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Pour une gauche enthousiaste

Cette nuit en rentrant chez moi, j’ai regardé quelques vidéos de campagne ( ou)  officielle ou officieuses de Bernie Sanders de ce début d’année pour les primaires démocrates.

Et j’en ai ressenti un beau frisson. Il y a un enthousiasme et une fraicheur chez les foules venues acclamer ce jeune homme de 75 ans, une volonté de changement politique et une énergie populaire que je n’ai pas vu ensuite dans la campagne de Clinton.Une Clinton dont les tripatouillages lors des primaires ont du dégoûter aussi bien des électeurs démocrates.

Je n’avais d’ailleurs jamais compris ceux de mes amis socialistes qui avaient (pour peu que la chose aie la moindre importance) leur préférence contre le sénateur social-démocrate du Vermont pour l’ex-Première Dame. Une ex-Première Dame dont le programme à l’époque relevait plus de la droite modérée (et encore pire sur la peine de mort) qu’autre chose. A mon avis ils n’avaient encore pas fait de travail de fond, ce qui est de plus en plus fréquent. Plus rien ne m’étonne chez certains de mes camarades.

La gauche française et européenne a besoin de susciter l’enthousiasme

C’est d’ailleurs tout le problème cette histoire : si les discours de Sanders font vibrer, si ses spots de campagne soulevaient l’enthousiasme,  je ne vois pas d’équivalent en France.

De plus en plus la vieille alliance des classes populaires et intellectuelles en faveur du vote progressiste se délite.

Si les centres urbains, bastion de la seconde catégorie, restent des territoires solidement à gauche, les banlieues populaires des grands centres votent de façon montante pour des organisations réactionnaires. Souvent les mêmes qui tiennent pourtant les beaux quartiers. Quand aux campagnes, si elles ont pour la plupart depuis toujours souvent préféré la droite, leur vote se radicalise de plus en plus. C’est d’ailleurs par les campagnes que Laurent Wauquiez a gagné Auvergne-Rhône-Alpes. C’est aussi par les campagnes et les banlieues que le Brexit l’a remporté au Royaume-Uni. Quand à la victoire de Trump, elle est saluée par ses propres partisans comme celle des rednecks (péquenots) sur les élites urbaines.

Les gens qui votent pour Trump, le Brexit, Le Pen, Wauquiez ne sont pas tous des abrutis racistes. Même si il y en a un certain nombre parmi eux et qu’ils sont loin d’être tous les pauvres petites victimes que veulent nous présenter les médias. Les gens qui votent pour Trump, le Brexit, Le Pen, Wauquiez sont bien plus souvent attirés par la dimension identitaire et morale et les valeurs que par le reste des autres questions.Même si des fois ils votent contre leur propre intérêt économique en échange. Souvent en fait.Du coup les postures morales sont peu utiles. Surtout quand la gauche ne pense plus grand chose sur le social, qui est pourtant la raison de base pour laquelle les gens votent pour elle.

La gauche est sans vision et ennuyeuse

La gauche ou le camp dit progressiste, celle de Clinton pour autant qu’elle accepte de se considérer comme telle, comme celle de Hollande ou celle de trop d’élus locaux et nationaux français croit qu’il suffit de crier quelques faits et que ça marchera des fois pour le vote populaire.

Trop d’adjoints au maires, de députés, de conseillers départementaux etc… sont persuadés que la politique de représentation et de discours vis à vis des citoyens se résume à la participation à des commissions de gestion et des inaugurations. Bien sûr que les activités de gestion sont majeures et d’ailleurs la plupart des démagogues conservateurs sont moins bons, moins constants dans leur travail de durée que les autres une fois les élections finies. On ne voit guère les élus FN sur le terrain en dehors des campagnes

Quelles mesures ? Quel enthousiasme? Quelle vision ?

Mais la politique ne se résume pas à cela. Qui est capable aujourd’hui de citer quelques mesures claires à prendre ? D’avoir un peu de culture politique ? De donner envie de rêver ? De changer les choses puisque le changement c’est un moteur puissant d’adhésion ? Très peu chez les progressistes. Nous avons ça et là quelques élus locaux comme Gérard Collomb qui réussissent très bien quand ils proposent un futur clair à leurs territoire comme nous le faisons à Lyon. Mais nous avons aussi besoin de ce souffle en France et en Europe.

Aucun travail de conviction et de politique sur le web

Et puis il y a le web : la plupart des grands sites politiques indépendants sont issus de l’extrême-droite. Les visites de Fdesouche, du Cercle des Volontaires et de quelques autres sont gigantesques. Comme l’a été la puissance de frappe de Trump en ligne. En face le PS, qu’il soit institutionnel, ministériel ou autre ne prend pas le web politique au sérieux. Ce n’est pas faute d’avoir alerté à de nombreuses reprises des membres du gouvernement ou de la direction du parti. Mais on reste dans l’institutionnel le plus mal ficelé, entre cercles parisiens qui se connaissent.

Enfin il faut du fond : c’est sur la question de l’identité et des valeurs que les réacs gagnent. Pour mieux conserver les privilèges des puissants c’est la panique identitaire qui est mise en spectacle. Comme le disait le Président US Johnson, vous pouvez convaincre le plus misèrable homme blanc qu’ il est supérieur au meilleur des noirs , il ne remarquera pas que vous videz ses poches .Diantre , donnez lui un bouc émissaire a mépriser , il videra ses poches pour vous . Certes l’extrême-droite est bien moins dans le racialisme et le racisme pur qu’elle ne le fut. Mais la logique reste. Et ce n’est pas en prenant des postures morales qu’on bat le FN. La responsable nationale de la lutte contre l’extrême-droite du PS, Elsa Di Méo arrive loin derrière l’extrême-droite aux élections de sa propre commune. Sans se rendre compte que combattre le FN, c’est aussi proposer pour sa ville. Mais je lui reconnait le vrai courage de militer à Fréjus.

Nous disons quoi nous sur les valeurs? On est pour l’ouverture mais on a peur de le dire trop clairement. Et puis la République mais sans savoir bien expliquer ce que c’est, en tombant dans la posture moralistes creuse le plus souvent.

Et si nous aussi à gauche on proposait en-dehors des postures technocratiques ?

En face il faut donner une envie, une explication faciles à comprendre dans monde complexe. Ce que Owen Jones appelle un populisme de gauche.

Il ne s’agit pas de céder aux sirènes de l’homophobie, de la réaction ou du racisme, cela serait à la fois une chute morale et à la fois donner encore plus de crédits aux thèses de nos adversaires, qui ne veulent surtout pas parler de sociale et d’inégalités. Pas non plus de partir sur de vieilles lunes et d’anciens slogans.

Il s’agit d’arriver à proposer des mesures claires. Il s’agit aussi de reconstruire un discours et des propositions pour les zones où la gauche disparait ou a toujours eu du mal à émerger comme les campagnes. Si Stéphane Le Foll est un bon ministre de l’agriculture, force est de constater que le discours sur la ruralité n’est pas très structuré chez les progressistes, qui n’ont rien de bien clair à proposer. Sur les services publics, la santé (même si des tentatives ont été effectuées contre les déserts médicaux) ou les commerces dans ces lieux ?

De même, la gauche perd petit à petit la banlieue à force de se contenter du gestionnaire et de ne pas se demander ce qui peut attirer spontanément quelqu’un à vivre dans les villes qu’elle gère, au-delà de loyers plus abordables que dans les villes-centres. Enfin il faut aussi que la gauche des grandes métropoles, la mienne, celle que j’aime, n’aie pas honte des attaques que portent contre elle les populistes : les centres urbains sont de loin les principaux producteurs de richesses en France et dans le monde. C’est grâce à eux que les autres territoires peuvent vivre. Et être solidaires, écologiques, ouverts et créatifs en leur sein, voter à gauche n’est pas une tare. Quand cette gauche a des choses à dire.

Quand est-ce que je vibrerais à une vidéo politique progressiste en français ? Comme ce petit film officieux réalisé par un partisan.

34 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

  1. Il faut revenir aux racines de la gauche, avec les défis du monde d’aujourd’hui bien entendu mais cela fait bien vingt ans selon moi qui en ai 27 que la gauche a oublié sa vocation qui est de libérer l’homme de tout système. La gauche qui gagne par ci par là est hélas trop suiveuse et pas assez tourné vers l’avenir.

  2. La gauche n’est pas sans vision! Le PS est sans vision. Jean Luc Melenchon apporte des idées et des solutions concrètes et novatrices dans un contexte où les recettes politiques menées depuis des décennies sont usées, dépassées et repoussées par le plus grand nombre.

  3. Faudrait que le PS et plus généralement les gauches se réveillent

    Macron d’une certaine manière se démarque des autres, on peut être d’accord ou pas avec ses idées

  4. Alexandre Karsenty ça dépend vraiment quel mélenchon : déjà il change souvent. Et pour l’instant c’est vague meme si il progresse en pompant podemos

    • Eh bien même si c’est pompé sur podemos, ça a le mérite d’être un programme qu’on attend toujours du côté du PS. Un PS qui a clairement glissé vers une social-démocratie à l’anglophone saxonne quand on attendait d’elle qu’elle combatte la finance! Et le travail de Memenchon pour aller faire s’inscrire les gens sur les listes électorales! La planification écologique, transition énergétique avec les emplois qui vont avec! La sortie des traités européens obligeant au libre échange! Le PS a signe le CETA bordel!!! Je parle même pas de la loi travail dictée par les banques (cf le docu de Rufin qui montre les conclusions des banques qui disent qu’hollande devra choisir entre satisfaire son électorat et satisfaire les marchés) Bref… Si en local des gens comme toi font du bien au PS, les « élites » sont vendues depuis longtemps. Et à mon goût, vivement qu’ils dégagent tous. Cahuzac, Valls, Balkany et autres repris de justice…

    • Alexandre Karsenty là tu résumes tout le souci de trop de mélenchonistes: lorsqu’on parle de mélenchon, ils parlent tout de suite de leur détestation du ps, ce que podemos a su justement dépasser. Moi je sais pas. tu croises souvent des mecs du pg dans le 7E? moi tu me croises et je ne suis pas sans idées.

    • C’est précisément ce que je dis Romain! En local c’est bien ce que tu fais. Mais le PG n’est pas aux commandes dans le 7eme que je sache, pas plus que les élus locaux comme toi dirigent ce pays. Et en local, je suis sûr qu’il y a aussi des mecs de droite qui font des trucs super. À l’échelle Macro, le PS a clairement démissionné de la mission pour laquelle il a été mis au pouvoir! Mais je ne me tourne pas vers Melenchon par dépit, surtout par une véritable adhésion aux idées qu’il porte et que je résume dans mon commentaire précédent!

  5. Samia Cor Alexandre Karsenty après les deux offres un peu nouvelles, c’est en effet macron et mélenchon nouvelle mouture.

  6. À un exemple près… analyse intéressante de la la situation de la gauche aujourd’hui.

  7. Sinon pas trop inspirée par l’offre politique très pauvre à gauche…

  8. Anton

    C’est essentiellement une question d’époque et de génération. Après l’épuration qui a suivi la deuxième guerre mondiale, une grande partie des idées « réactionnaires » a été remisée au placard. De fait, la génération babyboom épousa les idées progressistes qui avaient le vent en poupe, pour enterrer la génération précédente (68), puis prendre le pouvoir (81), avant de s’embourgeoiser, de trahir l’électorat populaire acquis à sa cause (83), pour finir par se vautrer dans le sectarisme, le dogmatisme, la pensée magique, l’arrogance, le mensonge, la préténtion à une supériorité morale, etc.

    On assiste donc clairement et simplement à un retour de balancier et je comprends aisement la difficulté pour certains esprits progressistes à concevoir qu’ils n’intéressent aujourd’hui plus grand monde, qu’ils sont devenus ringards, inaudibles et font fuir les jolies filles.

    Mais bon soyez patient, z’êtes encore jeune, ça reviendra peut-être un jour.

  9. C’était un super texte jusqu’à ce que tu cites Collomb comme moteur du changement. Collomb, c’est Hillary, on l’aime mieux que ceux d’en face mais il ne fait pas rêver. Comme elle, il fait partie des meubles depuis tellement longtemps qu’on l’associe plus facilement au système qu’à son dépassement.

  10. Francis Brasilis gérard a changé et change la ville et il est populaire. Il a une ligne claire et précise. Que tu la partages ou pas. Le problème a gauche c’est le souci du flou.

    • Il n’y a pas plu flou que Gérard Collomb, il soutient Macron qui n’est pas dans son parti, non ? Quant à sa popularité, elle est toute relative, attention aux bulles confortables. Son élection est avant tout dûe au rejet qu’avaient les centristes des alliances de la droite lyonnaise avec l’extrême-droite.

    • et sur le flou pas d’accord : collomb a une ligne de fond qui est précise, au delà des questions de personnes et d’appareil

  11. Thierry Reboud sauf qu’elle part sur un postulat faux: non les classes populaires n’ont pas surtout voté trump (à part dans une partie du sud-est)

    • Il me semble que ça demande à être vérifié, mais ce n’est pas vraiment le problème qu’elle pointe : ce qu’elle pointe surtout, c’est que les classes populaires ne votent pas à gauche. (Au passage, je me réjouis de lire le mot de « classe » sous le clavier d’un élu PS [faut-il dire socialiste, je me pose la question ?])

    • Thierry Reboud pourquoi je n’ai pas le droit de dire classe? en tous cas je ne suis pas méga fan de ce qui est quelque chose de trop généraliste.

  12. Je trouve que quand on vie dans un beau quartier loin de la misère et des migrants c’est cool de voter à gauche. Mais quand on nous instal un centre d’hébergement pour sans abris ou pour réfugier au coin de la rue bizarrement la vision de la solidarité change très vite. Ce que l’on attend tous du gouvernement c’est de l’activité utile pour tous avec des emploi durable et une société qui ne laisse pas moisire ces jeunes de banlieue qui pour certain on un potentiel énorme mais inexploité.

  13. Romain Wyart sauf que c’est faux: je vis à 100 métres du plus gros foyer de sdf de la région. Et dans le coin on vote largement à gauche. Par contre les beaux quartiers de Caluire et d’Ecully n’en ont pas. Et votent à droite.

  14. Romain Wyart non on est fréquents. Fréquent que les beaux quartiers votent à droite et n’aient pas de foyers. Fréquent que des quartiers moins huppés aient des foyers et votent à gauche.

  15.  » je ne vois pas d’équivalent en France. » : il faut plus fréquenter les fans de Macron 🙂

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