Rose "Ben t'es pas à la Rochelle cette année ? " C'était un peu la phrase que j'ai entendue ces trois derniers jours. Je ne vais pas régulièrement au rendez-vous annuel des socialistes mas seulement une fois tous les 2 ou 3 ans. La cité protestante de l'ouest est fort agréable et quand on a quelques années de route socialiste, on revoit avec un plaisir sucré ou un énervement virulent des camarades de sa connaissance pendant les universités d'été. Mais la distance un peu longue, un programme qui semblait classique et le fait que lorsqu'on est un troisième couteau, ben on fait des ateliers souvent intéressants mais aussi et surtout du couloir pas toujours intéressant, bof. Remarquez certains militants de Vaulx-en-Velin en ont profité cette année pour plaider auprès d'autres camarades de fédération leur version des faits dans les compliquées histoires de cette section du Rhône. C'est de bonne guerre et c'est aussi ça la Rochelle: parler avec des gens de Lyon et des environs à des centaines de kilomètres. AH mais j'en était à mes raisons de pas être venu: En plus des précédentes, j'ai plein de déplacements pros ces temps-ci. Ah et y'avait Lou-Bordeaux dont je vous ai fait un petit compte-rendu chez Lyon Sports dans ma chronique hebdo. Ah et puis j'avais pas organisé ma venue, hésitant et tout jusque dans les derniers jours.

Bon et pourquoi je me justifie moi? Allez on parle de La Rochelle.

La chose a commencé on le sait, par un discours de Martine Aubry. Un très bon speech de l'avis unanime, même si Thierry Philip, maire du 3e, a nuancé en disant que la Maire de Lille avait un peu trop joué les militants contre les élus. En tous cas la première secrétaire, très critiquée, a voulu reprendre la main. Florent, militant du ps de Lyon 6e, le souligne ainsi "Les cycles médiatiques, ça a quelque chose de fascinant. J’aime bien les journalistes (si, si, vraiment) mais leur grégarisme, parfois, me laisse pantois. Confiants dans l’instinct de poisson rouge de leurs lecteurs, ils n’hésitent d’ailleurs pas, en l’espace de quelques heures, à changer complètement leurs analyses, en oubliant volontiers ce qu’ils affirmaient hier encore.
Ainsi, Martine-la-ringarde et le PS éternellement moribond sont-ils, aujourd’hui, un parti à l’offensive porté par une première secrétaire qui a repris la main, à tel point que les socialistes sont de retour.
Où comment, par un (courageux, certes) silence estival suivi d’une annonce un peu inattendue, on peut changer brutalement la perception médiatique d’un parti.
"

Certes, de quoi être content pour de nombreux militants. Gérard Collomb a d'ailleurs souligné avec une malice qui ne va pas manquer d'irriter certains, que Aubry était devenue Collombiste. Il est vrai qu'en un seul discours, la première secrétaire en abordant la question de la majorité élargie, du débat ouvert, des primaires, du ps en reseau, de la prise en  des divers mode militantisme a repris nombre de thèmes se retrouvant dans la démarche portée au congrès par la motion du Maire de Lyon…mais une chose qui a fait moins plaisir à Gérard Collomb, qui a d'ailleurs fait un double allez-retour Lyon-La Rochelle en ce grand week-end, c'est celle de la limitation du cumul des mandats. Prônée par Aubry dans son speech, cette proposition l'exaspère au plus haut point. Même son de cloche chez Thierry Philip, également concerné par la mesure, et chez certains militants lyonnais.L'un d'entre eux, non élu et faisant partie de l'aile gauche du PS m'a dit "franchement, ok ça fait plaisir aux militants mais c'est pas le débat prioritaire. Et puis c'est se tirer une balle dans le pied si on veut reprendre le parlement". Il est vrai que le sujet, intéressant d'ailleurs, est un moyen de gagner à sa cause nombre d'adhérents. Les innombrables et divers manifestes (signés d'ailleurs parfois par des gens eux-mêmes cumulards ) que l'on voit fleurir chaque année à l'approche de La Rochelle tel Changeons d'Air, regroupant notamment, mais pas seulement, proches de Cambadélis et de Hamon, (dont un certain nombre de rhodaniens tels Jérôme Sturla,Nathalie Perrin-Gilbert, Yann Crombecque ou Farida Boudaoud) en font fréquemment mention.

Le débat est en tout cas cette fois vraiment lancé après des années de discussions stériles en la matière. Ah et sinon il parait que Valls, après ses simagrées du mois de Juillet, est passé faire coucou aux caméras mais n'est pas entré dans le bâtiment des université d'été, se faisant d'ailleurs houspiller par un certain nombre de militants…

Reste qu'il faut éviter de tomber dans le nombrilisme de parti façon modem. Les primaires, le cumul des mandats, la question des alliances, tout ça c'est bien joli mais ça ne fait pas une politique pour les français.Même si des pistes ont été tracées comme par exemple cette intéressante proposition d'aide pour les plus modestes via le remboursement d'une partie de la TVA. Mais c'est un bon début pour être en ordre de marche. Reste à voir si le débat voulu par Aubry, qui a par contre raté son discours de cloture, est plus qu'un simple moyen de se sortir de l'orniére interne. Moi je veux bien y croire.