Pourquoi l’Allemagne va finir par aider les grecs

Merkel-schaeuble L'Allemagne avait jusqu'ici largement bénéficié des incertitudes de la zone euro et toutes les raisons de ballader les naifs dont le président Sarkozy. Désormais elle va sans nul doute aider davantage les grecs.

 

Gouverner aux sondages est une tentation de nombreux politiques,de France mais aussi d'Allemagne. Cette tentation, c'est probablement celle qui a submergé M.Roesler. M.Roesler m'est pas m'importe qui, c'est le chef du parti libéral Allemand, le vice-chancelier de la coalition de droite qui gouverne le pays et le ministre de l'économie. Lisant les journaux comme tout un chacun, le monsieur est tombé sur un sondage affirmant que 53% de ses concitoyens souhaitaient que les grecs soient sortis de l'Euro et que 76% étaient hostiles au plan d'aide au pays de Nana Mouskouri et de Démosthéne.

Du coup M.Roesler s'est dit qu'il pourrait profiter de l'occasion pour rebooster son parti, en mauvais état depuis la crise financiére mondiale et la résultante des erreurs du modéle promu par les amis du monsieur. Justement, les élections a Berlin allaient constituer un moment difficile pour les libéraux allemands. Alors M.Roesler a commis quelques déclarations pour aller dans le sens des sondages du genre 'si la Gréce a des défauts de paiement, cela leur apprendra a fonctionner normalement' ou encore 'l'Allemagne ne doit rien mettre sur la table', bref les grecs allez vous faire voir chez vous, nous on vous aidera pas. Le résultat est tombé: les nuisibles libéraux allemands ont été sortis du parlement Berlinois par les électeurs.

L'autre parti de la coalition de droite au pouvoir, les plus intelligents démocrates-chrétiens, sont en train de changer leur fusil d'épaule, aprés six défaites de suite face aux dynamiques sociaux-démocrates et aux verts. Au départ, la chanceliére, Madame Merkel et Monsieur Schaeuble, son ministre des finances, avaient peur de faire  comme ces allemands revenus de l'ile grecque de Rhodes, destination appréciée outre-rhin. Chaque année en effet, des dizaines de milliers d'entre eux reviennent avec des gadgets pour touristes qu'ils estiment au final avoir payé cher pour pas grand-chose, excepté un soutien au tissu économique local et au mode de vie sympa des habitants.

Seulement, malgré le fait qu'elle soit toujours opposée de maniére nocive aux eurobonds et qu'elle aie amené un peu adroit Nicolas Sarkozy sur sa position, la position de Madame Merkel évolue. Schaeuble a commencé par expliquer que le package de stabilisation de l'euro était de 700 milliards soit deux fois la dette grecque et que cela allait permettre d'éviter une contagion de l'économie européenne en sauvant la Gréce. Un discours différent de celui tenu il y a peu de mois encore.

Et puis l'Allemagne et certains des pays qui lui servent d'ateliers de production dans l'est de l'Europe ont finalement su tirer parti de la crise existante. Ce qui explique sans doute en partie les ralentissements de l'Allemagne au début dams les plans de sauvetage.

1-Avec cette insécurité dans de nombreux pays d'Europe, les capitaux se sont rués sur la fiable Allemagne.Le prix des crédits aux entreprises ont chuté. Nombre d'entre elles ont refinancé leurs crédits pqr de nouveaux, bien moins chers.

2-Le taux des obligations d'Etats, pour des raisons identiques, ont chuté au niveau de 1,8%, donnant de grandes bouffées d'air frais au gouvernement via de l'argent pas cher.

3-Le géant exportateur qu'est le pays a pu bénéficier d'un euro qui a chuté, les produits germaniques sont 5 ou 6% moins cher que auparavant sur les marchés internationaux. D'ailleurs fait révélateur, les commandes de machines de production ont augmenté en Allemagne et dans des pays produisant avec elle comme l'Estonie.

4-Du résultat de tout cela, le pays ne devrait avoir qu'un déficit de moins de 1,5% cet année contre 5,7% en France avec Nicolas Sarkozy.

On comprend donc que jusqu'ici, dans cette Europe pas assez unifiée, pas encore fédérale, Madame Merkel et M.Schaeuble voulaient jouer la montre dans la crise grecque. Maintenant que le profit est engrangé pour leur économie, que la Gréce est définitivement au bord du gouffre, ils se disent qu'il est temps désormais d'agir. Tant mieux. Et une raison supplémentaire aussi de souhaiter vite une gouvernance européenne plus politique et fédérale.

6 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Romain, bonsoir,
    Une fois de plus, concernant l’Europe ta lubie fédéraliste démontre que tu es en dehors de la plaque.
    Si je suis ta logique, on est dans le pétrain mais continuons à aller encore plus loin. Il me semble que tu oublies ce qui fait la force de l’Allemagne est que depuis plus de 10 ans a fait des réformes structurelles en profondeur qui font qu’aujourd’hui elle est la 1er puissance économique d’Europe.Elle dispose pour cela d’un tissu industriel solide et de moyennes entreprises à forte potentialité productive qui lui permettent d’exporter.
    Le problème de la France aujourd’hui et ce depuis bientôt 5 ans est dirigée par des incompétents tant en domaine de l’économie que dans la direction de l’Etat.Quelles que soient les structurs, les institutions de chaque nation qui composent l’UE, si il y a à leur tête des nuls, le résultat sera nul.
    Par contre, j’aimerai savoir quelle est la politique économique de F Hollande, à part de sauter comme un cabri sur sa chaise : « l’Europe, l’Europe », je ne sais toujours pas quelle est sa vision de la Francce, à la différence de ses concurrents et collègues, que l’on soit d’accord ou pas.
    De toute façon, il en est du destin d’une nation comme de notre propre destin individuel : il ne faut jamais compter sur les autres. Les Grecs comment à l’apprendre, même s’ils ont leur part de responsabilité.
    Gaullistement
    Claude JEANDEL

  2. romain blachier

    Claude que voila comme tpujours une intervention ‘nuancée’.Le comportement allemand esy habile et est une preuve de plus que l’europe doit se renforcer pour sortir des interets nationaux.

  3. Tout à fait d’accord avec cet article. Je regrette également les égarement du gouvernement allemand. Les nationalistes ont coutume d’encourager les bas-instincts de nos concitoyens. Il était surprenant que ce comportement indécent vienne des libéraux allemands traditionnellement euro-fédéralistes. La sanction est sévère. Elle est juste. Notons au passage l’excellent score du parti pirate à Berlin qui sur un autre thème vient condamner le conservatisme au pouvoir en RFA. Espérons que l’alternance viendra, en France, comme en Allemagne, porter au pouvoir une gauche démocratique moins bornée.

  4. romain blachier

    en RFA? tu dates un peu! 😉

  5. Louis

    Pas du tout, on dit bien République Fédérale d’Allemagne. Réunifiée bien entendu (administrativement s’entend, dans les têtes c’est autre chose), mais cela fait un bail… 🙂

  6. romain blachier

    Louis cet acronyme n’est plus utilisé, même si techniquement c’est une république federale

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