zero

0% : Suivre la voie de certaines voix, cela ne marche pas.

opourcentZéro. Zéro pour cent de croissance pour la France le premier trimestre de l’année. Le chiffre vient d’être mesuré.

Pour le coup tout le monde est ennuyé. Enfin devrait puisque les politiciens de l’UMP, du FN ou du Parti de gauche s’en réjouissent tout en faisant mine de s’en indigner. Il est particulièrement amusant de voir l’élue du très cossu Versailles, Valérie Pécresse, parler de responsabilité du gouvernement. La même qui aurait sans nul doute expliqué en cas de croissance soutenue que (et c’est un fait) ce sont d’abord les entreprises qui portent la croissance et non les gouvernements. Même si les gouvernements peuvent créer un climat favorable.

Une opposition stérile, un gouvernement qui aurait besoin d’un peu de rigueur dans le raisonnement

Pile: le gouvernement est nul, face le gouvernement est nul. Comment voulez-vous qu’on croit à la parole politique quand on voit des Marine Le Pen et des Valérie Pécresse faire fi de la détresse de notre économie pour capitaliser dessus sur des raisons de politique politicienne? Sans compter localement certains dingues comme le chef de l’UMP de Villeurbanne qui a tenté de lier la croissance et les affaires de cœur du chef de l’Etat…on voit le niveau. Surtout quand on sait que derrière le voile politicien, l’UMP n’avait pas eu le courage de mener un vrai programme de baisse des charges. Remarquez, quand on prône la réduction du budget de l’Etat tout en ayant creusé la dette du pays ou quand on essaie de faire croire que le PS veut mettre des jupes de force à des petits garçons, on ose tout.

Dans cette histoire le gouvernement n’est pas innocent non plus. Certes, outre le fait dit précédemment que la croissance repose sur les entreprises, Manuel Valls ne porte pas la responsabilité des chiffres en question. Nommé récemment au gouvernail, il devra être jugé plus tard sur son action.

Reste que depuis l’arrivée de François Hollande la politique a été mise sur l’offre. Qu’un certain nombre d’acteurs qui avaient hurlé au soviétisme dès avant l’arrivée de la gauche auraient dû être rassurés par la politique menée, à commencer par l’action en faveur de la compétitivité comme le CICE.

Reste qu’il en est rien. Reste pour prendre un exemple que quand Pierre Gattaz, entre deux augmentations de salaires qu’il s’octroie en prônant l’austérité pour les autres, promet un retour de la croissance si on travaille avec lui, cela ne marche pas.

A côté l’Allemagne a 0,8% sur le trimestre, un chiffre meilleur que prévu. Faut-il y voir aussi un immobilier laissé moins libre dans sa spéculation vis à vis des loyers des entreprises (un m² de bureaux coûte en moyenne 20% de moins qu’en France) un climat moins sado-maso, un argent moins cher et plus disponible dans un lieu présenté comme de stabilité ? Une envie plus grande de certains à promouvoir le modèle allemand?  Sans doute un peu de tout cela.

Qu’il faille repenser les contributions des entreprises pourquoi pas. Mais faute de penser aussi à la demande, faute de réfléchir aussi à favoriser l’investissement plutôt que la rente on ne s’en sortira pas. Tant qu’on fera des dispositifs de compétitivité mal ciblés aussi. Ainsi que des politiques fiscales par trop changeantes.Ce 0% c’est aussi le 0% d’un Gattaz qui promettait monts et merveilles si les signaux voulus étaient donnés. Erreur.

Cette stagnation est en effet d’abord une crise de l’investissement et de la consommation. Bref, sans doute parfois rester, sous l’injonction de certains groupes et augures déjà hostiles au départ, continuer dans une certaine logique, cela ne marche pas toujours. Simplifier comme l’a déjà commencé le gouvernement mais aussi favoriser l’investissement et la consommation, il y a des chances que cela fasse un peu mieux redémarrer la croissance.

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  1. tebruc

    Sans nier les difficultés du gouvernement à faire repartir la croissance, il faut relativiser les chiffres tombés pour le 1er trimestre. A part l’Allemagne qui a obtenu 0,8% de croissance, d’autres pays de la zone Euro font moins bien que la France: Italie -0,1%, Portugal -0,7%, Pays-Bas -1,4% Finlande -0,4%.
    La consommation des ménages et des entreprises reste plate, mais le taux d’épargne ne baisse pas. Un regain de confiance suffirait peut-être à relancer la consommation. Puisse les bons chiffres de popularité de Valls, être un indicateur de cette confiance.

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