Gauche et droite US

Lamrique_dobama Il y a quelques jours, Olivier Bertrand publiait dans Libé Lyon un article sur un ouvrage coécrit par le Maitre de conférence à Lyon 2 Olivier Richomme au sujet de Barack Obama et de la politique US en général dénommé "L'Amérique de Barack Obama".L'une des affirmations de cet intéressante chronique est que les Etats-Unis sont "un pays qui, contrairement à la France, ne connaît pas la discipline des partis  et le clivage gauche-droite".

Il faut pourtant constater que ce clivage est bien existant au pays de Warren Beatty. Dans le débat public,que ce soit à l'interieur ou à l'exterieur des partis, on parle chaque jour de left wing et de right wing…Ainsi la présidente démocrate de la chambre des représentants, Madame Pelosi, se fait réguliérement traiter de leftist, la trés célébre républicaine et polémiste Ann Coulter se définit comme une "essayiste de droite" , l'un des livres politiques les plus vendus cette année est "Right Is Wrong" de Anna Huffington, l'existence d'un côté de magazines comme Mother Jones, de l'autre du American Conservative etc… bref le disctinction entre deux camps existe bel et bien outre-atlantique.Le curseur est certes différent, la camp du côté tribord y est plus plus dominant et l'aile la plus soft de la face babord des USA, partisane de la peine de mort et de rendre difficile la liberté des femmes d'avorter, pourrait trés facilement se retrouver à droite en France.Mais il en était de même aux premiers temps de la République en France où nombre de ceux qui siégaient à gauche seraient considérés comme d'affreux réacs aujourd'hui et où une organisation comme le parti radical se situait à l'extrême-gauche…

Si le parti républicain se situe bien évidemment à droite, les démocrates vont du centre-droit jusqu'à trés loin à gauche.Des hommes comme Mike Gravel ou Kucinich, membres bien connus du parti d'Obama se situent à la gauche de la gauche aux USA comme selon des critéres européens.Il serait par contre bien sûr malaisé et peu judicieux de voir en un Obama partisan de la peine de mort l'exact décalque de la gauche européenne ou océanienne.Mais cette position n'est pas que le reflet d'une conviction sincére ou non, elle procéde d'une question tabou aux USA si on veut être élu à la tête du pays.Il est  hélas impossible d'espérer gagner en étant pour l'abolition des executions tout comme, heureusement cette fois, il serait peu imaginable d'élire un président français qui serait opposé à la liberté pour les femmes d'avorter.

La scéne politique US est donc surtout davantage tirée vers la droite que la notre aujourd'hui. Ceci dit, comme toujours, des nuances sont à faire, nombre de sénateurs et représentants de l'indiscutablement à droite parti républicain étant bien plus soucieuse des libertés publiques que notre trés conservatrice et sécuritaire UMP….

Pour ce qui est de la discipline de parti, également abordée dans la phrase citée dans LibeLyon,les groupes parlementaires ont moins d'importance qu'en France, des lois républicaines ont souvent plusieurs voix démocrates et vice versa.Il faut dire que ce grand pays est trés divers et un représentant républicain de Boston aura rarement les mêmes vues sur les gays, que son collégue de l'Alabama.De même les particularismes locaux jouent beaucoup.Ainsi voter pour le contrôle des armes sous Clinton a coûté son siége à une représentante démocrate qui avait une usine d'armement dans sa circonscription.D'autres démocrates n'avaient pas eu ce courage et avient voté, pour des raisons locales, contre la réglementation proposée.

Ceci dit les Caucus, qui sont des sortes de courants au sein des groupes parlementaires ainsi que des partis jouent ce rôle de discipline de vote que ne fait pas touours le groupe.Ainsi le trés à gauche et trés important Progressive Caucus (qui se défini clairement comme étant de gauche) démocrate est trés préoccupé de justice sociale.Le Républican Liberty Caucus est lui un rassemblement des plus libertariens des républicains.D'autres peuvent être transpartisans êt basés sur les origines communes de ses membres comme le Black Caucus (qui reste quand même essentiellement démocrate).

4 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Christophe

    Bonjour Romain !
    Je dirais que ce clivage droite/gauche est moins présent aux Etats-Unis parce que les américains sont moins formels et plus pragmatiques que les français. Ils regardent d’abord qui va défendre leurs interets.
    C’est pour ça qu’après la victoire (pour faire pire) de Bush en 2004, ils ont donné la majorité au congrès aux démocrates, et qu’aujourd’hui (après rien), d’après plusieurs instituts de sondages, Bush à une meilleur côte que les démocrates de Pelosi…
    Après, cette « volatilité » de l’électorat caractérise plutôt les plus démunis qui ne sont pas en position de perdre leur temps avec des questions « partisanes ».
    Maintenant reste à savoir si les « cotés » aux USA, comme en France d’ailleurs, sont détermines par une opposition entre progressiste et conservateurs, groupe et individu, social et économie, prévention et répression (…) ou défense du bien commun ou sa vente à des intérêts privés. Parce que de la même manière qu’il y avait moins de différence sur ces questions entre De Gaulle et Mendès, qu’avec Mitterand ou Sarko, il y a une grosse différence entre le parti républicain de Lincoln et Eisenhower, et celui de Bush et McCain ; et le parti démocrate de F. Roosevelt et d’Obama.
    D’ailleurs, je ne sais pas si tu as suivi, mais Hillary est toujours dans la course…

  2. benjamin

    Merci pour toutes ces précisions. C’est bon pour la culture générale et ça situe bien le paysage américain.

  3. Stéphane

    Afin de poursuivre le dialogue entamé sur notre libélyon préféré, il me semble quand même que tu as du mal à t’extraire d’une grille de lecture purement française. Il ne faut pas se faire abuser par le langage « left et right list » sont des dénominations qui ne renvoient pas du tout au même réalités que chez nous. Il ne s’agit que d’une façade pas d’une réalité. Je crois que nous resterons en désaccord sur ces points 😉 cher ami.
    Sur le fond, je crains que Mc Cain soit probablement (et malheureusement) élu sur la base de la défiance d’une Amérique qui continue d’avoir peur de l’extérieur comme d’elle même. La récession en cours aux states n’est pas forcément de nature à mettre en place des politiques progressistes. Faut il souligner que Clinton s’est cassé les dents sur la mise en place d’une assurance maladie universelle qui est quand même un baba en matière de politique publique (si l’on est démocrate sourire) et que ce sujet semble enterré pour longtemps. Alors qu’à l’époque les marges de manoeuvres économiques étaient réelles.
    Les lobbies et corporations sont puissantes en France et influencent le politique, aux états unis elles sont directement partie prenante de la scène politique. Le fait que ces derniers donnent des consignes de vote illustre assez bien la différence entre notre système politique et le leur.
    Enfin presque chaque fois que l’Europe soutient « officiellement » un candidat Américain ce dernier se prend une belle tôle… On mise souvent sur l’intelligence des autres … mais nous avons élu Nicolas Sarkozy…. Un « margaret tatcher en talonnette » alors que même Ségolinotte … avait une plus grande surface politique … C’est dire.
    Tu noteras que je ne parle point de Super François B car je vais perdre toute objectivité.

  4. a

    Rendons à Luc ce qui lui appartient. L’article sur le livre était écrit par le très rigoureux Luc Hernandez, pendant que je savourais de précieuses vacances. A bientôt. Olivier Bertrand

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