Jean-Luc Mélenchon rencontre un certain succès dans les milieux culturels, traditionnellement proches de la gauche. L’homme ne manque pas de talents. Et, je l’ai déjà dit, certaines de ses propositions sur la sensibilisation scolaire sont intéressantes et d’autres méritent d’être étudiées comme par exemple celle d’un prix unique sur la musique enregistrée sur le même modèle que le livre. Par ailleurs Mélenchon est fort heureusement d’accord avec Macron sur le budget de la culture qui doit être dans le 1% des dépenses publiques.

Mais il comporte aussi tout et un peu n’importe quoi. Sa philosophie est d’essence autoritaire, étatiste et centralisatrice : avec Mélenchon l’Etat va décider de presque tout à la place des citoyens, des communes et des encadrements culturels. Sans compter les propositions sur des choses qui existent déjà, telles que la possibilités pour les établissements scolaires de s’associer à une institution culturelle.

Par exemple Mélenchon veut ne tenir aucun compte des recettes engendrées par un événement pour évaluer sa politique publique. Il deviendra donc possible encore plus qu’aujourd’hui, comme le fait par exemple Laurent Wauquiez en Auvergne-Rhone-Alpes D’AIDER LES FESTIVALS LES PLUS RENTABLES au détriment d’autres plus nécessiteux. Par ailleurs à l’inverse, les institutions et compagnies faisant un vrai travail de relation avec le public n’en tireront aucune reconnaissance.

Mélenchon veut aussi IMPOSER la diversité sociologique et géographique des publics, à commencer par les visites scolaires. Si l’idée de départ est louable, si il faut augmenter le nombre d’établissements et d’écoles de quartier populaire qui accèdent aux institutions culturelles tout ne se résout pas d’un trait de plume présidentiel. Si la diversité des publics se décrétait et s’imposait par l’Etat, cela fait bien longtemps que cela aurait été fait. Et ce n’est pas l’Etat qui va remplacer à lui tout seul le travail des compagnies, groupes, associations et institutions culturelles au niveau local.

Mélenchon promet que CHAQUE ARTISTE en France aura un ATELIER mis à sa disposition par la puissance publique. Flou et sans nul doute mensonger. Et ceci sans précision sur le reste, les locaux  à ouvrir partout en France, les financements, les attributions. Rien n’est dit dans le programme sur ce qu’est un artiste. Du coup une place d’atelier sera-t-elle offerte à chaque personne en faisant la demande ? Puisque sans définition, nous sommes tous, humains, des artistes potentiels. Avec quels moyens?

Mélenchon veut interdire TOUT FINANCEMENT DES ENTREPRISES A LA CULTURE. Plus de mécénat, plus de partenariat, plus de sponsoring. Plus rien. Tant pis pour tous les créateurs qui cherchent à s’émanciper de la tutelle des pouvoirs publics. Il seront bien plus dépendants des décisions politiques qu’aujourd’hui. Et auront moins de budget puisque la légère augmentation des moyens d’Etat en matière culturel est loin de financer le manque à gagner pour les organisateurs d’événements culturels.

Jean-Luc Mélenchon (qui fait par ailleurs, sauf en matière d’éducation, l’impasse sur la diversité des arts et des publics)  semble considérer également LES ECHANGES CULTURELS INTERNATIONAUX COMME UNE CHOSE GLOBALEMENT NEGATIVE: ils ne sont abordés que sous l’angle de la marchandisation, du refus de partenariat d’institutions françaises avec des puissances étrangères, vus que comme le mal à chaque fois.

Enfin Mélenchon veut déposséder les directeurs de programmation, directeurs artistiques, programmateurs, directeurs de salle, organisateurs etc de leur possibilité de faire leur travail en IMPOSANT une codécision avec les personnels.

Derrière quelques propositions en apparence intéressante, se cache une vision de la Culture très autoritaire, peu respectueuse du travail de médiation des compagnies, musées et institutions. Peu respectueuse de la démocratie locale. Tournée vers le bon vouloir de l’Etat. Où est la Culture là-dedans ?

Source : programme Culture de Mélenchon