Woerth Certes Eric Woerth n'est pas le seul type de mauvaise foi dans le gouvernement. Loin de la. Deux exemples, parmi d'autres: Brice Hortefeux, Ministre de l'intérieur condamné pour racisme par la justice est toujours place Beauveau et prétend avoir parlé non d'un trop de maghrébins mais d'un surplus excessif d'Auvergnats ( Ce qui n'a pas entrainé d'ailleurs de protestations de Laurent Wauquiez, Maire du Puy-en-Velay). Et puis Fadela Amara, qui a prétendu dans un premier temps que son appartement de fonction, qu'elle n'occupe pas, était utilisé pour des réceptions officielles par le gouvernement avant d'admettre le mettre à disposition de membres de sa famille, bref lorsqu'un membre du gouvernement est pris dans la main dans le sac, il commence par nier, mentir jusqu'à preuve du contraire. Un championnat de mauvaise foi, bien loin d'une république irréprochable pourtant promise par Sarkozy. Certes il y a eu des affaires aussi à gauche mais sous Jospin, un ministre en procédure de justice, ça démissionnait!

Woerth, par ailleurs co-auteur du doublement de la dette de l'Etat, lui, est en passe d'égaler Domenech dans le niveau de la mauvaise foi mal assumée. Hier, c'est une troisième ligne de défense différente en trois jours qu'il a adopté, sortant le classique et usé "complot-politique-pour-m'empêcher-de-travailler".

Il est vrai qu'il ne pouvait plus utiliser la première, celle selon laquelle il n'aurait pas eu connaissance du dossier de Madame Bettencourt.

Problème:La déclaration vendredi du procureur de Nanterre, Philippe Courroye, a percé la première ligne de défense du ministre. Le procureur a en effet déclaré que l'administration fiscale avait été saisie dès début 2009 «du fait que ce dossier était susceptible de mettre en évidence des éléments de fraude fiscale». Eric Woerth ne pouvait donc pas ignorer ce dossier. Mensonge donc.

Il n'a pas pu utiliser non plus sa seconde ligne de défense, celle-ci ayant été aussi démentie que la solidité de William Gallas sur un terrain: Woerth avait, sa première défense percée, déclaré «c'est sous mon autorité qu'a été lancé un contrôle fiscal sur Monsieur Banier», le protégé de Liliane Bettencourt.

Le dossier Banier n'aurait donc rien à voir avec le dossier Bettencourt suggère ainsi le ministre… Mais samedi Marianne publie de nouveaux éléments (dont certains avaient d'ailleurs déjà été dévoilés il y a des mois par Charlie Hebdo) sur le dossier d'enquête préliminaire menée par le parquet de Nanterre. Ils concernent l'île d'Arros, aux Seychelles,la propriété est justement contestée entre Liliane Bettencourt et François-Marie Banier ! Le dossier fiscal Banier recouvre en large partie le dossier fiscal Bettencourt et Eric Woerth ne pouvait pas plus l'ignorer. Du coup, le ministre s'est mis dans une position difficile : être suspecté d'avoir donné le feu vert à un contrôle fiscal du photographe mais de ne pas l'avoir fait pour Mme Bettencourt, protégeant ainsi la milliardaire pour laquelle son épouse travaillait et généreuse donatrice de l'UMP dont il est trésorier!

Bref, quand la défense est écrasée par deux fois, que des mensonges sont révélés, ne reste plus que la mauvaise foi. Domenech la pratiquait. Woerth est un digne successeur, surtout quand se rajoute une affaire de lingots d'or et puis de chevaux. Mais cette fois on ne parle pas de football mais de justice et de République. Dans n'importe quel pays européen, M.Woerth commencerait déjà à penser à ses cartons.