Lettrecamba Comme chacun le sait, les réactions à la constitution des listes socialistes aux européennes sont pour le moins vives et suscitent un débat passionné et qui n'est pas exempt de virulence .

L'une des moins sereines et des plus cocasses a sans doute été la lettre (cliquer ici pour voir)
du député de Paris, Jean-Christophe Cambadélis, à l'adresse de plusieurs présidents de régions, que je me suis procurée.

Ceux-ci ont eu le tort, d'après le parlementaire, d'avoir signé l'appel de Gérard Collomb concernant le rejet ou l'abstention de la ratification militante des listes aux européennes . Si j'ai du respect et de l'estime pour ce proche de DSK,souvent pertinent, le ton de sa missive est en l'espèce fort singulière par son excès.

Notre député parisien, par ailleurs ami des lettres, aurait-il tout récemment feuilleté quelque ouvrage sur De Gaulle, quelque brochure sur Bonaparte ?

Les présidents de régions destinataires sont ainsi admonestés, leur démarche (par "voix de pétition s'il vous plait" selon l'expression du tigre du XIXe arrondissement de Paris ) étant incompatible avec les enjeux de la France. Rien que ça…

Et puis, toujours d'aprés Camabadèlis, les contestataires ne sont qu'un "quarteron d'élus" qui contestent les décisions. La référence est bien sûr limpide à la célèbre erreur de langage (volontaire certes, mais l'homme aurait dû parler de quatuor !) de De Gaulle, condamnant l'insurrection de généraux d'extrême-droite pendant la guerre d'Algérie…On appréciera le sens de la mesure du souvent mieux inspiré Jean-Christophe Cambadélis comparant ses camarades de parti à des militaires pustchistes et tortionnaires…

Il est sûr que l'initiative est plus encombrante qu'autre chose pour Martine Aubry. En tout cas, même si je n'ai pas complétement déterminé mon choix, le ton de ce type de missive donne encore moins envie de voter oui, malgré la présence sur la liste, qui me fait plaisir, de Sylvie et Farida… Et puis convoquer De Gaulle le souverainiste pour parler d'élections européennes, bof, pas terrible. Mais il est vrai que le Général savait être grandiose, lui. Et d'ailleurs, si on écoutais le Général et son fameux quarteron, pour ressituer les choses ? Aaaah la politique, j'vous jure !