Protestantisme et homosexualité

"L’Amour est plus fort que tout" c’est avec ce slogan que l’Eglise Luthérienne de Suède a défilé samedi dernier à la Gay-Pride de Stockholm pour la 1ere fois hier.On pourrait noter que cette formulation mêle eros (amour entre êtres humains) et agapê (amour spirituel, amour de DIeu).

Depuis janvier on peut faire bénir son union par cette église et les discussions sur le mariage homosexuels devraient amener à des unions au temple.

En France, des discussions sont en cours, les mêmes qui avaient amené l’Église Réformée de Lyon a refuser de signer le courrier des dignitaires religieux qui souhaitaient condamner le mariage gay et l’adoption par les couples homosexuels. Bien qu’hétérosexuel et pouvant donc me marier librement, j’avais été trés content de ce refus des réformés lyonnais de cautionner cet appel.

Pour mémoire une vidéo du Pasteur de  Clermont parlant de cette polémique survenue en mars dernier.


Interview TLM le 26 févier
envoyé par gdeclermont

Il est donc question de débat.Le fait même de discuter au sein de l’Eglise Réformée et de la Fédération Protestante de France a amené certaines Eglises Evangéliques à retirer leur demande d’adhésion à la fédération…Les anglicans de leur côté ordonnent aujourd’hui des pasteurs gays, même si l’opposition est vive, notamment de la trés puissante Eglise Anglicane du Nigeria.

Pour ma part il me semble qu’il n’y a, d’un point de vue citoyen que des raisons d’y être favorable.Et d’un point de vue chrétien réformé également pour au moins deux raisons.

1 En protestantisme la religion est une affaire privée.Le mariage n’est pas un sacrement devant Dieu mais une promesse faite entre les mariés.Pourquoi la religion devrait-elle se mêler de l’alcôve seulement quand les deux membres du couple sont de même sexe?

2 Les textes bibliques:Il y en a beaucoup.Je devrais peut-être faire une note compléte dessus.Mais disons rapidement que si certains passages de la Bible parlent ouvertement en mal d’homosexualité, jamais Jésus n’en parle dans les Evangiles.On peut imaginer que si la chose avait tant posé probléme, il l’aurait évoquée…Au contraire il a cherché à rassembler.

Dans le Nouveau Testament,seul Paul condamne cette pratique (mais ne parle pas de l’homosexualité féminine) mais le plus souvent parce qu’elle est soupçonnée de détourner de Dieu à l’instard de tout un tas de choses…

Dans 1 Corinthiens 6:9 il dit ainsi "Ne vous égarez pas: ce ne sont pas ceux qui se livrent à l’inconduite sexuelle, à l’adultère, à l’idolâtrie, les hommes qui couchent avec des hommes (la traduction est d’ailleurs contestée, certains affirmant qu’elle ne parle que des gens ayant une inconduite, même si les textes grecs semblent bel et bien évoquer respectivement les partenaires actifs et passifs dans les pratiques homosexuelles masculines selon les notes de traduction de la Nouvelle Bible Segond), les voleurs, les gens avides, les ivrognes, ceux qui s’adonnent aux insultes et à la rapacité qui hériteront du Royaume de Dieu".

A cette lumière là on comprend que la problématique posée n’est pas tellement l’homosexualité en elle-même mais plutôt ce qui détourne de penser à Dieu, dans les loisirs et la futilité.Et puis le passage est tout aussi redoutable pour le paquet de mauvaises langues que compte le monde politique et l’humain en général !

Le fait que Paul assimilait de façon qui serait scandaleuse aujourd’hui homosexualité et futilité est logique puisqu’il n’y a avait l’époque pas de couples officiellement installés, le rôle de la descendance étant différent et la sexualité homosexuelle se passant sans doute à côté du mariage, dans les loisirs, ces loisirs que les textes Pauliniens comme l’évangile de Jacques n’aimaient pas trop…Du reste Paul dit au moins à une reprise qu’il n’est pas forcément à suivre à la lettre en matière de sexualité, toujours dans cette même lettre aux Corinthiens citée plus haut, dans le chapitre 7.

D’ailleurs c’est bien dans ce chapitre qu’il nous dit "Je voudrais bien que tous soient comme moi;mais chacun tient de DIeu un don particulier de la grâce, l’un d’une manière, l’autre de l’autre".N’est-ce pas une autre raison de vouloir l’égalité de tous dans les Eglises? Surtout si la bible nous dit que Dieu s’adresse à tous et à toutes.

1 commentaire a été rédigé, ajoutez le vôtre.

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  1. Bien joué les protestants Lyonnais! Sur ce qui se passe en Suisse, cf.notamment
    http://www.dialogai.org/adresses3.asp?id=239
    et
    http://www.parmi-vous.ch
    L’interprétation ci-dessus de la position de Paul est très intéressante. Elle diverge quelque peu de la mienne, en étant plus complémentaire qu’incompatible.
    Il est indéniable que pour Paul, les relations (homo)sexuelles qu’il envisage sont un exemple par excellence, emblématique de l’idolâtrie, de la déchéance, de la perte de la gloire. Mais il faut partir de la grille de découpage de la sexualité de l’époque. Pour l’Antiquité, les relations sexuelles sont légitimes pour des hommes, libres adultes, qui ont le droit de faire ce qu’ils veulent avec des femmes, des enfants et des esclaves des deux sexes. Des relations sexuelles entre hommes libres et adultes sont infâmes.
    En Romains 1, pour illustrer la déchéance des humains quand ils perdent la connaissance de Dieu, Paul prend l’exemple de ce qui lui semble abominable à lui et à ses destinataires. Si je voulais illustrer la déchéance d’une personne richissime qui a tout perdu dans des circonstances honteuses, je dirais:
    Lui, jadis fin gourmet, qui ne mangeait que dans les restaurants gastronomiques, le voici qui va dans les fast food.
    Le but d’une telle phrase ne serait pas d’apprendre à mes interlocuteurs que je réprouve les fast food, mais il serait d’illustrer la déchéance d’une personnage, en présupposant que mes interlocuteurs tout comme moi réprouvent les fast food.
    C’est le mouvement de pensée de Paul qui doit nous intéresser. La Bible elle-même est une succession de réinterprétations de la Bible. Paul est spécialiste en la matière.
    Paul nous a appris que les Ecritures devaient être interprétées selon l’analogie de la foi. C’est le témoignage du Christ et rendu au Christ, à sa vie, à son oeuvre, à la signification de sa mort et sa résurrection, qui déterminent notre lecture.
    Cf. aussi cette brochure de 1993 du Groupe Chrétien-ne-s et Homosexue-le-s à laquelle j’ai contribué
    http://www.dialogai.org/pdfs/CHbrochure_originalWeb.pdf

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