Réhabilitons le goûter en adultie

Pepito
Mry s'est lancé dans un noble combat:Réhabiliter le goûter en
adultie.Il a appelé dans ce combat nombre de preux chevaliers de l'écriture sur le web dont
votre serviteur et un blog devrait ouvrir prochainement sur le sujet.Le goûter c'est un truc qui m'évoque, quelle
originalité la nourriture! De différentes essences, de différents temps
de vie.Chez Notre-Dame-du-Sacré-Coeur, en maternelle au bord du plateau
de la Croix-Rousse, c'était la barre de chocolat Kinder dans le pain,
rustre et quasi-champêtre bien qu'on soit en plein Lyon, même quand la classe en bleu marine partait dans l'aventure
outdoor au parc Gillet.Parfois c'était plutôt le pain au chocolat ou le
croissant (Marie-Georges Profonde m'appris plus tard dans la vraie vie
que lorsqu'on est galant homme, on en achète plusieurs par personne) pendant que je
lorgnait sur des bonbons parfois autorisés, sur des chewing-gums toujours
interdits.
Et puis l'arôme du chocolat chaud, du Nesquik avant et après
Groquik (oui jeune lecteur, Groquik n'a pas toujours été de ce monde)
ou de ce chocolat en poudre dont je ne me souvient plus le nom mais
dans lequel il y avait un cadeau au fond qui faisaient fouiller
discrètement parmi la poudre brune pour tenter d'obtenir le
préccccccieeeeuuux (généralement une statuette de nain à bonnet ou une
mini-voiture).

Plus tard, à Mayotte où le lait sera plus rare et souvent
en poudre le plaisir sera moindre et moins fondant, le temps sera d'adaptation, les
croissants et les pains au chocolat disparaitront au profil de beignets
un peu huileux, parfois fourrés à la banane, souvent très sucrés,
vendus un demi-franc (les mahorais ne disaient pas cinquante centimes,
il avaient un sens de l'unité de la monnaie nationale dans ce
territoire à la fois dépourvu d'indépendantistes et loin de la
métropole).On prend des fois des barres de chocolat dans du pain, à
nouveau dans un cadre plus classique, celui du catéchisme.

Marrant comme je retrouverais toujours sur ma route dans tous les
cadres catholiques (pour ceux qui n'auraient pas suivi depuis le début
je ne suis protestant que de conversion) , la barre chocolatée brute
dans du pain restera pour moi un des symboles du catholicisme, avec les
églises romanes, l'imposteur du Vatican, pardon le Pape (oh je rigole !) et la vénération des statues de
la vierge Marie.Ah, parfois on fait catéchisme œcuménique avec les protestants
qui ont certainement du s'acheter mon inconscient:Les bols de chocolat en poudre y sont
savoureux (le protestant est malin, il savait où trouver du lait normal
et pas dégueu en poudre dans l'Ile).

Plus tard, en banlieue parisienne
(le 7.7) ce sera Pepito le gâteau qui causera ma chute.Non pas parce que j'aurai
glissé sur l'un des croquants chocolatés  mais parce qu'a cet âge
d'expansion de la personnalité des jeunes gens, j'avais rien trouvé de
mieux que de faire de la publicité gratuite en faisant la chorégraphie
du petit bonhomme mexicain qui servait à la marque à inciter les
parents à gaver leurs enfants sur un célébre air mexicain.Deux heures de colle petit con!

Puis
le Cameroun où l'on mangeait les inimitables brochettes-soyas,
impossible à refaire si on est pas un peu du coin.100 francs CFA la
brochette avec un pain de 50…Un bonheur.Ou les boulettes sucrées.Ou
plein de petits trucs bons.Puis les internats et leur
beurre-pain-confiture…puis tant de choses.J'arrête d'écrire.Avec tout
ça j'ai faim.Mry a raison.Rendez-nous le goûter, même si on a un peu grandi !

8 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. jerome manin

    Dans la lignée de Romain :
    « Arrivera-t-il jusqu’à la surface de ma claire conscience, ce souvenir, l’instant ancien que l’attraction d’un instant identique est venue de si loin solliciter, émouvoir, soulever tout au fond de moi ? Je ne sais. Maintenant je ne sens plus rien, il est arrêté, redescendu peut-être ; qui sait s’il remontera jamais de sa nuit ? Dix fois il me faut recommencer, me pencher vers lui. Et chaque fois la lâcheté qui nous détourne de toute tâche difficile, de toute oeuvre importante, m’a conseillé de laisser cela, de boire mon thé en pensant simplement à mes ennuis d’aujourd’hui, à mes désirs de demain qui se laissent remâcher sans peine. Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes – et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot – s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir. »
    Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. Du côté de chez Swann, 1913

  2. Magnifique combat. Un chocolat chaud vers 16 heures, à l’heure où l’odeur des pépitos d’avant est encore présent à nos narines, c’est génial.

  3. Pour info, le célèbre gâteau Pépito doit son nom à un personnage de BD de Luciano Bottaro. Un nom qui lui a été volé par son éditeur Français et Danone lui a interdit de l’utiliser en France !!! Il a gagné son procès, mais Danone a fait appel et l’auteur est mort avant la conclusion de cette douloureuse saga judiciaire.
    Désolé de cette digression bédéphile… ;o)

  4. Réhabiliter le goûter c’est une bonne initiative, mais à l’heure de l’obésité galopante, il est bon de faire un peu attention du côté de la diététique. Et justement, le pain avec les carrés de chocolat est loin d’être un mauvais sur ce plan là.
    Et la sieste ?

  5. jerome manin

    Et la sieste crapuleuse, tout en luttant contre l’obésité vaut un excellent quatre heure, même entre cinq et sept 🙂

  6. lol, je n’avais pas pensé à celà.
    Non, une sieste chaste et récupératrice. C’est ce qu’il y avait derrière ces mots 🙂
    Après, chacun fait comme bon lui semble !

  7. Une petite bière, à 17 heures, c’est possible ?

  8. Et le goûter dinatoire? C’est bien aussi, non?

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