Meurtre d’Agnès: retour vers mes années Cévenol

ChambonL'affaire de la petite Agnès, collégienne disparue et donc le corps a été retrouvé brûlé me touche. D'abord bien sûr comme être révolté par la barbarie humaine, qui s'en prend souvent aux plus faibles. Mais aussi comme ancien éléve de l'établissement où s'est déroulé le crime: Le collège et lycée Cévenol au Chambon-sur-Lignon.

Il n'y a pour l'heure aucun coupable avéré (ajout de ce soir le présumé coupable a avoué) dans cette horrible histoire même si certes la police interroge un suspect principal. Je souhaite donc toute réussite aux forces de police de la République pour déterminer le responsable.

Cette affaire, derrière son horreur, me rappelle, à titre purement personnel, un présent et un passé.

Un passé, collectif, à savoir que le Collège Cévénol fut fondé par le pasteur Trocmé en 1938, juste avant la seconde guerre mondiale. Un passé qui fera que dans cette terre fortement protestante, victime autrefois des persécutions catholiques du pouvoir central, on cachera dans les années suivantes, de nombreux enfants juifs face au pouvoir de Vichy, tout proche. C'est par dizaines, par centaines, que des "anciens testaments", nom de code des israélites ainsi protégés, furent sauvés par ce village de la Haute-Loire pendant que le reste de la France fermait trop souvent les yeux, collaborait trop fréquemment.

A la Libération, les familles des persécutés et l'équipe pédagogique décidèrent d'un projet: créer un établissement différent, ouvert à toutes les nationalités, avec une pédagogie différente. Un campus fut créé, avec des bâtiments divers, une cantine, un gymnase, un bois… Il n'y avait, il n'y a pas de murs. Dans les années 60, le lycée est ouvert sur l'environnement immédiat, la pensée protestante dans son aspect de liberté. Cette pensée, que je ne verrais pas pendant ce séjour tant elle est rouillée en ces lieux, qui me séduira des années plus tard à Lyon, entrainant ma conversion.On y formera par exemple le philosophe Paul Ricoeur.

Son entrée dans l'Education nationale en 1971 change quelque peu la philosophie du lieu, les professeurs, le recrutement sont un peu moins différents, sa sociologie change.

Le lycée et le collége (à partir de la 4e) acceuillent alors de plus en plus d'éléves français en difficulté de tous horizons (le modèle restant le fils ou la fille de famille aisée qu'on veut cacher lors des diners mondains) et de fils et filles de potentats africains, en plus des locaux. Sa pédagogie et sa philosophie particulière se trouvent quelque peu diluée, même si quelques familles protestantes, soit très avancées, soit ayant des enfants en difficultées y scolarisent un peu leurs enfants en internat. Ah j'allais oublier: on y trouve beaucoup d'enfants de français des classes moyennes expatriés à l'étranger…

Je n'aurais jamais du croiser cette école. Je n'étais pas protestant à l'époque, le séjour qui suivit ne m'incita pas plus à la religion. Mais il se trouve qu'à quinze ans, à un lycée français du Cameroun, à Douala, j'étais un élevé dont l'évaluation était médiocre. Bien pire qu'un élève médiocre, un élève médiocre fils de profs exerçant dans l’établissent où j'étais alors scolarisé. Encore pire un jeune garçon français qui trainait parfois avec des africains non scolarisés dans l'établissement, entrainant parfois des pressions sociales sur ma mère et mon père… Imaginez donc. Les français d'Afrique, si il ne sont pas la caricature qu'en font certains extrémistes, comportent leur lot d'imbéciles racistes.

On m'arrache donc à Douala, on m'envoie dans ce bahut, dans une zone de France où je ne sais rien,  où il neige six mois par an. On transforme ma quinzaine vacances de Noël dans une mère patrie de plus en plus éloignée de mes envies africanistes, pour me déposer à l'année dans cette Haute-Loire peu agréable.

La plus grand chose du généreux projet protestant du pasteur Trocmé. On s'ennuie. La drogue, l'alcool sont un pis aller à l'ennui. La petite délinquance aussi. Des enfants de 16 ans apprennent à bouillir du cru pour le boire. Des élèves fracturent l'infirmerie pour y boire l'alcool à 90°, certains cambriolant la cantine, par vice ou pour améliorer l'ordinaire.

Nous ne sommes pas dans une ZEP, loin de là, s'y croisent des enfants de ministres africains, de la bourgeoisie de Versailles. On y trouve aussi des familles populaires de la région et puis des enfants, issus comme moi des classes moyennes, mais dont les parents sont à l'étrangers pour la République. Il y a aussi à cette époque Laurent Wauquiez, dont je n'ai pas souvenir et qui ne doit pas avoir souvenir non plus de moi. '(ajout du dimanche soir: aucun souvenir ce qui est logique puisque c'est par erreur que son nom a été glissé dans une liste d'anciens éléves)

On y voit aussi des bagarres raciales, des pousses de dictateurs s'y prôner tiers-mondistes, du vol. Des drames humains lourds aussi.

J'y passerais deux années à osciller entre lectures, rap, Malcolm X, Martin Luther King, football et surtout ennui et envie de décès anticipé. A 15 ans. A 16 ans. Un souvenir de brumes et de glauques, de petites misères financières pour ma part, dans un monde pourtant riche, et de manque d'intérêt. Les années du collège Cévenol, dernières lueurs de mon adolescence, sentent la réclusion et la haine du soi. Même si parfois de grandes figures y font escale, telle cette conférence d'Albert Jacquard, quelque peu perturbée par un groupe d’élèves djiboutiens lourdingues, qui ne souhaitaient pas qu'on non-musulman puisse parler d'Islam…

L'affaire du drame subit par la malheureuse Agnés, fait un peu ressurgir tout cela. Si le criminel s'avère être un élève de l'école, nous touchons là le fond de l'histoire du Chambon, un lycée cherchant la liberté et la réhabilitation de l'homme mais n'arrivant plus, contrairement à il y a maintenant quelques dizaines d'années, par l'éducation, à retrancher la bête de l'homme, se contenant de la concentrer dans les montagnes de Haute-Loire… Paix soit sur toi pauvre petite Agnès.

Billet repris par Rue 89

59 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

  1. Merci pour ce beau et émouvant article.
    Ce témoignage me touche parce que j’ai longtemps passé mes vacances en Haute-Loire, dont une partie de ma famille est originaire (on dit que Saint-Etienne est la plus grande ville de Hte-Loire), et que mon facebook est plein de messages concernant cette affaire qui a frappé la région.
    Ton évocation du collège Cévenol est haute en couleurs et juste, en fait, il est à la fois le collège de la bourgeoisie, mais aussi une forme de refuge. Ton histoire au Cameroun est aussi intéressante, quel parcours varié.
    6 mois de neige en Haute-Loire ? non, ce n’est qu’à 120 kms de Lyon, mais comme le disait Julien Gracq, on s’y sent beaucoup plus au nord qu’on ne l’est sur la carte.

    Publié le 19/11/2011 à 16:55
  2. Je mesure tout à fait ce que c’est … et ce que cela fut … Ton témoignage est émouvant … Il montre aussi que le parents qui ont besoin que leur enfant soit éloigné, sont tout à fait démunis ..
    Cet établissement est malheureusement connu … Il en est de même pour tous ces établissements « nouveaux dits « ouverts » mais en fait « fermés » … où l’on concentre des enfants mineurs en difficulté avec la loi et avec eux-mêmes, utilisant l’alcool et les drogues, y compris les « champignons hallucinogènes » … comme anti-dépresseur.
    Le jeune mineur qui a avoué ce crime horrible est en réalité un jeune schizophrène … la prise en charge psychiatrique de ces jeunes est extrêmement difficile … Cette jeune fille a eu la malchance de lui plaire …
    Que le Seigneur la prenne sous son aile et qu’il apaise la douleur de ses malheureux parents …

    Publié le 19/11/2011 à 21:20
  3. L’auteur a avoué , il n’a pas 18 ans ! Aussi sidérant et révoltant que le drame .

    Publié le 19/11/2011 à 22:36
  4. Je suis d’accord avec vous sur plusieurs points:
    – le changement de pédagogie en 71 a été un grand malheur pour le Cévenol
    – la consommation d’alcool et de stupéfiants est un grand soucis (comme c’est le cas dans 100% des lycées français)
    Cependant en tant qu’ancien élève (promotion 2008) j’ai eu l’occasion de rencontrer des gens formidables, venus de Haute-Loire et d’ailleurs, de profiter d’un espace et d’un esprit ouvert (pour ne pas reprendre la devise du Chambon sur Lignon). Le Cévenol est un espace de liberté, d’apprentissage à la vie, un lieu qui crée des liens entre les personnes, des liens très forts qui perdurent au dela du temps du lycée.
    J’ai vécu dans cet endroit, et je vis encore (malgré ma vie lyonnaise) des moments formidables (bien que frais en hiver comme vous le soulignez subtilement)
    Je suis cependant étonné d’apprendre que Laurent Wauquiez fut élève du Cévenol. Il me semblait plutôt être un élève des grands lycées parisiens (louis le grand/henri 4)
    Pour répondre à Apolline, le Cévenol (j’entends par là l’administration et l’encadrement) ne laisse personne en « difficulté avec la loi et avec eux même ». L’encadrement y est de qualité, et je peux vous garantir que le dialogue entre élèves et personnel administratif, est un élément fondamental de l’esprit cévenolien (c’était en tout cas le cas quand j’étais encore élève, avec un directeur remarquable, et professeur de philosphie M.Robert Lassey)
    Je souhaite défendre ici une institution qui m’est chère, qui est chère à une région (autant économiquement que historiquement), et je suis bouleversé par cette affaire depuis jeudi, moi qui est toujours considéré le Cévenol comme un havre relativement paisible, et qui le voit aujourd’hui bousculé par l’horreur, la déshumanisation.
    Je soutient de tout mon coeur et mon esprit la famille Marin, et j’espère qu’elle repose en paix auprès du Seigneur.
    Je souhaite aussi au Cévenol de pouvoir surmonter cette manifestation de l’horreur pour poursuivre son oeuvre d’accueil de tous (réfugié, habitant du plateau, étranger, bourgeois, pauvre, protestant, juif, musulman, catholique, athée, etc…) et que chacun puisse garder un souvenir positif du Collège Cévenol comme je peux en avoir un.

    Publié le 20/11/2011 à 00:55
  5. Felicien

    On ignore si ce lycée avait les moyens de faire mieux que retirer la bête de l’homme au temps jadis. Ce qu’on constate, c’est que repris en main par les tarés de l’éducnat, il ne les a sans doute plus.
    Bon, ceci dit, que les riches n’aient plus la liberté que les pauvres n’ont jamais eu ne fera pleurer personne. Et pour les vrais riches, il reste la suisse, monaco, andorre, jersey, etc.

    Publié le 20/11/2011 à 07:03
  6. Pierchant

    Au risque de passer pour le « vieux con de service », je vais défendre la mémoire du Collège Cévenol. j’y suis arrivé en 1972, venant de Madagascar, suite à la révolution de mai 1972. Il est vrai que le transfert de la grande ile de l’océan indien au plateau de Haute Loire, c’était un peu sidérant. La direction venait de changer avec l’arrivée de Mr Hollard. Pendant trois années, je fus confronté à une liberté pas évidente à assumer par un ado de 15 ans, mais qui a ouvert mon esprit. Cette absence de murs, ce mix dans les origines sociales et de pays était un atout formidable. Il y avait déjà des problèmes de drogue et d’alcool, mais pas plus qu’ailleurs, compte tenu du contexte et de la concentration d’enfants en souffrance. Je crois que l’auteur se trompe, quand il rend le CC responsable en partie du drame de ces derniers jours. Ce jeune était déjà passé à l’acte dans le Gard, et on peut se demander si le CC était bien l’endroit où placer ce garçon. Cette jeune fille s’est malheureusement trouvée au mauvais moment au mauvais endroit. Je compatis à la douleur de sa famille, mais n’accablons pas ce lieu de liberté et d’utopie qui veut encore éduquer les enfants qui lui sont confiés pour en faire des hommes et citoyens ouverts sur le monde

    Publié le 20/11/2011 à 08:35
  7. Touché! Merci Romain.

    Publié le 20/11/2011 à 08:49
  8. Sébi

    Bonjour,
    je me suis beaucoup reconnu dans votre article.
    Alors jeune suisse de 17 ans,j’ai débarqué dans les années 80 au Lycée Cévenol.Grosse distorsion (et déception) entre l’image d’épinal et la dure réalité des jeunes à problème,de la violence interethnique et des soirées durement alcoolisées.
    je n’y ai découvert aucune pédagogie particulière.
    seul point positif,je me suis réfugié dans le sport à outrance et lorsque je suis rentré en suisse j’étais un athlète accompli…
    bravo pour la franchise et la justesse de votre analyse.

    Publié le 20/11/2011 à 08:59
  9. Touché, d’accord, d’autant plus si des souvenirs personnels s’y mêlent (et livrer un peu de son enfance c’est toujours touchant et périlleux à la fois).
    Mais cette partie-là me gène, un peu, beaucoup :
    « un lycée cherchant la liberté et la réhabilitation de l’homme mais n’arrivant plus, contrairement à il y a maintenant quelques dizaines d’années, par l’éducation, à retrancher la bête de l’homme, se contenant de la concentrer dans les montagnes de Haute-Loire…  »
    Deux familles, dont on peut quand même supposer qu’elles ont essayé de protéger leurs enfants d’eux-mêmes, sont aujourd’hui dévastées. Alors l’allusion à « la bête », avec ou sans connotation religieuse, me heurte.

    Publié le 20/11/2011 à 10:03
  10. romain blachier

    Merci

    Publié le 20/11/2011 à 11:44
  11. romain blachier

    Merci à toi Apolline

    Publié le 20/11/2011 à 11:44
  12. romain blachier

    Merci pour votre contrepoint
    Je crois que Wauquiez y fut collégien.Si j’ai une vision différente de ce que vous dites, je souscris entièrement à votre dernier paragraphe.

    Publié le 20/11/2011 à 11:46
  13. romain blachier

    Dans les années 1970 je vous crois volontiers. Mais j’ai vécu la chose dans les années 90.

    Publié le 20/11/2011 à 11:46
  14. romain blachier

    Merci

    Publié le 20/11/2011 à 11:47
  15. romain blachier

    Je parle de la bête qui est en chacun d’entre nous et seulement de cela. Il ne faut pas le comprendre autrement.

    Publié le 20/11/2011 à 11:48
  16. romain blachier

    Merci. Et si vous avez pu en tirer ce côté athlète, c’est une bonne nouvelle.

    Publié le 20/11/2011 à 11:49
  17. mamimouche

    je ne pense pas que l’on doive regrouper dans un lieu « ouvert » des jeunes ayant eue à faire a la justice et d’autres ayant des problèmes d’addiction a différentes substances ou tout autre donnant lieu au placement loin de leurs parents . Tout est a revoir

    Publié le 20/11/2011 à 12:31
  18. Quelle image triste qui est faite du cévenol.
    Merci de ne pas tout confondre, faits divers, drame et histoire de l’établissement scolaire, et par là de tout le plateau du chambon.
    Merci

    Publié le 20/11/2011 à 12:40
  19. Marie Labeille

    Je me permets de dire que j’aime cette mise au point un peu différente,enseignante,mère de 3 enfants dont un en très grandes difficultés…je sais à quel point l’adolescence peut-être compliquée.
    Ce que je sais aussi,c’est qu’AUCUN établissement n’est aujourd’hui à l’abri d’un drame épouvantable comme celui-là… ce n’est ni une question de philosophie ni une question de religion ,ni même une question d’encadrement…ou d’environnement naturel…Il faudrait aller sans doute plus en amont dans le rôle éducatif des différents acteurs de la petite enfance et encore ????
    Alors malgré l’horreur ne jetons pas la pierre à un établissement qui fait sans doute tout ce qu’il peut pour accompagner des enfants que personne d’autre ne comprend ou ne se donne la peine de comprendre parce que la vie va trop vite pour tout le monde..
    Que Dieu accorde à Agnès la vie éternelle ainsi qu’à ses parents une aide dans leur immense chagrin…

    Publié le 20/11/2011 à 13:08
  20. milo

    je suis de votre avis, il est odieux de savoir qu’on a placé un loup dans une bergerie! pauvre petite fille égarée dans cette institution , où ils n’avaient pas à mélanger des enfants( peut-être en difficulté) , avec des jeunes ayant un passé récent de violeur, et d’un grand malade en puissance! je souffre de ce terrible malheur, je souhaite aux parents beaucoup de courage et surtout que cette petite fille repose en paix! Mamie très en colère contre cette justice mal faite!

    Publié le 20/11/2011 à 14:33
  21. fredherlin@free.fr

    Article assez pénible à lire, tant la langue y est maltraitée. Orthographe, syntaxe, ponctuation : vous n’avez certainement pas retenu grand-chose de vos cours de français.

    Publié le 20/11/2011 à 14:52
  22. Il est vrai que les années 90 ne furent pas les années les plus fastes du Collège Cévenol. Vous me voyez désolé que la vie dans ce lieu, qui fut merveilleux pour moi, fut pour vous un moment difficile.
    Cependant, je vous lis régulièrement et je remarque très souvent que cet esprit de tolérance et d’ouverture, que j’ai pour ma part intégré au Cévenol et à travers mon éducation et ma foi protestante, vous habite et vous m’en voyez très heureux. Continuez ainsi, c’est un réel plaisir de vous lire!

    Publié le 20/11/2011 à 15:14
  23. Je respecte l’histoire du plateau mais je n’en ai pas un souvenir splendide. Croyez bien que je le regrette.

    Publié le 20/11/2011 à 15:17
  24. Attention au spam , commentez sous un nom ou pseudo au lieu d’utiliser votre mail comme nom de commentateur

    Publié le 20/11/2011 à 15:18
  25. jean_olivier_marand@hotmail.com

    Cher Monsieur,
    Je ne vous connais pas et encore moins envie de vous connaitre mais je trouve que votre intervention notamment sur Bfm-tv est d’une indécence rare. Vous avez tant besoin d’avoir votre nom « à la tv » pour déverser votre haine sur le collège cevenol, comme si c’était lui le responsable de cette horreur. Alors, ravalez votre envie de vous faire connaitre par d’autres interventions plus judicieuses et laissez faire le deuil, si on peut le faire un jour.
    Il y a un temps pour tout, aujourd’hui c’est le recueillement et la douleur? Paix à son âme
    Jean-olivier, un chambonnaire fier de son village, Juste parmi les Justes

    Publié le 20/11/2011 à 16:45
  26. tribudefilles

    monsieur,
    Vous étiez au collège dans les années 90, l’établissement avait peut-être perdu de sa superbe… Je vous laisse seul juge. Une certitude pourtant, vous n’avez pas assimilé les valeurs du plateau, l’importance du lieu, l’histoire du village. Vous en retracez l’histoire sans en comprendre le sens. Vous avouez vous-même avoir été un élève médiocre. Je comprends que le choc a du être rude, vous petit français sous le soleil d’Afrique, exilé loin de vos parents, perdu dans un village de Haute-Loire aux hivers immaculés. Une punition en somme. Pourtant, votre isolement aurait du être propice à l’apprentissage. Vous auriez pu comprendre la solidarité, le partage, l’ouverture d’esprit. Savez-vous seulement que la devise du Chambon est « l’espace ouvert, l’esprit aussi » ? Vous parlez en votre nom, en votre nom seulement, vous êtes bien loin, du deuil, de la marche silencieuse des 4 000 personnes en recueil ce matin dans les rues du village. Je souhaite sincèrement que les parents de la jeune fille, que les habitants du village dans leur large majorité, ne lisent pas votre texte, ne vous entendent pas sur les ondes. Retournez bien vite au Chambon, dans le silence, dans le respect, incognito (si vous en êtes capable), allez lire la plaque hommage aux Justes tout près du temple. Lisez chaque mot, faites en sorte de comprendre. Il n’est jamais trop tard, pour apprendre.
    Méritez votre mandat d’élu de la République. Il vous donne des droits et des devoirs. Notamment, un devoir de dignité et de respect.
    aurélie, mère de trois filles, née du plateau.

    Publié le 20/11/2011 à 17:28
  27. romain blachier

    Madame,
    Vous devriez lire le présent billet que vous commentez. Je ne met nullement en cause le village et je rappelle même son histoire. Ce n’est pas par plaisir que j’ai vécu un moment peu sympathique dans cet établissement. C’est justement la beauté de l’esprit de liberté que d’avoir le droit de témoigner de son ressenti, au sujet d’un établissement où, preuve en est, tout ne va pas bien.
    Par ailleurs j’étais loin d’être élu dans le début des années 90. Nous sommes d’ailleurs ici sur mon blog personnel et non mon site d’Adjoint au Maire.
    Enfin oui, ce témoignage est un angle personnel dans les années 90. Je n’ai nullement comme prétention d’en avoir vécu toutes les étapes ni que mes coreligionnaires aient tous vécu les choses de la même façon.
    cordialement

    Publié le 20/11/2011 à 17:37
  28. romain blachier

    Monsieur
    Je n’ai pas l’impression d’être celui qui déverse la haine dans cette conversation.
    Lisez donc le présent billet que vous venez de commenter. Vous n’y trouverez pas le moindre propos contre le village du Chambon-sur-Lignon de ma part. Je rappelle même, si vous prenez le temps de lire mon billet, l’histoire glorieuse du village.
    Par contre il me semble avoir le droit d’évoquer un établissement scolaire qui posait des problématiques. Preuve en est hélas ce jour. Ce n’est pas par plaisir que j’ai vécu une expérience peu sympathique.
    Bien à vous

    Publié le 20/11/2011 à 17:39
  29. romain blachier

    Ps: j’oubliais: vous avez le droit d’être fier d’être chambonnaire.
    Mais les habitants du village se nomment les…chambonais.

    Publié le 20/11/2011 à 17:58
  30. Sylvain

    Pas mal : de l’idée repérée comme généreuse du pasteur Trocmé tu n’as gardé qu’une goût morbide pour des anecdotes affligeantes.
    C’est peut-être ce qui caractérise la misère de la classe politique aujourd’hui.
    J’ai bien compris : tu n’es aucun des vilains défoncés que tu décris, et d’ailleurs, pour eux, tu ne peux rien.
    C’est toute l’étroitesse narcissique de ton point de vue. Il y a dans le projet du Collège quelque chose qui te répugne, et que tu renonces à nommer.
    Tu t’es ennuyé au Collège? Mais qu’est-ce qui t’amuse vraiment aujourd’hui? Est-tu suffisament distrait?
    Je ne connais pas au détail le mandat qui est le tien. Mais tu es un très bon second au service de la complaisance.

    Publié le 20/11/2011 à 18:00
  31. romain blachier

    Sylvain,
    Je pense que le pasteur Trocmé est bien plus que ce à quoi vous le réduisez: c’était un homme courageux et actif.
    Cette histoire n’a rien à voir avec mon mandat ou avec mes activités politiques. Je n’étais d’ailleurs ni élu ni militant durant mon séjour de 15 à 17 ans au Cévenol.
    Je suis juste quelqu’un qui a vécu au lycée cévenol et qui donne ma part de vérité sur mon blog personnel, qui il se trouve a été repris par différents médias. Je ne m’abstrait d’ailleurs nullement dans mon billet, contrairement à ce que vous semblez penser, du reste des élèves du temps où j’y étais. Je n’ai pas ces mauvais souvenirs par plaisir.
    Bien à vous

    Publié le 20/11/2011 à 18:04
  32. P

    Joli coup de pub pour un bloggeur, sans même se soucier du peu d’objectivité qu’il apporte… et qui dicte sa vérité aux médias. Heureusement tous les anciens ne sont pas dans son cas, et une grande majorité apporte de la compassion à ce drame sans vouloir tirer la situation à son avantage : la pire des choses à faire dans ce cas.

    Publié le 20/11/2011 à 18:33
  33. romain blachier

    P
    Aucun coup de pub de ma part. Cette question a fait ressortir des souvenirs que j’ai écrit sur ce blog personnel et qui sont les miens donc forcément subjectifs. Je me serait d’ailleurs bien passé de les avoir. Je n’ai mis ensuite un pistolet sur la tempe d’aucun des médias qui ont voulu avoir mon témoignage (BFM, I-Tele etc…) ou le reprendre (Rue 89), refusant même de répondre à certains d’entre eux.
    Bien à vous

    Publié le 20/11/2011 à 18:36
  34. F.Peysson

    Le Cévenol, c’est pour moi deux années entre 78 et 80, deux années de bonheur entre liberté et tolérance ou cette mixité entre les gosses de riches et les gosses du village m’a ouvert les yeux sur le monde, ses joies et ses travers!
    Au grand désespoir de mes parents, mes études ne furent pas plus brillantes la-bas que chez moi mais ce que j’y ai appris n’a pas de valeurs! J’y ai côtoyé tellement de nationalité que la géographie est devenue une évidence pour moi, j’y ai découvert d’autres religions que la mienne, d’autres cultures tellement enrichissantes et certainement que je suis devenu quelqu’un de meilleur grâce à ce passage au Cévenol.
    L’encadrement, les profs, les surveillants sont toujours présents dans ma mémoire, bienveillants, discrets, à l’écoute des enfants et aucun autre endroit n’a marqué ma vie comme le Cévenol.
    Aujourd’hui ma douleur se rajoute à celle des parents de cette pauvre Agnès et pour être père d’une ado quasi du même age, je mesure la détresse dans laquelle ils se trouvent maintenant, mais le lieu n’a rien à voir avec l’affaire, ce drame aurait malheureusement pu avoir lieu ailleurs!
    F.Peysson

    Publié le 20/11/2011 à 18:55
  35. Jean CAISSE

    j’imagine de quel bord politique vous êtes!
    mon pauvre Monsieur, votre indécence dans cette situation me révolte
    Comme dit Sylvain, vous n’avez pas du fumer les mêmes « herbes » que les autres.
    Vous n’avez rien compris.
    J’ai passé 3 ans, dont 1 année et demi dans la neige…
    Je reste non violent, mais évitez d’utiliser le même espace d’air que le mien

    Publié le 20/11/2011 à 18:58
  36. romain blachier

    Monsieur, évitez les menaces physiques pour cause de désaccords.
    Je n’ai pas les mêmes souvenirs que vous. C’est mon droit.Enfin si, il y a avait de la neige en effet.
    Peut-être n’y étions pas à la même époque. Peut-être l’avez vous vécu différemment de moi. Mais j’ai le droit d’exprimer mon vécu. Je me serais d’ailleurs bien passé de celui-ci.
    Cordialement

    Publié le 20/11/2011 à 19:03
  37. HR4243

    Votre indecence atteste que vous n’avez pas assimilé les valeurs que le collège porte depuis 73 ans. Il est vrai que l’on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. de plus quel crédit apporter à vos déclarations quand vous affirmez à tort que Laurent Wauquiez a fréquenté le Collège Cévenol.

    Publié le 20/11/2011 à 19:12
  38. romain blachier

    Monsieur
    Pour ce qui est de Monsieur Wauquiez, sa présence dans une liste d’anciens sur laquelle j’étais tombé m’a surpris et effectivement je n’avais pas de souvenir de lui parce que la liste en question était erronée. J’ai donc corrigé.
    Pour le reste je ne sais pas qui n’a pas assimilé les valeurs de tolérance officiellement portées par l’établissement.
    cordialement

    Publié le 20/11/2011 à 19:15
  39. romain blachier

    Alors que j’ai du virer deux commentaires très insultants et menaçants à l’instant, met les commentaires en veille, certains liens de mon compteur de recherche me montrent une attaque concertée. Dommage alors que mon billet ne prétend que relater mon vécu personnel , partagé d’ailleurs par d’autres, et que c’est de dialogue dont nous avons besoin.

    Publié le 20/11/2011 à 19:16
  40. Lajoinie

    bonjour,
    pouvez vous nous apporter ces informations :
    Madame Eliane Wauquiez Motte est maire de la commune et laurent wauquiez, est ministre et maire du Puy si mes souvenirs sont exacts;
    Sont ils originaires de la Haute Loire ?
    Madame Eliane Wauquiez Motte a été élu maire alors qu’elle avait été devancée par douze autres personnes qui avaient obtenu plus de voix qu’elle
    Comment cela se fait il ?
    ca n’a pas grand rapport avec votre college et l’experience vecue, mais je m’interroge sur un fait qui me surprend : en tant que maire, donc officier de police judiciaire, madame Wauquiez avait connaissance du controle judiciaire sur le présumé coupable ainsi que de la raison de l’existence de ce controle;
    Aussi suis je etonné qu’il n’y ait pas eu immediatement de recherche aupres du jeune en question, c’est à dire dés le mercredi soir.
    J’ai appris également que le college etait en difficulté financiere, y a t’il un lien de cause à effet entre
    la présence de personnes potentiellement dangereuses et la recherche d’un equilibre financier ?

    Publié le 20/11/2011 à 19:28
  41. Philippe

    Facile donc pour vous d’écrire un tel billet, il suffit en effet d’aller sur le site de ce lycée d’y prendre les qq éléments important, son histoire et d’y ajouter une polémique… et de passer à la TV.Bravo bien joué mais nous ne sommes pas tous dupe! Et il suffit de retourner justement sur le site des anciens du collège pour avoir le retour d’anciens élèves qui eux ont su tirer profit de leur passage au Cevenol.
    Votre article est infondé et surtout très déplacé…
    En tout cas moi mes prières et mes pensées vont à Agnes et à sa famille!

    Publié le 20/11/2011 à 20:49
  42. romain blachier

    Les miennes aussi.
    hélas Philippe, si je vois que vous ne souffrez pas la contradiction. j’ai bien été élève la-bas.
    Pour vous qui jouez aux informés, il est assurément facile de le vérifier. Surtout que signant mes billets de mon nom, contrairement à vous, et ayant une position publique dans ma ville il serait facile de démontrer le contraire si je mentais.
    Par ailleurs, outre le fait je ne vois pas le profit que j’aurais à passer à la télévision et pas choisi ni calculé que les médias télévisés m’appellent . Juste de raconter mes souvenirs, ce qui me semble un droit élémentaire.
    Curieux pour quelqu’un qui se réclame de la mémoire que d’interdire cela.
    Bonne soirée à vous.

    Publié le 20/11/2011 à 20:56
  43. artigue

    bonsoir vous avez eu raison de témoigner mais ce que vous ecrivez on s’en doutait un peu
    Condoléances à la famille d’ Agnès
    A bientôt
    JA

    Publié le 20/11/2011 à 21:11
  44. romain blachier

    Vous êtes le commentaire 43. Un signe ? Vous vous en doutiez mais apparemment certains autres commentateurs en doutent encore.
    Merci à vous et à bientôt.

    Publié le 20/11/2011 à 21:13
  45. artigue

    encore une nouvelle affaire dont les tentacules vont monter au sommet….
    JA

    Publié le 20/11/2011 à 21:14
  46. Marc

    Merci pour votre franchise à tous,
    j’ai également été scolarisé au Cévenol et s’il est vrai que j’ai aimé cet établissement unique parcqu’il m’a permis de rencontrer des personnes extraordinaires qui n’étaient pas sensées croiser un jour mon chemin en raison de nos différences d’origine et de milieu, je l’ai aussi détesté car j’ai pu être témoin comme tout autre de la violence, l’usage de drogue à outrance et la dérive dans laquelle certains adultes (i)responsables pouvaient laisser certains élèves.

    Publié le 20/11/2011 à 21:17
  47. Catherine

    Bonjour,
    J’espère que ce mail vous arrivera.
    Je suis outrée de votre article si partial et si peu représentatif de milliers d’autres anciens du collège cévenol. J’ai encore de nombreux amis que je me suis fait au collège Cévenol et qui ont tous été « heureux » au Chambon . Pour ma part, mes années au collège restent gravées dans ma mémoire et m’ont apportées énormément : tolérance, ouverture aux autres, au monde.
    Contrairement à ce que vous racontez, je ne me suis pas du tout ennuyée au Cévenol : bien au contraire ! Je faisais du théâtre, je faisais partie de la chorale, j’écrivais dans le CFD – le journal de l’établissement-, j’y faisais du sport, participais à des conférences…Et c’est le seul établissement que je connaisse où les profs recevaient les élèves chez eux à l’occasion d’un dîner, d’une tasse de thé et tout simplement pour discuter. Bien loin de ce que je lis dans vos lignes. Les élèves étaient considérés et il existait un réel échange avec la direction et les maîtres et maîtresses d’internat.
    Aurez-vous l’impartialité et l’honnêteté, Monsieur Blocier, de publier mon commentaire en première page de votre blog ?
    Cordialement

    Publié le 20/11/2011 à 21:57
  48. Alain Laurent

    Je reviens sur votre dernier billet.
    Vos souvenirs ne sont pas interdit ce sont juste les vôtres et ils vous appartiennent comme ceux des autres anciens élèves qui ont une tout autre images voir sur http://www.collegecevenol.org/index.php/post/2011/11/19/Disparition-d%E2%80%99Agn%C3%A8s-Marin#comments
    « nous touchons là le fond de l’histoire du Chambon » que connaissez vous de l’histoire du Chambon? ce propos me semble déplacé. Vous avez mal vécu votre passage au Chambon? Ce qui peut être compréhensible, expatrié d’Afrique, loin de sa famille, adolescent au fin fond de l’Auvergne mais d’autres comme moi l’ont adoré!et pourtant après avoir passé 20 ans en afrique j’ai débarqué au Cevenol.
    Alors les souvenirs ne sont pas interdits mais il ne faut pas tout confondre, l’histoire d’un village, ses habitants, et son propre mal être…

    Publié le 20/11/2011 à 22:08
  49. romain blachier

    Catherine:Du calme. Je sais que des listes de diffusion pro cévenol ont diffusé le lien avec instruction de contrer mes souvenirs, qui n’engagent pourtant que moi. Vous n’avez visiblement pas lu mon billet. Il ne fait qu’évoquer mes souvenirs à moi. Que les votres soient différents (et sans doute d’une époque différente, les professeurs ne recevaient plus tellement les éléves chez eux de mon temps) cela est possible. Cela n’empêche pas mon vécu ni le votre.
    bien à vous
    Ps: Mon nom c’est Blachier

    Publié le 20/11/2011 à 22:11
  50. Je découvre la polémique.
    Ton ressenti personnel est une chose intime, donc indiscutable, c’est un éclairage de l’ambiance d’un moment. Elle témoigne visiblement d’un mal-être, d’un drame personnel même qui refait surface à l’occasion de cet autre drame, épouvantable et définitif, mais surtout évitable… Je comprends et partage la peine des chambonais, mais attaquer tes souvenirs ainsi me consterne.
    En de tels moments, la violence est bien le sentiment le mieux partagé. Complètement navrant.
    Toutes mes pensées vont vers Agnès et ses parents.

    Publié le 20/11/2011 à 22:19
  51. romain blachier

    Alain Laurent:
    Bonsoir,
    Relisez, mon billet n’évoque le village que pour en tracer le glorieux passé.
    Quand au fonctionnement de l’institution il n’est nullement confondu avec mon mal être, même si les deux sont évoqués car nous ne sommes jamais abstraits d’un contexte. Ils sont tellement peu confondus qu’un de vos prédécesseurs en commentaires m’accusait de m’abstraire de la masse de mes coreligionnaires. Encore une fois il s’agit de souvenirs personnels, comme cela a été répété dans les deux derniers billets et à longueur de commentaires de ma part dans celui-ci. D’où une impression certaine que le souvenir est interdit dans une zone de France qui s’en pare pourtant…
    Bien à vous

    Publié le 20/11/2011 à 22:20
  52. jean_olivier_marand@hotmail.com

    Vos propos sont absolument intolérables, outranciers et indignes : je pèse mes mots car je dois être modéré mais occupez vous donc à prier pour le salut de l’âme d’Agnès au lieu de raconter des C……

    Publié le 20/11/2011 à 22:24
  53. eleveen73

    J’y étais dans les années 70, effectivement en même temps qu’un petit contingent de jeunes Malgaches particulièrement agréables. Mais il y avait aussi beaucoup d’agressivité, et de cruauté, de la part de certains élèves, de la drogue et de l’alcool, aucune pédagogie particulière, une direction pas à la hauteur. J’ai été violée par un « camarade ». L’affaire a été étouffée. Il est vrai que je n’ai été assassinée ni brûlée. Le collège a une réputation en partie justifiée, en partie trompeuse. Mettre ensemble des jeunes parfois fragilisés et des jeunes dangereux, c’est prendre un risque : qu’on fait prendre aux premiers sans leur expliquer vraiment ce qu’il en est. En tout état de cause, comme vous le constatez ici même, toucher à l’image sacrée du Collège, c’est s’attirer immédiatement déni et colères. Je pense qu’on aurait dû depuis longtemps poser ces problèmes, et qu’on a toujours préféré cultiver une utopie.

    Publié le 20/11/2011 à 22:32
  54. Petrus

    Merci pour ce témoignage intéressant.
    En lisant la violence des propos de certains de ceux qui soutiennent cet endroit, on a l´impression que le Cévenol relève plus de la secte que de l´établissement scolaire. En tout cas, en ce qui concerne certains, ça ne les a pas rendu tolérants, ni franchement humains : ils semblent être les échecs vivants – eux – de ce type de pédagogologie.

    Publié le 21/11/2011 à 03:41
  55. kairos

    Bonjour
    A titre personnel, la lecture de votre témoignage m’a fait un bien fou. J’étais à Cevenol dans les memes années que vous , et j’en ai gardé un souvenir traumatique. L’alcool, la drogue, l’injustice sociale… les mots me manquent encore

    Publié le 21/11/2011 à 12:01
  56. claire421

    Bonjour Romain, bonjour à tous,
    juste un mot pour témoigner moi aussi de deux ans passés entre 16 et 18 ans au collège Cévenol entre 1989 et 1991, deux années épouvantables que j’assimilerais à deux ans d’incarcération et dont je fais encore des cauchemars régulièrement à l’age de 40 ans… Un milieu sordide d’adolescents profondément déséquilibrés, parachutés là par des parents affairés ailleurs, qui déléguaient leur responsabilité à bon compte. Un milieu clos d’adolescents issus pour la plupart de familles aisées qui permettaient probablement sans le savoir le financement indirect de trafic de drogues en tous genres. Je me souviens qu’un jour, les gendarmes étaient venus passer au peigne fin les dortoirs des garçons et le bureau du directeur avec des chiens spécialisés pour la détection des drogues! Que certains recevaient des colis de LSD par la poste, sans compter la banalisation des colis de hachich. Je me souviens de cet adolescent de 17 ans qui se shootait quotidiennement au trichloréthylène et au poppers, déjà amputé d’un demi poumon à la suite d’une intervention chirurgicale consécutive à ses shoots. Je me souviens de ces adolescents qui chaque samedi allaient noyer leur malêtre dans les bars glauques du village, comme s’agissant d’une ritournelle obligée, qui se traduisaient périodiquement par des comas éthyliques. Je me souviens d’une matrone, une certaine « Annie », qui faisait office de chef du bâtiment vétuste et glacial que j’occupais pour dormir (lugubre bâtisse baptisée le « Clos gentil »), vieille femme autoritaire et malsaine, qui abusait de son petit pouvoir et de nôtre désarroi au quotidien, comme d’un exutoire à sa fin de vie ratée. D’une autre femme professeur de mathématiques désespérée, proche de la retraite probablement, qui empestait le whisky à 8h30 et me serrait le coeur. Du cri des corneilles et de la marche d’un kilomètre sous la neige dans la pénombre qu’il fallait effectuer au petit matin pour aller prendre son petit déjeuner infect, dans un réfectoire sordide qui sentait mauvais. Je me souviens aussi de quelques rares adolescents qui restaient vaillants et positifs malgré la tourmente, résolument sains au beau milieu du chaos, comme insensibles à la somme de toutes ces souffrances alentour. Pourtant comme le temps m’a semblé affreusement long…! Quel lieu de désolation que ce collège dans mon souvenir, une des pires périodes de mon existence!
    J’ai témoigné en ce sens il y a quelques mois sur la page facebook consacrée au collège Cevenol et me suis faite agressée en retour par quelques anciens élèves plein de hargne et de haine, sans argument. Peu m’importe, mon témoignage est passé…
    Paix et tendresses à la petite Agnès et à sa famille.

    Publié le 21/11/2011 à 12:07
  57. pépita

    Un établissement ou l’on s’emmure !
    Elève de la seconde à la terminale au Collège Cévenol et originaire du plateau, je me sens extrêmement concernée par cette histoire. Au delà du drame humain, totalement insoutenable, qui devra tous nous faire réfléchir et probablement remettre en cause nos fonctionnements judiciaires, institutionnels…je voudrai simplement apporter mon témoignage sur ces 3 années passées dans cet établissement.
    Habitant le plateau, cet établissement était le seul permettant de ne pas être interne à Annonay, St Etienne, Lyon…
    Je suis très sensible aux valeurs d’humanisme, d’ouverture, de liberté… Valeurs pronées par une communauté à laquelle j’appartiens mais valeurs largement partagées par d’autres.
    Que de désenchantement !
    Tous ces internes venus d’horizons différents (enfants de diplomate, de célébrités, enfants désoeuvrés affectivement se consolant bien souvent des cadeaux parentaux « dernier cri »…) sans oublier cet élève dans ma classe dont les bras laissaient imaginer la souffrance.
    Et puis, nous « les externes » étions je cite « des ploucs » des pestiférés… combien de fois ne l’ai-je entendu ? et dans ce cas… sans murs, on s’emmure pour résister, soulager lorsque notre nom figure au palmarès des reçus !
    Sur cet aspect là, il reste encre du chemin à parcourir pour marcher sur les traces d’un Trocmé…

    Publié le 21/11/2011 à 12:49
  58. ancienéléve

    Bonjour et un GRAND MERCI pour ce témoignage. Ancien du CC (années scolaires 1971-73, 1ére et Terminale A -la section L de l’époque- j’y ai ressenti et expérimenté EXACTEMENT la même chose que vous!
    tout n’était pas noir cependant : arraché à ma famille et mes copains de Paris, je m’étais enfermé dans un cocon et j’avais utilisé au mieux en solitaire les atouts de cette vie dans la nature : beaucoup de sport, balades en vélo de course (solitaires), ski de fond, du point de vue santé c’était positif.
    Quelques excellents profs aussi à l’époque : M Boukhechem en Philo, M Johnson d’origine américaine grâce auquel je parle un Anglais plus que correct. Mais quelle solitude! à l’époque les éléves d’origine parisienne n’étaient pas bien vus, je me souviens qu’on m’avait refusé l’accés à l’équipe de rugby! et les rapports avec les filles, en dépit de la mixité, étaient quasi inexistants, je noyais mon spleen le samedi soir au village dans des bières-grenadines (« tangos »). Ma hantise était de louper mon bac et de rempiler une année supplémentaire, j’ai tellement bossé à la fin que j’ai eu mention AB au bac -alors qu’au départ j’avais des difficultés scolaires!
    Bonjour à Lola et Carmen Johnson si vous les connaissez .

    Publié le 21/11/2011 à 13:09
  59. romain blachier

    Marco: oui, pourtant dans leur douleur, trop nombreux sont ici ceux qui se murent dans une défense sans nuance. Au point d’interdire à l’enfant de 15 à 17 ans que je fus dans cette institution d’avoir peu apprécié le lieu, inventant aussi des reproches à des propos que je n’ai jamais tenus, me bornant ici au souvenir personnel.Il est vrai que des listes de diffusion, je l’ai vu par les liens, ont demandé à leurs membres de défendre un collége cévenol qu’ils considèrent attaqués par les souvenirs d’un (qui ne jette bien sûr pas la pierre entière à cet établissement) évoqué par la barbarie infantile dont il est question ces derniers jours. Ayant dit et redit, je je ferme les commentaires sur ce billet, laissant aux affirmations au pour et au contre relire les propos déjà tenus et qui sont fastidieux à répéter. Toutes mes pensées à Agnés.

    Publié le 21/11/2011 à 13:11

Les commentaires sont fermés.

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