Prud’homales: Le menu

Il n'est pas encore trop tard pour aller voter pour les prud'hommes aujourd'hui.Pour le bidule administratif c'est .

C'est aujourd'hui en effet qu'environ 500 0000 employeurs et 18,6 millions de salariés et de demandeurs d'emplois vont voter pour ces conseils qui réglent les litiges aux travail.A noter ces derniéres années un durcissement des contentieux et de plus en plus de soucis entre cadres et patrons.Autre enjeu:L'évaluation de la représentativité des syndicats est notamment en jeu.La loi du 20 août 2008 a d'ailleurs, a juste titre, fait du poids électoral un important critére en la matiére, certes pas pour ces élections mais pour celles de branche.Mais le 3 décembre sera un indicateur puissant.De plus, les organisations patronales et de salariés ont besoin de prendre de la légitimité face à un Xavier Bertrand qui oublie des fois, pour le moins, le dialogue social.

Petit tour d'horizon des structures sur la liste de départ

Employeurs

Union pour le droit des employeurs: (80,10% au dernier scrutin en 2002):Certainement l'organisation qui arrivera trés largement en tête.Union du MEDEF,de la CGPME, de la FNSEA, de l'UNAPL et d'UPA donc par conséquent toutes les grosses structures du patronat.Assez classique dans son fonctionnement, le vote du patronat institutionnel qui veut une défense bien classique et sérieuse.Localement la structure est tout aussi rigoureuse et généralement moins dogmatique, monocolore politiquement et butée que nombre de dirigeants nationaux du MEDEF et de la CGPME.

AEES:Le regroupement des employeurs de l'économie sociale et solidaire qui a réalisé 11,22% des voix totales la derniére fois mai ne s'est pas présenté partout.A réalisé plus de 34% des suffrages dans les lieux où il concourait.Forcément différent des autres, ce regroupement vise les suffrages d'un secteur qui compte aujourd'hui des centaines de milliers de structures,dont des associations et des mutuelles.Sans doute le plus "à gauche" des regroupements patronaux, trés enclin au dialogue avec les salariés et qui a la réputation de travailler ses dossiers.

Cidunati:Attaque de batiments, séquestration d'élus et de fonctionnaires des impôts, le syndicat, composé de petits artisans et commerçants, présenté par de nombreux observateur comme l'héritier du poujadisme est réputé pour être musclé.Avec 0,72%, l'organisation qui compte de nombreux militants actifs n'arrive pourtant pas à se faire reconnaitre sur la scéne commerciale et artisanale.

En outre diverses petites listes généralement trés marquées réac (genre "le droit du travail cne doit pas s'appliquer aux entreprises de moins de 10 salariés" ou "un salarié ne peut porter de litige si il n'a pas au moins 5 ans de boite") se présentent à certains endroits.

Salariés

CGT La centrale est réguliérement en tête des suffrages.Avec 32,1% la derniére fois, avec trés probablement la premiére place cette fois-ci encore, la CGT a beaucoup changé ces derniéres années:Indépendance prise avec le PCF avec Bernard Thibault, vivacité dans les luttes mais aussi apparition d'une vraie sensibilité réformiste au sein du syndicat, la mutation se poursuit dans une organisation saluée par tous, y compris par de nombreux employeurs, comme sérieuse et bien plus ouverte au dialogue que ne le disent certains.

CFDT:Réguliérement accusée par d'autres d'être complaisante, la centrale de Chéréque a fait parfois quelques impairs en signant trop vite.D'orientation claitement réformiste,elle est l'un des plus intéressants lieux d'idées en France sur un grand nombre de domaines.Avec 25,2%, la centrale joue un rôle majeur dans le syndicalisme français et ses propositions et négociations ont permis de progresser dans de nombreux domaines.

FO:18,3% en 2002.Une campagne virale intense et parfois un peu douteuse comme ce faux blog de salarié harcelé.Une organisation qui essaye de se recntrer sur le syndicalisme de services.Mais aujourd'hui difficile de trouver une utilité à un syndicat mélange de laicards gauchistes, de militants de droite, de frontistes corporatistes, de troskystes du POI et sans ligne de conduite claire dans les affaires.Si le syndicat s'était à l'origine bati contre la proximité de la CGT avec le PCF et contre le christianisme de la CFTC.Difficile de trouver aujourd'hui une utilité, un positionnement qui en justifie l'existence.

CFTC:Avec 9,7%, le petit syndicat chrétien attire les plus confessionnels des salariés et une part de l'électorat de droite.Si ill n'atteint pas 10%, il risque par ailleurs de perdre sa représentativité lors des votes de branche.Fortement concurrencé sur le terrain du réformisme par la CFDT, trop enclin d'une image de mollesse et de syndicat refuge pour ceux qui souhaitent obtenir un statut de représentant syndical sans trop de frais, le syndicat en bleu devrait se poser la question d'une fusion avec l'organisation de Chéréque qui s'est séparé d'elle en 1964.Elle pourrait toutefois tirer son épingle du jeu de sa montée au filet contre le travail le dimanche sans non plus que son objectif d'atteindre les 15% des suffrages soit réellement crédible.

UNSA:Le petit syndicat cher à nombre d'amis de Benoit Hamon a fait 5% la derniére fois.Trés intéressant dans le fond, il n'est pourtant qu'une centrale de plus dans un paysage trop divisé.Il est d'ailleurs en négociation pour fusionner avec la CGC (7% la derniére fois), syndicat de cadres exclusivement.Ce dernier est toutefois nettement plus marqué à droite mais a perdu une de ses principales raisons d'être depuis que la CFDT le devance largement chez le personnel d'encadrement.Cette fusion serait un des effets bénéfiques de la loi sur le dialogue social mentionnée plus haut, contribuant à limiter l'émiettement de la représentation des salariés.

Sud-Solidaires:Regroupement de Sud et d'autres syndicats, cette liste proche de la gauche radicale a fait seulement 1,5% des suffrages la derniére fois.Est un peu le pendant "salarié" du CIDUNATI:Dur, activiste, parfois caricatural mais trés présent en dépis de son faible poids.Pourrait progresser un peu en taillant quelques croupiéres à la CGT et à FO.

13 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. donatien

    J ai appris plein de trucs… Merci !

  2. jerome manin

    La question à le mérite universel d’agacer absolument tout le monde mais il conviendrait de rappeler le pourcentage de personnes syndiquées dans le privé. (Nous rappelons que les élections prud’homales concernent le secteur privé).
    Je n’ai pas idée de ce pourcentage tant on entends tout et n’importe quoi, mais on peut retenir le chiffre de 10% ce qui laisse à chacun des acteurs une marge courte.
    On peut encore s’étonner de voir que 80% des salariés sont syndiqués en Allemagne par exemple et que les syndicats français n’en tirent pas la moindre leçon… L’Europe reste à faire.
    Dans tous les cas merci Romain pour ce panorama clair.

  3. lucrece

    certes, c’est un blog perso….mais bonjour l’education citoyenne avec tes présentations partisanes au hachoir de certains syndicats…
    alors on corrigera :
    cfdt : « ses propositions et negociations ont permis de progresser dans de nombreux domaines » tu en prends l’entière responsabilité, et les salariés pourront juger sur piéce après la négociation sur la form pro…
    FO : « difficile de trouver une position qui en justifie l’existence » eh bien mon gars!!! aujourd’hui, leurs positions jusqueboutistes donnent une couleur assez saine au dialogue social
    cftc : tu les décris comme des ringards catho..mais leurs analyses sur le social et leur ethique sont non négligeables
    sud solidaires : voir plus haut combattivité et morale…
    quant aux tiédes de l’unsa…
    bon!!

  4. MIP

    Pas mal ton petit vade mecum !
    pour ma part, j’ai finalement voté UNSA après avoir longtemps hésité avec la CFDT, écartant d’office CFTC (pourquoi se dire encore « travailleurs chrétiens » ?) et la CFE CGC (pourquoi se limiter aux cadres?). Et assez d’accord avec ton analyse sur la perspective de fusion.

  5. romain blachier

    @lucrece:Je n’ai pas la prétention de faire un livre de 600 pages sur les syndicats en France.Et j’ai bien le droit d’avoir un avis sur les syndicats différent du tien, camarade du PS adhérente de la CGT…et j’imagine que tu souhaiterais que les gens du ps s’intéressent davantage aux syndicats.Alors ne suréagit pas sur un désaccord si quelqu’un s’y penche.
    Sur le fond:FO n’est pas jusqu’au boutiste mais a des positions en contradictions les unes avec les autres selon les branches, je ne reproche pas à la CFTC d’être chrétienne bien au contraire mais d’incarner un syndicalisme de pur accompagnement le tout vaguement enrobé d’un discours éthique qui mange pas de pain,sur la CFDT je ne prend la responsabilité de rien du tout sur les accords ce n’est pas à moi de le faire à bleur place mais je constate des choses intéressantes.

  6. lucrece

    oh, ne fais pas encore ton gosse…moi, ce que j’en dis, c’est du vecu, pas du theorique ni des paroles engtendues ou lues, parce que je les pratique de façon à peu près permanente dans les négociations….ou, pour l’unsa et les autres dits « non représentatifs » dans les rencontres thematiques diverses…

  7. romain blachier

    @lucrece:Je ne dis pas que tu n’as pas d’expérience syndicale mais la mienne n’est pas non plus dénuée de pratique…pour trouver celui qui n’a qu’une connaissance livreque il faudra chercher ailleurs!

  8. Henri

    Que de syndicats sur le terrains réformistes! c’est parfois à se demander si certains cadres syndicaux n’ont pas un intérêt personnel à souffler sur les braises de conflits dépassé plutôt que de fusionner. A mon sens les divisions entre certains syndicats sont parfois suffisamment minces pour êtres gérées par un système de tendance tel qu’il existe par exemple à la CFDT.

  9. jerome manin

    « Le permanent, comme son nom l’indique, c’est celui qui consacre tout son temps à ce qui, pour les autres, est une activité secondaire, ou du moins, à temps partiel. Il a le temps ; et il a le temps pour lui. Il est en mesure de dissoudre dans la durée bureaucratique, dans la répétition dévoreuse de temps et d’énergie, tous les coups de force prophétiques, c’est à dire discontinus (…). Les permanents ont la permanence contre la discontinuité ; ils ont la compétence spécifique, la langage propre, une culture qui leur est propre, la culture apparatchik, fondée sur une histoire propre, celle de leurs petites affaires (Gramsci dit ça quelque part : « nous avons des débats byzantins, des conflits de tendance, de courants, auxquels personne ne comprend rien »). (…). Et puis, ils ont la logique sociale pour eux parce qu’ il leur suffit de ne rien faire pour que les choses aillent dans le sens de leur intérêt, et leur pouvoir réside souvent dans le choix , entropique, de ne pas faire, de ne pas choisir. »
    P. Bourdieu, « La délégation et le fétichisme politique », Choses dites , Minuit, 1987, p. 201.

  10. Yann B

    @Jérome Manin: En Allemagne l’histoire du syndicalisme ouvrier est terriblement différent et leur fonctionnement également… Les centrales allemandes sont beaucoup moins nombreuses parce qu’elles sont récentes (l’après guerre) et n’ont donc pas été victimes des scissions dues aux divergences politiques qu’on pu connaitre les centrales françaises.
    La « tradition » de dialogue social allemande est aussi le fruit des leçons qui ont été tirés par les uns et les autres à la sortie de la 2nde guerre mondiale. Cette reconnaissance du rôle des syndicats leur a permis de syndiquer beaucoup plus de travailleurs qu’en France même si cette tendance semble s’inverser.
    Enfin il me semble également que seuls les salariés adhérent d’un syndicat peuvent bénéficier des droits obtenus par les syndicats…
    Ceux-ci expliquent (en partie) cela.
    Je viens d’entendre Elise Lucet dans le 13h de France2 commenter les résultats des prudhommes:
    – baisse de la participation (en même temps pas de reportages sur ce sujet)
    – Percée de la CGT et Solidaires doubles son score.
    « les salariés ont choisi les syndicats les plus radicaux » Rideaux, circulez y’ a rien à voir…
    Et après on s’étonne que les syndicats aient peut d’audience si la presse elle même n’est pas foutue de faire un vrai reportage d’analyse et que les amalgames sont encore légion.
    Sur ce qu’a dit Romain, je trouve que sa vision des différents syndicats est relativement juste… Oui la CGT a fait evoluer sa ligne. Je sais pas si on peut la qualifier de reformiste, mais les débats qu’elle a en interne (voir le blog http://ouvalacgt.over-blog.com/ ou encore le débat sur la constitution européenne) sont suffisamment révélateur du fait que certains n’acceptent pas son évolution.
    Pour FO, mes sympathies vis à vis des lambertos (d’ordres historiques s’entend) ne m’empêchent pas de m’interroger sur l’opportunité de continuer à faire vivre un syndicat qui outre le fait qu’il est été créer en opposition à la CGT est en fait le syndicat qui signe le plus d’accord de de branche avec la CGT…
    Quand à l’Unsa et la CGC, leur fusion est pas aussi simple que ça notamment parce que le débat concernant la police ne fait pas spécialement consensus…
    Quoi qu’il en soit, je crois que ce qui devrait être l’objectif des syndicats c’est qu’il ne reste que deux centrales (voire une) autour de la CGT et de la CFDT… Je pense même que la FSU devrait intégrer la CGT m’enfin bon…

  11. romain blachier

    @Yann B ( à ne pas confondre avec Yann Le Bihan):Tout à fait d’accord sur l’idée de n’avoir plus que deux centrales autour de la CGT et de la CFDT.Et encore plus d’accord avec le fait que la FEN et la FSU devraient s’y insérer.Et les syndicats étudiants, organisations trés spécifiques?La confédération étudiante la pratique via la CFDT…L’unef devrait-elle s’y mettre?Je sais pas trop.
    Sur la question du réformisme d’une part de la CGT, même si le mot est un peu tabou chez la centrale de Montreuil, on voit avec Le Digou ou même parfois Thibault par exemple apparaitre des choses fort intéressantes en la matiére.
    Enfin sur la fusion UNSA-CGC tu as raison.D’ailleurs se pose le probléme d’un syndicalisme un peu trop de services dans la brnache police du premier, même si son expression publique est trés intéressante par ailleurs.

  12. Yann

    Je viens de relire mon post… Il y a une erreur à la fin du paragraphe sur FO… Il fallait lire patronat et non pas CGT… Lapsus pas révélateur.
    @Romain: Certes en ce qui concerne le milieux étudiant, l’UNEF devrait s’y mettre. Problèmes ils ont déjà essayé. Je le sais parce qu’au dernier congrès c’est moi qui ait écrit et défendu notre appel à l’unité du monde étudiant. Le fait est qu’il n’a pas eut beaucoup de succès mais l’idée était de jeter des bases de travail, que cette idée continue à faire son chemin dans le syndicat.
    Pour la Cé, la CFDT est un peut échaudé par l’épisode Coudry. Si elle a pu bénéficier d’une certaine attention médiatique c’est en partie grâce à l’intervention de Chérèque. Je me souviens même d’une émission d’Arlette Chabot en pleins CPE où Bruno Julliard et Chérèque devait intervenir. Ce dernier a refusé de s’y rendre tant que Coudry n’était pas elle aussi invité. Au final elle a pris la parole du public…
    Quoi qu’il en soit, les résultats électoraux de la Cé n’ont pas été à la hauteur des objectifs puisque dans le contrat de partenariat établi en 2003 il était dit que la Cé devait être représentative au CNESER ( ce qui est fait mais sans réelle progression) ainsi qu’au CNOUS (echec sur toute la ligne…)
    Par ailleurs, la Cé a été créé pour permettre à la Conf’ de mettre en place une « filière de recrutement » direct entre les cadres de la Cé et ceux de la CFDT…
    Pas de bol, dès qu’elle a pu Coudry est partie de son orga pour créer son entreprise… Douche ffroide à la Conf et ce de source sur…

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