Fête de L’Assomption, une célébration religieuse discutable

Marie-assomption-art  Le week-end du quinze août, c'est de nos jours, le symbole du moment où l'on sait qu'il y aura des bouchons sur les routes de vacances dans les voitures avec la musique à plein volume, des déserts dans les cafés des grandes villes, des parties de pétanque, de la chaleur sur les chemises et qu'on va pouvoir ouvrir un bon livre.

Pourtant, en réalité, le 15 Août, comme Noël, sous les loisirs, le férié, les repas entre amis est une fête religieuse dénommée l'assomption la fête de Marie, une célébration catholique. Je dis bien catholique (et orthodoxe) et non chrétienne parce que la question de cette fête marque un clivage entre catholiques et protestants.

En résumé l'assomption est le jour où Marie, mère de Jésus-Christ monte au ciel.

Pourtant rien, absolument rien dans la Bible ne spécifie quoi que ce soit sur sa fin de vie…

Tout a commencé un peu plus de six siècles après sa mort lorsque le souverain de Constantinople instaure une journée de fête pour célébrer le supposé événement. Et puis au cours des siècles d'autres lui emboitent le pas. Au XVIIe siècle, Louis XIII désirant une fille décida d'officialiser aussi la fête des fois que… En résumé on est tout de même dans une fête plus portée tradition populaire que réellement avec un fondement religieux.

Et puis en 1854, le Pape de l'époque décide que Marie non seulement était vierge au moment de concevoir Jésus, chose couramment admise depuis le début, mais qu'en plus Marie elle-même est de conception pure et de nature divine également…Du coup le rôle de Marie est encore renforcé en catholicisme.

La chose, très discutable sur un plan théologique nous donne une belle fête des lumières le 8 décembre. Mais la décision bien surpris la petite femme de Nazareth, pourtant volontairement choisie par Dieu dans les gens simples et sans particularité spéciale.

Le culte de Marie, qu'on prie, qu'on vénère, qu'on célèbre est un point de clivage fort entre protestants et catholiques.

Pour les protestants, le christianisme est une religion dans lequel on on ne prie que Dieu et uniquement, sous ses différentes formes. A Dieu seul la gloire ! pour résumer. Les saints, Marie, tout cela sont des gens honorables mais qui ne sont pas à mettre sur le même plan ou presque que le Pére, le Fils ou le Saint- Holly-marie-combs Esprit. Prier Marie, Jacques ou Paul, c'est prier des être humains, pas Dieu.

Pour les catholiques, la Vierge, outre qu'elle donne sans nul doute une touche de féminité au total, comporte en quelque sorte une essence divine. Lui sont donc consacrés prières, messes, prénoms (Marie est un   prénom identitaire catholique très fréquent, il y a même des "Saint-Marie" comme l'actrice Holy Mary Combs ici à droite) temples églises, médailles et donc l'assomption, trop souvent résumée à la semaine la moins active de l'année.

Mais quoi de plus logique pour fête qui a au départ une essence plus populaire que religieuse ?

29 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. pierre

    Je crois qu’il y e un contresens à propos de la virginité mariale. Ou alors j’ai été confusé par les négations.

  2. romain blachier

    Comment ça?

  3. Pareil que Pierre : vous avez écrit le contraire de ce que vous vouliez écrire (enfin, j’espère pour vous…)
    Et merde aux protestants, de toute façon !

  4. parisiennea

    D’une manière assez peu étrange, je suis d’accord avec Romain, et tous les ans je m’interroge sur cette folie mariale…
    L’immaculée conception, c’est la conception de Marie elle-même: elle aurait de la sorte échappé au péché originel. D’où d’ailleurs les mots qu’on trouve souvent au fronton des églises: Maria / Virgo sine labe concepta – Marie / Vierge conçue sans péché.
    S’il s’était juste agi de dire qu’elle était vierge, il y n’y aurait pas eu besoin d’intervention pontificale en plein XIXe siècle…
    (pour faire mon fat: Louis XIII voulait un fils pour lui succéder, et il voulait aussi gagner des batailles contre l’Espagne).

  5. parisienne

    (Romain a effectivement mis une négation de trop…) 🙂

  6. Ah oui trouvé, Parisienne, Pierre, Didier, négation de trop corrigée !

  7. Koz

    A la messe, ce matin, l’Evangile était l’Apocalypse selon Saint Jean (Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab).
    « Le Temple qui est dans le ciel s’ouvrit, et l’arche de l’Alliance du Seigneur apparut dans son Temple. Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds,e t sur la tête une couronne de douze étoiles. »
    Si telle était la lecture, c’est que j’imagine que l’Eglise trouve un fondement à l’Assomption dans cette vision.
    Par ailleurs, effectivement, les catholiques ne se limitent pas au texte, même si ce qui lui serait contraire est évidemment proscrit. Cela nous entraînerait dans d’autres longs débats, mais la sola scriptura a aussi ses travers, au niveau de la foi personnelle (citerai-je Newman ?) comme de ce que l’on peut observer au niveau de certaines églises locales.
    On ne résoudra donc pas ici une divergence « originelle ».
    En ce qui concerne le sens de l’Assomption, on peut aussi renvoyer à cette page http://www.assomption.org/Presentations/FeteAssomption.htm
    Par ailleurs, je suis tout de même étonné de l’opinion que les protestants se font des catholiques. Il me semble que nous sommes suffisamment nombreux en France pour que les protestants aient l’occasion de nous côtoyer. D’où vient donc l’idée que l’on mettrait les Saints et Marie au même plan que le Père, le Fils, et le Saint Esprit ?! Je suis assez surpris de ce reproche que je trouve – je dois l’avouer – dérisoire pour ne pas dire méprisant : les catholiques savent faire la part des choses, ils savent prier un saint et prier Dieu sans considérer que l’un et l’autre sont « équivalents », de même pour Marie. Au demeurant, lorsque l’on évoque les « prières d’intercession », auprès de qui demanderait-on aux saints ou à Marie d’intercéder ?
    Je le dis en toute franchise : j’ai parfois l’impression que les protestants ont une certaine tendance à prendre les catholiques pour des demeurés.

  8. A Koz : Si l’évangile était l’apocalypse, alors il y a 5 évangiles à compter de ce jour 😉
    Les protestants, ceux en tout cas que je fréquente, ont un profond respect pour les traditions des catholiques et ne nous prennent pas « pour des demeurés »
    A Romain : Marie n’est pas divinisée dans la tradition catholique, de même que les saints. Ils sont honorés et priés au titre de l’exemplarité de leur vie. Les prier c’est comme leur demander un conseil, un éclairage. Il n’y a pas de confusion entre leur nature humaine et la nature de Dieu; le seul qui a ces deux natures est le Christ

  9. A PBCordier : Tout de même, le père Varillon (Joie de croire, joie de vivre) définit le coeur de la foi ainsi : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ».
    Est-ce une formule sur laquelle nous sommes d’accord ?
    Il est vrai que le verbe « diviniser » est plus dangereux (il renvoie à quelque chose de païen, plutôt).
    @Romain : réjouissez-vous, vous êtes d’en harmonie avec saint Bernard de Clairvaux, qui lui aussi jugeait scandaleux de prétendre Marie « conçue sans péché ». A ceci près, bien sûr, qu’il avait une profonde piété mariale ! 🙂
    Quant à cette phrase : « Marie elle-même est de conception pure et de nature divine également »,c’est 1000 fois non. Il n’a jamais été enseigné (à ma connaissance) que Marie était de nature divine.
    A Koz : du peu que j’ai lu, la conclusion des théologiens successifs aboutissant à l’idée d’une mère de Jésus bénéficiant d’une liberté réelle (et non d’une liberté entravée par le péché originel — pris dans son vrai sens théologique), donc « conçue sans péché », vient plus d’une méditation sur l’expression « pleine de grâce » (salutation d’Elizabeth, dans l’Evangile de ce jour) que sur le passage cité de l’Apocalypse (également lu aujourd’hui, il est vrai).
    J’avoue n’être pas allé plus loin pour comprendre comment le « pleine de grâce » pouvait conduire à « conçue sans péché ».

  10. Koz

    Oui, je suis allé un peu vite. La première lecture, en effet.
    Je suis ravi que les protestants aient, de façon générale, un profond respect pour les catholiques et les traditions catholiques, de la même manière que j’ai un profond respect pour les protestants. Mais, pour ce qui est de leurs représentants que je fréquente sur le Net, entre Auhtueil et, sur ce coup, Romain, cela me donne un peu l’impression qu’on me prend pour une bille. Que ce ne soit pas l’intention est une chose, mais je préfère le dire en toute franchise, c’est bien ainsi que je le ressens.
    Non, nous ne confondons pas la Vierge, les Saints, le Fils et le Père, et ils ne sont pas placés sur le même plan. Et le fait de prier les Saints ou la Vierge ne nous obscurcit pas l’esprit au point de ne plus voir Jésus ni Dieu.

  11. Koz, je ne dis pas pas que vous confondez, je dis simplement que vous la priez. Si vous la priez c’est que donc d’une façon ou d’un autre vous considérez qu’elle a une nature divine. Certes je n’imagine pas ni ne dit qu’elle a la même nature pour vous mais quand même.
    Quand à la notion de prière d’intercession,si j’imagine qu’elle ne vous empêche ni de voir le Fils ni de voir le Pére je vais être provoc mais c’est avoir bien peu foi en Dieu que d’en faire!
    Sinon loin de moi l’idée, malgré les piques occasionnelles de te prendre pour une bille! Je suis ravi que tu viennes justement apporter ton avis de blogueur chrétien de qualité sur ce sujet.
    @Novice Je ne connait pas ce Bernard de Clairvaux mais pourquoi pas! Concernant Marie la phrase est « Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine, qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu’ainsi elle doit être crue fermement, et constamment par tous les fidèles.  » Ca semble clair non?
    @PBcordier Je doute que ce soit si clair. Oui le nature doublement humaine et divine est celle de Jésus, on est d’accord. Mais la priére au sein indique un lien au divin, ce qui est pour moi problématique:un croyant exemplaire n’est pas priable presque au même titre que Dieu!

  12. Marie aussi a été conçue sans péché ?
    Non seulement jésus était fils de dieu, mais il était d’une très bonne famille du côté de sa mère…

  13. Les prières à la Vierge sont toutes des prières d’intercession. En quoi cela est-il « discutable » ? La force et la beauté du catholicisme est précisément de ne pas réduire la foi à la seule existence d’un « Dieu de l’univers » (qu’il en soit le grand architecte comme dans la très discutable tradition maçonnique ou l’omnipotent « jovis » comme dans le paganisme antique), mais d’offrir à l’humanité ces exemples et ces relais charnels, représentés au premier chef par Marie, Joseph, puis tous les saints. D’être une religion pas seulement « intellectuelle » ou « spirituelle », mais aussi sensible et charnelle. Ainsi qu’historique. Marie,fleur de la race juive, comme l’a dit un jour Léon Bloy critiquant Drumont, a toute sa place dans la liturgie, bien évidemment.

  14. @solko que ce soit beau ou non je n’en discute pas, que ce soit réellement justifiable du point de vue religieux par contre me parait douteux. Pour faire un peu de provoc, je dirais que prier des humains morts, même exemplaires me parait pour le moins curieux. O est plus dans le shintoisme ou le paganisme que dans le christianisme. Quand à la prière d’intercession, si Dieu est tout-puissant alors à quoi sert-elle ?

  15. et les païens considèrent que c’est la fête des moissons (Lughnasadh chez les Celtes)… Résultat de la fécondité de la Terre… Alors franchement qui croire ? les plus anciens ? 🙂
    Allez hop un petit morceau de Damh the Bard pour fêter ça http://www.youtube.com/watch?v=NiMzxMEw5sw&feature=related

  16. J’oserai une comparaison idiote : l’électricité est toute puissante et court partout, mais vous avez besoin d’une prise de courant pour vous connecter (intercéder ?). Que le christianisme ait emprunté au paganisme un calendrier et l’usage d’une sorte de panthéon est un fait avéré. Parce que cela répondait à un besoin humain.La preuve : ceux qui ont aboli le culte des saints se sont empressés de proposer à « l’adoration » des foules des figures humaines historiques, voire contemporaines, grossièrement mythifiées. Les figures du Che, celles de Staline, de Mao ou d’Hitler, de Roosevelt ou de Jean Moulin, plus récemment de Mitterrand, celles à un degré plus inoffensif de Van Gogh, Wagner ou de Rimbaud, et sur le mode carrément mineur, celles de Céline Dion ou de Zinédine Zidane. Martyrs et saints de la légende Dorée, si surnaturelles nous appraissent au premier degré leurs histoires, ont longtemps véritablement peuplé le calendrier à titre d’intercesseurs avec le religieux, comme les exemples de chefs, de leaders, d’artistes ou de « stars » que je vous cite le furent , de façon parfois désastreuse dans les domaines politiques, artistiques ou simplement marchandes.

  17. Pour essayer d’expliquer un peu mieux mon premier commentaire : le cœur de notre foi (catholique, donc, mais je suppose que les protestants peuvent le dire aussi) est : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu » (une des plus anciennes attestations serait d’Irénée, évêque de Lyon au 2e siècle, contemporain de Blandine — notez que j’enlève consciencieusement le « saint » devant ces deux noms 🙂 j’essaie de me conformer aux règles de bienséance du lui…).
    L’adjectif « saint » n’appartient qu’à Dieu. Fondamentalement, seul Dieu est saint, et dire que « quelqu’un est saint », c’est friser l’hérésie.
    Ceci étant posé (et parfaitement conforme à la doctrine catholique), qu’est-ce que Dieu nous promet après notre mort ?
    Le salut consiste à être « en présence de Dieu ».
    Et là il y a deux risques : 1. que j’utilise des termes impropres ; 2. que votre imagination vous les fasse mal interpréter.
    Pour m’efforcer de rester sobre et clair : Dieu nous promet que nous prendrons part, après notre mort, à ce qu’il est lui-même, à condition d’accueillir sa miséricorde. Suis-je capable d’aimer mon prochain comme Dieu l’aime ? Si oui, je peux « entrer dans la présence de Dieu », participer à la « vie » de Dieu, prendre part de ce qu’est Dieu lui-même.
    Dieu nous promet ceci : devenir par participation ce que Dieu est par nature.
    L’Eglise catholique estime qu’un certain nombre de personnes ont su accueillir Dieu tel qu’il est, et se laisser habiter par lui, au point de « prendre part à la vie divine ». Parmi ces personnes, elle s’est efforcée d’en identifier quelques-uns pour nous les proposer comme modèles d’inspiration (non exclusifs) et nous inviter à les prier, c’est-à-dire à prier Dieu à travers eux puisque l’immense sagesse de ces personnes a été de comprendre qu’elles n’étaient rien si elles ne laissaient Dieu prendre toute la place en eux.
    Il me semble évident que la possibilité offerte de prier les saints est une reconnaissance de la faiblesse de foi de certains qui se sentent incapables de prier un être invisible et éternel.
    Pour les prières que les saints ont pu susciter, je voudrais rappeler simplement : on reconnaît l’arbre à ses fruits. Et j’ai vu des dévotions à des saints engendrer de grandes et belles choses (au sein des familles, notamment).

  18. @Novice: la fameuse formule « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu », magnifiquement commentée par Varillon il est vrai, est d’Irénée, un Lyonnais aussi 😉
    @Koz:
    « Je le dis en toute franchise : j’ai parfois l’impression que les protestants ont une certaine tendance à prendre les catholiques pour des demeurés. »
    Mon Kozounet, il me semble que le problème est un poil plus complexe. Il se trouve que mes amis les plus intimes sont pour la plupart réformés. Avant que nous ne nous connaissions, je me disais souvent: « Ah! si les protestants lisaient correctement la Bible, et en particulier l’épître de Jacques, ils comprendraient qu’ils se fourvoient avec leur « sola fide »! » Quant à mes amis protestants, qui ne connaissaient guère de catholiques, ils se disaient: « Ah! si les catholiques lisaient correctement la Bible, et en particulier l’épître aux Romains, il comprendraient que seule la foi sauve! »
    Au début de nos relations, on se chamaillait gentiment là-dessus. Puis on s’est rendu compte que ni les uns ni les autres n’étaient incultes. Simplement deux façons de voir tout à fait respectables. Et il n’est pas rare que lorsque l’un explique la position de son église sur tel sujet, par exemple le pédobaptisme, l’autre réponde « Ah! mais chez nous ça existe aussi… sauf que ça s’appelle la confirmation » (exemple parmi tant d’autres).
    Depuis, on ne se chamaille plus, on prie ensemble, c’est beaucoup plus constructif.

  19. Paradoxalement d’ailleurs j’ai une certaine affection pour l’épitre de Jacques…sans doute es-ce plus politique que religieux parce qu’il évoque la justice sociale, mais j’aime bien.

  20. Koz

    M’aurais-tu mal lu, ma Nataliette ? Je ne critique aucunement leur façon d’interpréter la Bible, ni leurs positions.
    Je suis juste un peu surpris par la façon caricaturale et un peu simpliste dont certains nous voient : non, nous ne mélangeons pas tout, Dieu, la Vierge et les saints. Oui, nous faisons la différence et, bien évidemment, nous savons que Dieu, et le Christ, priment. Ma réaction est plutôt du genre : pour quelle sorte d’andouilles faut-il nous prendre pour imaginer que pour nous, tout ça c’est du pareil au même ?
    J’ai plutôt tendance, justement, à demander que l’on ne se limite pas à quelque caricature à gros traits rapidement brossée mais que l’on tente de nous connaître, ce qui ne me paraît pas si difficile.
    Et pour ce qui est de la chamaillerie, c’est bien précisément ce que je dis. D’ailleurs, mis à part une taquinerie – http://www.google.fr/search?hl=fr&q=le+pape+est+chef+des+chr%C3%A9tiens+&meta= – ai-je seulement une fois émis une critique sur les protestants sur mon blog ? Et pourtant, quand Autheuil nous fait du catho-bashing, je pourrais être tenté de riposter.

  21. Que signifie « prier un saint », pour un catholique ?
    Il y a plusieurs sens au mot « prier », ce qui peut induire en erreur les catholiques comme ceux qui ne le sont pas.
    Certes, dans les faits, ont peut bien dire que les catholiques « prient » les saints.
    Mais voyez les deux prières les plus fréquentes, adressées à des saints :
    1. le « Je vous salue Marie »
    2. la litanie des saints
    Le « Je vous salue Marie » commence simplement par la reprise de la salutation d’Elizabeth à sa cousine (et j’espère que les protestants ne nous reprochent pas de reprendre des mots tirés exactement des Ecritures !) – Lc, I, 39-45.
    « Je vous salue Marie, pleine de grâce […] le fruit de vos entrailles est béni »
    Suit une seconde phrase, qui n’est pas dans la salutation initiale :
    « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. »
    Ce n’est pas : « Marie, nous te prions », mais bien « Marie, priez pour nous », ce qui est très différent.
    2. La litanie des saints dit la même chose :
    « Sainte Marie, priez pour nous
    Saint Pierre et Saint Paul, priez pour nous
    etc. »
    Qu’est-ce à dire ?
    Ne vous êtes-vous jamais adressé à un ami, un prêtre ou un pasteur, pour lui demander de joindre ses prières aux vôtres : « Toi qui sais si bien prier, toi qui a une grande foi, prie pour moi, prie pour ma grand-mère malade, prie pour mon fils qui sombre dans la drogue, etc. »
    De même que l’on peut solliciter un chrétien vivant à nous accompagner dans la prière (et des athées demandent parfois à des croyants de prier pour eux…), l’Eglise catholique, non seulement nous propose des modèles de foi, mais nous invite à les solliciter dans nos prières, pour qu’ils les disent avec nous.
    Cela implique aussi une certaine conception de ce qui se passe après la mort : nous rejoignons « le sein de Dieu », mais notre personnalité n’y disparaît pas comme dans un grand magma informe, nous continuons d’exister comme individus. Mais il me semble que sur ce point les protestants sont d’accord.
    Cette manière de concevoir les choses vous semble-t-elle moins scandaleuse ?

  22. J’allais réagir aux propos de Romain Blachier, mais je vois que les catholiques de service ont fait un travail de rectification remarquable.
    J’ajoute simplement que le 15 août ne fête pas seulement l’Assomption ; c’est aussi le jour de la Fête Nationale depuis de nombreux siècles [le 14 juillet n’est qu’une temporaire imposture, n’est-ce pas, vive le Roua, bordel].
    Et puis avoir pour souveraine de France la Vierge Marie [état de fait consacré par le vœu de Louis XIII], c’est quand même la superclasse, et rien que pour faire honneur à cette superclasse dans ce monde en plastoque tout pourri où les péquenauds se croient obligés d’exprimer leur avis complètement incompétent sans rougir de honte, il faut le proclamer haut et fort !
    Nous ne voulons pas être des « enfants de la patrie » ! Nous ne voulons pas être des « citoyens » ! On se fout d’être « démocrates », « sympas », ou « ouverts au dialogue » ! Nous voulons du panache, du style, de la superclasse façon Marie qui monte au Ciel ! Des chœurs célestes, Saint Michel Archange, le Saint Chrême, des bannières qui claquent au vent ! On est en France putain, on n’est pas dans un service administratif à la con ! La sécurité sociale n’est pas mon souverain ! On s’en fout de la démocratie : c’est la Liberté que nous voulons ! Du Beau ! Du Beau ! Du Beau !
    Aaaaah… allez je vais aller boire un coup, tiens. Fait chaud ici. Pfiou.

  23. Ah mais que ce soit une fête politique je ne le discute pas! C’est justement le coeur de mon sujet: nous sommes ici dans une célébration folklorique et politique dont le fondement religieux est éminemment discutable !
    A votre santé, en espérant que votre  » tout pourri où les péquenauds se croient obligés d’exprimer leur avis complètement incompétent sans rougir de honte, » ne s’adresse nullement à moi ! (-;

  24. fromageplus

    Romain,
    Non, rassurez-vous, je visais surtout le suffrage universel !

  25. Nicolas

    L’argument « ce n’est pas dans la Bible, donc ça ne peut avoir valeur de foi » est une vision protestante, pas catholique. L’essentiel de la doctrine catholique est issue d’une interprétation des textes bibliques (mais pas seulement), qu’il s’agisse de théologie trinitaire, de christologie, de théologie des sacrements, etc. Rappelons que la Tradition n’est pas un ajout à l’Ecriture, mais elle est ce qui a précédé les textes du Nouveau Testament, en a fixé le canon (d’où l’existence d’évangiles ou épitres apocryphes), et en a donné l’interprétation. Par rapport à l’Ecriture, la Tradition est « première et englobante ». La liturgie chrétienne a utilisé des textes pendant plusieurs décennies avant la rédaction des Evangiles (les premiers textes du NT sont les épitres pauliniennes). Il y a eu une tradition orale première, qui a donné des textes qui ont été ensuite utilisés dans les Evangiles (question des « sources »).
    On ne décrète pas un dogme. Le principe est « ce qui a été cru toujours et en tout lieu ». Un autre principe essentiel est le « lex orandi, lex credendi » : ce qui est l’objet des prières de l’Eglise est un objet de foi. C’est pour cela qu’un pape, avant de définir une déclaration dogmatique (la dernière fois, ce fut Pie XII), consulte théologiens et évêques du monde entier.
    Détail intéressant : personne ne semble s’étonner du fait qu’on trouve, pour certains saints, plusieurs sépultures, et rien pour la Vierge Marie. Ni le lieu lui-même, ni une mention quelconque du lieu qui serait inévitablement devenu un lieu de pèlerinage majeur. Non, rien.
    (Hors sujet : Ni la foi ni les « œuvres » ne sauvent. Saint Paul ne parle pas de salut mais de justification dans l’épitre aux Romains. C’est Dieu qui sauve (et qui juge). Salut et justification ne sont pas des synonymes.
    Quant à la « divinisation », si elle est un thème théologique plutôt oriental elle une valeur aussi pour nous : diviniser, c’est Dieu qui donne par grâce (excusez le pléonasme) ce qu’il a (et est) par nature. Mais être divinisé ne signifie pas être l’égal de Dieu. Et la Vierge Marie n’a qu’une nature : humaine, comme nous.)

  26. romain blachier

    Que l’argument soit protestant ou autre importe peu. Par contre qu’on mélange croyance et tradition, voila un vrai souci.

  27. en tous cas, tout ceci me permet de jouir sans arrières-pensées laïcardes de la fête du village et de son feu d’artifice, de son petit bal bien sympa… et des mojitos d’hier soir… Merci, Romain, on va dire qu’hier c’était la fête des moissons;-))

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