Grève SNCF. Je suis, comme beaucoup d’autres français, affecté par la grève des cheminots de la SNCF. Certes l’essentiel de mes transports se déroulent au sein de la Métropole de Lyon et pour la plupart à l’intérieur de la ville de Lyon, où je circule surtout à vélo. Du coup ma vieille bicyclette d’occase ne se met pas en grève, sauf quand on m’a esquinté ma selle ou mes freins.

Mais il m’arrive de monter à Paris. Pour des raisons d’engagement. Ou, comme aux collègues du service d’innovation auquel j’appartiens, pour le boulot. Et là en effet, il ne m’est pas possible de monter à Paris pour certains projets pros que je mène ou certains combats que j’ai.

Je pourrais alors avoir deux options:

-Gueuler contre cessalaudsdegrévistesquibloquentlaFrance et la prennent en « otage »

-Etre solidaire des grévistes de la SNCF quidefendentnosdroitsaveccebeaumouvementsocial

En fait je n’arrive à être ni l’un ni l’autre.

Grève SNCF : nous ne sommes pas dans une prise d’otage

Déjà, parce que je l’ai dit, j’ai horreur de l’expression « prendre en otage ». La gréve SNCF n’a enlevé personne, menacé de tuer personne. Il y a quelques jours un Lieutenant-Colonel des plus courageux, Arnaud Beltrame, est mort pour sauver des otages face à une ordure islamiste armée. Mettre cet événement sur le même plan qu’un mouvement social est délirant.

Ces gens de la CGT font un rapport de forces. Tout comme le directeur de la BNP ou celui de la Société Générale font du rapport de forces sans que l’indignation soit si grande, lorsqu’on cherche à réguler la finance ou le PDG de Lactalis lorsqu’on veut qu’il paye le lait correctement aux paysans. Ces gens qui font grève le font parce que ils se considèrent menacés. Parce qu’ils sont attachés au statut cheminot, un statut dont la disparition n’amènerait d’ailleurs pas de meilleures conditions de travail pour ceux qui en applaudissent la disparition.

Une grève SNCF qui en même temps repose beaucoup sur des fantasmes

Et en même temps je n’arrive pas à être solidaire  du mouvement. Parce que la base de grève des cheminots repose pour beaucoup sur des choses qui n’existent pas. Parce que le gouvernement a prévu non pas d’abandonner le rail mais d’y injecter 36 milliards. Oui 36 milliards. 10 millions par jour ! Tu parles d’une casse du service public ! Les cheminots pourront garder leurs droits et absolument aucun licenciement n’est programmé. Enfin aucun plan  de privatisation n’est prévu dans les mesures contre lesquelles les cheminots font grève.

Si on pouvait trouver un peu de mesure dans cette grève SNCF, ça pourrait être pas mal. Et faire avancer un peu le pays