Pénaliser les clients ou la prostitution en général est une grosse erreur

Peignoirs Une fois n'est pas coutume, la chose est rare, je ne suis pas d'accord avec Najat. La pénalisation des clients des prostituées qui est actuellement envisagée est à mon sens une grave erreur.

Non pas que dans un systéme où la prostituée est injustement pénalisée, le client aie le droit d'en sortir indemne. C'est en effet injuste. Mais tout simplement, tout comme Madame Handman, chercheuse à l'EHESS et comme je l'ai déjà expliqué sur ce blog, parce que je suis contre la répression de la prostitution qui ne résout rien. Cela passe sans doute par un changement de mode de société, mais il convient à mon sens tout simplement de légaliser la pratique. Il faut pour cela un cadre juridique, une possibilité pour les prostituées de s'organiser par elles-mêmes, un statut ouvrant des droits.La prohibition n'entraine que misére, mafias et absence de régles.

On va, comme souvent, dans un sens inverse qui ne résoudra ni les problémes des prostituées ni le probléme de notre société dans son rapport aux moeurs ni la question de la misére sexuelle de nombre de nos concitoyens.

Ps: Comme Nicolas a demandé qu'on lui pose des questions, que pense-t-il du probléme ? Tiens et Yann aussi. Et le Coucou.

(photo Brittney Bush)

28 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Fatiha

    Pour moi c’est surtout symptomatique d’une volonté du gouvernement, depuis quelques années, d’infantiliser les français en les limitant dans leurs choix de vie personnelle.
    Pénaliser un client de la prostitution, c’est lui interdire une manière de trouver un bonheur court avec une personne qui de toute manière le fait par volonté/obligation personnelle.
    C’est comme si on pénalisait les clients de massages non prescrits par la profession médicale. Ou ceux qui portent des lunettes plus pour le look que parce que par nécessité;
    La 2e chose c’est ce retour à une certaine moralité, imposée par nos gouvernants, bien à droite! La prostituée est pauvre et malheureuse, c’est la victime. Mais on ne peut pas l’attaquer directement car ce ne serait pas bien. Alors on attaque les clients, qui sont riches et qui profitent du malheur de ces pauvres personnes.
    Si on fait ça:
    – on enlève le pain de la bouche des prostituées, car ceux qui n’auront pas les moyens de payer l’amende seront totalement refroidis.
    – cela développera des réseaux de prostitutions plus souterrains, et donc plus dangereux.
    – on confirme la volonté liberticide du gouvernement, et donc on pousse encore plus les gens à des pratiques moins acceptées,plus dérivatives peut être car ils seront plus sous pression.
    Marre que l’on attaque les femmes qu’elles soient ultra voilées ou qu’elles fassent les rues.
    Comme si la solution à tous nos problèmes actuels était de régler les problèmes hommes-femmes, ces rapports de domination de l’un et de soumission de l’autre!… dans la question du voile intégral et la question de la prostitution.
    Totalement ridicule et une fois de plus inapplicable. Les prostitution se cachera et évoluera sous des formes inattendues. Des étudiantes pour payer leurs études, des mères sans le sou, des secrétaires qui ont du mal à boucler leurs fins de mois, des personnes endettées qui ne savent plus comment faire. Voilà ce que cette loi si elle passe va créer.

  2. Ministère du Bonheur

    100% d’accord avec l’auteur de ce blog.
    De toutes façons cette société devient de jour en jour de plus en plus orwellienne, étouffante, j’ai + de 50 ans et je peux que constater par rapport à ma jeunesse que nos libertés s’amenuisent progressivement.
    Surtout qu’une fois une dynamique répressive lancée (avec-paradoxalement-le concours de crtains qui en 68 avaient lancé le slogan »il est interdit d’interdire »), elle ne s’arrête pas si facilement.
    Aujourd’hui on veut pénaliser le micheton.
    Demain (on a déjà une jurisprudence avec les « lois mémorielles ») on punira celui, qui , comme vous, critique publiquement cette mesure.
    Reste encore l’espace de liberté d’expression que demeure le Net (où beaucoup de sites doivent tout de même avoir des hébergeurs à l’étranger pour ne pas être filtrés…):
    jusqu’à quand? BIG BROTHER VEILLE………………

  3. Pullo

    Même si je suis plutôt abolitionniste et plutôt favorable à la pénalisation du client, vos arguments sont recevables, convainquants même. Encore un peu et j’allais changer d’avis…
    Je pense cependant que la question des rapports de domination hommes-femmes est centrale dans le traitement de la prostitution non libre (c’est-à-dire provoquée par un statut de migrant clandestin, la précarité économique ou une situation de rupture familiale pour les mineur(e)s, et encadrée par un ou des proxénètes). Il y a un lien de subordination entre le/la client(e) et le/la prostitué(e). L’un(e) donne de l’argent en échange du droit de profiter du corps de l’autre.
    Bien sûr, changer les mentalités prend du temps. Vous avez raison de dire qu’il faut démanteler les réseaux de proxénétisme. Et il faudrait aussi des programmes d’insertion pour celles et ceux qui sont devenus prostitué(e)s contre leur gré.

  4. Christophe

    Pour moi la question est plutôt une question de culture (reflet de la société) qu’une question de liberté stricto sensu.
    Par exemple, en France, la drogue (dure) culturelle et légale est l’alcool. Le hashish ou la coca sont interdits. D’autres pays peuvent avoir fait un choix inverse : légaliser le hashish, interdire l’alcool en fonction de leur culture.
    Dans une société où il existe une asymétrie de traitement entre l’homme et la femme, la prostitution est souvent admise comme pratique, c’est plutôt le cas de la France. Dans des pays où l’homme et la femme ont quasiment le même traitement, la prostitution n’est pas tolérée (et est souvent marginale), c’est le cas de la Suède.
    D’après cette perspective, on peut se dire que La légalisation de la prostitution ne fera pas forcément évoluer les mentalités en ce qui concerne le rapport homme/femme, où si elle les fait évoluer ce serait plutôt dans le sens dominé/dominant.
    Attention parallèle un peu éloigné et potentiellement provocateur de troll. C’est pas parce qu’on parle de laïcité et d’immigration comme le fait le gouvernement que tout le monde va devenir anti-raciste (je dirais bien au contraire).

  5. La logique du gouvernement envisage donc la poursuite des clients visionneurs de film porno? bah oui, des femmes qui font du sexe pour de l’argent, ça y ressemble un peu…Allez tous les abonnés canal en taule! lol

  6. Cela ne résoudrait effectivement rien de pénaliser le client mais au contraire, cela pourrait créer un circuit fermé et dangereux pour les prostitué(e)s car la prostitution existera toujours et aucune loi ne pourra l’éradiquer complètement.

  7. Christophe

    Comme je l’ai déjà dit, je pense réellement que la légalisation ou pas de la prostitution est un choix de société (lié à la culture). Par contre il faut éviter le plus possible les phrases toutes faites du type : « la prostitution existera toujours et aucune loi ne pourra l’éradiquer complétement ». Ces phrases marchent avec tout, par exemple (et pour provoquer) « le vol existera toujours et aucune loi ne pourra l’éradiquer complétement ». Doit-on pour autant légaliser le vol?
    Pour ce qui est de pénaliser le client, cela fait un moment que ça a été mis en place en Suède et que ça marche. Après, comme je le disais plus haut, la culture de la Suède n’est pas la même que celle de la France. Le rapport homme/femme y est plus équilibré, d’où peut être la réussite de leurs lois contre la prostitution.
    Je ne sais pas si ça réussira en France si c’est mis en place.
    Par contre, ce que je crois c’est que le rapport homme-femme si on légalise la prostitution ne pourra qu’aller en se déséquilibrant. C’est un choix de société comme je le disais précédemment.

  8. Pénaliser le client des prostitué(e)s serait une politique « liberticide », « orwellienne » ? Tout est relatif, chaque pays fait ce qu’il veut ?…
    De quoi parle-t-on au juste ? Des inégalités de sexes, et de la marchandisation du corps, ni plus ni moins.
    Je vous soumets quelques chiffres, uniquement en France :
    – 80% des prostituées en France sont étrangères (OCRTEH – Office central de la répression de la traite des êtres humains)
    – Entre 85 et 90% des personnes prostituées sont sous le joug du proxénétisme (enquête de Richard Poulin, 2005)
    – La quasi totalité des clients sont des hommes. 37% sont en couple, 29% cadres, 25% ouvriers. (Enquête de 2004 de Claudine Legardinier et Saïd Bouamama)
    – D’après l’OCRTEH, chaque prostituée rapporte entre 300 et 800 euros par jour à son proxénète et environ 50 euros lui seraient laissés.
    + Extrait d’Elizabeth Coquart et Philippe Huet, « Le livre noir de la prostitution » (Albin Michel, 2000, p.36) :
    « Une prostituée sur deux a eu des contacts avec la prostitution dès son enfance et un tiers a eu une mère ou une parente prostituée. […] Un tiers des prostituées mineures enquêtées a été victime de viol par des adultes connus d’elle entre l’âge de trois ans et de quinze ans… » et « 80% des prostituées a subi des abus sexuels au cours de l’enfance. »
    On retient de ces chiffres que :
    – C’est un commerce très lucratif
    – qui s’exerce presque uniquement sur des femmes, dont une écrasante majorité ne l’a pas choisi ou qui a basculé dedans pour des raisons précises d’une somme de vulnérabilité, ce qui rend l’analyse du libre arbitre compliquée à apprécier
    – pour des clients qui ne sont presque que des hommes
    – qui touche les populations les plus précaires : issues de pays pauvres, victimes de violences.
    Du côté des législations, il existe trois grandes tendances :
    > Les « Réglementaristes »
    Il confère à la prostitution une utilité sociale et la considère comme un élément indispensable de la sexualité masculine « normale ».
    Ça aura pour conséquence la création de lieux clos et contrôlés par l’administration médicale et policière.
    Il s’applique dans des pays comme les Pays-Bas ou l’Allemagne.
    – Pays-Bas : Le maire d’Amsterdam a reconnu publiquement en 2004 que la Tipplezone était devenue un refuge pour les trafiquants et un danger pour les femmes.
    On a vu la multiplication par 3 du nombre d’enfants prostitués en 5 ans (5000 à 15000) et aussi de femmes « émigrées » des pays d’Europe centrale.
    Ce pays de 17 millions d’habitants comporte 2 fois plus de prostituées qu’en France.
    – En Allemagne : On compte 400 000 prostituées, et une augmentation de 70% du trafic d’être humains en 8 ans de 2002 à 2010. Enquête d’Elise Guiraud, 2010.
    > Les « Abolitionnistes »
    Ils tolèrent la prostitution mais interdisent et poursuivent le proxénétisme, les maisons closes et le racolage.
    En France, ce mouvement se traduit par la loi du 13 avril 1946 (loi dite Marthe Richard) qui interdit les maisons closes, supprime le fichage et renforce les sanctions contre les proxénètes).
    Les principes du courant abolitionniste sont reconnus en 1949 par la convention de Genève « pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui ».
    Signée par plus de 70 pays, dont la France qui l’a ratifiée en 1960.
    Entre 1946 et 2003, la France a été considérée comme un État abolitionniste, mais aucune réflexion de fond n’a vraiment été menée pour permettre à terme une réelle abolition de la prostitution.
    Le mouvement féministe français est (assez) unanime sur cette question. Parmi les associations abolitionnistes, on a : Femmes Solidaires, le Planning Familial, le CNDF, le CFCV, ATTAC, la LDH, la Marche Mondiale des Femmes et OLF.
    > La nouveauté nous vient de la Suède : Les « Néo-abolitionnistes »
    Les néo-abolitionnistes, comme en Suède depuis 1999 (et en Norvège depuis 2008), pénalisent le client mais pas la prostituée.
    Ce pays a enregistré une baisse de 50% de la prostitution de rue, un recul net de la traite et un recul de 80% des clients.
    Aujourd’hui, on ne compte que quelques centaines e prostitué-e-s pour un pays de 9 millions d’habitants.
    Il faut également une éducation globale à l’égalité et à la sexualité, dès le collège. Dans notre société patriarcale, la liberté sexuelle ne va pas de soi.
    La sphère dite « privée » est profondément organisée par la domination masculine, c’est vrai pour le travail, les tâches ménagères, et aussi pour la sexualité.
    EN SUEDE, le client écope de 6 mois de prisons, mais aucune peine de prison n’a été prononcée, à chaque fois l’Etat s’est contenté d’une amende.
    La loi a d’abord un effet normatif, et un impact très fort sur les mentalités.
    Pourquoi cette position ? 2 raisons :
    > 1. Pour la dignité humaine
    – L’acte qui consiste à pratiquer des pénétrations et autres services sexuels sans désir, à subir des relations à répétition, plusieurs fois par jour… etc. provoque des séquelles physiques et psychologiques très profondes. Le client est roi, c’est lui qui choisit tout : la ou le prostitué, le service, les positions etc. Dans le cadre de ce métier, la femme ou l’homme ne peut que se plier à des pratiques intimes commandées par le client.
    > 2. Contre la marchandisation et l’inégalité femmes-hommes
    L’argent c’est le pouvoir. Si je paye, je décide, et je décide CE QUE JE veux.
    Qui détient l’argent en France et dans le monde ? Les hommes. L’existence de la prostitution est un frein à la liberté sexuelle et l’égalité femmes – hommes. La liberté sexuelle, c’est d’abord la réciprocité du désir et du plaisir, la liberté de choisir son partenaire et ses pratiques sexuelles.
    Pour finir : 76% à 100% des entreprises du sexe légales sont contrôlées / financées / soutenues par les mafias. Les lobbys sont très puissants, et la légalisation est un vrai cadeau fait à la criminalité internationale.

  9. Et toutes les horreurs que tu décris existent parce que la prostitution est soit interdite soit seulement partiellement légalisée! Tu me confirmes dans mon opinion qu’il faut donc rendre légal complètement cette activité!

  10. Christophe

    euh Romain, je crois que tu fais un contresens là. Eric dit, et c’est d’ailleurs bien connu depuis les années 2000, que quand on légalise on a plus de prostitution et beaucoup plus de mafia. Quand on décide comme la Suède, et on a maintenant assez de recul avec les conséquences de leurs lois, on constate une baisse drastique du nombre de prostituées et surtout presque plus de mafia derrière.
    Comme le disait Eric, nous avons en France, malgré les mouvements féministes, une culture de la domination masculine, c’est pourquoi, à moins de plusieurs années d’éducation et de campagne de sensibilisation comme le tabac, je ne pense pas qu’une telle loi fonctionnerait à l’heure actuelle en France. Pour que la loi soit acceptée, il faudrait un brutal changement de mentalité en France.
    En Suède, il me semble que c’est un documentaire particulièrement atroce sur la prostitution qui a permis de faire pencher la balance mais ils avaient déjà une société plus égalitaire que la notre du point de vue de la relation homme/femme.

  11. Christophe, Eric m’explique régulièrement que la situation des prostituées est horrible en France…alors que la prostitution y actuellement combattue. Cela apporte de l’eau à mon moulin.
    Mais ok, parlons alors du cas où la prostitution serait légalisée.
    Christophe n’y a-t-il pas une plus grande domination de l’homme sur la femme lorsque celle-ci n’a pas de statut ? Dans ce que je propose, il y aurait un statut de la femme (et de l’homme, la question de la prostitution messieurs touche aussi les hommes) et la possibilité de s’organiser en coopérative (ce qui n’est pas le modéle allemand). Je pense que c’est donc là une avancée pour les personnes prostituées plutôt que la situation actuelle qui met les filles et les garçons qui se prostituent en situation de danger.

  12. Christophe

    D’après les études que j’ai pu lire (parfois en diagonale) sur la prostitution, en France elle est dans la moyenne de l' »horrible » mais après, tout dépend de ce que l’on prend en compte. La mafia y semble mieux maitrisée (car moins de filles sous leur coupe, mais chiffres à prendre avec des pincettes, qu’en Allemagne ou aux Pays-Bas). Par contre, le suivi médical des filles semblent meilleurs en Allemagne et aux Pays-Bas.
    L’essentiel du problème de mon point de vue c’est qu’on mélange souvent deux choses.
    1-la « situation de danger » de la prostitution
    2-l’égalité homme/femme
    Pour ce qui est de la situation de danger, il y également les deux points mentionnés plus haut.
    a-qui contrôle les filles
    b-gérer la santé de ses filles
    On sait ce qu’il se passe en Allemagne ou aux Pays-Bas, où le trafic d’êtres humains se portent très bien.
    Est-ce que ta proposition de coopérative permettra de mettre à distance les mafias pour qui la prostitution est un juteux marché. J’ai comme un doute.
    Par contre, sans doute comme en Allemagne et aux Pays-Bas, les filles auront un meilleur suivi.
    Passons au point 2, égalité homme/femme. Je n’ai intentionnellement parlé que des « filles » car dans la grande majorité des cas c’est les hommes qui louent le corps d’une femme et ce fait est très établie non seulement dans la littérature mais aussi dans notre inconscient collectif. Le fait de donner un statut à une fille permettra un meilleur suivi mais ne changera en rien les mentalités et les histoires du type le père qui paye une prostituée à son fils pour le dépuceler (lié à la culture de certains pays et qui existaient dans certaines strates de la société française quand les bordels avaient pignon sur rue).
    Ici se cache le débat entre liberté individuelle et loi d’égalité (le fameux débat qu’on a tous eu en éducation civique : est-ce qu’on peut avoir à la fois une société la plus libre possible et la plus égale possible. Hélas non, il faut faire des choix au cas par cas.)
    Dans le cas de la liberté individuelle on a un gros problème : selon les études 70% à 90% des prostituées sont forcées à l’être. Comment protégées ces dernières tout en laissant celles qui l’ont choisie de continuer à exercer. C’est un casse-tête quasi-insoluble (en tout cas pour moi).
    Dans le cas de l’égalité, l’approche est de dire que la différence entre prostitution subie et prostitution choisie n’est pas pertinente. C’est la relation homme-femme qu’il faut rééquilibrer. C’est là le sens de la loi suédoise de 1999 et de la loi Norvégienne de 2008. Et que constate-t-on quand on regarde les études :
    -baisse du nombre de prostituées
    -baisse du trafic d’êtres humains
    -et surtout au niveau du comportement, nombre d’hommes déclarant avoir payer pour du sexe en fort recul que ce soit en Suède ou en Norvège (par exemple étude Durex de 2005 où les suédois étaient les moins nombreux, 3% seulement, à déclarer payer pour du sexe.).
    Après, comme je le disais dans mes précédents messages, la Suède comme la Norvège partait de beaucoup plus loin au niveau égalité homme-femme. Suffit de voir la composition de leur parlement. La Suède à par exemple un ministère de l' »égalité de statut » (sous-entendu entre homme et femme) depuis 1976 et était mure pour ce genre de lois. Est-ce que c’est le cas pour la France?
    Pour finir, ce qui me fait doucement rigoler c’est tout ces hommes qui viennent pavaner sur les plateaux télés pour défendre la prostitution parce que maintenant on pense taper sur le client (qu’ils revendiquent être eux mêmes), mais qu’on les entendaient beaucoup moins sur la loi contre le racolage qui envoie plein de prostituées en garde à vue chaque nuit. Mais j’imagine que tant qu’on ne tapait pas sur eux, ça ne les dérangeaient pas…
    désolé pour la longueur du post mais ça le méritait un peu 😉

  13. romain blachier

    Tu charges volontairement la barque Christophe.
    Ainsi il faudrait que la légalisation de la prostitution résolve l’ensemble des inégalités entre les sexes en France, jusqu’à la représentation des femmes au parlement français en passant par les mentalités et les rapports personnels entre hommes et femmes ?
    Soyons réaliste: la légalisation permettra un statut, des avancées sociale, un suivi médial, une possibilité plus importante de combattre la prostitution forcée.
    A moins que tu ne considère que la situation actuelle ne doit pas changer ? Mais cela m’étonnerais vu les chiffres que tu me donnes. Et si on sortait de l’enfer actuel pour améliorer (un peu) la vie ?

  14. Christophe

    Ne me fait pas dire ce que je n’ai pas dit.
    La légalisation de la prostitution ne résoudra, peut être, que le côté « danger de la situation » et pas du tout l’égalité homme-femme.
    Abolir la prostitution, peut être considérée comme un pas vers un rééquilibrage du statut de l’homme et de la femme. J’ai dit un pas, pas la résolution complète du problème.
    Pour revenir à la légalisation que je connais aussi de manière directe ayant vécu un an aux Pays-Bas. Oui, il y a suivi médicale. Et non ça ne combat pas la prostitution forcée (d’après les dernières études, c’est plutôt le contraire, ça la favorise, et c’est pas faute de te le répéter).
    Perso, je n’ai aucune solution toute prête. Mais si on se lance dans l’une ou l’autre des solutions il faut qu’on s’y lance à fond car actuellement en France il n’y a pas beaucoup de suivi et pas beaucoup d’égalité non plus.
    J’ai malgré tout une préférence pour plus d’égalité mais c’est mon côté utopiste 😉
    ps : comme tu as pu le remarquer, je ne parle pas de morale et c’est également un choix. Pour moi la morale n’a pas grand chose à voir avec ce débat…

  15. Christophe

    Ah je vois d’où vient l’incompréhension entre nous.
    Pour moi, et de manière très schématique :
    Choix de la défense de la liberté individuelle = légalisation de la prostitution
    Choix de l’égalité homme/femme = Loi suédoise

  16. romain blachier

    Je pense que l’on peut avoir les deux bénéfices, l’égalité et la liberté. C’est mon coté taoiste non dual.
    La légalisation de la prostitution et les progrès qu’elle permet, ne sont nullement contradictoire avec des politiques d’égalité dans la société…qui passent d’abord par les mentalités plutôt que par des lois mais c’est un autre débat.

  17. Romain, tu oublies que dans bien des cas, les lois (et les décisions politiques) doivent précéder l’évolution des mentalités (notamment dans le domaine social et culturel), afin de poser des limites, au nom de valeurs communes supérieures, ce qui est le propre de la civilisation face à la barbarie. Les exemples sont innombrables : droit du travail, peine de mort, droits des enfants, sécurité routière, bioéthique…
    Un document à l’appui : dans l’émission de Ruquier, éloge de la prostitution, et défense du client déculpabilisé, par le comédien Philippe Caubère (soutenu par Zemmour, évidemment) :
    La prostitution est présentée comme un rapport libre entre hommes et femmes, au nom du « libertinage, de Rousseau et Voltaire », mais oui :
    http://www.dailymotion.com/video/xi9fa7_caubere-vs-zemmour-naulleau-plenel-1-itw-onpc-160411-ruquier_news
    Ces arguments post-machistes bobos relativisent la barbarie de la prostitution (« les femmes ne sont pas meilleures que nous »… »ce ne sont pas des victimes »…), et présentent l’homme comme ayant des pulsions « naturelles » irrépressibles, qui justifient les rapports sexuels tarifés, en s’insurgeant contre les soi-disant excès du féminisme et du « puritanisme » des pays du Nord, confondus avec les pays anglosaxons… Du grand n’importe quoi.
    Romain dit que justement, pour améliorer le sort des prostitué(e)s, il faut légaliser : mais on ne combat pas le mal par le mal. On ne combat pas le racisme, la pédophilie, l’homophobie, le vote FN ou d’autres pathologies sociales en les tolérant, mais en les combattant résolument.
    Soit tu es favorable à la marchandisation du corps (des femmes misérables et exploitées, dans la grande majorité des cas), soit tu demandes que cette pratique soit combattue – et ce n’est pas le(la) prostitué(e) qui doit être pénalisé(e), c’est le client (qui est le plus libre, le plus favorisé, et peut refuser).

  18. romain blachier

    Oh tu es mignon quand tu t’énerves.
    Donc, pour redonner un peu de calme (Christophe arrive à débattre sans partir dans tous les sens, prend exemple un peu !) je vais donc accepter deux minutes ton raisonnement binaire « soit tu es/soit tu es ». Alors mettons qu’on parte sur le combat contre la prostitution. C’est le cas actuellement.
    Alors la situation actuelle est une bonne chose pour les prostituées et c’est le paradis sur terre ? Je ne crois pas. Je ne vois d’ailleurs pas comment faire définitivement faire disparaitre la prostitution. Bromure pour tout le monde ?
    Obligation pour chaque personne de consacrer un jour par semaine à accepter toutes les propositions sexuelles ?
    Je vous taquine mais il me semble que légaliser permettrait d’une part de contrôler plus efficacement et éradiquer la prostitution forcée (et le système allemand n’est pas celui que je prone)et rendre plus clair et plus net les choses pour ceux et celles qui veulent s’adonner à la prostitution active ou passive.

  19. « Oh tu es mignon quand tu t’énerves.
    Donc, pour redonner un peu de calme (Christophe arrive à débattre sans partir dans tous les sens, prend exemple un peu !) »
    Même si tu es sur ton blog, tu peux éviter ce genre de phrase, non ?
    Je ne vois pas en quoi je « m’énerve » et je « pars dans tous les sens » : je donne avec d’autres des arguments et des faits. Mais visiblement tu es à court d’arguments, donc inutile de poursuivre.

  20. romain blachier

    Je n’évite pas ce genre de phrase Eric, lorsque tu insultes tes contradicteurs. Relis ton message précédent, on est forcément un con, un sexiste, unbobocoupédelavrévi ou un pervers quand on est pas d’accord avec toi…soit un peu respectueux.
    Niveau arguments par contre tu n’as répondu ni à mes questions ni à mes affirmations avant de couper court. C’est dommage.

  21. A.

    Moi, si on légalise la prostitution, je fais immédiatement mes valises et je quitte ce pays. Rester dans une société qui cautionnerait que la misère pousse des femmes à renier toute intégrité physique pour payer leur loyer, instituer la soumission sexuelle de la femme aux hommes pour manger et nourrir ses enfants… quelle horreur.
    L’absence de tout espoir d’égalité serait officialisée par décret.
    J’irai voir ailleurs.. en Suede, pourquoi pas?

  22. B.

    Vous avez raison, d’ailleurs aujourd’hui en France où la prostitution est combattue, aucune femme, absolument aucune, ne se prostitue pour payer ses factures.

  23. A.

    Pas encore combattue avec tous les moyens possibles, puisqu’on peut encore pondre 30 mesures sur le sujet.
    Et cette situation est tout à fait déplorable. D’autant plus quand on lit les témoignages des « clients » qui ne parlent que de leur droit à jouir (comme s’il n’y avait pas des boites échangistes et des sites libertins gratuits à profusion où des femmes sont à la recherche de partenaires sexuels sans engagement) en se fichant qu’ils exploitent la misère humaine.
    Et la caution sur la marchandisation du corps qu’apporterait une légalisation est une telle évidence. ça m’agace, les sophismes qui veulent démontrer le contraire… La mauvaise foi m’a toujours exaspérée

  24. A.

    J’oubliais…
    Vous avez raison remarquez, puisqu’il est « normal » qu’une femme se prostitue pour payer ses factures, je trouve comme vous que le trafic d’organes devrait être légalisé également.
    Tous les petits enfants pauvres mais néanmoins sains de notre pays ont beaucoup de ressources physiques et un rein ou même une rétine, c’est pas grand chose et ça rendra bien service à celui qui peut se l’offrir…
    N’essayons pas de trouver des solutions pour réinsérer et donner un autre travail aux prostituées, ne nous posons pas la question du seuil de misère et ce à quoi elle peut conduire que l’on peut tolérer dans un pays « développés » comme le nôtre (quand on ne parle pas de prostitution forcée).
    Légalisons. Après tout c’est le plus vieux métier du monde…

  25. B.

    Normal, oui cela a-t-il été écrit ? Votre remarque sur la mauvaise foi était une forme d’auto-détestation ?
    Que proposez-vous pour ce ces femmes arrêtent de payer leur facture par de la prostitution à part les mettre en taule avec leurs clients ?
    Il ne vaudrait mieux pas légaliser pour qu’elles puissent avoir des droits et se reconvertir ?

  26. A.

    Mon « normal » vous noterait les guillemets s’entendait par « fatalité »
    Maintenant, je vous renvoie aux 30 mesures de la proposition Bousquet qu’on ne cesse de réduire à la pénalisation des clients
    http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation/1057-rapport-sur-la-prostitution-punir-les-clients-pas-seulement
    Notamment :
    « améliorer les dispositifs de logement des personnes victimes de la traite ; développer l’offre de soins psychologiques et psychiatriques ; et accroître les moyens destinés à offrir des alternatives à la prostitution aux personnes qui exercent cette activité. »
    ou encore
    « garantir les droits fondamentaux des personnes prostituées (…) C’est particulièrement vrai pour les étrangères, qui sont aujourd’hui plus de 80% des prostituées en France. Et parmi elles, une forte proportion sont sans papiers. Pour la mission, il faut améliorer leurs conditions d’accès à un titre de séjour ; améliorer également la situation des victimes de la traite à l’égard du droit d’asile »
    Je ne dis pas que cette proposition est la panacée mais elle a le mérite de tenter de trouver des solutions

  27. Je ne m’adressais pas à toi, ou à d’autres participants à cette discussion ; je parlais de Caubère et Zemmour dans mon message précédent… et je ne traitais personne de « con » ou de « sexiste » et « pervers »… n’importe quoi !
    Alors si tu es d’accord avec eux, effectivement, c’est autre chose… Jouissons sans entraves, et accompagnons les prostitué(e)s, c’est cela ?
    Tu traites de la prostitution comme le PS traite du capitalisme, c’est marrant : accompagnons, accompagnons, mais on ne peut rien y changer fondamentalement, il faut faire avec…
    Tu as raison de te dire social-démocrate, le socialisme ce n’est pas pour toi… C’est surtout pour le PS que « c’est dommage » comme tu dis, car vous perdrez, et vous ferez perdre la gauche (quand même vous gagneriez le collier de la Légion d’Honneur). Je te dis ça le 21 avril.

  28. Ben alors ? Ton camarade de parti Mélenchon n’arriverait même pas devant nous pour tout sauver? Même toi tu n’y crois pas ? Pas gentil pour lui ça.
    Sinon entre celui qui veut que les prostituées s’organisent en coopératives autogérées et celui qui veut tout réprimer, il me semble avoir le socialisme (dans sa forme libertaire) de mon côté.

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