Le référendum grec: la crainte, le danger et l’espoir

Greece-european-union-flag_170x170Elmone,Nicolas, Yann , Autheuil et Stef évoquent le référendum décidé par le Premier Ministre Grec sur sa dette .  Sur Twitter ça discute ferme et certains y voient même le retour du clivage entre oui et non au TCE. D'autres lui attribuent entièrement la chute de la bourse aujourd'hui, qui avait pourtant débutée hier, bien avant l'annonce du premier ministre grec Papandréou. Gregory, qui parlait  de réussite franco-allemande sur cet accord me signale que Sarkozy s'est déclaré consterné par cette décision. Un nouvel échec dans l'action du Président. On aurait tort au premier regard de s'en réjouir: l'avenir est incertain et Papandréou, dans une décision nationale après avoir fait appel à l’Europe, a ici manqué de loyauté. Mais pas de sens politique.

Pourtant l'idée d'un référendum n'est pas absurde au premier abord: En premier lieu sur le plan démocratique: Papandréou et les socialistes grecs se sont fait élire sur un programme qui promettait plus de solidarité et moins d'inégalités devant l'éducation, l'accés à l'activité économique et la santé. Il se retrouve à cause d'une énorme dette maquillée par ses prédécesseurs de droite, à devoir faire l'inverse. Certes la Nouvelle Démocratie n'est pas la seule responsable, comme l'a dit tout à l'heure Authueil,  l'ex premier Ministre de gauche Simitis ayant aussi pris une part , moindre, à ce maquillage. Et puis surtout, gauche et droite confondues c'est avant tout  la mentalité locale vis à vis des impôts et institutions et responsabilités collectives ainsi qu'un fort goût pour les budgets militaires démesurés qui est à blâmer. Du coup faire un référendum sur les changements de cap politiques nécessaires serait logique. On pourrait craindre que les électeurs grecs fassent dans l'anti-gouvernemental primaire devant la crise et ne répondent pas à la question réllement mais ce serait oublier que les dernières municipales ont été remportées par le parti au pouvoir pendant les mesures d'austérité…Mais ce référendum survient surement trop tard pour être rationnel, tant la situation politique et sociale grecque est dégradée.

Autre raison plaidant pour un référundum, c'est la possibilité pour Papandréou de se doter d'armes politiques. Sur le plan intérieur pour amener la droite locale à l'union nationale devant la crise, elle qui l'a toujours refusée, amenant d'ailleurs à une scission chez les conservateurs les moins sectaires. Devant les grecs aussi, pour se poser à la fois en gestionnaire courageux d'une crise de dette dont il a hérité et qui leur donne enfin la parole, même tardivement. Sur le plan international ensuite: La perspective d'un référendum très incertain pourrait amener les banques et les Etats à plus de souplesse encore en échange d'un retrait. Utiliser les même armes que les financiers dit Stef. L’hypothèse est crédible: on ne voit donc pas comment la Grèce va pouvoir vivre d’ici à ce référendum, s'il a lieu. Surtout que le budget grec sur les armées reste pesant…

A moins que Papandréou, las de devoir gérer une situation explosive, trouve ici un moyen de tirer sa révérence ?

L’hypothèse d'un tel référendum quel que soit son issue n'est en tout cas pas une bonne nouvelle pour l'Europe actuelle. D'abord parce que un tel scrutin suspend donc de fait les aides du plan, mettant la zone euros dans des sables incertains.C'est tout le plan décidé à Bruxelles qui s’effondre : comment imaginer que les banques internationales vont accepter d’effacer 50 % de leurs créances si les Grecs décident de faire défaut ? Comment imaginer que le parlement allemand va voter l’octroi d’aide supplémentaire à ce pays ?

Mais elle peut être un espoir européen paradoxalement: en montrant le danger que des politiques nationales irresponsables peuvent faire peser sur l'Union Européenne, elle peut amener les Européens à réfléchir à plus de rationalité et d'intelligence dans l'émission de la monnaie et des prêts. Elle peut aussi nous pousser à faire enfin le choix d'une Europe Fédérale et démocratique, dans lequel les dirigeants seraient élus au niveau européen par des européens pour prendre des décisions européennes. Avec un vrai pouvoir politique européen et non de simples décisions interétatiques laissant la seule part belle au financier.

Billet repris par le site du journal économique La Tribune

25 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Gbat12

    Jegoun fait exprès de faire des fautes d’orthographe pour être raccord avec l’article ( en même temps, il a été écrit rapidement sous les feux de l’actualité ! ). ; c’est un bon condensé mais les Grecs n’ont pas l’air de se rende compte de l’urgence de la situation…

  2. Bertrand

    La seule loyauté qui compte en démocratie c’est celle envers le peuple. Pas envers des acteurs financiers néo-libéraux. Le référendum arrive tard, mais il est légitime.
    Et puis tu mets en cause des responsabilité politiques, très bien. Mais tu n’évoques pas la responsabilité ignoble de Goldman Sachs dans l’instauration du mécanisme de spéculation.
    Et puis l’irresponsabilité des politiques nationales, ok. Faudrait en établir les causes pas sur qu’elles ne soient imputables qu’à des responsables politiques stigmatisés.
    Mais l’Union Européenne pourrait être vertueuse dès maintenant. On a déjà des parlementaires élus qui sont étouffés par la commission.
    Et puis l’irresponsabilité je ne sais pas ou elle se trouve quand la BCE nomme l’un des responsables internationaux de Goldman Sachs, belle ironie du sort. On a peur de rien.

  3. Ce référendum n’a pas de sens (à moins que Papandréou ne l’utilise pour négocier ce que je ne crois pas).
    Il est programmé pour février et d’ici février, les choses iront forcément en se dégradant.
    C’est fou, on n’a plus d’autre choix que d’être d’accord avec Nicolas Sarkozy.
    Il faut que Hollande s’exprime. Et vite.
    ps Romain, je trouve ton analyse clairvoyante.

  4. Gabriel

    Ce sont les socialistes grecs qui ont maquillé leurs comptes publics en 2000-2001 pour intégrer l’UE, pas le Gouvernement de droite précédent ! Autant de mauvaise foi partisane ou de méconnaissance est consternante.

  5. Tu as raison, Papendréou fait preuve de sens politique. Il a inversé le rapport de force, les banquiers pourraient finir par lui manger dans la main. Le plan de recapitalisation des banques déjà obsolète devra être revu pour effacer l’ensemble de la dette cette fois…

  6. romain blachier

    Que d’acrimonie Gabriel et de virulence! si comme je le dit, Simitis en 2000 n’était pas innocent, si c’est aussi et surtout une certaine manière des grecs de voir les budgets de la défense et les impôts, quel que soient leur bord, c’est bien la droite grecque qui a planqué plus de la moitié de l’endettement.
    http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/67438/date/2011-07-12/article/depuis-un-siecle-deux-familles-se-partagent-la-gouvernance-de-la-grece-les-papandreou-et-les-cara/

  7. romain blachier

    Merci

  8. romain blachier

    Ils font du judo quelque part…

  9. romain blachier

    Il y a un côté poker…peu rapporter gros mais très dangereux.

  10.  » A moins que Papandréou, las de devoir gérer une situation explosive, trouve ici un moyen de tirer sa révérence ? »
    Pour moi, la question ne se pose pas, c’est une évidence. Le referendum est pour lui une porte de sortie honorable et un vrai camouflet pour la diplomatie française….
    Cependant, sa démission éventuelle ne sera pas une bonne nouvelle pour les partisans de la « Solution de Bruxelles ». S’ouvrira une nouvelle (et longue) période électorale en Grèce. De facto, un nouveau séisme boursier….
    On a pas fini de sauver l’euro.

  11. surmely alain

    AVENIR DES PEUPLES EUROPEENS ?
    Certains découvrent avec stupeur que les peuples européens,dirigés d’une main de fer par des gens peu capables,n’auraient pas disparu.La souveraineté populaire ne serait pas si éculée que cela.Nous ne pouvons que nous en réjouir.Nous allons enfin entrer dans le vif du sujet:l’actuelle politique européenne est-elle soutenue par la majorité des citoyens européens?La zone euro,en l’état,est-elle viable?Peut-on encore laisser agir librement pareils dirigeants bien décidés à plonger l’Europe non pas dans la récession comme certains continuent à l’affirmer mais dans la DEPRESSION?
    Les acteurs des différentes places boursières ne s’y sont pas trompés car ils savent fort bien que la zone euro,en l’état,n’est viable qu’au prix d’une formidable régression sociale.Mais il n’est plus seulement question de régression sociale.La régression économique est déjà en marche.Les signes(indicateurs statistiques de toutes sortes)le montrent amplement.Il faut d’urgence remettre à flot les économies européennes.Or tout,absolument tout,a été mis en œuvre pour rendre impossible cette remise à flot :
    -assèchement des recettes fiscales (au point que l’Irlande,par exemple,est devenue un « paradis fiscal »)privant les Etats de toute force économique en les écrasant sous une montagne de dettes
    -maintien à toute force du carcan des traités européens sur le mode « mini traité de Lisbonne »alors qu’ils ne sont plus respectés (JC Trichet allant jusqu’à les qualifier de caducs !)
    -concours d’austérité des Etats européens ce qui conduit mécaniquement à casser la croissance à l’échelle européenne les pays de l’UE étant fortement dépendants les uns des autres
    -strict monétarisme appliqué sans aucun discernement (euro cher et BCE abandonnant les Etats à leur endettement,y compris l’Allemagne qui est plus endettée que la France !)
    -refus de toute régulation financière (marchés financiers livrés à une totale irresponsabilité) faisant de la zone euro une zone parfaitement perméable à la globalisation financière qui est à l’origine de la crise de 2007-2008 et de ses actuels prolongements
    – « modération salariale » valable peut-être pour « le tout à l’export » cher à l’Allemagne de Mme Merkel mais favorisant la contraction du marché intérieur
    -enfin coupes sombres des budgets nationaux dans les dépenses(ou investissements !) de santé et d’éducation ce qui obère dangereusement l’avenir des peuples européens.

  12. estelle92

    Excellentes analyses de Romain et Alain Surmely, convaincantes à première vue.
    Moi, je ne sais plus…
    Et dire qu’il y a quatre mois encore je travaillais dans une société de bourse !
    Bon, il vaut mieux que j’aille me coucher.

  13. J80

    Comment imaginer que les banques internationales vont accepter d’effacer 50 % de leurs créances si les Grecs décident de faire défaut ?
    Cette belle phrase tiré de l’article de Romain Blachier montre à quel point le problème de la dette publique lui est étranger. Si la Grèce fait défaut cela signifie qu’elle annule la totalité de sa dette publique. Si elle annule la totalité de sa dette elle annule du même coup 100% des créances des banques. Le problème ne se posera donc plus de savoir si les banques internationales vont accepter d’effacer 50 % de leurs créances.
    Si vous voulez avoir un avis plus éclairé sur la dette publique, lisez « Dette indigne ! » de Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné.

  14. romain blachier

    J80 si faire faillite se résumait à ne plus avoir de dette les choses seraient simples et tout le monde le ferait.la réalité est un peu plus complexe hélas…

  15. paul62580

    N’importe quoi, ce n’est pas plus d’europe dont nous avons besoin mais de retrouver notre souveraineté tout en redéveloppant des collaborations par secteur avec des pays avec lesquels cela fait du sens. La CEE et l’ECU étaient très bien. L’euro et l’UE c’est du grand n’importe quoi, en particulier les commissaires et leur staff (je peux en témoigner). Le peuple va bientot se rappeler aux bons souvenirs de ces messieurs, il était temps …

  16. J80

    Là encore, vous montrez clairement que le problème de la dette publique n’est pas vraiment votre tasse de thé.
    Vous employez indifféremment le terme faillite et le terme défaut comme s »ils étaient synonymes alors qu’ils n’ont rien à voir.
    Un Etat ne fait pas faillite, il fait défaut. Le droit international reconnaît à un Etat le droit souverain de faire défaut sans qu’il soit dépecé par ses créanciers comme une entreprise privée en faillite. Vous confondez droit commercial et droit international.
    C’est justement parce que la Grèce ne fait pas défaut de sa dette qu’elle est aujourd’hui dépecée par les multinationales européennes qui rachètent à prix bradés ses services publics.
    Si Papandréou décidait d’un référendum sur la légitimité ou l’illégitimité de la dette grecque, c’est lui qui tiendrait Merkozy et les banques à sa merci. Il suffit de voir la panique qui s’est emparée d’eux comme des marchés financiers à la simple annonce d’un référendum dont ils cherchent à tous prix à imposer la date et la question qui sera posée.
    Nul doute que dans ces conditions, ils viendraient tous lui manger dans la main et négocier une restructuration en profondeur de la dette grecque. Exactement comme cela s’était passé pour l’Argentine qui après avoir annulé sa dette en 2001 a pu la renégocier en 2005 et obtenir que 70 % de cette dette soit effacée. Et contrairement à ce qu’affirme le Ministre Léonetti, l’Argentine s’en est beaucoup mieux portée car elle a pu renouer avec la croissance et 48 heurs après la signature de l’accord de 2005, les anciens créanciers de l’Argentine lui proposaient de nouveaux prêts. Ils avaient compris que, débarrassée de 70 % du poids de sa dette, l’Argentine pouvait de nouveau connaître la croissance.
    Les plans d’austérité à répétition imposés par l’Union européenne et le FMI, plongent au contraire la Grèce dans la récession (- 5,5 % en 2011 selon la Commission européenne) et empêche toute diminution de son déficit public comme de sa dette publique.
    La Russie a connu le même sort. Lorsqu’elle avait annulé sa dette publique en 1998, l’Union européenne lui avait annoncé les pires catastrophes. C’est l’inverse qui s’est produit. Depuis 1998, la Russie a connu une croissance annuelle moyenne de 6 % et aujourd’hui, c’est l’Union européenne qui implore la Russie de bien vouloir abonder son fonds de sauvetage de la finance.
    Vous avez raison, la réalité est un peu plus complexe. Encore faudrait-il l’aborder sans cultiver le flou que le titre de votre article résume parfaitement : la crainte, le danger et l’espoir.

  17. romain blachier

    Cher ami, souffrez qu’on utilise du langage courant (faillite) pour parler et retrouvez un peu de sérénité. Avoir raison ou tort n’est pas obligatoirement être en accord avec vous. Que l’idée de voir l’Europe se casser la gueule et les Etats retourner à leurs cadres nationaux devrait devrait au contraire vous réjouir et vous détendre!
    Je n’ai écrit nulle part que j’étais contre un défaut partiel sur la dette. Au contraire je suis largement pour.
    Mais si il suffisait de faire faillite de façon générale pour annuler sa dette, la Gréce ne serait pas en train de demander un prêt et une annulation d’une partie d’entre elle. Et nous réglerions le problème du déficit français en faisant tout simplement faillite aussi. En l’espèce, loin d’être généralisé, le défaut de dette Russe (qui bénéficie de ressources garanties que n’a pas Papandréou) a été ciblé, notamment sur les GKO. C’est justement ce qui est proposé ici d’une certaine façon à la Grèce que de faire défaut sur une partie de sa dette. En le faisant de façon plus contrôlée parce que si la crise russe fut finalement salutaire, elle amena aussi à l’époque de grosses inégalités et des drames qui subsistent encore.
    Pour le reste, bien sûr que Papandréou, que vos amis conspuaient il y a encore peu, utilise le référendum comme arme de pression. C’est même écrit dans ce billet c’est vous dire…

  18. J80

    Cher Romain Blachier, les termes « défaut » ou « faillite » relèvent tous les deux du langage courant. Là n’est donc pas notre divergence.
    Notre divergence tient à ce que vous considérez ces deux termes comme synonymes alors qu’ils ont un sens très différent l’un relevant du droit commercial privé l’ordre au droit international public. Que la plupart des médias utilisent le terme de faillite au lieu du terme de défaut pour faire peur et empêcher un débat rationnel peut se comprendre, connaissant qui détient leur capital social et les intérêts qu’ils défendent. Cela m’étonne de votre part.
    Notre divergence ne porte pas non plus sur l’idée d’un défaut qui ne soit que partiel mais plutôt sur l’importance de ce « partiel ». Ce que propose l’Union européenne est dérisoire. Il ne s’agit en rien d’une diminution de 50 % de la dette publique grecque mais d’une diminution de 50 % des créances des seules banques. Ce qui revient, selon les calculs, à une diminution de 16 à 28 % du total de la dette publique grecque. Au mieux car cette diminution des créances des banques se ferait sur la base du volontariat..
    Le cercle des économistes des Echos, qui ne sont pas vraiment très à gauche, ont calculé qu’il faudrait une croissance de 21 % de la Grèce pendant 10 ans pour qu’elle puisse ramener sa dette publique à 60 % de son PIB. Ce qui est bien sûr impossible.
    Une réduction de 16 à 28 % de la dette publique grecque diminuerait sans doute notablement le taux de croissance nécessaire pour atteindre cet objectif. Mais même à 15 % de croissance par an, cela reste totalement hors d’atteinte. Il faut donc une diminution beaucoup plus importante de la dette grecque.
    La seule façon pour obtenir une diminution qui rende sa dette remboursable serait que la Grèce fasse défaut de la totalité de sa dette. Et que forte de ce rapport de forces, elle discute ensuite avec ses créanciers. C’est ce qu’ont fait la Russie en 1998 et l’Argentine en 2001. Ils ont D’ABORD fait défaut de la totalité de leur dette. Forts du rapport de forces ainsi obtenu, ces deux pays ont, ENSUITE, renégocié leurs dettes et l’ont profondément restructurée.C’est-à-dire qu’ils ont accepté de rembourser environ 30 % de leurs dettes respectives. Un défaut à l’initiative des créanciers n’a rien à voir avec un défaut à ‘initiative des débiteurs car c’est ceux qui sont à l’initiative qui tiennent le gros bâton.
    Une autre divergence tient aussi à la façon dont vous mettez sur le dos de la restructuration de la dette russe, les inégalité et les drames qui ont leur origine dans l’absence de démocratie et l’application d’une politique néolibérale sans retenue.
    Vous vous trompez, enfin, en suggérant que de voir « l’Europe se casser l’Europe se casser la gueule et les Etats retourner à leurs cadres nationaux » pourrait me réjouir. C’est exactement l’inverse : je suis effrayé à l’idée que la zone euro vole en éclat, suivie de près par l’Union européenne. Les guerres monétaires (dévaluations à répétition) et commerciales qui s’en suivraient créeraient un climat de repli identitaire très favorable à des coalitions du type UMPFN dans tous les pays européens. Ce qui sépare l’UMP du FN n’est pas la « préférence nationale » mais bien leur positionnement face à l’euro. Si l’euro disparaît, il n’y a plus d’obstacle à leur alliance. La droite populaire leur sert déjà de passerelle, au moins idéologique.
    Mais l’Union européenne actuelle, ses plans de sauvetage des banques camouflés sous le nom d’aide à la Grèce, à l’Irlande, au Portugal qui soutiennent ces pays comme la corde soutient le pendu, sont en train de produire un gigantesque rejet de toute idée européenne et de précipiter l’éclatement de la zone euro comme de l’Union européenne.
    Je suis d’accord avec votre idée d’une Union européenne fédérale et démocratique. A condition que les sociaux démocrates cessent de réciter des cantiques sur ces deux thèmes tout en restant les deux pieds dans le même sabot depuis des décennies alors que l’Europe démocratique, fédérale (au vrai sens du terme : un gouvernement fédéral responsable devant le Parlement européen, seul législateur) recule à pas de géants. Sous l’impact des « semestres européens » qui privent les parlements européens de leurs droits de voter les budgets nationaux, des « règles d’or » qui auraient empêchés de sauver les banques en 2007-2008, d’une « gouvernance européenne » qui ressemble de plus en plus à un système de pilotage automatique programmé uniquement en fonction des intérêts des marchés financiers.

  19. romain blachier

    JBO: je vous préfére, avec vos déssaccords, lorsque vous respectez votre interlocuteur.
    1-Sur le partiel vous ne savez pas si nous avons une divergence, voire même vous nous en inventez. Je ne dit pas que le plan franco-allemand va suffisamment loin et ce n’est nullement écrit ici.Honnêtement voir les banques mettre davantage la pain à la poche ne me choquerait nullement. Si vous revenez un peu en arrière sur ce blog vous verrez que j’ai soutenu à de nombreuses reprises que les propositions faites et les réformes demandées étaient intenables.
    2-Ravi que nous soyons deux européens.
    3-Oui d’accord avec l’idée que les plans proposés peuvent amener du rejet. Ceci dit il est normal de demander aux aidés de faire quelques efforts. Mais on pourrait aussi en profiter pour demander à l’Irlande d’arrêter son dumping fiscal. Je l’ai demandé d’ailleurs ici
    4-Oui, c’est entre autres pour cela que je voudrais un saut vers le fédéral.

  20. J80

    Les plans baptisés « plans d’aide » à la Grèce, au Portugal, à l’Irlande ne sont en rien des plans d’aide à ces pays. Les conditions dont sont assorties ces soit-disant aides plongent les peuples de ces pays dans la misère et le chômage. Il s’agit de plans d’aide aux banques qui n’osent bien sûr pas dire leur nom.
    Le prochain plan d « aide » à la Grèce fournira directement 30 milliards aux banques Grèce dont la faillite mettrait en danger l’ensemble du système bancaire.
    Les 78 milliards d’euros accordés à l’Irlande correspondait très exactement au transfert des dettes privées des banques irlandaises vers la dette publique irlandaises. Il faut se rappeler qu’en 207, le déficit public de l’Irlande était de 0% mais qu’il est passé à 7,5 µ en 2008 ; 12,4 % en 2009 et 32,2 % en 2010. Uniquement pour éviter la faillite des trois principales banques irlandaises dont le total du bilan représentait 109 % du PIB irlandais et qui finançaient depuis 10 ans la spéculation immobilière. la faillite de ces trois banques auraient entraîné celles des banques britanniques et françaises lourdement impliquées dans ces banques.
    La dette publique étant la somme des déficits publics il n’est pas étonnant que la dette publique irlandaise qui était de 25 % du PIB en 2007 se soit élevé à 96 % de ce PIB en 2010.
    Ce qui est plus étonnant c’est que le FMI et l’Union européenne ait présenté la facture aux salariés et aux retraités irlandais en leur imposant un plan d’austérité dont on imagine difficilement la cruauté dans notre pays.
    Ce qui est encore plus étonnant, c’est que vous aussi, vous qualifiez ces plans d’ « aide » à l’Irlande, à la Grèce,au Portugal.

  21. romain blachier

    J80, vous m’amusez: après avoir cherché le clivage où il n’y en avait pas forcément, vous chechez à trouver de nouveaux points de conflit. C’est une démarche relativement ordinaire pour un sympathisant ou un militant du Front de Gauche de positionnement par rapport aux socialistes , en fonction des socialistes et non en fonction de ce qu’on estime devoir faire. Pour ma part je pense qu’on peut exister autrement qu’en fonction des autres forces politiques.
    Mais reprenons.
    L’Irlande a sollicité l’aide de l’Union Européenne. Le fait que cette aide puisse être intéressée ne change pas la donne qui est que l’Irlande a sollicité une assistance. Qu’elle ai décidé de faire payer la facture à ses populations n’est pas la faute de l’Europe mais de la politique nationale Irlandaise, qui a préféré maintenir son dumping fiscal.

  22. J80

    Vous vous réfugiez dans la forme pour ne pas parler du fond. C’est regrettable mais compréhensible car quand il s’agit du fond, vous n’avez guère d’arguments.
    Ainsi vous écrivez que si l’Irlande « a décidé de faire payer la facture à ses populations, ce n’est pas la faute de l’Europe ». Sans doute ignorez-vous le contenu des conditions imposées par le FMI et l’Union européenne à l’Irlande ? Sans doute ignorez-vous le sort que les électeurs irlandais avaient réservé à ceux qui avaient accepté ces conditions ?
    C’est regrettable pour qui veut aborder un sujet aussi déterminant pour notre avenir comme pour celui de l’Union européenne.
    Vous écrivez que l’Irlande avait « sollicité l’aide de l’Union européenne ». Mais les traités européens ne lui laissaient pas d’autre choix.
    L’article 121 §1 du traité de Lisbonne interdit à la Banque centrale européenne de jouer le rôle de prêteur en dernier ressort (que jouent par exemple la Réserve fédérale états-unienne, la Banque d’Angleterre ou la Banque du Japon) et de racheter directement les titres des dettes publiques des Etats-membres. Et quand la BCE rachète les titres de la dette publique italienne, elle impose, en contrepartie, un plan d’austérité au peuple italien.
    L’article 122 §1 interdit tout prêt entre Etats européens.
    Le budget de l’Union européenne n’est que de 1 % du PIB, contrairement au budget des Etats-Unis qui est de l’ordre de 20 % et qui permet de soutenir les Etats en difficulté. La construction bancale que constitue aujourd’hui l’Union européenne ne permet pas ce soutien.
    Il ne restait donc plus que deux solutions à l’Irlande.
    Soit demander l’aide de l’Union européenne et du FMI et passer sous leurs fourches caudines. C’est ce qu’elle a fait et l’Union européenne ne l’a pas empêché de continuer son dumping fiscal car c’est un excellent moyen de chantage à la délocalisation des sièges sociaux permettant d’aider le patronat à mettre au pas les salariés des autres pays européens.
    Soit proposer un audit public de la dette publique et demander au peuple irlandais de décider par référendum si la dette ayant pour origine les 71 points de PIB destinés à financer les folies spéculatives des banques irlandaises était légitime.
    L’organisation de cet audit et du référendum qui aurait suivi aurait profondément changé le rapport de forces. Les dirigeants de l’UE, ceux des banques et les marchés financiers auraient accepté une restructuration des créances de l’Irlande pour éviter de tout perdre. La panique qui avait saisi Merkozy et les marchés financiers à la simple annonce d’un référendum en Grèce indique que ce changement de rapport de forces est tout à fait possible.
    Papandréou ne s’est, au total, livré qu’à une triste pantalonnade mais l’idée que la démocratie, qu’un référendum (à condition que la question soit juste) peuvent permettre de s’opposer aux diktats des marchés financiers et des oligarques européens qui leur sont tout dévoués a été semée et germera certainement un jour.
    Si je dois 1000 euros à mon banquier, c’est mon banquier qui me tient. Si je lui dois 100 milliards d’euros, c’est moi qui le tiens. Et ce n’est pas 100 milliards d’euros que les pays de l’Union européenne doivent à leurs créanciers mais des milliers de milliards d’euros.
    Encore faut-il le savoir, le faire savoir et utiliser ce savoir pour permettre aux peuples européens de ne plus subir les diktat des marchés financiers et des banques qui n’ont rien changé à leurs pratiques après la crise de 2007-2008.
    Cordialement.

  23. J’ai visiblement touché juste sur le Front de Gauche et son obsession du PS, voila le retour du j80 qui dit « vous n’êtes pas d’accord avec moi, c’est que vous n’y connaissez rien et que vos arguments sont ceux » 😉
    « Vous écrivez que l’Irlande avait « sollicité l’aide de l’Union européenne ». Mais les traités européens ne lui laissaient pas d’autre choix. » « Soit demander l’aide de l’Union européenne et du FMI et passer sous leurs fourches caudines »
    Une bonne chose que ces propos: content donc que vous admettiez que c’est bien une aide qui a été demandée (certes je suis d’accord, intéressée et assortie de contreparties), contrairement à ce que vous disiez dans votre intervention précédente. Par contre je n’ai jamais dit que l’Irlande avait des milliers de choix.
    Mais les traités européens ne lui laissaient pas d’autre choix.
    L’article 121 §1 du traité de Lisbonne interdit à la Banque centrale européenne de jouer le rôle de prêteur en dernier ressort (que jouent par exemple la Réserve fédérale états-unienne, la Banque d’Angleterre ou la Banque du Japon) et de racheter directement les titres des dettes publiques des Etats-membres. Et quand la BCE rachète les titres de la dette publique italienne, elle impose, en contrepartie, un plan d’austérité au peuple italien.
    L’article 122 §1 interdit tout prêt entre Etats européens.
    Le budget de l’Union européenne n’est que de 1 % du PIB, contrairement au budget des Etats-Unis qui est de l’ordre de 20 % et qui permet de soutenir les Etats en difficulté. La construction bancale que constitue aujourd’hui l’Union européenne ne permet pas ce soutien.
    Il ne restait donc plus que deux solutions à l’Irlande.
    Soit demander l’aide de l’Union européenne et du FMI et passer sous leurs fourches caudines. C’est ce qu’elle a fait et l’Union européenne ne l’a pas empêché de continuer son dumping fiscal car c’est un excellent moyen de chantage à la délocalisation des sièges sociaux permettant d’aider le patronat à mettre au pas les salariés des autres pays européens.

    Soit proposer un audit public de la dette publique et demander au peuple irlandais de décider par référendum si la dette ayant pour origine les 71 points de PIB destinés à financer les folies spéculatives des banques irlandaises était légitime. »
    je connais ces articles. Mais je ne suis pas d’accord avec vous tout simplement. Ils n’imposent nulle part de fait de s’endetter, de faire du dumping ou de faire des mesures d’injustice sociale. Ce sont des choix nationaux de la droite locale.
    Il y a une autre possibilité pour l’Irlande: changer de modéle, arrêter le dumping fiscale et son ultra-libéralisme à tout crin. Nous divergeons en effet sur ce point tous deux, je suis ici pour la transformation sociale et vous davantage dans des mesures d’accompagnement.
    Cordialement

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