Michel Rocard veut remettre la France au boulot en nous permettant à tous de travailler

Michel Rocard veut, pour que la France travaille plus, que nous travaillons tous.

Michel-rocard  "Nous travaillons quelque 38 milliards d'heures en France chaque année. Vu le nombre de chômeurs – près de 2,9 millions – il est urgent de passer à 41 ou 42 milliards d'heures collectivement" a-t-il expliqué dans les colonnes du Monde. "Mais pour que chacun ait sa place sur le marché du travail, il faut tomber à moins de 35 heures par semaine. Et c'est d'autant plus nécessaire que la durée de vie s'allonge".

Je l'ai déjà dit, Michel Rocard, ( qui est par ailleurs dans un projet de disque !) fait partie de mon panthéon politique personnel. J'étais, malgré un encadrement pas des plus engageants dans le Rhône, des tous derniers temps des rocardiens du PS, lorsque la chose existait encore, avant que nous nous fondions dans une démarche autour de DSK.

Encore une fois, comme dans d'autres notre ami Rocard, socialiste et protestant a raison.

Il me semble qu'on peut dépasser intelligemment le débat du plus de travail pour la compétitivité de l'économie et du moins de labeur pour mieux vivre et surtout pour vivre tous en dehors du chômage… Quitte également à penser l'âge de la retraite avec la pénibilité pour gérer tout cela, à annualiser les temps de travail pour moduler selon les besoins, à moduler les montants cotisations patronales horaires en fonction du temps global par salarié.

D'ailleurs Rocard proposait déjà d'aller directement au 32 heures dans un ouvrage qui fit du bruit à l'époque, sorti au moment des législatives remportées par la gauche, avant les 35 heures des lois de Martine Aubry. Il s'agissait de lancer des négociations avec le patronat afin de moduler les cotisations sociales selon les heures travaillées. Objectif: Rendre possible les 32 heures ET la compétitivité.

Le projet, si il fut combattu par la branche réactionnaire des corporations syndicales incarnées par le Baron Ernest-Antoine Seillières et plus tard Parisot, intéressa une forte frange intelligente du patronat. Ce fut une autre approche qui fut choisie par Martine Aubry. Il faut dire qu'au même moment, le principal syndicat de patrons français tombait dans une surenchère politicienne et conservatrice duquel il n'est pas encore sorti au niveau national, ce qui rend d'ailleurs d'autant plus méritoire le pragmatisme de sa branche lyonnaise.

Aujourd'hui nous pouvons travailler plus collectivement, vivre mieux, produire plus de richesses, être plus compétitifs tout en repensant pas mal de choses sur le fonctionnement du travail, permettre aux chômeurs de vivre d'une activité. Ca semble beau ? Trop pour être vrai ? Et si le gouvernement et le MEDEF national arrêtaient le dogmatisme ? Là j'en demande peut-être trop, il faudra peut-être attendre un autre gouvernement et un patronat plus moderne… mais ce serait beau si on trouvait les voies de la discussion ?

7 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Jordan Baez

    J’y connais pas grand chose à tout ça, et c’est vrai que travailler moins, ça arrange un peu tout le monde, mais ça voudrait pas dire que les salaires moyens baisseraient ?

  2. Avec cette méthode, si les partenaires sont intelligents, globalement non. Ca dépend de la discussion et de l’ampleur de la baisse. D’une part la chose se ferait avec une modulation des charges sociales qui permettrait donc de rendre le coût supportable, d’autre part il faudra sans doute à mon sens réfléchir aussi à la question de la répartition de la valeur ajoutée. En quelques années, les salariés ont perdu une bonne part de la répartition de richesse au profit des actionnaires. On pourrait, parallèlement, par exemple réfléchir à une extension de la participation aux bénéfices . Très vaste chantier.

  3. charline

    Plus d’heures travaillées globalement égal plus de richesses pour faire des salaires et des emplois ! Bravo Monsieur Rocard. Valls qui vous évoque n’est qu’un vulgaire succédané ayant mal compris et tourné.

  4. Maxime Bost

    Une très belle idée à laquelle j’adhère pleinement. D’autant plus que travailler moins a de nombreuses vertus comme la diminution de la fatigue par personne et donc une augmentation de la productivité horaire.
    Mais le problème du plein emploi, et, à mon humble avis, une des raison de sa non réalisation est la perte de pouvoir du patron sur ses salariés que cela engendrerait en leur permettant, comme pendant les 30 glorieuses, de changer d’entreprise « selon leurs désirs ».
    Je pense néanmoins qu’elle mérite d’être appliquée… de concert avec la mise en place d’un salaire maximum? Je pense que ça pourrait aider a financer une telle mesure.

  5. Romain,
    Je n’ai pas perdu mon dimanche. Je suis heureux: tu deviens gaulliste, bienvenue au club !!!
    Depuis De Gaulle et Pompidou et avec l’UJP(Union des jeunes pour le Progrès)nous nous battons pour un véritable partage de bénéfices au profit des salairiés.
    D’ailleurs, il me semble que la règle des trois tiers à une certaine époque était moderne. Les 3 tiers, cela veut dire : un tiers pour l’investissement productif, un tiers pour les actionnaires, et un tiers pour les salariés.
    Cela s’appelle tout simplement la participation, chère au Général De Gaulle, défendue par René Capitant et Louis Wallon entre autres. Ces hommes avaient une vision moderne de la démocratie dans l’entreprise.
    Concerant la proposition de M. Rocard, pour une fois je suis d’accord avec lui.Nous avons un PIB suffisamment important permettant une répartition équitable du temps de travail; En effet, le salarié français est comme tu le sais, le plus productif du monde et de ce fait des semaines à 32 h permetraient, je crois savoir une diminution de 2 millions de chômeurs en moins. et aménerait donc des rentrées fiscales mais aussi par les cotisations sociales que cela engendrait équilibrerait les comptes des organismes sociaux. Bien sûr, il faut dire que cela suppose un allongement dans le temps c’est-à-dire au delà de 60 ans du temps de travail.
    Je crois qu’avec une pédagogie, notre peuple accepterait d’allonger ce temps de travail s’il a des compensations comme la semaine de 32h.
    Pour réussir cela, il faut réformer de fond en comble les représentativités des organes syndicaux patronaux comme ouvriers et leur inculquer une vision moderne de l’entreprise qui quoi qu’on en dise crée la richesse nationale.
    En conclusion le problème est plus culturel qu’économique. Ce n’est pas avec un Medef rétrigrade et des organisations syndicales en retard d’une révolution que cela fera avancer le schmilblick.
    Gaullistement
    Claude JEANDEL

  6. Ah ! Merde ! J’avais pas vu ce billet quand j’ai fait le mien (j’ai 72 heures de lectures en retard…).

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