Je ne suis plus au PS depuis quelques temps, j’en ai démissionné.

Il n’empêche pas moins que je continue à avoir une vraie tendresse pour cette maison fréquentée pendant plus de 20 ans. Et à y compter bien des amis.  Le congrès qui est en train de se dérouler n’a certes pas échappé à bien des travers : longues phrases creuses sans contenu réel, combinaisons des plus étranges, salles désertées hantées seulement par quelques retraités à pulls imprimés, citations d’auteurs pas lus, postures gauchisantes après une pratique du pouvoir à l’inverse (Voir Ségolène Neuville en idéologue de l’opposition au libéralisme, c’était assez cocasse).

Mais il faut le reconnaitre, les militants sont en train de faire réussir leur parti. D’abord en votant plus que prévu. Le député LREM François-Michel Lambert a d’ailleurs raison : en 5h de vote à présence obligatoire les socialistes ont voté plus en interne que le parti présidentiel sur internet en 15 jours.

Et puis le choix de Premier Secrétaire est aussi intéressant : Olivier Faure n’est pas sans défaut à coup sûr, comme chacun d’entre nous. Et puis avoir commencé comme chef d’un groupe d’opposition au gouvernement tout en ayant sa moitié comme salariée du Président de la République, cela montre pour le moins une certaine collusion des élites derrière les postures. Mais il est à coup sûr un homme de talent, qui a regagné son siège à la loyale. C’est aussi quelqu’un riche de Culture, ayant connu différents mondes professionnels, talentueux, sachant utiliser le web et ayant du fond. De quoi sans doute redonner l’envie à beaucoup de revenir au PS. J’aurais voté Faure avec plaisir.

Face à lui Emmanuel Maurel a de quoi être déçu : si je n’ai pas toujours été d’accord avec lui lors de mes années socialistes, il s’agit d’un militant de grande valeur, intelligent, honnête (ce qui changeait de Benoit Hamon pour incarner l’aile gauche) sympathique et très bon orateur. Ses idées en réelle rupture avec le ronron ennuyeux des congrès méritaient davantage.

Je n’ai pas contre pas compris (en même temps n’étant plus au ps je n’avais rien à dire)  l’intérêt d’une candidature de Stéphane Le Foll. Un Le Foll qui incarnait une forme de passé un peu austère. Et qui avait l’air de profondément s’ennuyer profondément pendant les buffets de militants et les meetings. Pas compris non plus pourquoi voter Carvounas. Ni pourquoi ce député, qui n’avait ni reussi à structurer le courant de Manuel Valls à l’époque où il en avait la responsabilité, ni découvert qu’il y avait des territoires en dehors de la région parisienne, avait voulu se lancer à l’assaut d’un parti d’obédience nationale…

Reste une dernière question et celle-là me taraude : derrière les personnes, le PS a-t-il encore quelque chose de concret à dire ? La réponse n’est pas encore tracée.