Jesus-renaissance Pâques est sans doute le moment majeur du christianisme. On en oublie souvent la définition religieuse et l'origine hélas.  Et pourtant sa célébration spirituelle, bien différente des chocolats, a la douceur de l'espoir qui triomphe avec luminosité intense des amertumes de la brume de l'accablement. C'est pour ça d'ailleurs que le dimanche de Paques, celui de la renaissance de Jésus, est un jour de baptême pour les bébés des familles protestantes. Un moment émouvant qui me tire toujours des larmes.

C'est ici la belle aspérité du christianisme: celui de Jésus comme révélation de Dieu. Comment un petit charpentier illettré et une bande de va-nus-pieds, qui ressemblaient sans nul doute plus à une bande de rastas qu'à un catho intégriste du Prieuré St-Irénée ont pu faire un tel chambardement ? Comment cet homme d'une famille modeste de Nazareth a pu tant faire passer son message, créer le buzz et révolutionner les choses ? Comment ce qu'il a dit est-il toujours pertinent aujourd'hui ?

Se pose aussi la question de la résurrection du Christ, celle qui survient dimanche après l'assassinat du vendredi. Difficile s'y croire comme ça, dans les lumières, heureuses par ailleurs, de la rationalité. En protestantisme réformé, c'est heureux, nous ne nous interdisons ni à croire en une résurrection physique ni en esprit ni même en métaphore. L'important n'est pas la. L'essentiel est dans le message délivré de Dieu, dans cette véritable révolution spirituelle qu'est la glorieuse défaite précédant la si merveilleuse victoire de Paques.