Nora-Berra

Nora Berra a amusé « J’ai une stature nationale« a-t-elle déclaré. Techniquement vrai puisque la dame (UMP) est membre du gouvernement français, au même titre, pour prendre trois exemples anodins, que David Douillet, Nadine Morano ou Roselyne Bachelot. On ne peut s’empêcher toutefois de sourire devant un propos qui exhale un égo des plus surdimensionné. Et de se souvenir que gouvernener n’est pas obtenir notoriété, n’est-ce pas Philippe Richert ?

Et de se souvenir que la notoriété de Nora Berra au-delà des terres lyonnaises  tient surtout à deux vidéos sur le net (ici et ici) servies par un jeu d’acteur à faire passer les publicités de Tsonga en faveur de Kinder Bueno pour un monument du 7e art. Ah et oublierait presque son récent coup d’éclat: d’étranges conseils aux SDF! Une personnalité nationale décidément.

Mais c’est une autre déclaration de la secrétaire d’Etat ce matin sur RTL qui a laissé davantage songeur.

« On m’a fait comprendre que mes origines pouvaient poser un certain problème à certains électeurs ».

Candidate sur la cossue et bastion de la droite de la 4e circonscription du Rhône, contre l’avis de la quasi totalité des notables UMP du Rhône, Nora Berra doit faire face à une véritable fronde interne. A commencer par celle de celle qui fut élue mairesse du 6e arrondissement il y a 17 ans, Dominique Nachury.

Cette évocation de ses origines est-elle un moyen pour Nora Berra d’instrumentaliser le débat pour le placer sur la question du racisme ? Après tout, depuis que la question de l’exaltation des origines est entrée dans le débat politique (voir à ce sujet certains chapitres du dernier ouvrage de Laurent Bouvet) ce ne serait pas une première.

Quel que soit les partis, à  force d’exhalter les différences, on enferme les uns et les autres dans une identité étouffante et on encourage les uns et les autres à se définir selon leur naissance dans une triste lutte des places.

Mais, à l’opposé, la plainte de Nora Berra n’est pas qu’un fantasme. Si elle peut être soupçonnée d’instrumentaliser le fait que ses parents soient d’origine algérienne pour obtenir une investiture, nombreux sont les militants opposés à sa candidature qui utilisent le même fait dans un sens inverse. « Jamais le 6e et cette partie du 3e, ancrés à droite, ne pourront élire une femme arabe » écrit ainsi un militant de l’UMP du 6e sur un réseau social. Tout en se défendant de tout racisme.. A croire donc selon ce militant UMP que la droite a un souci avec les français originaires d’ailleurs.Il n’est hélas pas le seul à dire cela dans le camp sarkozyste de Lyon.  Visiblement, que ce soit au nom de la diversité ou à l’inverse de l’homogénéité, on flingue la République à tout va…

Pendant ce temps la candidate investie par le PS, Najat Vallaud-Belkacem, fait campagne. Tout en refusant le crétin label diversité qu’à tenté de lui accoler le parti. « Je suis républicaine et lyonnaise » leur a-t-elle déclaré. Vas-y Najat !