Gold était (est encore d’ailleurs, un groupe qui a connu un succès gigantesque dans les années 80 avec un nombre de chansons peu égalées en matière de ventes : Capitaine abandonné, Ville de Lumière, Diamant dort, Rio Grande et bien d’autres.

Mais aucun (à part peut-être Ville de Lumière) n’a atteint le phénomène qu’a été le méga tube Plus Près des Etoiles. Ce titre est resté 24 semaines dans les 50 meilleures ventes de disques françaises. Il n’est sans doute pas un français qui n’aie un jour entendu les paroles écrites par Cardona, Porterie et Garcia. Et souvent dansé dessus à l’époque. Il existe aujourd’hui peu de playlists rétros des années 80 pour se déhancher en soirée qui ne comporte ce titre rythmé qui s’adresse à un très large public.

Est-ce que pourtant tous les auditeurs, tous les danseurs ont prêté attention au sujet des paroles chantées par Emile Wandelmer, le chanteur de Gold ? A ces mots par exemple :

“Ils ont quitté leurs terres
Leurs champs de fleurs
Et leurs livres sacrés
Traversés les rizières
Jusqu’au grand fleuve salé” ?

ou encore

“Au pied des murs de pierres
Ils ont brûlé leurs dragons de papier
Refermés leurs paupières

Sur les chenilles d’acier
Eux qui croyaient vieillir
En regardant grandir leurs enfants
A l’ombre du sourire
Des Bouddhas de marbre blanc” ?

Plus près des étoiles, un hommage aux réfugiés cambodgiens et vietnamiens

En fait, comme nous le rappelle d’ailleurs Usul dans une vidéo, les musiciens avaient voulu rendre hommage aux réfugiés vietnamiens et cambodgiens qui fuyaient les régimes d’extrême-gauche et le cortège de destins sinistres qui s’annonçaient à la clé, en particulier sous la botte Khmer Rouge. Ils voulaient parler de ces femmes, de et de ces hommes qui avaient tout quitté pour fuir la violence et la misère. Des gens qui ont irrigué de leurs talents notre patrie, devenant médecins dans les hôpitaux de Bretagne, restaurateurs à La Guillotière, pharmaciens, programmateurs, hommes d’affaires, quittant souvent sans retour un monde qui s’effondrait. Devenant français. Un monde dans lequel je suis plongé avec bonheur chaque jour dans mon coin de 7e arrondissement mais un monde créé dans la douleur et le drame des larmes de sang. Survivant au début avec bien peu ici pour beaucoup d’entre eux après avoir tout perdu là-bas.

C’est un hommage à ce drame vécu par des  plus d’une centaine de milliers de personnes accueillies à l’époque par une union des progressistes de droite et de gauche (130 000 malgré les vociférations à l’époque de l’extrême-droite mais aussi d’une bonne frange de l’extrême-gauche marxiste) et à la protection que leur a offert notre patrie qui a connu un énorme succès dans les charts musicaux.

En ces temps où des questions (pas toujours émises par des pays eux-même exemplaires) se posent aux Nations Unies (Merci à Marc Uhry pour le document) et où le Président Macron a promis un meilleur accueil des réfugiés acceptés, la question se pose : une chanson sur les réfugiés en 2018, 34 ans après la sortie de Plus Près des Etoiles, aurait un tel succès aujourd’hui ?

Moi en tous cas je ne l’écoute plus de la même oreille.