Eric Besson et Yasmine sont-ils passés en commission des mariages ?

Une question m'est survenue en lisant le dernier Voici après une longue journée(oui je sais mais là, crevé,  je me sentais pas de relire l'intégrale de Pline le Jeune et puis l'IPAD incite à la lecture de trucs étranges notamment des articles sur les vraies raisons de la séparation de Gad Elmaleh et de Marie Drucker) et où apparaissent Eric et Yasmine Besson en villégiature (ce qui n'était certes pas la raison première de mon achat de revue people on s'en doutera) :Eric-Besson-Yasmine-Tordjan

Depuis quelques années, un français et un étranger qui veulent se marier doivent passer en commission des mariages. Ce n'est pas un choix des mairies, c'est la loi. Concrétement cela veut dire que le couple souhaitant convoler en justes noces doit passer devant un groupe de gens (des fonctionnaires de l'Etat Civil et un ou plusieurs élus) qui vont leur poser des questions sur différents sujets: Comment ils se sont rencontrés, comment ils s'entendent etc…Le but étant officiellemet de détecter d'éventuels mariages blancs, au prix de questions pas toujours délicates.

Certaines mairies font passer tous les couples mixtes en commission, d'autres retiennent quelques repéres précis.

Parmis les fameux critéres, citons notamment les cas où les écarts d'âge, de revenu, de situation existent ou si tout simplement le conjoint étranger a permis de séjour un tant soit peu précaire comme par exemple un visa d'étudiant.

Force est de constater que l'union d'Eric Besson avec Yasmine Tordjman correspond à l'ensemble des critéres pour se retrouver en commission des mariages. Eric Besson a en effet 52 ans soit 30 de plus que sa compagne. Niveau métier, il est ministre et sa compagne étudiante. Niveau revenu, même si il semble que notre ami soit un peu pingre, au point l'affirme un site d'information, de faire payer la facture de son voyage de noces au contribuable, il est certainement mieux provisionné mensuellement sur son compte bancaire qu'une jeune demoiselle scolarisée. Par ailleurs la situation d'étudiante de Yasmine Tordjman, de nationalité tunisienne, ne lui permet qu'un visa temporaire pour raisons de scolarité.

Question, qui est quelque part très politique: Eric et Yasmine ont-il du se plier au même exercice que celui qui est demandé par les lois de la majorité à laquelle appartient le Ministre à tous les conjoints de leur situation ou la Mairie de Paris 7e où ils se sont mariés a-t-il fait une exception ?

14 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.

  1. C’est même pas une exception, pourquoi Besson voudrait-il offrir la nationalité à une étrangère ? Je vois mal ladite Yasmine l’avoir forcé à se marier tant le plus puissant des deux doit être le ministre. S’il s’est marié avec, c’est qu’il le voulait (étant né au Maroc je ne pense pas qu’il ait spécialement « envie » d’aider une tunisienne au nom de l’Union du Maghreb, donc si c’est pas pour l’aider, c’est par amour, enfin amour…)

  2. Simon

    Bon, qui se charge de faire le signalement au procureur de la République de ce mariage « gris » ?

  3. très bien vu ! Une jeunette qui épouse un vieux riche ça sent le mariage gris.

  4. Excellent billet. Vraiment excellent. Précis et complet, tout y est.

  5. Excellent billet, on va avoir la réponse « afin de protéger la vie privée de Y, tout cela est resté secret. Circulez y’a rien à voir ».

  6. romain blachier

    Oh la vie privée de Besson ne m’intéresse pas. Par contre le mariage est un acte public devant la République. Le Ministre est-il en conformité avec ses propres règles ?

  7. Fabien

    Ils ne se sont pas mariés à la marie de Paris 7e, mais sur le lieu de travail du marié, où la maire d’arrondissement est allée officier. Ce «point de détail» semble anodin mais pose à mon sens deux questions :
    1/un mariage dit “au domicile” ne peut se faire que dans des conditions très particulières, essentiellement de santé, et pour ne pas prendre de retard. Que je sache, tout le monde va bien, merci pour eux. Que je sache aussi, ils se sont mariés en avance sur la date officiellement publiée, ce qui n’est pas prévu par le Code civil.
    2/le mariage a eu lieu un dimanche, dans un bâtiment public (le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale) généralement désert ce jour-là, ou presque, contrairement —par exemple— à l’Intérieur, à la Défense ou à des ministères en temps de crise (la Santé lors de la canicule de 2003 est un très mauvais exemple…). Or il a bien fallu payer (en salaires ou en bonifications ou en journées de récupération) les divers huissiers et autres fonctionnaires venus travailler ce jour-là au ministère. De quel droit ?
    Pour ce qui concerne le problème soulevé par Romain, es-qualité d’élu d’une autre ville et d’une autre couleur politique, l’audition des futurs époux n’est pas une obligation. Il convient de lire attentivement la LOI n° 2006-1376 du 14 novembre 2006 relative au contrôle de la validité des mariages :
    http://www.legifrance.gouv.fr/html/actualite/actualite_legislative/decrets_application/2006-1376.htm
    Il est procédé « à l’audition commune des futurs époux, sauf en cas d’impossibilité ou s’il apparaît, au vu des pièces fournies, que cette audition n’est pas nécessaire au regard des articles 146 et 180.» Peut-être n’est-ce pas «nécessaire» ?
    Alinéa suivant : « L’officier de l’état civil, s’il l’estime nécessaire, demande à s’entretenir séparément avec l’un ou l’autre des futurs époux.» Peut-être n’est-ce pas non plus nécessaire ?
    Ce qui est facultatif dans les textes de 2006 est devenu systématique au cours du temps.
    A quoi cela sert-il de voter des lois si c’est pour ne les appliquer qu’une fois tous les 36 du mois, au point que la France entière en arrive à croire que la loi n’a pas été respectée ?
    Le combat du respect de la loi devrait être mené chaque jour. Je crois que nous nous faisons trop souvent piétiner dans nos valeurs.
    Pour le reste, rien à dire…

  8. @menilmuche/fabien: merci pour tes remarques, très judicieuses et qui complètent mon analyse.
    Concernant le mariage, je ne dis pas qu’il a été opéré en Mairie du 7e mais par la Mairie du 7e, ce qui revient au même en termes de formalités.
    Sur le reste, la question de santé et l’opération le dimanche me paraissent de nouveaux problèmes sujets à polémique (points 1 et 2), la première me semble quand elle a douteuse. Pour la seconde cela dépend:
    un mariage peut être célébré uniquement par des élus, à ce moment là la question du coût que tu soulèves se résout puisqu’il n’y pas d’heures supplémentaires concernant les indemnités d’élus . Mais cela a-t-il été le cas ou un ou plusieurs fonctionnaires ont-ils été mobilisés? (ceci dit vu les circonstances ce point me choquerait moins que d’autres au vu du risque de troubles à l’ordre public).
    Sur l’application de la circulaire, je l’ai dit, toutes les mairies ne passent pas tous les mariés en commission. Chacune défini ses critéres d’application en se basant normalement sur la série d’éléments que j’ai mentionné ci-dessous.
    Au vu de la série alignée par le ministre et son épouse, il serait surprenant que dans d’autres cas similaires d’écart de revenus, d^’age et dans une situation de visa d’étude, les époux ne passent pas en commission. Surtout dans une arrondissement parisien dirigé par une ex-Garde des Sceaux qui mena une politique très restrictive. Si les époux ne sont pas passés en commission, c’est qu’il y a des applications de circulaires à deux vitesses ou comme tu le dit, un souci d’applicabilité.

  9. Fabien

    Je crois qu’il s’agit surtout de ce que tu nommes «un souci d’applicabilité», Romain.
    Mais lorsque tu parles de «commission des mariages», tu veux, je suppute, évoquer «l’audition commune des futurs époux». Pour ma part, étant confronté au quotidien à des cas parisiens ou franciliens qui me parviennent aux oreilles, je parle de l’entretien individuel, qui a tendance à se généraliser, et à concerner chacun des futurs époux, avec des “questions bêtes” (habitudes alimentaires, n° de téléphone, prénom des frères et sœurs ou autres conneries de la vie courante) et des questions beaucoup plus intimes, comme une femme de mon âge (plus de 45 ans) à qui il a été demandé combien elle envisageait d’avoir d’enfants avec le jeune travailleur tunisien qu’elle souhaitait épouser, la même question n’ayant du reste pas été posée à l’homme.
    Dans un cas comme celui du ministre et de l’étudiante, cette dernière ne devant son titre qu’à son statut (combien d’étudiants, chaque année, refoulés car changeant d’orientation?), la simple différence d’âge pouvait jeter la suspicion.
    L’amour est aveugle et sa canne est rose-bonbon, disait Gainsbourg, fils d’immigrés. Les fonctionnaires de la mairie du 7e arrondissement ont du sentir cette lueur dans les yeux et ne se poser aucune question.

  10. La dénomination change selon les mairies peut-être? En tout cas oui, c’est cela, j’en parle d’ailleurs en début de ce billet. Auditions séparées puis communes. C’est en effet parfois gênant, souvent même et des fois utile, par exemple sur des cas de mariage forcés.
    Pour le reste complétement d’accord avec toi sur le reste et la touche d’ironie que je sens dans ta dernière phrase (-;

  11. Briavel Gouëdic

    @ Romain : je pense que les contrôles de la DCRI sur l’entourage des personnages étant au cœur de l’État sont plus efficaces que cette entrevue en Mairie pour dénouer les impostures … 😉

  12. @briavel : ce n’est pas moi qui ai fait cette loi me semble-t-il…

  13. Briavel Gouëdic

    @ Romain : en effet, jusqu’à preuve du contraire, tu n’es pas parlementaire … tu n’as donc pas pu soumettre une telle proposition de loi … 😉

Follow

Get every new post delivered to your Inbox

Join other followers