Les blogueurs et le bénévolat

Un article de Xavier Tenisien dans le Monde a fait du bruit sur le net. Il évoque en réalité non pas tellement les blogs en eux-même mais plutôt les plate-formes d'informations se nourrissant en partie ou en totalité de contenu généré par les blogueurs.

“Ce ne sont encore que quelques coups de gueule individuels. Une petite bronca. Pas de quoi créer un syndicat ou un parti. Mais le débat est sur la place publique, sur l’agora du Web. Les blogueurs en ont marre de travailler pour rien. Et ils l’écrivent haut et fort”. 

Les choses sont en réalité un peu plus compliquées que cela.

En premier lieu, les blogueurs sont pour la majeure partie des amateurs, qui font cela pour leur loisir  et leurs convictions.  C'est le cas du présent blog, même si il peut lui arriver de mener des actions en partenariat ou d'avoir une visibilité sur d'autres activités. Mais, comme le dit Nicolas,au sortir de sa dernière manifestation  web en bonne compagnie, le bloguing est avant tout un loisir pur.

Ou un lieu des gens qui décident d'évoquer une fonction qu'ils occupent via le moyen du blog. C'est le cas de mon blog d'élu. Ou de celui d'autres personnes.

Mais, comme le disent Guy ou la peste, lorsque l'on sort de la dimension du blog personnel pour apporter son contenu à des sites participatifs fonctionnant sur un modéle marchand tel que Rue 89,Atlantico, Marianne 2, Le Post etc… Les contributeurs bénévoles y croisent d'autres plumes, celles-là rémunérées soient en tant que blogueurs invités soient en tant que journalistes. Les sites, à défaut d'être toujours rentables touchent de l'argent.

Les seuls non rémunérés sont les blogueurs. Certes tout ce qu'ils écrivent (tout comme certains journalistes) n'a pas toujours de l'intérèt. Cela peut tout de même être génant sur le principe. Surtout quand certains d'entre eux ne roulent pas sur l'or.

Pour ma part, ayant la possibilité, contrairement à d'autres, de considérer le blog comme un espace essentiellement de loisir (et parfois de combat politique) il m'arrive, quand j'ai envie, quand ça me chante, de filer un ou deux billets de mon blog à certains sites participatifs. Tout comme je chronique sur Tribune de Lyon par plaisir. Mais j'avoue être troublé quand un de mes billets donné gracieusement à Le Post et qui génére donc des revenus publicitaires, se retrouve de plus en une de Yahoo car revendu au célébre portail. Le tout sans que je touche un centime…

Le pire étant les sollicitations de certains sites. Lorsque j'étais au chomage, Le Post m'avait contacté à une époque sans que je demande quoi que ce soit. Ils étaient intéréssé par mon profil, ma connaissance de Lyon, mes possibilités d'interivewer, d'avoir de l'info de première main. Ils souhaitaient faire de moi leur correspondant local. Il fallait faire du reporting, appeller, faire de l'info etc. Bénévolement bien sûr…

(photo)

9 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Il y a un autre aspect : j’estime ne pas MERITER une rétribution.

  2. aaah le grand problème du profit à partir du travail des autres… quand il est gratuit.

  3. Upsilon

    Grand problème en effet, mais un billet écrit bénévolement et sans envie qu’il soit un objet de rentabilité est quelque peu désagréable.
    Un exemple Paperblog : reprend les billets de blogs, ce qui leur génère du trafic et de la publicité, sans aucune redirection vers ton site, ni rémunération, ni gratitude…
    Dans tous les cas, il faut lire attentivement les CGU, et être bien au courant de ses droits. Une lecture du Code de la Propriété Intellectuelle peut s’avérer profitable…

  4. Romain / Variae

    @Nicolas : mérite ou pas mérite, quand tu es repris, tu participes à la production de revenus publicitaires …

  5. Bloguer, pour ma part, relève de l’engagement militant. J’aime écrire, évidemment. Mais bloguer n’est pas, pour moi, un loisir.
    En décembre, j’ai failli définitivement jeter l’éponge. Bloguer demande un temps fou que nous ne consacrons pas à d’autres choses qui sont parfois bien plus importantes.
    Je ne suis pas sûr que les organes de presse se nourrissent vraiment de nos contenus. En revanche, je suis très étonné de la poussée de mes followers en quelques temps sur Twitter. Je me souviens de cette expérience de journalistes de France Info, isolés, qui avaient produit une information en tout point similaire à leurs collègues de la rédaction.

  6. il est à noter que beaucoup d’articles politiques ( par exemple )de presse sont la reprise en copié-collé de la dépêche AFP, or de nombreux blogueurs font une analyse poussée d’un évènement politique en le reliant à d’autres faits antérieurs ( par exemple, hein)bref, il y a un travail de recherche et d’analyse, un ton, un éclairage dans le billet, qui en fait finalement une  » chronique », un « edito » qui a son intérêt, ainsi lorsqu’un journal reprend un billet de cette sorte, avec de la pub négociée grâce au trafic généré par le blogueur, il se paie, gratos, un chroniqueur…pour être un bon blogueur, faut-il être modeste à « aucun prix » et refuser toute rémunération ? je n’en suis pas convaincue…

  7. Toute peine mérite salaire en effet. Et je comprends que les blogueurs qui enrichissent de leur contenu des entreprises de presse sur le web souhaitent être payés car de fait ils sont pigistes.
    Je comprends aussi que ceux qui ont un positionnement militant comme Nicolas ou Sarkofrance soient gênés et ne le souhaitent pas. Dans ce cas là c’est un échange de services.

  8. Pour ma part, le blog est aussi un espace de liberté (et de responsabilité), où enfin, la commercialisation n’a pas sa place (puisque le contenu est gratuit). Le bonheur n’est pas (forcément) dans la consommation !

  9. Sebmusset a expliqué qu’il se sentait floué d’avoir participé en tant que blogueur associé, à un journal en ligne. Il faut aussi citer le cas d’Ariana Huffington (qui a écrit sur la misère des classes moyennes américaines) et a vendu son site composé largement de participations gratuites de blogueurs 300 M$, dont 18 lui sont revenus. Ses blogueurs bénévoles ont attaqué en justice, si le site vaut 300, c’est que la participation de chacun d’eux vaut quelque chose. Si on le peut, je crois qu’il vaut mieux rester un blogueur libre d’intervenir sur les sujets qui le touchent, si les blogueurs n’ont pas de scoop sur l’Afghanistan, ils peuvent ressentir l’époque et les finesses de leur lieu de vie, ce à quoi je me cantonne, mais sans frsutration. Il est vrai que bloguer prend du temps, il faut aussi lire et discuter, et réfléchir pour alimenter un blog.

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