Bon ok. Je vous vois avec vos bouteilles de champagne. Trinquer avec vos verres de vin de naturel.  Vous êtes contents. Je vous comprend, il était tellement pénible.

Nicolas Sarkozy est éliminé. Son sectarisme, son abaissement du débat, les magouilles, les affaires, les montagnes d’impôts et son creusage de la dette sont vraiment parties aux oubliettes de l’histoire. Ca y est. Un peu comme la suite d’un mauvais film d’action où le méchant revient. Et perd une nouvelle fois.

Tu veux fêter ça ami ? Eh ben c’est ton droit. Tu peux aussi rire de tous ces notables du parti  de droite dans toute la France qui ont soutenu Nicolas Sarkozy. Localement chez moi à Lyon la quasi-totalité des députés, le Président de région, une bonne partie des Maires des Républicains l’ont fait. Wauquiez, Cochet et tous les autres.  Ils doivent faire une drôle de tête. Allez passe-moi un peu de champagne rien que pour ça. Juste après j’aurais moins le coeur à rire. Ah et l’autre Copé, qui se bat pour ne pas être battu par les bulletins blancs. Enorme !

Fini de rire  : la place de Fillon a la primaire n’a rien rassurant ni d’amusant

Ce qui se dessine n’a rien de drôle : le candidat François Fillon qui est arrivé en tête a sans doute le programme le plus dur de tous. Certes, comme je le disais dans un billet précédent, les propositions qu’il émet comportent une forte part de promesses impossibles. D’ailleurs on l’a vu à l’oeuvre sous la direction de Nicolas Sarkozy. Fillon risque d’être parfois un peu le Hollande de la gauche : un type qui déçoit son camp de jour en jour.

Mais quand même. Avoir en tête d’une primaire ayant largement mobilisé un ennemi du mariage pour tous, désireux de rendre la société plus dure aux plus faibles, d’exclure une partie de nos concitoyens de la communauté nationale parce qu’ils n’ont pas la religion qui lui convient, quelqu’un qui s’est fait parachuter courageusement dans une circonscription imperdable à Paris parce qu’il avait peur d’être défait dans la Sarthe, voilà quelque chose de bien inquiétant.

Surtout quand cette victoire large de 1er tour  n’est pas arrivée par hasard mais est le fruit d’un vote qui a largement mobilisé les sympathisants. Et qui au passage vient, là aussi, d’un vrai travail sur les réseaux sociaux, toujours pas pris en compte par le PS. Cela en dit long sur ce que pense aujourd’hui l’électorat de droite sur un certain nombre de sujets sociaux et sociétaux. Certains croyaient les sympathisants conservateurs plus modérés que les chefs des Républicains. On voit qu’il n’en est rien. Et que le vieillissement de la population française ( les seniors étaient très surreprésentés dans les bureaux de vote) continue à rendre notre société plus conservatrice et par certains points réactionnaires. Il sera très difficile à Alain Juppé ( qui est à priori son adversaire de justesse) de gagner au second tour.  On voit mal les électeurs de Nicolas Sarkozy se reporter sur lui. Surtout quand des opportunistes comme Bruno Le Maire retournent leur veste pour appeler à voter pour le député de Paris.

Cela montre aussi les tristes perspectives qui s’offrent à nous si nous nous retrouvons avec un deuxième tour François Fillon-Marine Le Pen. Un Fillon qui passera sans doute plus facilement le 1er tour qu’un Sarkozy dont certains à gauche fêtent pourtant la défaite. Qui sont au passage d’ailleurs, comme Trump, tous deux issus de la nouvelle pensée unique pro-Poutine qui s’abat sur les élites conservatrices occidentales. Un Fillon qui ferait passer n’importe quel candidat un peu progressiste pour un gauchiste radical. Montrant ainsi une vraie droitisation du débat.

Tiens toi aussi tu n’as plus envie de champagne ?