Parmis les causes dont on parle peu, celle des chrétiens d’Orient est l’une des plus criantes et des plus passées sous silence, peut-être parce qu’elle ne "fait pas assez progressiste".

Berceau du christianisme, cette zone du monde devient, par la force, de plus en plus monocolore, y compris dans des zones de forte implantation et de cohabitation jusqu’ici harmonieuse.

Bien sur, précisons les choses, il n’y a pas une mais des églises, multiples et variées, des infinies variations orthodoxes (Alexandrie,du Sinaï…) catholiques (Syriaques, copte,maronite…) ou protestantes ( Evangélique copte, luthérienne de Terre Sainte…).

Et évidemment, l’appellation  chrétiens d’orient est trop vague puisqu’elle inclut certes les chrétiens en terre d’Islam mais aussi la puissante Eglise Grecque Orthodoxe ou celle de Russie.

Parlons donc plutôt alors de façon générique mais également plus précise géographiquement de chrétiens en pays musulmans.

Historiquement, avant l’Islam, nombre de ces pays étaient de
différents rites liés à Jésus-Christ ou pratiquaient le paganisme comme
l’Arabie du temps de Mahomet.
La conquête par les Ottomans et la
conversion des populations laissa ça et là des minorités parfois
fortes, comme au Liban, de chrétiens.L’égalité des droits n’était pas
forcément de mise mais au moins il était possible au long de
l’histoire, la plupart du temps, de vivre en paix et de pratiquer sa
religion.

Les indépendances, la montée d’un nationalisme arabe laïcisant fut
l’occasion pour ces chrétiens de manifester et de lutter pour la
libération de leur pays du joug colonial, avec un espoir, celui de
vivre dans un pays d’égalité des droits.Nombreux seront ceux qui seront
à l’origine des gauches arabes ou tout simplement des partis politiques
modernes au Liban.Ils ont lancé nombre de journaux comme l’Orient.Journalistes,banquiers, professeurs, musiciens il ont apporté leur pierre aux nations auxquelles il appartiennent.

Souvent déçus par certains régimes auxquels il avaient apporté leur
pierre, qui utilisaient la laïcité comme moyen de contrôle et non
d’égalité, ils assistèrent également trés souvent  à  des  limitations
de plus en plus fortes de leurs libertés par des dirigeants soucieux de
se concilier une opposition informelle prenant souvent le masque de
l’islamisme radical.

La prise de pouvoir ou l’influence grandissante des tenants d’un
islam radical et exclusif à la fin du siècle précédent fut un drame
pour ces minorités.

L’une des plus anciennes communautés chrétiennes du monde ne
représente aujourd’hui plus que 0,5 % de la population après avoir été
persécutée des siècle durant.Une partie de ceux-ci ,les syriaques et
les arméniens, a le droit d’élire ses propres députés mais tous doivent
respecter les lois musulmanes de séparation des sexes et de prohibition
de l’alcool…Quand au Hamas, sa prise de pouvoir en Palestine donne
tous les espoirs aux fanatiques qui rêvent d’une homogénité musulmane
sur ce bout de terre.

L’Irak, en particulier, subi actuellement une hémorragie.

Le régime de Saddam Hussein, officiellement laic, avait ces
dernières années une forte tendance à prendre les habits de la religion
majoritaire et amenant à un exil de prés de 300 000 d’entre les
croyants en Jésus-Christ entre 1980 et le premiére moitié des années
2000.Mais depuis l’intervention US c’est à une véritable saignée que
l’on assiste,peu relayée hélas, avec une fuite massive des chrétiens de
ce pays, accusés d’être des complices de l’occident et face des
fanatiques rêvant d’un pays uniformément musulman.On fait état du
meurtre de prêtres,de crucifixions d’enfants…Le tout dans un silence
de la communauté internationale.La chose n’est sans doute pas inscrite
à l’agenda des grandes causes progressistes.

Il n’est pas jusque dans des pays jugés modernes, laics et
démocratique comme la Turquie qui ne soit interdit de rouvrir des
écoles  formant des prêtres, jusqu’à l’Egypte où des chrétiens coptes
sont soumis à des pressions fortes et des violences.

Il n’est guère que ça et là, au Maroc,en Tunisie, en Israël et dans une certaine mesure en Syrie qu’une grande liberté existe.

On juge l’état d’une société au statut qu’elle offre à ses
minorités.Perdre ses chrétiens serait pour les nations du Moyen-Orient
perdre une part de sa riche, trés riche histoire.Ce serait laisser
l’injustice se faire, le mythe d’une identité arabe ou perse uniquement
basée sur une interprétation particulière du Coran se créer.

L’opinion
internationale se doit de prêter une oreille attentive et d’agir.Et
nombreux sont les voix en terre musulmane, du moins dans certains pays,
qui l’ont bien compris et luttent contre l’oppression des chrétiens,
pour la liberté, pour l’humanité…