Denis-Trouxe

Interview décalée de Denis Trouxe, oeuvre d’art de la Biennale

J’inaugure une petite série sur ce blog : celui de petits entretiens un peu réécrits, un peu décalés. Pour inaugurer c’est Denis Touxe qui s’y colle. On va parler art contemporain. Puisque l’homme est devenu œuvre.



Denis Trouxe c’est moi en bien mieux. Aux environs du double de mon âge Denis est un homme de vie multiples : acteur de petits rôles au théâtre, il est ensuite devenu millionnaire dans la com et enfin Adjoint à la Culture de Lyon.  Où il a modernisé les Célestins. Et lancé les Subistances. Un mec qui réussi tout, même ses divorces. Puis à son âge c’est désormais une œuvre d’art. Exposée à la Biennale.



DT-Alors c’est quoi cet endroit où l’on déjeune ? Raconte?
RB- C’est A La Guille On Dine, un endroit sympa. Tu as un peu la Guillotière dans l’assiette : regarde il mélangent de la créme de coco, des crépes et puis des haricots un peu genre Péruvien.
DT-On bois quoi avec ça ?



Mon œil hésite. J’aperçois bien de tentantes bouteilles de Côtes Rôties. Tentantes oui. Très.  Goûtues sans doute aussi comme aurait dit Gollum ou Michel Godet. Mais les prendre, en faire commande, ça ferait un peu jeune loup profiteur, un peu gratteur opportuniste. Alors je réponds sur un Gigondas. Je fais le compromis. Je suis très Gigondas avec les amis en ces temps. La semaine passée c’est aussi ce qu’on a bu avec Jegoun. Jegoun, le seul type capable de trouver un endroit qui ressemble à un bistrot de quartier dans le sinistre quartier de la défense et qui m’a accompagné dans mes deux derniers déjeuners au milieu des tours du west side parisien. Va pour un Gigondas. Qui a en plus de ses qualités gustatives la qualité d’éviter de me faire passer pour un suceur de sang et un gratteur mondain. Le vin arrive. Fruits rouges de velours qui n’ont pas oublié d’avoir du caractère.  Miam avec les assiettes.



On entame.



RB-C’est quoi alors cette histoire de vidéo alors Denis ? Tu m’as envoyé des textos j’ai rien compris. Bon je l’ai vu ensuite. (pour ceux qui n’auraient pas vu la Biennale d’Art Contemporain l’Humanité résume l’oeuvre dont je parle -il y a aussi le Financial Times mais c’est en anglais- un clip de Jeremy Deller, bien connu pour son travail sur la culture populaire, réalisé en collaboration avec Cecilia Bengolea, accumule les clichés tout en provoquant la rencontre inattendue de deux populations voisines. Des danseuses de dancehall originaires de Vaulx-en-Velin interprètent une chorégraphie dans la villa cossue de Champagne-au-Mont-d’Or, tandis que le propriétaire, Denis Trouxe, ancien adjoint chargé de la culture et du patrimoine, allongé sur sa terrasse, assure « kiffer l’art de la rue ».)



DT-Ah c’est Sylvie Burgat, la directrice générale des biennales qui a eu l’idée. Elle cherchait pour le projet un vieux riche un peu déjanté. J’avais déjà traversé une rue en dehors du passage piéton une fois. Et puis j’ai peu de problèmes en fin de mois. C’était pour le projet Veduta.
 RB-Oui, on participe à cela dans le 7e. Et ils voulaient faire des ponts entre Vaulx-en-Velin et Champagne-au-Mont-d’Or. Et tu kiffes vraiment l’art de la rue ?
DT-Ben tu le sais je suis le Président de la Cité des Arts de la Rue à Marseille et puis on s’est ratés cette année à Chalon-sur-Saône où tu avais établi tes campements. En fait l’un des responsables de la Cité des Arts de la Rue avait cru que j’étais un comédien lorsque, Adjoint au Maire de Lyon à la Culture, j’ai adressé mes voeux de nouvel an depuis la nacelle d’une grue. Il a voulu me recruter comme comédien et puis s’est rendu compte que j’étais Adjoint au Maire.
RB-C’est une autre variété d’acteur



DT-Du coup à la place de comédien, j’ai fait président. Alors pour revenir sur l’œuvre. Oui alors il fallait un vieux mec riche. Et une propriété pour faire danser. Burgat a pensé à moi. J’ai rencontré la chorégraphe et on s’est tout de suite bien entendu. Du coup j’ai même écrit le texte de la vidéo-performance. C’est intéressant ce mélange de deux mondes qui sont proches, dans la même agglomération mais ne se croisent pas.
RB-Mais alors pourquoi Romainville ?
DT-Parce que je ne voulais pas que mon texte ne parle que de Lyon et de sa banlieue. Je voulais un truc national, un truc international. Et Romainville ça fait un peu coin paumé.
RB-Vaulx-en-Velin qui rencontre Champagne-au-Mont-d’Or y’a un côté Intouchables. Ou Boyz In The Hood chez les Drummond d’Arnold et Willy.
DT-Ou du Pline le jeune « L’audace croit à l’expérience ».
RB-A la santé de Pline le jeune !
DT-Tiens ressert- moi En tous cas j’ai eu de bons retours de l’oeuvre, des gens me sont tombés dans les bras.
RB-Sans doute des pics-pockets qui avaient trouvé une technique pour tirer le porte-feuille.
DT-Non mais sérieux j’étais content de voir les réactions.
RB-La vidéo était chouette. J’ai adoré cette séquence en décalage où tu danses et tu as l’air minuscule à côté de la danseuse sur la table.
DT-On reprend une deuxième bouteille de Gigondas?

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.

Follow

Get every new post delivered to your Inbox

Join other followers