L’accent lyonnais

Accent-lyonnais L’accent lyonnais est discutable ou tout du moins discuté. ll se doit, évoqué dans une discussion, défendre son existence même.

Si il existe un accent méridional (avec une version sud-est et une bifurcation sud-ouest, recoupées pour le lyonnais en appellation « sud » tout court par généralisation paresseuse), des intonations des faubourgs de Paris (repensez au célèbre atmosphère d’Arletty) sans parler du célébre belge, du nordiste popularisé par un film ou du breton, l’habitant de Lyon mal informé pense que son français est aussi pur que celui du Tourangeau.

« Non y’a pas d’accent lyonnais » vous dira le peu au fait, sans prêter attention au jeûne ou au feûille en accent aussi fermé qu’une entrée aux Planches sans jeton en milieu de semaine l’été ou une école de commerce à la classe ouvrière. Qu’il y aie un peu de Y par ici et par là dans les phrases de son concitoyen, saupoudrée comme le sel de Guérande sur le saumon sauvage ne le marque pas. Pas plus que ces circonflexes se promenant ici et la. Non tu peux pas y dire qu’y’en a pas jeûne homme !

Malheureux accent lyonnais !

Quand son existence est acceptée, c’est trop souvent pour être renié comme un Besson rejettant son socialisme.

« Mais tu te rend pas compte c’est moooooche l’accent lyonnais,  ça fait trop plouc ! »

Son côté trainant est moqué, ses e terminaux (qu’nelles)  dévorés ridiculisés, ses oi mutés en oûa. Aujourd’hui son fort usage de circonflexes un peu partout est considéré comme une débauche par trop prolétarienne. Trop abuser du petit chapeau sur les voyelles ferait trop « beauf » pour les prétoriens aux oreilles délicates. De Gerland à Tarare, il est vrai que le parler d’lyon est plus répandu dans les quartiers populaires que dans les bastions d’enfants à pulls marines et vote UMP. Même si il n’est pas rare, à la sortie du Lycée du Parc, d’entendre les élèves parler du choûa de leur filiére.

Pourtant la signature locale à l’universelle langue française dans une ville où le brassage est plus fort que jamais est en voie de réhabilitation. Il devient de nouveau possible et acceptable (bientôt hype ?) d’y d’mander un p’tit mille-feûille aux Muses de l’Opéra.

14 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Padawan rosé

    Et nos amis chuiches…. alors ;)Ils n’ont pas d’accent…
    Et que dire de notre Marquise….!!!

  2. Briavel Gouëdic

    Les bretons n’ont pas d’accent, ils ont deux langues : le breton d’essence celte et le gallo d’origine romane … 😉

  3. Je pense qu’il fait référence à Christine Lagarde et sa voix très « bourgeoise-quartier chic-XIXè siècle ».
    Just my 2 cents

  4. camille

    C’est quelle heure ?
    Ca c’est 100% lyonnais. Moi je l’aime bien mon accent et sans dec, il est quand même mieux que l’accent stéphanois 😀
    Btw, scolarisée dans le 6eme en privé, les fils de bourgeois disaient feûille comme de vrais gônes 😀

  5. Après 5 ans à Lyon, je dis qu’il y a bien un accent lyonnais.
    Et y a pas que ça. Y a une ambiance, y a une histoire, une manière d’être… Qui fait que j’ai été bien à Lyon.
    Joli billet.

  6. Quant à l’accent gaga (d’Annonay à Saint-É.), hé ben on n’en parlera pas !!! ;O)

  7. maintenant que j’habite la région parisienne, je ressens les accents lyonnais, , stéphaonois et grenoblois comme très proches. On m’a toujours demandé d’où pouvait bien venir cet accent, d’une coulée de suisse je crois.

  8. Ne pas oublier que les accents ne sont pas seulement régionaux : durant longtemps ils ont surtout été le signe d’une classe sociale. en gros, le peuple, les paysans et les tout petits bourgeois avaient l’accent, la bourgeoisie et l’aristocratie ne l’avaient pas.
    À présent que la petite-bourgeoisie inculte est devenue à peu près la seule classe survivante (après avoir bouffé toutes les autres), l’accent tend à se confondre avec la région qui l’a engendré.

  9. Ah, je sais enfin d’où me vient le « salouar » (pour : « saloir ») qui avait tant fait rire mes petits camarades quand j’étais en Seconde, quelque part dans la Drôme.
    En fin de compte, ça prouve que je suis un Lyonnais par accent 🙂 …

  10. Quand je suis arrivé ici (= à Lyon) après toute une vie à Paris, j’ai découvert avec stupeur (et un peu d’émotion, aussi) que tout le monde parlait comme mon grand-père… stéphanois. Mais la première fois que je me suis risqué à en faire la remarque à voix haute (après avoir entendu une longue phrase pleine de « fleûve », « œûvre », « la r’cette », etc.) je me suis fait, évidemment, incendier: « — Mais ça n’a rien à voir! l’accent stéphanoua c’est plouc, etc. » J’ai bien rigolé.
    Mais du coup je veux bien qu’on m’explique la différence. Est-ce que, par exemple, on dit aussi « escayé » pour « escalier », ici? (Parce que pour le reste, je n’ai pas l’oreille assez fine…)

  11. fromageplus

    Excellent article, Romain !
    La première expression que j’ai entendu en arrivant ici il y a 5 ans, c’était « on va s’en voir ! »
    Depuis, j’entends à longueur de journée des qu’nelles, des fleûves à ch’val [ou plutôt « jval »] entre deux départ’ments, et ça me fait bien marrer. L’autre jour, on m’a même proposé du cerv’las !
    Didier Goux a raison : autrefois l’accent régional était un accent populaire, absent des classes sociales supérieures. À la maison, lorsque nous jouions à prendre l’accent popu, nous nous faisions gronder et on nous disait « on ne parle pas comme ça, c’est très laid ». L’accent est aujourd’hui un marqueur identitaire qui revient à la mode, par delà les classes sociales…
    Mais quid de l’accent caillera, qui contamine les jeunes de TOUTES les classes sociales ? Même dans mon deuxième arrondissement comme-il-faut, j’entends très souvent des ados de bonne famille se parler entre eux comme des mecs de la téci. « Whoa vazy c’est bon tu me lâches, bouffon » « Haha, Gauthier, sa mère comment t’es vénère ! » « Allez c’est bon, tu m’rends mon iPhone gros pédé, j’vais me faire démolir ma mère par Marie-Hermine si j’arrive pas à l’heure, crevard ! »

  12. Boirie

    Bonjour,
    je recherche une personne ayant un accent lyonnais justement. Ce serait pour l’enregistrer pour un dossier que je constitue dans le cadre de mes études (sciences du langage, phonétique). Je suis sur Bordeaux mais si la personne est disposé soit à s’enregistrer soit à accepter un entretien téléphonique ce serait super !
    Merci d’avance de votre réponse !

    • Romain Blachier

      je vous réponds très vite

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