La question de la prostitution

Shutterstock_46985305 Ces dernières semaines un vent agite le débat politique et : La question de la prostitution. Mercredi dernier un colloque a d'ailleurs été tenue sur le sujet à l'assemblée nationale.   Voilà sans doute, sur la question des personnes prostituées, un point de désaccord que j'ai à la fois avec la préfecture du Rhône (donc l'Etat) et avec la ville de Lyon. Je ne suis pas grand connaisseur du dossier. Mais je pense que le tout répressif en matiére de prostitution ne fonctionne pas et n'est humainement souhaitable pour personne. Ainsi lorsque l'on chasse des personnes prostituées de Perrache, c'est vers Gerland qu'elles viennent migrer, vers le boulevard de l'Artillerie plus précisément, non loin d'un établissement scolaire, ce qui pose des soucis majeurs. On ne règle pas le problème on le déplace, on l'isole et on l'aggrave. Par ailleurs ces grandes concentrations sordides de camions dans des conditions de sécurité et d'hygiène déplorables ne sont pas d'une grande dignité.

C'est un fait, les prostituées ont besoin de vivre et la clientèle existe. Qu'aujourd'hui les choses se fassent aussi dans les bars ou sur internet n'empêche pas qu'il y aie aussi de la prostitution de rue, plus immédiatement accessible et effectuée par des filles, souvent mais pas toujours, sous l'emprise de maquereaux et travaillant dans des conditions épouvantables. Bien sûr il faut éviter d'un autre côté d'avoir, dans toute la ville et notamment à proximité des écoles, des activités de prostitution et des personnes en tenues choquantes près des enfants et des autres mais des régulations intelligentes peuvent voir le jour, même cela passe par de changements de loi au niveau national.

Je suis pour ma part favorable à un statut de la personne prostituée, lui donnant des droits, une sécu, une retraite et…des possibilités de formation pour apprendre à faire autre chose dans la vie si elle le souhaite. Je suis favorable à une légalisation pleine et entière de cette activité et qu'elle puisse s'exercer en maison close ou mieux encore en coopérative, plusieurs prostitué(e)s se partageant des locaux et faisant une sorte de "bordel autogéré". Ce genre de lieu permettrait d'exercer en de bonnes conditions et de façon sûre. Une chose est évidente sauf à des Sarkozy: la plus répressive des polices ne sera jamais en capacité d'éradiquer le plus vieux métier du monde alors autant penser avec.

ps: rien à voir mais je viens d'apprendre que samedi il y a une manifestation à 13h45 place des Terreaux contre l'expulsion d'un père de famille angolais. Plus d'infos là. Je tenterais d'en être même si j'ai des obligations à la même heure prévues de longue date et que ça risque d'être difficile.

15 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Romain,
    Joie ! Allégresse ! Pour une fois, je suis entièrement d’accord avec vous !

  2. romain blachier

    @fromageplus : c’est fort rare ce n’est pas la première fois…

  3. Combaz Raymond

    Je vous invite à lire dans l’Humanité de jeudi 25/03/2010 , dans la rubrique : tribunes et idées ; Quelle politique mettre en oeuvre pour faire reculer la prostitution ?
    Sur ce sujet , on peut consulter le site du Mouvement du nid : http://www.prostitutionsociete.fr

  4. Je suis entièrement d’accord avec toi Romain.

  5. Assez d’accord avec toi sur le sujet… ton post aurait été parfait si tu n’avais pas omis de préciser qu’à Lyon, bien plus que de la loi anti racolage, une grande partie des difficultes des prostituées que tu decris d’ailleurs fort bien… viennent des arretes de stationnement pris par un certain Jean Louis Touraine..
    De la à penser que son humanisme n’est que de facade, il n’est q’un pas que je laisse chacun libre de franchir !

  6. Stéphane j’ai dit que sur ce sujet là j’étais à la fois en désaccord avec la ville de Lyon et avec l’Etat
    .Mais si on devait chercher un coupable, il me semble,toi qui est élu UMP à Lyon qu’on devrait davantage le chercher du côté de l’Etat et du préfet proche de Sarkozy, qui mènent une politique répressive, davantage du côté de ton groupe d’élus qui demande plus de matraque et de taule vis à vis des prostituées dans ses interventions à Lyon, davantage dans le gouvernement que tu soutiens et qui à quelques remarquables députés prêts (Boutin,Brunel…) refuse de faire les réformes dont je parle dans ce billet. Sans parler de la loi Sarkozy de 2003 sur le racolage passif. Alors je veux bien qu’on cherche des coupables lyonnais dans des arrêtés problématiques mais ton parti demande encore plus de dureté à Lyon. Si tu es d’accord avec moi, soit cohérent demande leur de changer complétement de politique. Mais vu le discours de ton parti ça va être dur.

  7. Je regrette, Romain, mais je ne suis pas d’accord avec toi. En bons libéraux-libertaires, toi et tes amis centristes souhaitez une solution pragmatique à ce drame humain, avec un statut de la personne prostituée, et des bordels gérés de manière acceptable… Tu traites de la prostitution comme de tous les problèmes à la manière du PS et d’EE : « réguler » le capitalisme sous toutes ses formes et dans tous les domaines, l’améliorer, alors que c’est impossible, puisque ce système est par nature destructeur (des personnes et de l’environnement naturel, social, culturel), antidémocratique et antihumaniste.
    Ton approche semble raisonnable – et empreinte d’un humanisme tout à fait louable – mais elle ne me paraît pas cohérente, sur le plan des droits humains : on ne peut pas vouloir la légalisation de ce qui est purement et simplement de l’esclavage. Nous parlons d’une activité autant dégradante pour la personne prostituée que pour le « client », une expérience dont aucun(e) prostitué(e) ne peut se remettre. Cela ne pourra jamais être un travail comme les autres. La prostitution banalisée gangrène profondément les sociétés des pays d’Europe centrale et orientale, elle pourrit le milieu étudiant, entretient une image intolérable de la femme – qui aurait le « droit » de vendre son corps si elle le souhaite…
    Comme pour la drogue, les pays « libéraux » comme les Pays-Bas qui ont légalisé la prostitution commencent à mesurer les limites de cette politique, qui ne résout pas grand-chose (même si la situation sanitaire et sociale des prostitué(e)s est momentanément mieux contrôlée).
    Par conséquent : non aux maisons closes, même propres et « autogérées »…
    Au nom du féminisme, et d’un anticapitalisme républicain, j’adhère pour ma part à l’approche du Mouvement du Nid, c’est-à-dire l’abolitionnisme – à ne pas confondre avec le prohibitionnisme (interdiction, répression, par l’Etat et les municipalités… ce qui est une manière hypocrite d’éloigner le problème). C’est le client qu’il faut poursuivre, comme en Suède : quels que soient l’époque et le lieu, on n’a pas à acheter les services d’un corps humain, point.
    Lire :
    http://www.mouvementdunid.org/Abolitionnistes-toutes-generations
    et
    http://www.prostitutionetsociete.fr

  8. @eric b sauf que la prostitution ne disparaitra pas d’un coup de décret: elle a toujours existé et existera toujours. Donc autant faire en sorte que ça se passe le mieux possible. Pour le reste, sil le vocable liberal-libertaire ne me dérange pas, il n’y a aucun centriste dans les gens qui se soit exprimé dans cette conversation au sujet de ce billet donc…

  9. Centriste, ce n’est pas qu’une étiquette politique, c’est un état d’esprit, bref…
    Même si certaines personnes veulent la pratiquer librement, la prostitution n’a pas à exister : c’est comme si tu disais que la torture ou l’esclavage étaient naturels, qu’ils avaient toujours existé, qu’ils existaient encore aujourd’hui, et qu’il fallait donc les accepter… Même le plus grand esprit de l’Antiquité, Aristote, tolérait l’esclavage en son temps, pensant qu’il existait des esclaves par nature, qui étaient faits pour cela… Et pourtant les pays civilisés ont progressé sur cette question.
    La prostitution est un fléau pour les individus comme pour les sociétés, elle doit faire l’objet d’une politique de prévention et d’abolition, car avec ou sans proxénète, elle constitue l’une des formes les plus graves de violence faite aux femmes. Elle fait du reste l’objet d’une Convention des Nations Unies de 1949.
    Je le répète : il ne s’agit pas pour moi d’une question de tolérance des moeurs – on peut faire ce qu’on veut entre adultes consentants dans un cadre privé, et gratuitement – mais d’une marchandisation du corps humain, et même de son esprit (car l’expérience de la prostitution est destructrice et indélébile pour celles et ceux qui l’ont connue). Le capitalisme, depuis des siècles et sous différents visages, a toujours eu pour but de tout transformer en marchandise : là est le principal enjeu de toutes les luttes sociales, pour l’intérêt général et la défense du bien commun (« res publica »).

  10. @eric la différence c’est qu’on peut interdire concrètement la torture. La pour la prostitution je ne vois pas comment tu voudrais procéder concrétement. La solution répressive et abolitionniste n’a jusqu’à présent que réussi à aggraver abominablement la prostitution.

  11. Ne pas confondre répression (des prostitué(e)s) et abolition (de la prostitution) !
    Bien entendu, on doit aider les prostitué(e)s sur le terrain, mais l’objectif final est l’abolition (et surtout pas l’acceptation des « maisons closes », comme le préconisent de plus en plus de responsables politiques). C’est un travail de longue haleine, je ne dis pas le contraire, qui passe par l’éducation des jeunes (comme on le fait pour la prévention routière, la drogue, le racisme, l’égalité hommes-femmes, l’homophobie…), et par l’incrimination des « clients » – qui vont souvent preuve de violence à l’égard de leurs « prestataires », et c’est logique puisqu’aller voir des prostituées est un passage à l’acte pathologique en soi (« pervers » au sens psychiatrique, avec souvent une haine des femmes).
    Lire les témoignages sur http://www.prostitutionetsociete.fr
    En premier lieu, l’Etat pourrait commencer par ne plus être le premier proxénète de France, en cessant de prélever des impôts à des personnes prostituées notoires…

  12. @eric on arrivera jamais à abolir complétement la prostitution. Jamais tant elle correspond hélas à certains besoins humains. Même les régimes les plus répressifs sur la question (Arabie Saoudite) ou à l’inverse même les régimes les plus éducatifs (Suéde, FInlande…), n’ont pu supprimer. Toutes les sociétés dans l’histoire et dans le monde on connu des formes de prostitution.
    Alors bien sûr, oui bien sûr l’éducation pour agir.Mais ça ne résout pas tout le problème. Alors pour lutter contre les violences aux personnes prostituées et améliorer les conditions d’exercice de ce métier, il est entièrement souhaitable de leur offrir un cadre, des droits et une sécurité.

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