Texte de ma Tribune sur Lemonde.fr « Entrepreneurs, on vous aime ! »

Voici le texte de ma tribune parue ce jour sur le site du journal Le Monde et intitulée "Entrepreneurs on vous aime ! "


Lemonde
Le gouvernement a décidé clairement de favoriser l'entrepreneuriat dans ses récentes mesures. Le socialisme du XXIe siécle se fera avec tous : ouvriers, cadres, chômeurs, précaires et entrepreneurs. Contre les inégalités, contre la crise. Pour l'emploi et le dynamisme de notre pays.

Bouchers, patrons d'entreprises industrielles, dirigeants de start-ups, PDG de grosses sociétés de services, l'entrepreneuriat français a des visages divers, des soucis différents : problème du régime des indépendants, pas toujours très performant, difficulté des grands groupes privés et des administrations centrales face aux entreprises innovantes – ne serait-ce que pour en devenir les clients – ; difficulté des PME à grossir pour devenir des entreprises de taille intermédiaires plus à même d'être compétitives en toutes sérénité-même si cela provient de reventes parfois un peu rapides.Mais toutes vivent un cadre économique commun, dans un monde en crise.

Face à cela le gouvernement agit pour les créateurs. Avec la baisse de l'impôt sur les sociétés pour les petites structures, la confirmation des dispositifs ISF-PME, la consolidation du dispositif de la Jeune Entreprise Innovante (JEI) et l'élargissement du Crédit d'impôt recherche (CIR) à l'innovation. De quoi permettre aux entreprises qui démarrent de se lancer. La banque publique d'investissement qui se mettra en route très prochainement sera aussi une occasion de financer le tissu économique de notre territoire. Enfin la nomination de médiateurs à la sous-traitance permettra de résoudre bien des litiges.

Tout n'est certes pas rose dans ce panorama : la mise à mort programmée des Fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce (FISAC) est assurément dommageable pour ceux qui se lancent dans le commerce de proximité, où ils constituent parfois une aide précieuse à la fois pour les villes et pour les commerçants. Surtout que ces derniers constituent une importante partie des défaillances d'entreprises.

Mais le gouvernement est à l'écoute, y compris des demandes concernant des groupes spécifiques d'entreprises. Ainsi la polémique de la hausse de l'impôt prélevé sur cession des plus-values, qui concernait quelques milliers d'entreprises sur les 2,5 millions de TPE française est en ce moment entendue et les mesures questionnées sont en discussion et ont été modifiées. A juste titre puisqu'il concerne le secteur très innovant des start-ups, qui auraient sans doute eu plus de mal à trouver des capitaux, incités à investir alors dans d'autres secteurs.

De même , pour prendre un domaine complètement différent, la commission des affaires sociales et le groupe socialiste par la voix de Bruno Le Roux, ont choisi d'exonérer les petits brasseurs de bière, activité en développement et ancrée dans nos territoires des efforts demandés aux géants industriels du marché.

Il faudra bien sûr, quelque soit le secteur mais nombre d'entrepreneurs l'ont compris, également que l'écoute se fasse dans les deux sens, en cette période difficile pour chacun et où tous doivent porter le redressement de notre pays.

Sur nos territoires, la gauche également est présente aux côtés des entrepreneurs.
Dans les territoires de la République, le plus souvent administrés par la gauche, on multiplie les dispositifs tremplins pour inciter à entreprendre.

Sous ma modeste casquette d'élu local d'arrondissement, j'accompagne, comme d'autres de mes collègues, ceux qui dans tous les domaines, de l'entreprise innovante dans le domaine des biotechnologies ou du web, dans le salon de thé ou la boulangerie, dans les services à domicile ou la menuiserie, décident d'entreprendre.

Ils viennent de tous milieux et de tous horizons. Ils effectuent parfois cela pour un complément de salaires, pour se créer leur emploi ou encore pour se lancer une aventure voire, qui sait, parfois faire fortune.

Ayant moi-même, bien que n'étant pas entrepreneur de mes activités principales, participé à la création de deux sociétés, je sais la joie et l'exaltation qu'amène pareille aventure et je suis heureux d'aider les concitoyens de ma commune dans leur projet.
Cela m'amène aussi à considérer que tout ce qui peut encourager la création d'activité et/ou d'emploi se doit d'être encouragé et soutenu.

L'ennemi c'est d'abord la rente comme nous étions quelques-uns à le dire dans un excellent texte au congrès du parti socialiste intitulé "Dépasser nos Frontières".

A ce titre il vaut sans doute davantage taxer la spéculation immobilière ou les œuvres d'art que le travail. Peut-être dans le budget de l'année suivante qui sait ?
Et puis, malgré les discours un peu alarmistes de la droite et les incompréhensions de certains poujadistes embusqués, l'entreprise est à coup sûr un moteur du socialisme, tout comme les services publics de qualité.

Outre le fait qu'il est à la base du travail et de la richesse, l'entrepreneuriat, si il est davantage pensé dans ce pays, si on en parle un peu plus à l'école, est un outil d'égalité des chances. Permettre à chacun de tenter sa chance, de façon égale, en passant par dessus les conservatismes, voilà un beau combat progressiste. Entrepreneurs, à gauche on vous aime !

Romain Blachier, cadre dans l'industrie de l'énergie renouvelable, maire adjoint de Lyon (7e)

8 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. C’est pas « multiplier les dispositifs tremplins pour inciter à entreprendre », « baisser l’impôt sur les sociétés pour les petites structures », « élargir le Crédit d’impôt recherche (CIR) à l’innovation » ou creer « La banque publique d’investissement » qui faut mais
    – creer de la stabilité juridique et fiscale (cesser de changer les lois)
    – creer des impots simples et stables, sans niche, de type flat tax, applicables à tous
    – ne PAS aider, d’aucune manière, une entreprise

  2. romain blachier

    c’est la où nous divergeons. Je veux que chacun puisse créer sa boite si il le souhaite, même les plus modeste.

  3. Gwynfrid

    Je sens ici une léger décalage de perception. Les riches sont convaincus que le gouvernement socialiste ne les aime pas, à commencer par le président de la République; et ils ont quelques bonnes raisons de penser cela. Vous tentez de nous convaincre que le gouvernement aime les entrepreneurs. Soit.
    Faut-il en conclure que le gouvernement aime les entrepreneurs à condition qu’il évitent de devenirs de riches entrepreneurs ?
    Question subsidiaire, y a-t-il quelque intérêt que ce soit à savoir si le pouvoir aime ou pas telle catégorie sociale ? Les entrepreneurs ont-ils besoin d’être aimés, ou d’avoir le meilleur environnement possible pour se développer ?

  4. Antoine Block

    Et voilà le dernier reniement qui attendait d’être clairement formulé.

  5. romain blachier

    A votre première question: personne n’interdit de devenir un riche entrepreneur.La France est d’ailleurs le pays d’Europe qui compte le plus de millionaires (même si ils ne sont pas tous entrepreneurs)
    A votre question subsidiaire, merci de me prêter tant de pouvoir en premier lieu. En second lieu c’est ce que mon billet dit, relisez le paragraphe sur les mesures: on aime et on créé un environnement favorable.

  6. romain blachier

    un reniement ?

  7. XF

    Cher Monsieur,
    Merci de votre déclaration d’amour aux entrepreneurs.
    Entrepreneur, je ne vous demande pas de m’aimer.
    Je vous demande simplement de venir constater les réalités, au lieu de les imaginer. Car, même si vous dites avoir participé à la création de PME (bravo), votre texte semble surtout traduire une profonde méconnaissance de la réalité.
    Vous êtes salarié. Vous ne connaissez pas l’angoisse, ni la prise de risque. Tous les mois, votre salaire tombe. Si votre employeur fait faillite (à supposer donc que vous ne soyez pas fonctionnaire), vous n’êtes pas concerné.
    Moi, en période de crise économique, je me paie comme je peux. Mes salariés le sont toujours et je leur verse des primes dès que je le peux. Tandis que je peine à ramener un SMIC. Cela fait maintenant 3 ans que cela dure (M.Hollande vient de se rendre compte qu’il y avait une crise économique gravissime. Ma femme s’en est rendue compte depuis longtemps et elle n’a pas fait l’ENA).
    Les banques saisissent toutes les occasions pour durcir leurs conditions. Résultat : alors que mon entreprise va mieux, elles viennent de me prendre une caution personnelle. Vous pensez que mon patrimoine le permet ? Vous faites erreur.
    Les clients, grands comptes, sont des furieux qui écrasent les PME. Le médiateur de l’industrie ne sert à rien.
    Les conseils de l’entreprise – experts comptables etc. – se protègent derrière leurs instances ordinales, ce qui fait que si ils ont fait une erreur, avec des conséquences parfois graves, vous n’avez dans les faits aucun recours.
    Idem : si l’administration se trompe et que vous souhaitez un recours devant le tribunal administratif, vous en avez pour 2 ans. Délai incompatible avec la réalité de la vie de l’entreprise. En fait, si vous avez l’Etat contre vous, vous êtes mort même si vous avez raison.
    Le droit social fait du chef d’entreprise un délinquant par principe. Les prud’hommes et surtout les Cours d’Appel sont hélas une loterie véritablement aveugle, où le supposé droit (rendu sur la base de témoignages dont on examine trop peu la sincérité) est rendu sans mesure des conséquences.
    Et je vous épargne les formalités en tous genre.
    Si vous avez fait l’effort de me lire, ça y est : je suis catalogué dans la catégorie des « Poujadistes rampants ».
    Si vous le pensez, alors vous avez tort. Vous ne me connaissez pas.
    Mais le résultat pour moi est simple : 1. je veux le moins d’emploi possible car je suis fatigué du social ici, 2. je compte me développer à l’étranger, avec dans l’optique de pouvoir partir.
    Le jour où la Gauche pourra lire un texte comme celui-ci en se disant : « peut-être qu’il y a un vrai problème », alors oui, Monsieur, on pourra dire qu’elle commence à aborder la réalité.
    A défaut d’amour, commencez déjà, s’il vous plaît, par nous apporter de la compétence.

  8. romain blachier

    Monsieur,
    Pour commencer, j’aime qui je veux si je puis dire…et n’ai pas à venir constaster des faits puisque je suis au contact et à l’accompagnement de patrons ou futurs patrons de tpe quotidiennement. Et il me semble pas non plus que l’expression sur l’entreprise soit réservée à certains.
    Enfin pour la qualité du débat évitons donc de nous prêter des propos: comment pourrais-je avoir un avis sur votre patrimoine? Ou vous traiter de poujadiste? Je ne vous connais pas ni ne sait qui et ce que vous faites.Anonymat.
    De même évitons les caricatures: la question de la crise a été abordée par Hollande tout au long de la campagne et le principe des prud’hommes, moins simpliste que vous l’évoquez et dépendant des partenaires sociaux-syndicats patronaux et de salariés- et non de l’Etat ne date pas d’il y à 6 mois…
    Sur vos problématiques de sous-traitance et de banques, vous devriez relire mon billet: je dis justement que c’est un problème, qu’il est positif que le gouvernement aie nommé des médiateurs. J’ai beaucoup justement suivi la nomination d’un médiateur à la sous-traitance pour les PME et d’un autres aux commandes de l’Etat.C’est une bonne mesure.
    Après le reste relève de vos choix. D’autres entrepreneurs en font d’autres.
    Bien cordialement

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