Il y 214 ans, Lyon tombait



Edouard Herriot avait écrit une somme considérable sur la prise de Lyon par la Convention.Le musée Gadagne y consacre une vaste place mais pourtant peu se souviennent de la chute de Lyon le 9 octobre 1793.


Cette année là, Lyon, après un siège qui avait duré du 9 Aout au 9 Octobre, capitule devant les armées jacobines envoyées par Paris.

Les Lyonnais, révoltés 
contre la Convention puis le Comité de Salut Public, sont affamés. Bombardés depuis le faubourg de la Guillotiére sans relâche par les soldats de
Kellermann, ils se rendent à l’aube.

Plus tard dans la journée, les deux
délégués de la Convention, Couthon et Laporte, entrent à
l’Hôtel de Ville. La répression qu’il mèneront sera terrible et en punition de sa révolte, Lyon fut renommée Commune
Affranchie.

La chose avait commencé le 9 mars 1793 par l’installation à la
Mairie de Lyon de Bertrand, proche du jacobin radical Chalier.Il
succédait à Imbert Colomés, Premier Prêvot des Marchands qui dirigeait
la ville d’une main de fer, se méfiait du changement révolutionnaire et
défendait les intérêts de ses pairs avec ses milices"Les muscadins" et
à Niviére-Chol.

Ce dernier, élu et réélu, de sensibilité modérée, fut destitué par
la convention suite à une plainte de Chalier, qui avait de nombreuses
fois comploté pour prendre la mairie et avait constitué avant même
Paris, des tribunaux populaires pour juger les "traitres à la patrie".

Chalier avait par ailleurs la caractéristique d’être
particuliérement porté sur la guillotine, dont il avait une vision
quasi-mythique.Mais paradoxalement,et la chose est peu connue, il lui
est également arrivé de demander l’abolition de la peine de mort.

Dans les premiers temps, l’installation d’un républicain à l’Hôtel
de Ville fut bien vécue par des Lyonnais acquis à la république mais
partisans du moins de violence possible et de la conservation des
particularismes de leur ville.Niviére-Chol, malgrés le soutien dont il
bénéficiait, était en effet parfois soupçonné (semble-t-il à juste
titre) d’être un royaliste caché.

Mais l’extrémisme  et le centralisme de Chalier et du Maire
amenèrent de fortes tensions.Le nombre d’exécutions était
particuliérement élevé et les mesures trés radicales du Maire (A moins
que ces dernières aient par trop dérangé des intérêts établis ?)
firent surnommer ses partisans les "Exagérés".

Mis au fait de cette tension, un certain nombre de conventionnels
voulurent envoyer une délégation en arbitrage.Robespierre s’y opposa
avant d’envoyer une délégation uniquement composée de députés proches
des idées de Bertrand et de Chalier et bien loin de correspondre avec
la vision de la grande majorité des Lyonnais.

Peu de temps après leur arrivée, il proclamèrent la Patrie en danger
et la levée d’un impôt révolutionnaire et l’enrôlement de plus de 6000
lyonnais.

Ces mesures,la partialité des jacobins,  ainsi que la politique de
Bertrand déclenchèrent la révolte des modérés qui culmina le 29 mai.
Ce jour-là, ce fut une véritable bataille de rues avec des combats
sanglants dans les quartiers, qui se terminèrent par la défaite de la
Municipalité.

Ces évènements amenèrent la convention à prendre prétexte pour
arrêter 29 députés girondins.La chose enflamma encore davantage Lyon
mais aussi d’autres villes comme Bordeaux ou Marseille.On parle d’une
révolte des provinces pour défendre une vision fédérale de la
république.

Danton envoya Lindet mais celui-ci, de la même tendance politique que le Maire destitué, fut reçu froidement.

L’accueil de députés girondins en fuite (Birotteau et Chasset), la
décapitation de Chalier le 16 juillet (survenue trois jours aprés
l’assassinat à Paris de Marat), l’élection de Robespierre à la tête du
Comité de Salut Public, la tenue d’un camp de soldats par les lyonnais
dirigés par Louis-François Perrin, un royaliste déguisé qui avait de
nombreux contacts ignorés des lyonnais avec les émigrés de Lausanne et
les souverains italiens avivèrent les tensions.

Le 10 Aout, la foule, qui est trés majoritairement républicaine mais
fédéraliste et modérée, fête avec éclat l’anniversaire de l’exécution
du roi survenue l’année précédente.Mais les jacobins de Paris ne
croient pas à la sincérité des lyonnais.

Ordre est alors donné de bruler Lyon, pour couper court aux revendications fédéralistes.

Kellermann et le conventionnel Couthon dirigent les opérations.
Ce dernier est obligé auparavant de venir en médiation à
Clermont-Ferrand pour convaincre les clermontois de ne pas aider
Lyon.Il y a en effet jusqu’à ses propres amis qui souhaitent soutenir
les lyonnais!

Ces derniers organisent leur défense et se mobilisent.Par ailleurs
des royalistes, par envie d’en découdre, s’insinuèrent dans les rangs
des lyonnais.Les jacobins utilisent ce fait pour faire croire à un
complot royaliste.Aujourd’hui encore, nombreux sont les français qui
croient que notre ville souhaitait restaurer la royauté !

Les premiers temps sont aux succès avec la prise de Saint-Eitenne et de Montbrison par les insurgés.

Mais très vite le siège tourne à la famine.L’Hôtel-Dieu est bombardé,  la famine s’installe.

Des muscadins (devenus à ce moment nom générique des soldats
lyonnais) fuient la ville dans la nuit du 8 au 9 octobre.La ville
tombe, des massacres commencent et la place Bellecour sera ravagée sur
ordre de Paris…Il faudra attendre Bonaparte pour que la ville se
relève de la mise à l’index…

1 commentaire a été rédigé, ajoutez le vôtre.

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  1. ça les jacobins, encore aujourd’hui ça ne fait pas partie de la mentalité lyonnaise!

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