» La France, Lyon et Taiwan : un 23e pilier de croissance ?  » ma tribune dans Lyon Mag

Logo-lyonmagAu cœur des propositions du rapport Gallois, en majorité très
intéressantes, pour une poignée d’autres plus discutables comme
l’extraction des gaz de schiste, absurdité économique (on ne le dit pas
assez) en plus d’être périlleuse écologiquement se pose la question de
la compétitivité des entreprises.

Celle-ci, nous confirme ce rapport, s’est gravement dégradée dans les
dix dernières années de règne de la droite en France. Notre balance
commerciale hors énergie est passée de +25 milliards d’euros en 2002 à –
25 milliards d’euros en 2011. Certes il ne faut pas mettre sur le dos
des gouvernements passés l’ensemble des erreurs ayant conduit à cette
situation mais ceux-ci y ont hélas pris une funeste part.

Outre
les mesures gouvernementales et entrepreneuriales à prendre pour réparer
les dégâts, outre également un dialogue franc à établir entre les
institutions financières et la Chine Populaire dont, comme l’a rappelé
le Président de la République ce début de semaine, le yuan est
artificiellement modelé pour booster les exportations, il faut aussi que
nos entreprises se lancent sur de nouveaux marchés, avec le soutien des
pouvoirs publics.
Etat comme collectivités peuvent y contribuer.

Prenez
Taiwan, l’un des plus démocratiques et plus prospères pays d’Asie. La
France n’y vend pour l’instant que pour un peu plus d’un milliard
d’euros, principalement en produits pharmaceutiques, vins, spiritueux,
composants électroniques (mais oui !) et même quelques voitures.

Avec
un pouvoir d’achat élevé, une compétitivité une part du budget dans la
recherche et développement à faire pâlir d’envie la vieille Europe et à
contenter tous les Louis Gallois du monde, le pays recense un nombre
d’atouts considérable pour nos investisseurs.

La culture n’est
pas en reste : Comme Lyon, Taipeh possède une biennale d’art
contemporain de tout premier ordre. Comme Lyon, Taiwan a pour tradition
de rassemblement une vaste Fête des lumières. Comme Lyon, le pays qui
était autrefois une destination du tourisme d’affaires, accueille
désormais de nombreuses personnes désireuses d’en découvrir l’art de
vivre, la gastronomie unique et la culture.

Les tensions avec le grand voisin chinois sont désormais, même si il arrive aux ambassades de faire du zèle, bien apaisées.

Les
sociétés taïwanaises ont investi 200 milliards de dollars ce qui fait
de Taïwan de facto le 1er investisseur étranger en Chine continentale.
D’abord concentrés dans les industries de main d’œuvre (vêtement,
plastiques), les investissements taïwanais se sont fortement développés
dans les industries à contenu technologique comme la fabrication de
l’iPhone par exemple . La Chine continentale héberge aujourd’hui 50% de
l’investissement taïwanais à l’étranger. Les entreprises taiwanaises en
Chine continentale emploient environ 2 millions de Taïwanais expatriés
et près de 23 millions d’employés continentaux,

A quelques uns,
venus de l’entreprise, des médias ou de diverses rives politiques, nous
avons donc décidé que les entreprises et les acteurs de la culture de
France et Lyon pouvaient prendre leur part dans ces relations, qui
peuvent être demain un levier de compétition. Nous avons créé
l’association France-Formosa. Aucun objectif politique ni français ni
chinois, seulement l’idée de promouvoir l’échange économique et culturel
entre ces deux endroits du monde. Un vingt-troisième pilier de
croissance ?

Paru sur Lyon Mag dans "les carnets de Romain Blachier " La France, Lyon et Taiwan : un 23e pilier de croissance ? "

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