Les expositions

Les expositions sont une constante de notre vie lyonnaise. Qu’elles soient photographiques, de peinture, Tableaux de sculpture,aztêques ou futuristes, il y a toujours de quoi faire en ville. La plupart des habitants de nos urbanités, du moins ceux qui se veulent à la pointe des tendances du moment le savent et la promotion en est largement assurée par les murs de nos villes et les pages de nos journaux.

Le sujet est fréquemment abordé en soirée. Les événements culturels, on en parle, on s’y penche sérieusement, on est passionnés !

Un peu.

Juste un petit peu. Car  pour parler beaucoup, à fond, en détail et au microscope, il y a une exigence que ne satisfait généralement pas celui qui vous aborde en une conversation de tableaux, sculptures et photos: Il faut aller à l’exposition physiquement, y passer dans la vraie de vraie vie un peu de son précieux, si précieux temps !

Ainsi évoquer l’expo Schoendorff (ne dites pas Max Shcoendorff, ça fait néophyte et pas blasé) au Musée des Beaux-Arts ou Lévres de Luxe au Musée des Tissus vous donne une délicieuse patine culturelle qui vous va bien au teint en soirée. Vous n’allez pas en faire trop en vous y rendant, on vous prendrait pour un poseur !

Vous avez tout de même le droit de vous y rendre lors des inaugurations. La régle sera par contre de ne surtout à aucun prix vous intéresser aux oeuvres exposées sauf pour faire une ou deux critiques blasées. De tout de façon le monde devant les oeuvres vous aura empêché d’entrapercevoir quoi que ce soit.

Que faire alors si vous êtes du peuple des assoiffés d’art contemporain, des amateurs de photographie, des exaltés de la statue ? Allez vous vous contenter de vous satisfaire en solitaire, tard le soir, l’esprit coupable devant quelque CD-ROM surchargé de formes et de couleurs ? Ou alors pire, passer pour un pauvre d’esprit en vous RENDANT REELLEMENT dans une expo ?

Non car au moins deux solutions s’offrent à vous.

La première c’est de vous rendre dans les vernissages des artistes que vous connaissez personnellement. Avoir des amis artistes est un gage de branchitude. Aller voir leurs expos un signe d’une intense et satisfaisante vie sociale. Ca le fait comme on dit. Le défaut est que si vous êtes plus statuettes antiques de Poseidon que monochromes post-modernes, le risque de disette culturelle subsiste. Encore mieux, faites l’acquisition d’un compagnon/d’une compagne qui peint bien. Si vous en avez le talent…Dire « Je n’aime que les peintures des gens avec qui je couche » vous donne tout de suite un côté libertin teinté de bohéme artistique.

Autre solution: Vous rendre dans une autre ville voir une expo. Vous aurez le droit et le choix est vaste à condition que vous choisissiez un événement ayant fait la couverture d’Art Press, de Art Actuel ou de Télérama. Toute sortie de ces poncifs sera sanctionnée par un « ah mais t’es con, t’étais à Londres et t’es pas passé voir ce truc super à la Tate Modern que j’ai vu sur Télérama ? ». Vos efforts seraient anéantis. Allez de préférence dans une ville branchée (Paris, Londres, Milan, Barcelone, Madrid etc…) pour consommer votre dose. Saint-Etienne est curieusement aussi acceptée, ses départs nombreux de jeunes lyonnais talentueux avides d’aller y étudier les arts plastiques via le schéma régional universitaire (sic) et deux trois accords de Mickey 3D lui ayant donné une aura d’une ville culturelle underground. « Et puis tu sais, St-E c’est plus si moche que ça… » Evitez tout de même d’en faire trop avec St-Etienne, à part sur l’art, la ville est certainement le plus gros dealer en blagues pourries à Lyon.

Deux derniers petits conseils : Ne dites surtout pas que par snobisme vous vous refusez à aller voir toute expo à Lyon en dehors des inauguration. Affectez de vouloir ab-so-lu-ment en être mais de manquer de temps. Répétez quelques fois « C’est jusqu’à quand déjà ? » au milieu de la conversation. Et si jamais vous craquez et vous y rendez effectivement n’en parlez surtout pas en soirée !

(photo)

1 commentaire a été rédigé, ajoutez le vôtre.

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  1. galinacé

    Le milieu people lyonnais est en effet parfois d’une sombre vacuité.

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