Elections en Grande-Bretagne : les résultats

  Uk-map Hier c'était un jour de scrutin au Royaume-Uni. Du fait du très long système de dépouillement, les résultats continuent de tomber.

On votait pour pas mal de choses hier: Pour les élections municipales en Angleterre (sauf Londres) , pour les assemblées du Pays de Galles, d'Ecosse et d'Irlande du Nord. L'ensemble du Royaume-Uni devait également se prononcer sur une réforme du mode de scrutin législatif que je vous avais détaillé ici.

Avant de détailler scrutin par scrutin, on peut dire, concernant les 3 grands partis:

-Un labour (social-démocrate) qui bénéficie du mécontentement mais subi aussi des revers. Un grand nombre de nouveaux conseillers municipaux (plus de 800 soit davantage qu'espéré), des villes qui basculent en faveur du centre gauche. Mais aussi une claque dans ce bastion et fournisseur de leaders du parti qu'est l'Ecosse. Certes les écossais votent toujours socialiste mais désormais aromatisé au goût indépendantiste du SNP. Il y aura d'ailleurs un référundum sur l'indépendance de l'Ecosse suite au résultat de cette élection. Quand au Pays de Galles, certes le Labour y garde sa première place mais rate de peu son pari d'arriver à y être majoritaire tout seul. Enfin le parti s'est divisé sur la réforme électorale.

-Des conservateurs (droite) qui restent avant tout un parti anglais. Marginaux en Ecosse, en  mauvais état au Pays de Galles même si ils conservent quelques bastions.  Côté anglais les choses se passent mieux. Ils gagnent quelques communes et plus de 80 conseillers même . Et puis ils sont les principaux vainqueurs du scrutin sur la réforme électorale.

-Des libéraux-démocrates (centre/centre-gauche) explosés. Au élections locales la raclée est encore pire que prévue. Ne détenant plus qu'une poignée de communes, avec des centaines de conseillers municipaux en moins dans une élection qui leur est traditionnellement favorable, les libdems sont devenus marginaux en Ecosse et au Pays de Galles. Discrédités, vilipendés après leur participation à un gouvernement qui pratique une politique inversée à celle de leurs promesses de campagne des dernières législatives, les jaunes ont de plus largement perdu le référendum qu'ils avaient demandé comme condition de leur participation au gouvernement….

Rentrons maintenant dans le détail des scrutins.

-Elections des conseils municipaux locaux en Angleterre. Il y a, comme prévu, un effondrement des libéraux-démocrates, complétement décrédibilisés après leur alliance avec les conservateurs et l'application d'un programme radicalement inverse à celui promis pendant les législatives de l'année dernière.Les conservateurs perdent quelques communes au profit des travaillistes mais sortent du scrutin avec un peu plus de conseils municipaux grâce à des gains sur les libéraux-démocrates et les communes sans majorité et plus de 80 nouveaux conseillers élus. Il est rare dans l'histoire de l'Angleterre qu'une telle force locale se conjugue avec le contrôle du gouvernement. Ceci dit les villes détenues sont en général de bien plus petites taille que celles contrôlées par la gauche.

Le Labour gagne de nombreuses communes dont  Sheffield,  8e ville du pays et fief du chef des libéraux-démocrates. Manchester et Liverpool sont largement gardées (il n'y pas un seul élu conservateur dans ces villes). Il y a désormais une trentaine de communes supplémentaires sous le contrôle du parti et 800 conseillers supplémentaires. Autre cause de satisfaction: le labour a gagné des communes sur tous ses adversaires, libdems comme conservateurs.

A noter qu'aucun autre parti ne contrôle de commune en Angleterre, même si par exemple les verts sont désormais le premier parti à Brighton and Hove. Et que l'extrême-gauche n'a plus aucun conseiller municipal.

Elections au Pays de Galles: Le Labour seul en tête. Avec 30 siéges , les travaillistes gallois conservent largement la tête. Manque un 31e et ils auraient eu la majorité seuls. Deux choix: soit reconduire leur travail de majorité avec les régionalistes de gauche du Plaid Cymru, soit tenter d'y aller seuls. Les libéraux démocrates ne gardent qu'un siége à l'est tandis que le labour est ultra-dominant dans le sud et le nord-est. Les régionalistes perdent du poids mais gardent une bonne implantation dans l'ouest.

Elections en Ecosse: Un pas vers l'indépendance. L'Ecosse est l'un des endroits les plus socialistes d'Europe occidentale. La seule question qui se posait était de savoir si les socialistes indépendantistes écossais du SNP ou les socialistes partisans de la Grande-Bretagne du Labour Ecossais allaient l'emporter. La réponse est claire: c'est une victoire historique pour les premiers. Gagnants de justesse la dernière fois, les amis d'Alex Salmond, le Premier Ministre d'Ecosse élargissent leur majorité et remportent suffisamment de sièges pour proposer un référendum aux Ecossais sur l'indépendance de leur nation du Royaume-Uni.  Le labour écossais, qui comptait reprendre le parlement, est sonné.

Irlande du Nord: pas encore de résultats mais les enquêtes sont unanimes: Le DUP (protestants de droite dure) serait en tête suivi du Sinn Fein (catholiques de gauche durs) devant le SDLP (sociaux-démocrates catholiques) et l'UUP (conservateurs protestants). Stabilité donc. Les ultras protestants du TUV et le centre-gauche non confessionnel d'Alliance devaient avoir un ou deux siéges.

Référundum sur la réforme électorale: C'était une des conditions pour les Libéraux-Démocrates de rejoindre les conservateurs au gouvernement l'année passée, à savoir changer le système de vote pour favoriser un peu plus les partis mineurs. Le chef de la campagne en faveur du oui était le très impopulaire vice-premier ministre Nick Clegg.  Même si le chef du labour parti Ed Miliband s'était aussi prononcé pour le oui, les électeurs ont d'abord voulu sanctionner les libéraux-démocrates et refuser un mode de scrutin qui aurait permis à des candidats arrivés loin derrière de tout de même remporter un siége. Le quotidien le Sun avait, avec son excés habituel, appelé ses lecteurs à voter non en parlant ni plus ni moins que de la mort de la démocratie britannique en cas d'adoption. La majorité des majorité des électeurs du Labour ainsi que nombre de personnalités du parti comme David Blunkett, la quasi-totalité des conservateurs et même un certain nombre de votants libdems se sont opposés à la réforme.

Le résultat a été un "non" sanglant qui affaibli Nick Clegg dans son rôle de chef des libéraux-démocrates et abime la coalition puisque leurs partenaires conservateurs au gouvernement ont fermement fait campagne pour le refus du texte.

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