Fusionner Villeurbanne ?

Que Jean-Paul Bret, Richard Llung, Frédéric Vermeulin, Frédéric Piriou ou Karim Aou, que j'apprécie tous les cinq ne m'en veuillent pas de poser le sujet, venu sur le tapis lundi dernier lors d'une discussion avec le Vénérable franklin.Faut-il que Villeurbanne soit intégrée à Lyon, formant alors les 10e et 11e arrondissements?

La chose a été évoquée a de nombreuses reprises dans l'histoire des deux villes.En 1852 par exemple, alors que la Guillotière, Vaise et La Croix-Rousse intégrent Lyon, la cité de l'est s'y refuse.

En 1903, Augagneur, dernier Maire socialiste de Lyon avant Collomb, milite pour un décret de rattachement d'une zone comprenant la quasi-totalité de Villeurbanne, une partie de Saint-Fons, Caluire et de Vénissieux.La réélection d'Augagneur à la tête de la cité (51 sièges à sa coalition de socialistes et de radicaux contre 3 pour la droite) rendait pour des élus villeurbannais attachés à l'autonomie de leur cité, la perspective de l'annexion proche.Grandclément, Maire de Villeurbanne et de Pressenssé, député, tous deux socialistes eux aussi, firent capoter le projet et en 1906, le radical Herriot, devenu entre temps premier magistrat lyonnais ne fit aucune difficulté lors du retrait du décret.Le trés intelligent blog de solko (edit: ça y est, lire ici) devrait, suite à  une question que je lui ai posée sur le sujet,  publier ce soir un article sur l'histoire de ces problématiques de rattachement entre les deux villes…La culture de Villeurbanne, son histoire s'est construite en partie sur la volonté de promouvoir l'autonomie de la cité et une certaine culture ouvriére face à Lyon.Le quartier des Gratte-Ciel a ainsi été conçu comme une alternative au centre-ville lyonnais.

Cette question est-elle toujours actuelle avec le Grand Lyon? La communauté urbaine la plus puissante de France de par ses compétences ne dépasse-t-elle pas ces questions ? La réponse est qu'heureusement en partie oui.L'agglomération, échelon d'avenir quoi qu'encore imparfaitement démocratique, prend un essor important.Développement urbain, eau, gestion des déchets,économie sont gérés collectivement et non plus commune par commune.

SI en effet on peut considérer que la question du travail entre les villes est résolu, que la structure d'une communauté d'agglomération permet à chaque commune de mettre des compétences en commun tout en gardant son identité propre, on peut poser la question à l'envers:Quelle est l'utilité de garder deux villes distinctes alors que la plupart des compétences sont mutualisées et qu'un simple panneau marque l'entrée ou la sortie des deux villes, qui sont collées l'une à l'autre et que nombreux sont ceux qui plusieurs fois par jour passent de l'une à l'autre ? Les équipes de basket et de rugby à XIII n'ont pas attendu, elles, pour fusionner. Une question d'identité particuliére ?  Il me semble qu'il est possible aux Croix-Roussiens, aux Guillotins et aux Gerlandais de vivre avec leurs particularismes au sein de la Ville de Lyon…Et ils ne s'en portent pas plus mal…

13 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.

  1. qyrool

    Bonne question ! ..qui pourrait se poser pour pas mal de communes limitrophes…
    Par contre quels serait les avantages et les inconvénients d’une telle fusion pour les Lyonnais comme pour nos futur ex-voisins ?
    C’est vrai qu’a terme ça parrait inévitable. Sinon on va finir comme Bruxelles, la ville compte que 150 000 habitants, l’agglo plus d’1 000 000 !

  2. ne devrait on pas intégrer Caluire avant?

  3. richard Llung

    C’est le énième propos sur le sujet depuis 1852… La question de la fusion est réglée depuis la création de la communauté urbaine. Elle l’était déjà en 1934 avec la création des gratte-ciel et l’abandon par Herriot de tout projet d’annexion. Quelle est l’actualité de ce sujet ?
    S’il s’agit de poser la question de la pertinence de l’existence administrative des villes au sein d’une communauté urbaine, la question ne se limite pas à Villeurbanne. Elle concerne tout aussi bien Lyon. Plus les 55 autres communes qui forment au total la communauté urbaine.
    Pourquoi pas. Encore faudrait-il résoudre la question administrative (ce ne pourrait pas être un EPCI et quel serait le statu des anciennes villes), la question du nom, et la question démocratique (notamment des élections au SUD).
    Nous avons donc le temps d’y réfléchir.
    Richard Llung

  4. @richard llung:la question est volontairement provocatrice pour susciter le débat…Bien entendu la question ne se limite pas à Villeurbanne mais à l’ensemble de l’agglo en effet et des communes comme La Mulatiére par exemple, complétement enclavée dans Lyon, à l’identité moins forte que la cité où tu es élu, ont une existence encore plus questionnable.Bien à toi.

  5. Ouf..merci Romain pour cette contribution, moi qui n’est plus le temps de bloger…la question est importante car c’est avant tout un projet de cohérence: cohérence par rapport à l’importance économique de notre Ville, dans beaucoup de classement internationaux la notion de communauté d’agglomération n’existe pas et lyon ne joue alors pas dans la cour des grands! mais surtout c’est une question de cohérence économique, de suppression de beaucoup de doublons dans l’administration des deux villes et c’est encore l’exemple certain de l’abolition des communautarismes….stoppons notre esprit de clocher, arretons à l’heure de l’Europe si malade, de vivre au coin de notre rue. Le monde politique et nous les citoyens avons besoin de projets, d’idées, de challenges pour rebondir. Quoi de plus beau et quel bel exemple face au parisiens si Collomb tentait le coup!!! Tiens chose promise, chose due…je vote pour lui aux prochaines s’il y arrive

  6. stephane

    ce sujet n’est pas neuf, la question des annexions se pose depuis Haussmann et Napoléon III (son éminence à Lyon le préfet Vaïsse avait annexé la Guillotière, La Croix-Rousse), a été repris par les premiers urbanistes durant la première moitié du XXe siècle; et de nombreux exemples d’agglomérations multicommunales existent (qu’on songe à « Lille-Roubaix-Tourcoing »).
    La commune est issue de la révolution française, qui a repris souvent le découpage des paroisses d’ancien régime, c’est donc quelque chose de très profondément ancré dans la culture politique française. Ailleurs, les annexions ou élargissement de limites communales se sont faites dans des régimes politiques bien différents( que ce soit pour le Reich allemand, les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne si me limite à ce que je connais).
    Le maintien des limites communales ne me dérange pas.
    Mais je poserais plutôt une autre question: pourquoi n’élit-on pas les conseillers communautaires au suffrage universel ?

  7. Salut,
    Je me suis absenté une semaine, et hop, les lyonnais recommencent à vouloir nous annexer ! 😉
    C’est une manie, à Lyon ! Pourquoi seulement Villeurbanne, alors ? Vous pouvez supprimer la communauté urbaine, et la avaler toutes les communes qui la composent ! La communauté urbaine, loin d’être une bonne raison pour supprimer des communes, permet de les faire vivre ensemble, avec efficacité.
    Je rejoins le propos sur la désignation des conseillers communautaires au suffrage universel, que nous avions déjà demandé. Il peut y avoir une campagne d’agglo, tout en préservant les spécificités des villes.
    Mais bon… bien essayé !
    Frédéric Vermeulin

  8. Henri

    Proposez la fusion Lyon-Villeurbanne pourquoi pas mais allons donc au bout de la logique fusionnons donc les communes et les communautés d’agglomérations en généralisant la loi PLM. Le rapport Atali comme le rapport nous y incite. Stéphane nous parle d’un temps ou il fallait pouvoir se rendre à pied à la messe dominicale. Ce n’est plus à l’ordre du jour. Si on arrive à unre telle réforme on pourra aussi fusionner régions et départements car la aussi se baser sur la distance parcouru en un jour par la maréchaussée à cheval paraît un tantinet suranné.

  9. .
    Qu’aurait fait le Sénateur Delanoë ?
    Et quand on pense qu’on ne peut même pas prendre en exemple ce qui se passe à Paris … (smiley) … et pour cause, l’opposition UMP est complètement à côté de la plaque. Il se prennent pour Victor Hugo (sans y parvenir) et s’adressent à Delanoë en Alexandrins !
    http://delanoe-illusionniste.hautetfort.com/
    Pittoyable !
    .

  10. lapiz

    Caluire, La Mulatiére, l’ensemble du grand lyon…certes mais une premiére étape peut être Villeurbanne.Ce serait fort cette fusion des deux plus grandes villes du Rhône.

  11. Jean-Yves Sécheresse

    Cher Romain, c’est la chaleur de cet été 2008 qui te conduit à poser cette question brûlante et en aucune façon d’actualité? Bon été à toi. Amicalement.

  12. @ Jean-Yves: on peut avoir sa part de discussion polémique gratuite ou non…rien de méchant mais on n’est pas obligé de suivre l’agenda de l’actualité pour poser des questions.
    bien à toi

  13. Simon

    Salut Romain.
    Tu veux déclencher une guerre civile dans le grand Lyon ou quoi ? 🙂
    De retour dans mes chatoyantes (sic !!) Yvelines, ce ddébat me semble un peu incongru. Si la prétention Villeurbannaise à son identité propre tend quelque peu à à m’exaspérer (parce que si on regarde les évolution démographique, Villeurbanne ne signifie pas grand chose à part une opportunité foncière pour pas mal de gens), on ne peut nier que l’intégration dans Lyon ne serait pas sans poser de problème. Premièrement parce que Villeurbanne ne serait pas 2 arrondissement mais un minimum de 3 (140 000 habitant contre 450 000 soit 1/4 du nouvel ensemble, 1 député, 3 conseiller général, contre 4 et 14, ça joue …).
    En terme d’urbanisme, il faut se poser la question de la pertinence de l’ensemble. Effectivement, comme le souligne Richard (qui s’est très vite adapté à sa nouvelle ville de résidence, comme quoi l’attachement ou son utilisation politique n’attend pas une durée importante pour se manifester), certains problème sont déjà traité au niveau inter-communal. ceci étant, le niveau intercommunal traite les problème d’institution à institution avec des négociation qui prennent plus d’ampleur qu’entre une mairie centrale et des mairie d’arrondissement, ce qui amène à des solutions différentes. Je pense qu’il faut parler de projet avant de voir la manière la plus pertinente de les règler plutôt que de poser la question institutionnelle comme essentielle. Est-ce que la 2e agglomération de France peut être gérée de façon cohérente pour atteindre ses objectifs avec deux villes aussi importantes que Lyon et Villeurbanne distincte ? Quel est l’échelon pertinent de développement économique ? urbanistique ? etc etc
    Si le projet est de faire du Grand Lyon une super Mairie, en vidant les communes de leurs compétences, alors oui,, la question de la fusion me semble pertinente, car au delà du seul fait de distribuer quelques subsides, la mairie de commune ne sert à Rien. Si le Grand Lyon reste (comme c’était jusqu’à présent la vocation des intercos même si les compétences s’étendent) un porteur de projet au coup par coup, à quoi bon fusionner ?
    Il faut aussi se dire que rajouter des échelons aux échelons en terme de décision ne fait que rendre illisibles celle-ci au citoyen. Il y a du pour, il y a du contre, mais je doute qu’un tel projet soit ne serait-ce qu’envisageable à court ou moyen terme vu les intérêts en jeu (intérêt qui parfois dépassent le simple citoyen qui n’y retrouvera pas forcément ses deniers)

Follow

Get every new post delivered to your Inbox

Join other followers