7 points qui prouvent que Jésus est de gauche

En ce temps de Pâques, Melclalex se lance dans un billet audacieux: Jésus était-il de gauche ?

Jésus-pain Sans vouloir ennuyer ni dénigrer mes amis et frères et sœurs en christianisme qui votent à droite, sans vouloir politiser la religion qui n'en a nullement besoin et comme c'est le week-end bientôt pour certains et qu'il faut bien s'amuser aussi, je serais moi aussi tenté de répondre oui.

Jésus était de gauche.Et social-démocrate Et libertaire. Quelqu'un de bien quoi.  Voici  7 points qui le montrent .

1-Alors que le monde est découpé en petits antagonisme nationaux, Jésus accepte d'aider tout le monde, y compris des étrangers. Centurion Romain, cananéenne etc… reçoivent de l'aide au milieu d'une population pas toujours bienveillante avec ce qui vient d'ailleurs tout en leur expliquant qu'ils ont les mêmes droits et devoirs que tous les êtres. Aujourd'hui Jésus se ferait engueuler pour ça par Guéant, Sarkozy et Marine Le Pen qui parleraient d'un appel d'air de hordes de cananéens et de gens de Samarie venus voler les miracles des hébreux. Ah et puis il serait trop social-démocrate et européiste pour Mélenchon, qui n'a jamais vu de Lituanien.

2-Lors d'une assemblée, comme il est fort tard, la foule venue pour écouter Jésus se retrouve avec bien peu de choses à donner à manger. Quelques pains, un peu de poisson. Il les multiplie. Que pourrait-il faire alors ? Si Hervé Novelli, vice-président de l'UMP avait été à sa place, il aurait, selon le principe de l'offre et la demande, vendu fort cher la nourriture. Ceux qui n'auraient pu payer auraient crevé ou payé avec un crédit revolving à 20%. Jésus lui donne gracieusement à ceux qui ont faim.

3-Il est aussi possible que dans cette histoire de poissons et de pains multipliés, Jésus n'aie strictement fait aucun miracle du tout et tout simplement demandé à ses amis de partager leurs biens. Un horrible moment de marxisme vilain diraient nombre de paroissiens de Notre-Dame-D'Ainay. Une coopérative des moyens de chacun en cas d'urgence je dirais moi.

4-Sur le plan économique, Jésus était plutôt anti-monératiste. A se faire arracher la barbe par Margareth Thatcher et toute la nuisible lignée des Friedman. Pour lui la monnaie est un élément négligeable des rapports d'échange avec son "Rendez à César ce qui appartient à César" au sujet des piéces de monnaie. Jésus croyait beaucoup plus à la création de richesses réelles qu'à la simple spéculation. Il trainait d'ailleurs avec des pêcheurs de poisson et était lui-même charpentier.

5-Jésus a réhabilité les contributions collectives de tous. Certes à l'époque comme aujourd'hui, il n'était jamais facile de payer ses impôts, on s'y acquitait souvent de mauvaise grâce. Ceux qui collectaient de quoi financer des équipements collectifs avaient mauvaise presse. Jésus, lui, accepte au grand damn de certains de ses amis, qui tenaient des discours dignes du Tea Party, de diner et de respecter Zachée, dont le métier est de collecter les contributions

6-Jésus refuse toute rétribution pour soigner les malades. Certes les médecins ont besoin de vivre et de gagner leur vie mais il aurait sans doute fait faire une crise cardiaque à Frédéric Lefebvre, qui dans son dernier ouvrage demande à ce que les médecins spécialistes deviennent plus chers.

7-Jésus refuse systématiquement de considérer la société telle qu'elle est et veut la transformer en une société plus fraternelle et plus égale, sans que les privilèges de naissance ne jouent. Ca aurait surement fait ciller plus d'un conservateur attaché à perpétuer les inégalités de naissance ça. Dans la parabole des talents, il loue le maitre qui donne la même somme à ses serviteurs pour que chacun en fasse quelque chose selon ses compétences. Si c'est pas de la sociale-démocratie ça !

12 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Vraiment très bon billet, on en deviendrait presque social démocrate 🙂

  2. Tiens ! Puisque Melclalex est là, je ne commente pas chez lui.
    Jésus n’existe pas selon de méchants gauchistes : il est donc de gauche…

  3. Eh, Romain,
    Pour sur, Jesus approuverait le revenu citoyen de Dominique de Villepin puisque c’est proposer de la dignité au plus grand nombre !!!?

  4. @Romain
    Un contre-argument (et non des moindres): la gauche est « matérialiste », là où Jésus est « spiritualiste ».
    Bon, de manière un peu plus polémique, je rappellerai que la gauche française a une grande tradition « d’antitalas », comme on disait à l’époque (les fameux « laïcards »).

  5. Euh Fabrice, tu as un petit peu des clichés non ? Un tout petit peu? Parce que réduire la gauche, qui n’est pas vraiment ce qui se fait de plus matérialiste à des vilains/méchants laicards comment dire…euh tu as des amis en dehors du MODEM ou bien ?

  6. christian

    bon billet Romain.
    Dites Fabrice vous êtes sur un blog de chrétien de gauche. Es-ce que cela rentre dans votre logiciel ou vous êtes en erreur 404 ?
    Pour ma part je suis coco et je suis catho. Sortez un peu de chez vous, y’a du soleil.

  7. Billet sympa et éclairé. On pourrait ajouter que l’unique personne dont Jésus, dans les Evangiles, affirme qu’il est à l’enfer, est le riche Epulon, parce que il avait refusé même ses miettes au pauvre Lazare.
    Quant à la doctrine sociale de l’Eglise (Sollicitudo rei socialis, Centesimus Annus, Caritas in Veritate), elle est plus proche d’un socialisme modéré que du néo-libéralisme. Pour un exemple récent de mise en pratique du message social de Jésus, cherchez sur Google « Economie de Communion ». Romain, je vous voterais…

  8. Olivia Cristiana

    bonjour pourquoi m avez vs bloquee sur fb? 🙁

  9. romain blachier

    Je voulais vous répondre par mail mais je ne l’ai pas (si vous voulez me répondre sur un sujet qui n’a rien à voir avec le billet utiliser ma boite de messagerie signalée en haut à droite). Vous vous êtes un peu lachée avec vos suggestions d’amis?ca m’a bourré mon facebook.

  10. Blague à part: on est bien d’accord, je suppose, pour dire qu’en vrai, quelqu’un qui serait de gauche parce que Jésus était de gauche… pourrait difficilement prétendre être de gauche! Car ça ne sera pas vraiment très adulte, comme attitude, ni même vraiment laïc, et ça donnerait l’impression que la religion dicte la politique.
    Je suppose donc que la réalité, c’est que si je suis un chrétien qui vote pour un programme de gauche, ce n’est pas parce que je suis chrétien, mais parce que je suis de gauche.
    Et du coup, ça m’intéresserait de savoir ce que toi, tu dirais si on te demandait ce que le fait d’être chrétien change à ta manière d’être de gauche. Parce que je pense que ça change quelque chose, quand même. Si on me posait la question, je dirais sans doute que ça change un peu ma manière de voir la politique: ça fait que je la prends au sérieux — mais pas trop. Parce qu’il y a un autre monde. Parce qu’Il a dit: «Mon royaume n’est pas de ce monde». Que tout ne se joue pas ici-bas et maintenant. Quelque chose comme ça, en tous cas. Ça donne une ironie, peut-être.

  11. romain blachier

    On peut être de gauche et chrétien, on peut être laic et chrétien. Cela me surprend de ta part cette séparation.
    Pour la question de ton dernier paragraphe, elle est très intéressante et mérite sans doute son billet dédié.
    bien à toi

  12. philarete

    Je me suis mal exprimé sur le premier point. Je suis bien d’accord avec toi, je voulais juste dire que ça me gênerait de dire: « je suis de gauche PARCE QUE chrétien ». Ça me gênerait autant (voire plus!) que quand quelqu’un dit, ou pense: « je suis de droite parce que chrétien » (ou pire: « parce que catholique »). Mais ça demanderait sans doute, ça aussi, un développement de ma part!
    Merci en tous cas de la réponse, bien à toi.

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