Suis-je multiculturel ?


Juan m’a taggué dans une chaine de blogs initée par Rosaelle. Y étaient également conviés Cycee, Elody, Bembelly, Hiélena,Jegoun, Mehdi et Elooooody. Il s’agit de « montrer son côté mutlticulturel  » ou non.

La question des identités me passionne.  Je suis né et résidant à Lyon et plus précisément à Lyon 7 , endroit où j’ai également une grande partie de mon engagement, de ma sociabilité et où est récemment né mon fils. On pourrait croire que je n’en sort pas. Pourtant nombre de mes autres activités, à commencer par mon actvité professionnelle, se déroulent dans d’autres endroits de ma ville. Et surtout, si j’ai passé pas mal d’années de mon enfance et de mon adolescence fort loin d’elle.

Lyonnais,  je suis également. Tout comme je suis bien évidemment français; européen. Et homme de cette planéte. Au risque de confirmer dans leurs pensées un ou deux complotistes,je souhaite plus de gouvernance (oui le mot sonne technocrate)  mondiale et une Europe démocratique et fédérale.

Mais je suis, comme je  l’ai déjà dit, aussi très attaché à la patrie charnelle qu’est ma ville. Sans doute qu’en y arrivant, très démuni et brinquebalé depuis l’enfance de ville en pays, j’ai enfin retrouvé l’endroit où je voulais faire ma vie. Jai aussi vécu quelques temps en Afrique, particulièrement au Cameroun. Une nation à laquelle je garde de fortes attaches et à qui, quand j’étais adolescent, j’avais donné mon coeur.

Je suis britannophile (le mot existe-t-il?), une passion existante depuis longtemps mais qui s’est particulièrement réveillée ces dernières années lors de mes nombreux voyages à Londres. A moins que je un peu soit londonien ce qui ne serait pas illogique dans cette ville postnationale et cosmopolite. Ah et dois-je avouer ce que j’ai déjà dit ici, que j’arrive même à comprendre les règles du cricket?

Catholique de naissance et de famille, je suis, après une période d’athéisme, protestant. Je m’intérésse aussi au taoisme, après des visites à Taiwan et je me penche aussi parfois les autres religions du livre, l’Islam et le Judaisme.

Plus globalement, et pour en revenir à ma ville, le fait de vivre entre Jean Macé et la Guillotière, l’un des quartiers les plus métissés de France, d’avoir accès à une quantité de données mondiales inégalées via le web, d’avoir des engagements divers en ce sens amène à un multiculturalisme. Qui ne m’empêche ni de me sentir lyonnais, ni de me sentir français ni de me sentir européen. Je n’aime ni le masochisme de façade qui vise à dire « je suis français quelle horreur » ni le fait de résumer ce beau cadeau du hasard à tout le reste en s’enfermant et en faisant de sa francité l’alpha et l’oméga de tout. Patriote mais pas patriotard. Je suis de mes cultures, de celles dans lesquelle je suis né et de celles dans lesquelles j’ai choisi d’être en vie.

C’est une chaine on vous l’a dit alors je refile la question « êtes-vous multiculturel ? » à Fabien, Lucie, Sarah, Catnatt et Florian.

7 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Le natif de Garoua qui regrette de ne pas avoir opté (alors que la possibilité était offerte) pour la double nationalité franco-camerounaise te salue 🙂 ! Mais c’est aussi bien comme ça, en fait : camerounais – breton – français – européen – marocain – algérien – et j’en passe, citoyen du monde ça me va. Amicalement.

  2. La multiappartenance identitaire : Français, Lyonnais est une construction de ta propre personne qui revient à donner une cohérence (légitime) à ce que tu ressens comme constitutif de ta personnalité, mais est-ce pour autant une réalité ? Dans l’horizon de l’espace vécu et du ressenti, elle l’est.
    L’identité lyonnaise ne m’apparait pas tellement différente d’une appartenance parisienne ou rouennaise Nous partageons une langue, un ensemble de valeurs communes et un sentiment d’appartenance, à ce qu’on appelle nation (c’est mon coté jacobin).
    La spécificité lyonnaise dans une culture française est moins importante que par exemple la spécificité corse ou alsacienne fondée sur une langue, et un « ethos » local. Tout cela est du au centralisme étatique depuis le XVIIe siècle, mais pas uniquement. La IIIe République a homogénisée les comportements et les esprits sur le territoire national avec pour langue le français.
    Pour le multiculturalisme, c’est autre chose et une question ouverte. Et qu’entend-t-on par multiculturalisme ? Je me pose la question, étant moi même le fruit de deux cultures différentes mais néanmoins européennes.
    On serait multiculturel lorsqu’on essaie de faire coexister plusieurs cultures. Lorsqu’on a un papa Letton et une mère H’Mong, on essaie de faire coexister ces deux cultures en harmonie (tant bien que mal)
    Mais adhérer à une culture est adhérer à un modus vivendi propre à cette culture et à en épouser l’ensemble ou du moins une grande partie des valeurs. C’est accepter aussi une nécessaire part d’acculturation qui peut être douloureuse.
    Ce que je viens d’évoquer ne sont pas là des vérités, simplement des questionnements de ma part faites au débotté. Je trouve que le mot « multiculturalisme » est un mot valise accommodé à toutes les sauces, et paradoxalement réducteur.
    Moi je dirais plutôt que tu es humaniste dans le sens ou tu expérimentes l’Universel par des approches culturelles diversifiées selon tes goûts, totu en conservant ton identité lyonnaise

  3. romain blachier

    Boh pays que le Cameroun (et quel gap culturel, même là, entre Garoua et ma chére Douala)

  4. romain blachier

    Oui chacune de ces identités est une approche de l’universel. Mais sur l’identité lyonnaise, elle ne me semble pas moins forte.Juste moins folklorisée.

  5. romain blachier

    vas-y sans probléme

  6. Lucie

    Je me sens également pleinement multiculturelle du fait de mon parcours et de mes rencontres.
    Née de peu à Nîmes (au lieu de naître au Maroc comme ça aurait dû être le cas),j’ai grandi aux Pays-Bas puis en France en majeure partie à Grenoble puis Lyon où je suis à présent bien installée. Ayant fait toute ma scolarité en section internationale, j’ai côtoyé plus de 20 nationalités différentes entre mes 6 et 18 ans, et ai eu la chance d’avoir un enseignement approfondi en langues étrangères (allemand, anglais). Arrivée à Lyon, je me suis également mise à apprendre la langue des signes française, et toute la culture des personnes qui la pratiquent.
    J’ai eu la chance de beaucoup voyager; c’est devenu quasiment un « virus ».
    Bref, je me sens tout autant « citoyenne lyonnaise » (bien que je reste très attachée à ma ville d’origine, Grenoble), « citoyenne française » que « citoyenne européenne ». Un sentiment de citoyenneté qui s’enrichit sans cesse et se nourrit au fur et à mesure des expériences.

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