Les livres sur les municipales lyonnaises ne se vendent pas bien en général.

Ainsi Christian Philip n’avait reussi en 2000/2001 à écouler que moins de 30 exemplaires payants de son "Lyon Passionnément" de l’aveu que m’avait fait son éditeur.

Mais l’objet d’un tel ouvrage n’est pas de vendre mais de faire parler de soi, de se positionner auprès non du grand public d’ailleurs mais de quelques notabilités voire même au sein de son camp auquel on distribue des exemplaires de son œuvre.

Ainsi en est-il du texte récemment écrit par Philippe Genin, porte-parole de M.Perben, au sujet de Lyon et des prochaines municipales.

Par gout du débat sur l’avenir de notre ville, j’ai pris connaissance du contenu du livre après avoir rejoint le (courte?) liste des acheteurs…

Première observation, on est ici en cercle fermé puisque l’ouvrage est publié dans une collection dirigée par Jacques Bruyas, autre soutien de M.Perben qui signe ainsi un deuxième ouvrage pour cette série, le premier ayant été non un essai mais un roman de Louis Pam.

Le livre, sorti visiblement dans une certaine urgence, impression confirmée par l’auteur dans le préambule est visiblement une œuvre de commande de campagne,pour avoir "quelque chose", un support…

L’absence de la chose faisait vilain entre des millonistes qui avaient élaboré des propositions et un Gérard Collomb qui a mobilisé des personnalités de droite et de gauche pour rédiger un cahier de propositions par des personnalités de l’entreprise, de la culture, de la mode et du sport de notre ville.

Je me permet d’ailleurs une parenthèse pour signaler à ceux qui ne l’auraient pas su, la rencontre de ce soir du comité de soutien à Gérard Collomb (Invitation là )autour de Jean-Michel Daclin, adjoint au Maire de Lyon mais aussi de Roland Bernard, chef d’entreprise et président de la commission tourisme de la CCI de Lyon et de Denis Trouxe, président de l’office de Tourisme et ancien adjoint RPR de Raymond Barre…

A propos d’ouverture justement, toujours dans l’introduction de l’ouvrage, M.Genin dément être de gauche contrairement à ce que fait courir pourtant l’équipe de campagne de M.Perben.

Depuis des mois, pour riposter à Denis Trouxe, ancien adjoint RPR déjà cité, Richard Brumm (L’un des responsable du comité de soutien à Nicolas Sarkozy dans le Rhône), Michel Chomarat (ancien élu proche de Michel Noir), de Madame Periquel, soutien de longue date de Christian Philip et de M.Pernaton, personnalité de la CCI clairement classée à droite, ainsi que divers membres de la société civile de tous bords, qui par-delà les étiquettes nationales ont décidé de soutenir Collomb, Dominique Perben prétendait incarner l’ouverture avec le seul Philippe Genin.Raté, celui-ci n’est donc pas de gauche, l’ancien ministre a vraiment du mal, par sa campagne trés idéologique à rassembler plus loin que les cercles les plus acquis.Reste Vianes, plus de gauche depuis longtemps comme en témoigne son travail dans la démarche de l’ancienne Maire UMP Maire-Chantal Desbazeilles contre le monument du souvenir du génocide arménien ou son soutien à Nicolas Sarkozy.

Revenons à l’ouvrage où de curieuses réinterprétations de l’histoire se font jour également, dés les premières pages, à commencer par la question des prisons dans le Grand Lyon.

Ainsi, selon l’auteur, Meyzieu et Corbas auraient accueilli avec joie ou presque de nouvelles prisons suite à la décision de M.Perben,alors Garde des Sceaux, dans une démarche responsable…La chose ne manquera pas de surprendre M.Sardat, maire UMP de Corbas, qui s’était opposé à cette décision en séance publique du Grand Lyon

Les quelques propositions du livre, entre deux ruades agressives contre un Maire de Lyon qui aurait eu l’outrecuidance de ne le recevoir que trop peu, posent question.

En effet si un travail de programme est général collectif, nous sommes en présence de l’ouvrage d’une personne.On ne sait si ce qui est dit engage le seul Genin ou la démarche de Perben dans son entier, même si le premier déclare de façon péremptoire que son livre sera mis en pratique par l’élection de l’ancien Maire de Chalon-sur-Saône .

Dans le deuxième cas, il serait surprenant que les élus viliéristes, UMP et peut-être millonistes si un accord avec ces derniers se profile finalement, soient favorables à un centre-ville piéton, sachant que la droite avait même refusé une simple limitation de la vitesse en presqu’ile…

C’est bien beau de se la jouer écolo pour tenter d’attirer l’électeur qui a apprécié les Velov’ mais il faudrait éviter de promettre et de voter son contraire…

De même sur le désir de voir à Lyon s’ouvrir un mouvement culturel comparable à la movida sans préciser en quoi et comment, tout en prenant comme exemple d’animation culturelle la pourtant peu riante sous-préfecture de Saone-et-Loire qui eu M.Perben comme premier magistrat…

Pas sur qu’une droite lyonnaise qui a tout au long du mandat critiqué les initiatives de Gérard Collomb en matière  de  festivités soit complètement prête à suivre sans plus de précisions…

Le seul moment d’ailleurs où Philippe Genin évoque des travaux en commun avec d’autres proches du candidat UMP, c’est non pour proposer mais pour critiquer violemment le sigle "Only Lyon" comparé à un insecte…Trés constructif.

Pour le reste, un lyrisme quasi mystique vis à vis de Dominique Perben, présenté de façon un peu naive comme une solution à tout, une dénigrement systématique de Gérard Collomb, à qui il est reproché notamment de ne pas paraitre assez dans les gazettes mondaines parisiennes ou d’avoir voulu présenter la candidature de notre ville comme capitale européenne de la culture au lieu de servir la soupe à St-Etienne, marquent le rythme des pages d’un livre trés décousu, qui affirme souvent gratuitement et abusivement (Notamment que le théâtre de la Croix-Rousse est devenu scéne nationale grace à M.Perben alors que des démarches avaient été entamées par Philippe Faure et en bonne voie bien avant que l’ancien Maire de Chalon ne s’intéresse à notre ville)  qui pose des concepts intellos creux sans forcément les articuler au concret comme la "cristallisation de Lyon".

D’autres passages évoquent la prestidigitation: AInsi ce point soulevé à juste titre par Jean-Yves Sécheresse: Feyzin ça sent pas bon, faisons disparaitre Feyzin, déménageons là,supprimons-là d’un coup de baguette.Des clichés simplistes affleurent parfois: Les jeunes ça lit des mangas, jumelons-nous à Hiroshima alors….

Le pire pour l’auteur cet ouvrage, c’est que ses écrits resteront sans doute lettre morte non seulement car son camp ne voudra pas nombre d’elles mais aussi parce que les accords programmatiques ne sont toujours pas bouclés avec les partenaires d’un challenger UMP qui peine à rassembler son camp.

Et au lieu d’évoquer la parabole biblique des talents, Philippe Genin pourrait se retrouver trés vite à évoquer cet autre passage de la bible:

"Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité. Quel avantage revient-il à l’homme de toute la peine qu’il se donne sous le soleil?" (Ecl 1-1/2)