traité de Rome au traité de Lisbonne. La sociale-démocratie (européenne mais aussi américaine, avec Clinton) fut le laboratoire et l’école d’application des bons soldats du néo-libéralisme (qui est un volontarisme politique, et non un simple laisser-faire de l’économie de marché) :
    Les deux extraits sont courts ; après on aime ou pas Mélenchon, mais au moins il ouvre le débat. Et je ne fais pas une simple opération de com, puisqu’il a fort à faire face à Naulleau & Zemmour, et a en plus l’air crevé ce soir-là 🙂
    1)http://www.dailymotion.com/video/xb5hez_melenchon-vs-zemmour-naulleau-1-itv_news
    2)
    http://www.dailymotion.com/video/xb5hh6_melenchon-vs-zemmour-naulleau-2-itv_news

  3. claude jeandel

    Romain,
    Avec tout le respect que je te dois une fois de plus, tu es à coté de tes pompes !
    Ce n’est pas une Europe fédérale qu’il faut mais celle des Nations ou celles-ci seraient seules maitres de la façon dont elles veulent vivre.
    Faire croire que le fédéralisme à lui seul réglerait le problème de la Grèce c’est véritablement une politique de l’autruche qui fait que jamais, parce que c’et l’ordre de la nature des choses qu’elle ne peut effacer les territoires qui ont fait l’existence des Etats.
    Tant que les socialistes, comme l’UMP continueront de dire « on est dans la merde, mais ça sent bon » c’est vraiment une vision idéaliste voire même immature politiquement de croire qu’un gouvernement composé de 27 nations arrivera à imposer une politique unique.
    Lors du référundum sur le TCE, les Français ont voté contre. Aux élections européennes de 2009, 60% d’absentions : cherchez l’erreur !!!
    Faire croire que c’est une Europe fédérale qui est la solution miracle c’est vraiment, vraiment, prendre les citoyens des nations européennes pour des gogos et un mépris total de leur expression démocaratique . Contrairement à ce que tu dis, les peuples ne veulent pas d’une Europe fédérale puisque certains pays en 2009 ont frolé les 80% d’absentions.
    En fait, tu fais parti de cette minorité de Français, pas toujours très représentative comme les bobos qui veulent se donner bonne conscience dans l’air du temps et surtout qui n’a rien à voir avec la vox populi. Il suffit de voir l’entourage de personnalités PS comme de droite habillé plus Coco Chanel ou Pierre Cardin que Tati, bagues et bijoux en main, pour s’apercevoir qu’il n’a rien de commun avec le populdo.
    Voilà pourquoi, en autre, la classe poltique, comme médiatique d’ailleurs, est discréditée et par illeurs non représentative de la société française.
    C’est le résultat de l’Europe!!!
    Gaullistement
    Claude JEANDEL

  4. romain blachier

    @eric b: en matiére de cortége anti-fasciste, il m’aurait été difficile de me démultiplier, faisant au même moment ou presque le baptême républicain des enfants de Guilherme http://minu.me/29t6 . En matiére de cortéges anti-facistes,j’ai une longue pratique de la chose depuis une bonne quinzaine d’années, à Lyon ou ailleurs.
    Sur le fait que Mélenchon a été bon chez Ruquier samedi tout à fait d’accord. Mais sur l’Europe et la gauche radicale je ne doute pas des intentions théoriques de « oui à l’europe mais à une autre ».
    Sauf que tout ça reste théorique…et que des qu’on parle Europe, ces derniers temps la gauche radicale nous sort un discours souverainiste sur le théme « le peuple français ceci , le peuple français cela ». Outre que le peuple n’est pas une entitée politique (il comporte des gens de droite et de gauche, des sécuritaires et des libertaires, des souverainistes et des fédéralistes…) la gauche radicale nous raméne toujours à la petite échelle des Etats loin de l’internationaliste.

  5. romain blachier

    @claude: L’Europe des nations ne marche pas: c’est exactement celle-là qui est incapable de résoudre la crise grecque.
    Mais est-ce même la peine de répondre à un argumentaire aussi médiocre et chargé en attaque personnelles juste parce que tu as un désaccord politique avec moi sur l’Europe ?
    En tant qu’élu, que travailleur et qu’être humain je croise des gens forts variés, plus en tout cas que la plupart des gens, des entrepreneurs qui marchent bien aux chômeurs longue durée et fin de droits donc pour le coupé des réalités tu repasseras plus tard.Quand au fait de faire partie d’une minorité, excuse moi mais dans le 7e arrondissement où nous sommes tous les deux c’est toi le coupé des réalité (je ne parle pas seulement de ton score d’une poignée de voix aux cantonales) mais surtout du fait que chez nous, le oui a fait plus de 60% en 2005… qui est coupé du peuple?
    En tout cas soit un peu plus élaboré et respectueux de tes interlocuteurs, le débat ne pourra qu’y gagner…

  6. Cette crise montre un clivage saxon/latin au sein de l’Europe. Un clivage économique, mais aussi culturel et politique.
    L’Europe va très très mal. Elle risque de mourir très rapidement à cette allure.
    Ou de se reconstruire.
    Les peuples savent qu’ils ont encore plus intérêt à être européens que de ne pas l’être. Mais si les allemands continuent comme ça, ce ne sera bientôt plus le cas.
    Et dans de cas, je ne donne pas cher de l’Europe actuelle.

  7. L’Europe, pas plus que les politiques, n’ont de réelle pouvoir face aux marchés financiers. C’est ce que révèle la vidéo ( les maitres du monde), La théorie des chocs ( de naomi Klein..).
    J’adore cette phrase : « L’argent ne sert plus le développement économique, c’est toute l’économie qu’y s’est mis au service de la finance. Nous vivons dans un monde irréel dominé par une bulle parasidaire. On n’est pas sorti de la bulle Cette économie ne se traduit pas par plus d’emploi, de bonheur en soi, de justice. Elle produit un enrichissement constant, mais n’enrichit une élite. La paupérisation massive de l’Europe Occidentale (phénomène majeur 35 millions de pauvre, inexistant il y a 20 ans)». Cela rejoint donc l’article que j’ai mis :  » Travailleurs et pauvres: les Européens qui triment en 2010″.
    Les 10 patrons du CAC 40 les mieux payés ( le monde, l’expansion ) : Le palmarès des rémunérations des dirigeants du CAC 40, publié par le journal « Les Echos », fait le point sur leur montant et leur composition, de plus en plus complexe. Les hausses parfois spectaculaire (des images de patrons du CAC 40 mis en ligne dans le magazine Le Monde Cliquez ICI http://www.lemonde.fr/economie/portfolio/2010/04/26/les-10-patrons-du-cac-40-les-mieux-payes_1342479_3234.html#xtor=EPR-32280229-%5BNL_Titresdujour%5D-20100426-%5Bzonea%5D ) qui apparaissent dans le classement sont dues au retour des bonus, auxquels les dirigeants avaient consenti a renoncer l’année précédente.
    J’ai rassemblé les différentes vidéos liées a des documentaires d’investications passé sur ARTE ou canal + et que l’on peut trouver ( souvent en entier) sur le NET :

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