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Cuba : la vie c’est plus compliqué qu’un statut facebook

La seule fois où j’ai failli partir à Cuba c’était y’a une petite dizaine d’années. Un copain membre d’une ONG d’un pays de l’est de l’Europe voulait y faire passer des ordinateurs et des kits d’accès internet à des opposants progressistes à Castro. Le copain m’a demandé si je voulais en être. J’ai dit oui, ok pour aider les opposants, enfin les progressistes. A avoir un internet libre. Et finalement ça ne s’est pas fait. Suite à des tensions internes dans l’association apparement. Tant pis.

J’irais peut-être un jour à Cuba mais ce ne sera plus le Cuba de Fidel Castro.

La mort du Lider Maximo et les réactions qu’elle suscite, ce n’est pas sur un simple clivage gauche/droite qu’elle s’exercent. Même si on trouve pas mal de marxistes ou de représentants des différentes sensibilités chez les défenseurs de Fidel, qui saluent la révolution et la société plus égale, c’est plus compliqué que cela. Le reste, celui dit du mal, vient de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, de la gauche  à la droite la plus dure pour parler du côté sombre d’un régime sans élections libres. Résumant souvent en peu de mots ce qui fut une longue période, contrastée, avec ses ombres et ses lumières.

Au milieu de cela, je trouve que Jean-Christophe Cambadèlis, patron du PS, et son collaborateur en charge de l’international, Pierre Kanuty qui m’a inspiré le titre du billet, font preuve de mesure.Saluant les conquêtes sociales et le poids de Cuba par le travail du dirigeant. Tout en condamnant fortement les dérives autoritaires du régime. Je pense que là est la clé.


C’est tout le paradoxe d’un régime, qui peut être résumépar le titre d’un célèbre article du New York Time sur le sujet : Cuba Now, Hospitals but less Freedom . Paru il y a 42 ans il est encore valable aujourd’hui.

D’un côté un système de santé gratuit, de l’autre aucune élection libre. D’un côté une société bien plus égalitaire qu’ailleurs. De l’autre des magasins parfois vides suite à des décisions parfois absurdes comme la fameuse Zafra de los diez miliones qui amena, à force de concentration excessive sur la production de sucre, à négliger la production de nombre de biens alimentaires. Affamant le peuple cubain. D’un côté une vie culturelle foisonnante de renommée mondiale. De l’autre un web contrôlé.On pourrait multiplier les exemples à l’infini.

Cuba est un objet, un sujet de fantasmes énormes. Pays de douze millions d’habitants, il dispose d’une influence énorme par rapport à sa taille et sa démographie. Des accords mondiaux, des sommets internationaux, des actions d’envergures se déroulent dans ce petit pays pas bien riche. Personne d’ailleurs ne connait le chef de la Jamaïque (on se souvient vaguement de deux types en chemise dans un clip de Bob Marley mais ce n’est plus eux) de la Barbade ou de Trinidad et Tobago . On connait toutes et tous Fidel Castro.

Si bien évidemment le niveau social de Cuba n’a rien à voir avec celui des pays occidentaux, il se distingue nettement de ses voisins des caraïbes (à l’exception bien sûr des territoires français, évidemment bien plus avancés). On est pas sûr que le capitalisme sauvage aie apporté plus à la République Dominicaine, au Surinam (certes continental mais si caribéen)  ou à Haiti que le communisme cubain. Bizarrement d’ailleurs ceux qui dénoncent les pénuries à Cuba oublient très souvent de le faire quand elles surviennent dans un pays comparable dont l’étiquette politique leur convient mieux.

La révolution de Fidel se fit au nom de la liberté et des plus pauvres à une époque où une chape de plomb réactionnaire aidée par les USA se portait sur l’Amérique Latine. On ne s’en souvient pas toujours mais dès qu’un gouvernement, même un peu à gauche, même un tout petit peu, était élu ou même dès qu’une organisation progressiste prenait de l’ampleur, c’était la condamnation à la répression, à la destruction, à la clandestinité. En Argentine, en Uruguay, au Pérou, à la Grenade, au Nicaragua, au…c’est ce qui s’est passé. A Cuba, à diverses reprises, c’est ce qui a été tenté.

Fidel Castro, dans un pays à 90 km des cotes américaines a survécu à 2 attentats de la CIA par mois pendant 30 ans. Ca n’excuse pas la répression et beaucoup de saloperies comme les sidatoriums. Sidatoriums au passage sur laquelle se turent parfois beaucoup les partisans du régime cubain.

Tout comme les opposants au castrisme oublient de dire qu’il ne reste qu’un goulag à Cuba : il est à Guantanamo. En zone américaine..

6 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

  1. Cela rejoint le ton de mon post d’hommage à Fidel que j’ai tenté tant bien que mal à nuancer !! 😉

  2. Idem, dans mon post, que Margaux Vidal Ce que tu écris exprime bien tout à la fois l’ambiguïté du personnage ou de son régime mais surtout la façon dont nous les appréhendons..au regard de ce que nous sommes et de la génération à laquelle nous appartenons..mais si sa disparition ne laisse pas sans réaction, quelle qu’elle soit, c’est bien qu’il aura marqué l’histoire des 4 dernières décennies du XXème siècle..

  3. Il manque une réalité essentielle à ce tableau.
    Au delà des attentats personnels, les USA font une guerre économique sans pitié depuis plus de 50 ans à un pays 30 fois plus petit qu’eux au travers d’un embargo pourtant condamné des dizaines de fois à l’ONU.
    Toutes les entreprises étrangères sont découragées d’investir à Cuba de par l’existence des sanctions extra-territoriales des USA. La BNP en a payé chèrement le prix.
    Qui peut mettre en place une démocratie quand la guerre est quotidienne ?
    Qui peut mettre en place une démocratie quand c’est une économie de pénurie qui est imposée à ses habitants par la première puissance mondiale ?
    Qu’est ce qu’une démocratie quand les opposants sont financés par ceux qui veulent annexer le pays ?

  4. Je n’ai pas souvent l’occasion de le dire, mais ce billet était parfait

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