Elections étudiantes de cette semaine: entretien avec Mathieu Landau président de l’UNEF Lyon

Demain mardi 14, les étudiants de Lyon 1 et Lyon 3 votent pour désigner leurs représentants au conseil d'administration, au CEVU (chargé de la pédagogie) et pour les 3e cycle au conseil scientifique (chargé de la recherche). De mercredi à vendredi c'est à Lyon 2 de procéder à la même chose. Pour voter c'est pas compliqué, il suffit de venir dans les bureaux de votes situés au sein de l'université avec sa carte d'étudiant ou un justificatif et une piéce d'identité.

Les listes sont multiples, du communisme sauce stalinienne à la droite extrême en passant par des associations parfois réellement indépendantes, souvent de fait à droite.

On peut citer parmis les différentes forces en présence la confédération étudiante (syndicat de centre-gauche, proche de la cfdt) et l'UNEF (principal syndicat étudiant français, regroupant un grand nombre de sensibilités progressistes). A l'origine je voulais faire un interview croisé des deux mais la matière fournie dans l'interview côté la Cé étant pour trop succinte, je publie donc seulement celle de Mathieu Landau, président de l'UNEF Lyon.

1- Peux tu te présenter ?
Je m'appelle Mathieu Landau, 22 ans aujourd'hui et étudiant en 3e année de Droit- Science Politique à l'Université Lumière Lyon 2. En parallèle de ma formation universitaire, je suis militant syndical au sein de l'Unef, le principal syndicat étudiant, dans lequel j'ai exercé successivement le poste de trésorier et aujourd’hui de Président de l'UNEF de Lyon depuis plus d'un an. Je suis également élu dans un des deux conseils centraux de mon université.

2-Il y a plusieurs élections cette semaine, que concernent-elles?
En effet, tous les deux ans, les étudiants inscrits dans l’une des trois universités lyonnaises sont appelés à désigner leurs représentants dans les conseils centraux. Chaque université décide de façon autonome de la date et de certaines modalités du vote. Sans se consulter et un peu à la surprise générale, les 3 universités ont décidé de fixer leurs scrutins la même semaine ! Ainsi, Mardi 14 Février, les quelque 30 000 étudiants de Lyon 1 et 23 000 de Lyon 3 choisiront leurs 5 élus étudiants qui siégeront au Conseil d'administration de l'université, leurs 16 étudiants au Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU) et les 4 doctorants qui siégeront au Conseil Scientifique.
L'Université Lyon 2, avec comme préoccupation louable d'augmenter la participation qui ne dépasse rarement les 8% d'inscrits, organise ses élections sur 3 jours ( du 15 Février au 17 Février).

3-Quels sont les pouvoirs de ces différents conseils?
La réforme sur l'autonomie des universitaires (dit loi L.R.U) a profondément modifié le paysage institutionnel de nos universités et de ce fait la représentativité étudiante.
Avec 5 élus au conseil d'administration, les étudiants ont vu leur représentativité diminuer suite à la réforme de 2007.
Le Conseil d’Administration constitue l'organe exécutif et donc incontournable de l'université. C'est cet organe qui est amené à voter toutes les orientations,la politique générale et le budget. Le Cevu, dans lequel je siège à Lyon 2, est constitué en règle générale de 16 élus étudiants. Il traite de tout ce qui touche à la formation,la pédagogie ainsi qu'à la vie étudiante. Enfin le Conseil Scientifique ne concerne que les doctorants. Il délibère sur tout ce qui concerne la politique de recherche de l'université.

4-quelles sont les forces en présence  ?
Il y a une forte hétérogénéité des organisations étudiantes et des discours politiques portés par ces dernières suivant l'université dans laquelle on se trouve. Pour caricaturer, on pourrait dire que Lyon 2 est à gauche, Lyon 3 plus centriste et Lyon 1 dans une démarche plus « apolitique et asyndicale ». Dans la réalité, c'est évidemment plus complexe que cela.
Lyon 1 où l'implantation syndicale est plus fragile que dans d'autres universités les organisations dites apolitiques y sont majoritaires même si lors du dernier scrutin, plus d’un millier d’étudiants ont fait le choix de l’Unef.
À Lyon 2, on y retrouve un large panel d’ organisations de gauche,toutes sensibilités confondues. Cela passe par des organisations anarcho-syndicalistes, des organisations communistes à des syndicats plus sociaux-démocrates. La droite ne dépasse rarement les 5% dans cette université habituée aux mouvements étudiants (CPE,LRU,Retraites,…).
Enfin, à Lyon 3, malgré l'image réactionnaire qui colle à la peau de cette université, l'Unef y est depuis deux ans largement majoritaire. Hormis notre syndicat, on y retrouve des organisations de filières mais également une structure importante de la droite universitaire par le biais du Mèt (anciennement Uni).
On s'attendait à ce que l'extrême droite se présente aux élections suite à la refondation du GUD mais cela n'a pas été le cas.

5-Pourquoi voter UNEF?
C'est fort de son bilan et d'un projet ambitieux que l'Unef aspire à convaincre l'ensemble des. Depuis deux ans, les élus Unef se sont battus pour donner à chaque étudiant la possibilité de réussir.

C'est ainsi que nous avons obtenu un cadrage national des règles d'examens, obligeant certaines universités adeptes des politiques sélectives (notes éliminatoires à Lyon 3) à revoir leurs copies en la matière.

Notre organisation s’est également mobilisée contre la précarité étudiante en obtenant un 10e mois de bourse pour l’ensemble des étudiants boursiers.

Enfin, l’Unef c’est aussi une lutte permanente contre l’extrême droite. Nous sensibilisons au quotidien les étudiants au danger que représente le Front National. C’est dans ce cadre que nous nous étions mobilisés contre la réintégration de Bruno Gollnisch comme enseignant à Lyon 3 en Septembre dernier.

Malgré le combat de nos élus, nous savons pertinemment que notre système universitaire traverse une crise importante et n’échappe pas à la rigueur budgétaire imposée par le gouvernement.
Aujourd'hui, ce sont encore 50 % des étudiants qui échouent en première année, 25 % de jeunes qui se retrouvent au chômage… L'Unef n'accepte pas la fatalité et c'est pour cela qu'elle porte un projet offensif pour faire face à cette situation.

En premier lieu, si nous voulons donner les moyens à chacun de réussir, il faut investir massivement dans l'éducation. Cela passe par une augmentation importante des budgets attribués aux universités, un plan pluriannuel de recrutement d'enseignants afin de favoriser la pédagogie et les cours en petits groupes.

Ensuite, même si nous savons que l'université n'est pas responsable du chômage et de l'instabilité économique que nous traversons, elle se doit de donner les outils permettant à chacun de s'insérer sur la marché de l'emploi (stage en lien avec son cursus, développement de la pluridisciplinarité, modules de professionnalisation,…).

En définitive,ces élections sont extrêmement importantes car elles permettront à l'Unef de poursuivre son action. Faire le choix de notre organisation, c'est aussi et avant tout faire confiance à des élus combatifs, militants, efficaces et présents au quotidien pour défendre et porte la voix de l'ensemble des étudiants.

1 commentaire a été rédigé, ajoutez le vôtre.

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  1. CARLES

    Admirable parcours, 22 ans en troisième année de droit.

    A 22 ans j’entrais en quatrième année de mathématiques (maitrise recherche en fin d’année) et avant j’avais acquis un DUES Physique Chimie en deux ans.

    Peut être qu’avec un peu plus de travail vous auriez déjà votre diplôme…

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