Insécurité des commerces: et si on prenait en compte cette pénibilité pour la retraite?

Donner des solutions policières pour prévenir plutôt que guérir mais aussi renforcer les dispositifs d’alerte agressions dans les commerces. Et prendre en compte la pénibilité causée par les  braquages dans les calculs de retraite des commerçants.

enseigne lumineuse de barBien sûr la solution aux problèmes rencontrés par les commerçants en matière de sécurité est d’abord préventive et policière. Ce sont d’abord les dégàts qu’il faut éviter avant de songer à réparer.

Force est de constater toutefois qu’aujourd’hui, où la sécurisation des grandes surfaces et des banques est plus grande qu’auparavant, que c’est le commerce de proximité qui est le plus exposé. Pas un jour sans qu’un braquage se déroule dans un commerce en France, phénomène auquel on assiste dans des proportions souvent plus graves encore, un peu partout en Europe.

Le problème dans notre pays, se pose notamment, mais pas seulement,  chez les patrons de bureaux de tabac et les commerçants disposant d’une licence de PMU ou de la française des jeux, où les liquidités échangées sont grandes et attisent les appétits. Nombreux sont les établissements de ce type à connaitre des braquages.

Je le répétè, la solution est d’abord dans la sécurité, même si il faudra du temps pour rattraper les pertes d’effectifs policiers subis dans le précédent quinquennat.Par ailleurs la fédération du commerce du Jura a expérimenté un dispositif novateur en la matière. Dispositif qu’il faudrait étendre via un partenariat avec les Ministère de l’Intérieur et du  Commerce.

Mais il me semble normal aussi, comme l’a demandé d’ailleurs, la Fédération Française des Associations de Commerçants,  de penser aussi à inscrire ces agressions comme relevant de la pénibilité professionnelle et donc d’intervenir dans le calcul des droits des commerçants.

Dans la réforme des retraites, la prise en compte par le RSI, dans des modalités qu’il faudra discuter, des agressions lorsqu’elles sont répétées pour la retraite me semble des plus justes au moment où l’on évoque la pénibilité de certains métiers.

16 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Vous écrivez : »Bien sûr la solution aux problèmes rencontrés par les commerçants en matière de sécurité est d’abord préventive et policière. »
    Peut être mais je pense que vous avez oublié l’éducation des enfants avant qu’ils ne deviennent des délinquants.

    • Romain Blachier

      ça fait partie du préventif que j’évoque

  2. Il faudrait que les commerçants acceptent de cotiser plus. Déjà qu’ils ont une retraite dérisoire.

    • Romain Blachier

      Le RSI et son fonctionnement ne sont pas populaires chez les commerçants. Du coup ils ont peu envie de cotiser, du coup ça marche encore plus mal.

  3. Geeeeeeek

    Si je comprends bien, il s’agirait d’indemniser par la retraite les commerçants victimes d’agression à main armée, donc victimes ; de mon opinion ce serait à la justice de reconnaître la situation de victime, de stipuler l’indemnisation et, comme vous le dites, à la police d’assurer la sécurité.

    Vous qui êtes député pouvez agir à ces deux niveaux : police, et justice.

    Que vient faire la retraite là dedans, d’où sort cette idée que ce serait « normal » comme vous dites. Qu’est-ce qui bloque aux niveaux police et justice, du point de vue du député, qui expliquerait que l’on ait en plus recours à la retraite et que ça marcherait avec ça ?

    • Romain Blachier

      Moi député? D’où cela? Depuis quand?? et en charge de la justice???

      Et en quoi est-il dit ici que la justice ne devrait pas stipuler et la police faire son travail et que ce serait forcément incompatible avec la reconnaissance de la pénibilité pour certains commerces victimes de braquages?

      • Geeeeeeek

        Ah je m’aplatis en excuse j’étais persuadé que vous étiez député ! Voyez l’estime dans laquelle je vous considérais ! Mais rassurez-vous, je continuerai !

        Pour répondre à votre question, ce qui me parait incompatible est que une victime d’un braquage devrait recevoir un dédommagement, une aide de la société. Elle la reçoit sur avis de la justice, au moment de la reconnaissance de sa situation de victime (j’espère). Il n’y a aucune raison d’attendre la retraite pour ce dédommagement, cette réparation.

        La pénibilité est une notion propre au travail lui même, issue d’exigence de ce travail ou du contexte habituel de ce travail. Par exemple, dans le commerce, l’obligation de rester longtemps debout, qui existe quelquefois (j’imagine que vous connaissez mieux que moi).

        … tout cela en considérant que se faire braquer dans son magasin est une situation anormale, bien sûr ; j’admets qu’on peut en douter quelque fois.

        Cordialement.

        • Bof pas de quoi s’excuser rassurez-vous.
          Pour le reste il ne s’agit pas de considérer qu’un braquage de magasin est quelque chose de normal ni même de refuser que les délinquants indemnisent les victimes. Il est juste question de reconnaitre qu’un gérant de magasin qui se fait régulièrement braquer rentre dans des critères de métier pénible.

          ps: pour qui je suis voir ici par exemple http://www.romainblachier.fr/a-propos

          • Geeeeeeek

            Vous n’êtes pas député, mais vous avez l’habitude de noyer le poisson je vois : qu’il « soit juste question de reconnaître qu’un gérant de magasin qui se fait régulièrement braquer rentre dans des critères de métier pénible. » est justement ce qui est faux !

            Juste contre juste… c’est le fric qui gagne. Bonne journée.

            • Romain Blachier

              Pour le coup c’est vous qui noyez le poisson. Pour ma part je vous ai répondu, après vous pouvez ne pas être d’accord mais c’est autre chose. parce que là je ne vois pas ce qui vous pose problème dans ma dernière réponse où je distingue les deux réparations? En quoi se faire braquer régulièrement ne serait-il pas une pénibilité?

  4. Gwynfrid

    J’aime bien vous lire, Romain, parfois je suis d’accord et parfois pas. Là, c’est vraiment pas du tout. Vous soutenez la tentative grossière d’un groupe d’intérêts pour arracher un avantage indu et injuste et le faire payer par la collectivité. L’insécurité dont sont victimes les commerçants est un grave problème, l’indemnisation s’impose. Mais c’est sans rapport aucun avec le système de retraite !

    Le dispositif pénibilité s’adresse à ceux dont le métier est si pénible que lorsqu’ils arrivent à la retraite, leur espérance de vie est réduite. Cela justifie un effort pour revaloriser leur retraite puisqu’ils la toucheront moins longtemps; ou, si on préfère, un mécanisme leur permettant de partir plus tôt.

    Si les commerçants voyaient leur espérance de vie diminuée de plusieurs années par l’insécurité alors on pourrait regarder l’impact sur la retraite. Mais ça se saurait, si c’était grave à ce point! Telle que présentée, cette réclamation de la fédération des commerçants est une véritable insulte à ceux dont les métiers sont vraiment durs. Qu’on la considère sérieusement n’est possible que dans le contexte politique français, où le travail des politiques consiste trop souvent à répartir les cadeaux petits et gros entre les groupements d’intérêts particuliers, en fonction de leur puissance et de leur capacité à se faire passer pour des victimes. C’est une mauvaise habitude dont il serait temps de se débarrasser, et je suis désolé de vous voir tomber dans ce piège grossier.

    • Romain Blachier

      Vous ne pensez pas que dans certains cas se faire braquer est une pénibilité de travail également? Et qu’un trimestre en plus par exemple pour ceux qui à qui c’est arrivé souvent n’est pas un avantage dément?

      • Gwynfrid

        Ce n’est pas un avantage dément: c’est un avantage hors de proportion. Dans les cas (rares, espérons-le) où la santé de la victime serait gravement affectée, elle n’a pas besoin de trimestres en plus dans vingt ans: elle a besoin de soins tout de suite et d’une indemnisation dans les quelques mois qui suivent.

        Si on commence à indemniser, par le moyen de trimestres de retraite, toutes les personnes qui ont été victimes d’accidents, d’agressions, ou de difficultés quelconques dans le cadre de leur travail, on finira par dévoyer tout le système.

        L’indemnisation doit être en rapport avec le préjudice subi. La retraite n’est pas une indemnisation et ne correspond pas à un préjudice. La pénibilité d’un métier n’est pas un préjudice: c’est juste la nature du métier. Il est juste d’en tenir compte pour calculer la retraite afin que la retraite totale perçue par les personnes concernées jusqu’à la fin de leur vie soit en propotion correcte de leur cotisation totale au cours de leur carrière. Toute tentative d’introduire des critères sans rapport avec le sujet serait une injustice pour les métiers réellement pénibles.

  5. Romain

    Je pense Romain que tu te trompes dans ta compréhension du concept de pénibilité. Il ne s’agit pas de permettre à des salariés de partir plus tôt en retraite parce que leur boulot est pénible (auquel cas on aurait tous le droit de partir plus tôt). Il s’agit de prendre en compte les conséquences sur l’espérance de vie en bonne santé de l’accomplissement de taches qui seront qualifiées de « pénibles ». Je ne suis pas très fan du terme pénible qui porte à confusion.
    Je ne pense pas qu’un braquage réduise l’espérance de vie d’un commerçant (sauf si celui-ci se termine mal). Donc je ne vois pas à quel titre ce risque devrait être compensé par une réduction de la durée de cotisation de la personne « braquée ».

    • Romain Blachier

      La question est celle-là en effet:. Il s’agit de prendre en compte les conséquences sur l’espérance de vie en bonne santé de l’accomplissement de taches qui seront qualifiées de « pénibles ».

      Oui le concept est vague et d’emblée il est basée sur l’espérance de vie. Mais outre qu’en l’espèce, à mon avis le braquage à de multiples reprises provoque des dégâts sur la santé qui ne sont pas sans conséquence sur le sujet, la question mérite peut-être d’être posée parfois sous d’autre critères, comme c’est déjà le cas dans certaines caisses (exemple: travail de montagne dans certains cas). Il ne s’agit pas non plus de permettre aux gens de partir bien plus tôt mais d’une bonification d’un ou deux trimestres ce qui ne me semble pas exorbitant mais demandera un vrai travail au niveau du RSI.

  6. Rétrolien: Quand l’UMP et le FN lyonnais proposent de récréer le 17 des PTT | romainblachier.fr

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